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Julia Escudero

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romans after film 2018

Tout d’abord, place au direct, place à l’information. Les nombreux fans du roman After signé Ana Todd peuvent enfin souffler. Après des mois d’attente, un suspens sans fin quant à qui interprètera Hardin, voilà qu’enfin est dévoilée la toute première bande annonce de l’adaptation cinématographique de la série de romans.

Le 12 avril 2019, Hardin et Tessa prendront vie sur grand écran grâce au traits d’Hero Fiennes Tiffin et de Josehpine Langford qui n’est autre que la sœur de Katherine Langford que vous connaissez pour son rôle dans la série 13 Reasons why.

After c’est l’histoire, relativement classique, convenons-en, de Tessa jeune fille bien sous tout rapports qui débarque à l’université pour sa première année d’études. Grâce à sa colocataire rebelle (et fan de rock puisqu’elle a les cheveux rouges), elle rencontre le beau, dangereux et impulsif Hardin. Leur histoire d’amour tumultueuse va tout changer pour elle… comme pour lui.

Voilà, c’est cette histoire qui est racontée 5 tomes durant avec de nombreux rebondissements plus ou moins bien écrits mais toujours mettant en opposition un amour passionnel, un sale caractère et un sombre passé. A cela, il faut ajouter, pour ceux qui découvrent l’existence d’After que l’auteure des romans s’est inspirée pour créer ses personnages, des membres de One Directions, Hardin étant… Harry Styles. Hardin/ Harry voilà hein. Cette anecdote pourrait si vous êtes un connaisseur, vous rappeler 50 Shades of Grey qui était aussi une fan fiction mais de Twilight cette fois. Pour refaire le clin d’œil Christian c’est Edward, Ana c’est Bella et bon mettez une photo de l’acteur qui joue Carlisle dans Twilight et celui qui joue le père de Christian dans 50 Shades of Grey et dites moi si vous ne trouvez pas un certain air de ressemblance.

Bref avant d’entrer dans le cœur de notre propos, découvrez la bande-annonce du film très attendu:

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Plaisirs coupables littéraires, véritables plaisir même pas coupable pour d’autres, on en parle?

Les Arlequins, voilà l’ancêtre des livres à succès qui ont fleuri ces dernières années mettant en scène des histoire d’amour tumultueuses et passionnées. Les fameuses ménagères ( le vilain mot) les lisaient pour s’échapper de leur train train ou du moins c’est la vision qu’en avait le reste du monde. Seulement voilà, l’arrivée de Twilight a tout bouleversé. Il a en effet rappelé, bien après que les séries mélodramatiques type “Beverly Hills” aient déjà fait le boulot que les adolescent(e)s étaient les premièr(e)s consommateurs (trices) de ce types d’aventures. Pas besoin de revenir sur le phénomène Twilight que tout le monde a vécu, avant d’en rire à gorge déployée, moquant les fans assidus de la saga qui ne demandaient qu’à rêvasser à une histoire d’amour avec un vampire. Enfin, un mec mort quoi qui plus est un puceau de 120 ans. Oui c’est dans les livres, non, je n’invente pas. Parce que ces livres et ces films, je les ai lu et vu. D’abord pour leur facilité d’accès puis aussi parce qu’on se prend au jeu, ayant envie d’avancer dans cette histoire et enfin parce que c’est amusant. Amusant de voir tous les points faibles d’une histoire qui pourtant pourrait être bien mieux. Comme par exemple pourquoi Edward et Bella n’ont-ils aucun sujet de conversation en dehors du fait qu’ils s’aiment et se mettent en danger? Ou pourquoi une fille doit-elle se marier et devenir mère à 17 ans pour prouver son amour? Qu’est ce qui peut bien faire croire à l’auteure qu’un bouquin supposé parler de mise en danger peut (attention spoiler) ne jamais sacrifier un seul de ses personnages et continuer à garder la notion de danger? Amusant aussi de se laisser prendre dans l’histoire, de lire sans faire d’efforts, le monde est compliqué, l’art est sublime et complexe. Il faut se frotter à tout ça mais quand tout ça est de trop, l’histoire la plus basique, comme celle que proposait Twilight fait du bien au cerveau, est facile à critiquer et à analyser. Malgré son style littéraire très limité (ceci est un mot doux), les réactions de ses personnages parfois absolument what the fuck, ses tendances mormones qui se font sentir dans la lecture, Stéphanie Meyer a fait le boulot. Elle a fait rêver son lectorat et a su créer ce délicieux plaisir coupable, celui qu’on aime voir pour de vrai et dont on aime aussi se moquer avec délectation. Comme un bon nanar de requins en somme, dont vous trouverez quelques exemples à voir ici,  toujours diablement efficace.

De là est né, un phénomène espéré et logique. Le rappel qu’une bonne histoire d’amour- impossible de préférence- avait toujours un énorme succès…

Fan Fiction, l’évolution du genre

50 shades of grey
Anastasia dans tous ses états… comme toujours

Si beaucoup d’ouvrages adressés à un public adolescent ont alors vu le jour, que les dystopies à la Hunger Games ont aussi gagné du terrain, que des séries/ films comme Vampire Diaries, The Originals, Shadow Hunters ou encore Sublime Créatures naissent des suites de ça et rencontre le grand succès qu’on leur connait, ils ne sont pas les seuls à découler de l’engouement Twilight. Non puisque survint un nouveau phénomène encore plus fort que son prédécesseur : 50 Shades of Grey, écrit donc, si vous avez suivi par une fan de la saga mettant en scène le vampire amoureux et sa maladroite petite amie.

En effet, grâce à l’air Internet, les fans du Monde entier, cherchant à approfondir les histoires des héros qui les avaient fait rêver, ou des artistes qu’ils adulent, se sont donnés rendez-vous sur des sites et formes dédiés, pour partager les histoires qu’ils pouvaient leurs inventer. Parfois pour donner vie à des histoires bien loin de la trame d’origine des matériaux existants existants, parfois aussi pour ajouter des scènes d’amour qu’ils auraient souhaité qu’on leur montre, parfois pour créer des couples ou leur faire vivre des scènes d’amour épiques ou pour creuser leur sexualité. Tout dépend de l’auteur des lignes. Certains d’ailleurs profitant d’une très belle plume, d’autres moins. C’est sur un forum que l’auteure EL James a pu apporter sa vision d’Edward et de Bella.

Ce que 50 Shades of Grey apportait cette fois, c’était la réponse universelle à cette question. Qu’est ce qui manque à Twilight? Le style? Des enjeux? Moins de clichés? Une connaissance du monde des vampires? NON, non! Du sexe enfin! Du sexe sauvage, incluant des fessées et surtout beaucoup de “je t’aime” “moi aussi” bref du danger dans une salle qui coûte une fortune, la red room. Rencontrant un certain succès face à son idée mais ben obligée de changer les noms de ses héros pour pouvoir aller plus loin, voilà qu’elle crée une histoire différente avec de nouveaux protagonistes. Sauf que bon, si o y regarde de près on sait tous qui est supposé être qui.

Intriguée par le bouche à oreille qui découlait de ces livres, j’ai tenté de les lire avec bienveillance, mais le coup de la déesse intérieure, les scènes du “si seulement il m’aimait”, “Ana je t’aime”, “Pourquoi ne m’aime-t-il pas?” ont fini par avoir raison de moi. Le deuxième tome a été insurmontable et insurmonté d’ailleurs. Pas les films, puisque s’ils faisaient rêver certaines personnes et après tout pourquoi pas? Changer un conjoint non docile en un gentil agneau et en profiter pour vivre une vie de princesse fait rêver les cœurs romantiques, il n’y as pas de mal ça. Pour d’autres, c’était l’occasion de regarder ce gros plaisir coupable en bande et de rigoler franchement de ces aberrations. Le deuxième film, à jamais dans mon cœur, profitait d’un lot de scènes tellement surréalistes qu’il devenait la meilleure comédie involontaire de l’année. Et haut la main. La scène de l’hélicoptère est un chef d’œuvre à elle seule. On n’avait rien vu d’aussi absurde en terme de mélodrame depuis l’excellente série qu’était “Sunset Beach”. Tout dedans sent le fan service, la mère qui ne veut pas que son fils meurt pour rentrer passer du temps avec sa belle. Oui, elle lui dit que son histoire d’amour est trop top alors que l’hélicoptère de son fils est perdu dans la forêt. BIG UP d’ailleurs à Jamie Dornan et son jeu au moment du crash, puisque personne n’aurait aussi bien interprété le désintérêt pour son propre sort. Le retour du héro qui après un crash a un peu de cambouis sur le visage ( Vous n’êtes plus mort Christian? Non je vais mieux merci) et rentre pour se faire sa douce fiancée, voilà un moment de cinéma qu’il ne faut pas rater. Plus fou que le requin à deux têtes vs Jorsey Shore. Seulement voilà toutes les bonnes choses ont une fin, un dernier volet, lui aussi complètement barré, involontairement (haha Taylor, la majordome qui jette son écouteur de rage, c’est trop!) clôturait les aventures de nos deux héros laissant à jamais un vide dans nos cœurs. Et si, certes, on peut quand même en rire hein, il se peut que 50 Shades of Grey aie aussi su faire plaisir tout autrement à une partie de la population. Celle qui avait besoin de fantasmer librement et qu’on lui raconte de simples histoires d’amour. Finalement toutes celles qui s’affichaient avec, le lisant partout dans les parcs et les transports rappelaient peut-être quelque chose d’instinctif au Monde. La femme a ses fantasmes et non le sociopathe Christian, malgré ses fouets ne menait pas la danse de son couple, c’était en réalité Anastasia, la fille à priori banale, madame tout le monde, à laquelle il était facile de s’identifier qui la menait. Il faut quand même ajouter que les livres et films ont laissé un certain point d’interrogation au dessus de la tête de nombre d’hommes démunis. Les femmes veulent-elles en fait qu’on leur mette des fessées? Le missionnaire toutes les deux pages, est-ce du BDSM? – A la première question, il est impossible de répondre pour toutes mais pour l’écrasante majorité, il s’agit sûrement plus du fantasme du bad boy torturé à soigner et d’une sexualité assumée qu’autre chose. Christian est magique, à chaque fois qu’il souffle vers Ana, elle a un orgasme, c’est vraiment mais alors vraiment une image hyper réaliste de la vie.

N’empêche qu’importe les motivations de chacun, la fin de ce cycle laissait un trou dans nos vies… et voilà qu’arrive After.

After, après moi le néant

after le film

Le succès de la saga d’Anna Todd a été telle que 5 livres plus tard, elle écrivait même ses spin off. Loin de la catégorie romans pour ado, il fallait aller jeter un œil dans la littérature rose pour se la procurer. En dehors de l’aspect fan fiction, qu’ont en commun les trois œuvres évoquées? La présence d’une jeune-fille, vierge, toujours vierge (POURQUOI?!) et naïve, découvrant les plaisir de l’amour et charnelles aux côté d’un bad boy très dangereux pour diverses raisons. Pour Hardin c’est son tempérament sanguin qui prime d’ailleurs et ses tatouages et le fait que le mec expert en littérature n’arrive pas à faire une phrase sans dire putain. A cela s’ajoute le jeune âge des héros, puisque plus on est jeune et plus on aime avec passion. Tout d’ailleurs son amoureux(se), ses copains, son artiste préféré…

De quoi faire mal aux plus féministes d’entre nous? Peut-être un brin oui, puisque voir l’héroïne se faire maltraitée page après page peut sembler une vision bien étrange de l’amour respectueux et égalitaire.

Seulement voilà, avec ce type de romans, qui se lisent facilement d’ailleurs, il ne faut jamais chercher à entrer dans une grande réflexion politique ou métaphysique, non, il faut juste abandonner toute réflexion et suivre l’histoire page après page, retomber en adolescence, tout simplement.

Et finalement ça marche? Ca se lit tout seul, du moins et ce jusqu’au quatrième tome, qui va trop loin dans la maltraitance de ses personnages. En plus de tourner en rond, il devient compliquer de même avec le cerveau en off, comprendre les motivations des deux personnages et d’une auteure qui n’a pas dû prendre l’avion bien souvent à en juger par sa connaissance du Monde.

Et cette question qui vient parfois à la lecture de l’œuvre, quel est le problème de l’auteure avec les parents? Pourquoi faut-il que les parents débarquent absolument tout le temps dans cette histoire? Qu’ils soient en continue avec leurs enfants? Ces gens là n’ont pas d’amis avec qui trainer plutôt que leurs parents?

Il reste néanmoins, le premier tome aux accents juvéniles et au retournement final qui sent bon les vestiges de l’adolescence et des séries à la Dawson’s Creeks et autres qu’on prenait plaisir à regarder, ça, le sexe en plus. Le fameux sexe qui ne rend pas l’histoire plus adulte pour autant et qui n’apporte qu’à ceux qui ont vraiment l’envie de fantasmer dans le moindre détail. Il reste également une histoire universelle, blindé dans un premier temps de retournements de situations qui donnent envie de voir où va cette histoires et de croire que l’amour résiste à tout. Et au moins deux personnages ayant un goût partagé pour la littérature, ce qui fait que au moins, cette fois, ils peuvent avoir des choses à se dire. Par contre, le tacle sur Harry Potter qui seraient de mauvais romans quand on a écrit After, je ne sais pas si c’était nécessaire. D’autant plus dans la bouche d’un expert qui ne comprendrait pas la différence entre saga qui fait rêver et peut s’adresser à un large public et romans centenaires et classiques.

Le film devrait sans doute faire beaucoup parler de lui alors que de nombreux médias chercheront à s’en moquer ou à décrypter le pourquoi du comment ça marche. Ca marche parce que c’est un plaisir coupable. Que ça tire des ficelles connues. Un peu comme un plat de purée ou de coquillettes, rien à voir avec de la grande cuisine et pourtant, un plaisir pour un grand nombre. Ca marche parce que tout ne peut pas répondre à de hauts critères intellectuels, et parce que finalement les histoires d’amour torturé, c’est ce qui fait le plus rêver.

clip fever de Balthazar

Sans crier gare, lundi 29 octobre, tel un petit miracle d’Halloween, Balthazar a annoncé son grand retour avec un nouveau titre et son clip, “Fever”. Les mélomanes se sont alors transmis le mot et en un rien de temps toute la toile affichait avec joie cet extrait. Si la nouvelle a autant attirée l’attention de la foule c’est avant tout parce que Balthazar a toujours su privilégier la qualité et composer des morceaux d’une maîtrise rare. Il faut dire que pour la petite histoire ses membres, originaires de Courtrai en Belgique ont tous suivi un cursus au conservatoire royale de Gand. De quoi garantir une maîtrise instrumentale impeccable et la capacité de créer un rock alternatif sublimé.

Nos brillants touches à tout s’étaient néanmoins séparés pour un temps, à la suite de leur troisième album histoire d’explorer de nouvelles facettes de la musique. Marteen Devoldere s’essayant à l’art-jazz avec un projet solo baptisé Warhaus que je vous invite, si ce n’est déjà fait, à aller écouter en boucle. The Good lie et son clip ne pourront d’ailleurs que vous séduire et vous entraîner dans la grâce artistique que propose le musicien.  Dans une parenthèse plus personnelle, une amie m’avait demandé qui était un réel artiste et ce qu’était réellement un artiste à mes yeux. Si la question reste hautement débattable et philosophique, il m’avait paru évident de citer en exemple Marteen Devoldere. Vous dire comme je vous recommande chaudement d’écouter sa discographie. Pour lire quelques mots sur sa prestation à Bourges en 2017 c’est d’ailleurs ici.

De son côté, le co-compositeur du groupe Jin Deprez a profité de son temps off pour prendre l’alias de J. Bernardt et sortir un album solo aux notes R&B.


Fever- premier extrait du nouvel album à venir

Forts de ces nouvelles expériences, remontés après avoir élargi leurs horizons musicales, les compères décident de revenir à Balthazar, cinq ans après Thin Walls, le dernier album en date du groupe. La raison de ces retrouvailles? L’envie de perfectionner ce qu’ils avaient pu créer  mais aussi d’offrir à leur formation une nouvelle directive plus enjouée et moins mélancolique.

Ce nouvel opus baptisé Fever sortira le 25 janvier 2019 sur Play It Again Sam. Il est déjà possible de s’en faire une première idée grâce au single qui s’appelle lui-aussi “Fever” et à son clip. A découvrir ci-dessous:

 

Si la fièvre Balthazar vous a pris ( hoho le jeu de mots), sachez qu’ils seront en concerts en France en 2019 ( youplaboom)!

Tournée de Balthazar en France

24.03 – Aeronef Club, PARIS

25.03 – Casino de Paris, PARIS

28.03 – Épicerie Moderne, FEYZIN

29.03 – Rockstore, MONTPELIER

02.04 – Krakatoa, BORDEAUX

03.04 – Stereolux, NANTES

 

 

 

Marronnier oblige, le mois d’octobre se doit d’être consacré à la peur. La faute à Halloween, tradition américaine qui si elle n’a jamais entièrement pris en Europe aura néanmoins donné à chacun d’entre nous l’occasion de se faire peur le 31 octobre entre déguisements et films d’horreur à gogo.

Pour Netflix, le mois d’octobre 2018 est surtout l’occasion de proposer une nouvelle série horrifique à l’initiative de Mike Flanagan, The Hauting of Hill House. Le réalisateur est un expert en la matière, le grand public lui doit le très moyen “Ouija: Origin of Evil”,  avec le mot origin dans le titre il était évident qu’on ne pouvait pas en attendre grand chose, alors que les amateurs de frissons lui sont reconnaissants pour le magnifique “Occulus”, que vous retrouverez dans une petite sélection de 31 films d’horreur pour se faire plaisir à Halloween, “Abstentia”, une belle réussite low cost ou encore “Jessie”, l’adaptation du roman de Stephen King déjà sur Netflix.

 

The Haunting of Hill House déjà ça parle de quoi?

Cinq frères et sœurs ont grandit dans la maison qui deviendra, par la suite, la maison hantée la plus connue des Etats-Unis. Des années plus tard les voilà forcés à affronter de nouveau les fantômes de leur passé bien décidés à revenir les hanter.

Pour mieux parler de maison hanté, Flanagan a choisi de s’inspiré du roman culte de Shirley Jackson “Hantise” qui dépeignait les déboires du professeur Montaigue et de ses sujets qui choisissent délibérément de participer à une expérience paranormale avec pour théâtre une immense maison hantée. Le livre fera l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques dont “La Maison du diable” en 1963 puis de “Hantise” en 1999.

Loin d’être un banal remake d’une historie déjà racontée mais sous la forme cette fois plus longue d’une série télévisée, “The Haunting of Hill house” se contente d’utiliser les codes de ce labyrinthe géant truffé d’esprits pour y créer son univers propre et d’y ajouter une véritable réflexion sur le poids du traumatisme et l’importance de la famille. Une pépite en somme.

Du coup, est-ce que c’est bien?

Flanagan sortait en 2013 “Oculus”, long métrage avec pour objet horrifique un miroir hanté. Les protagonistes de l’histoire, un frère et une sœur y affrontaient leur passé au court d’un récit qui se racontait sur deux époques, le premier drame survenu dans l’enfance et l’affrontement des peurs à l’âge adulte. Il signait alors sa plus grande réussite et l’une des meilleures production horrifique de ces 10 dernières années. Cette phrase était vraie jusqu’à ce jour.

The Haunting of Hill House

Avec “The Haunting of Hill house”, le réalisateur va plus loin et  réadapte ses codes. Le récit s’inscrit lui aussi en deux temps et en deux époques: le drame initial dans l’enfance, sa perception à un âge où les plus jeunes sont enclins à croire à l’invisible là ou leurs aînés eux doutent déjà, puis celui à l’âge adulte agrandissant  cette scission. A l’instar d'”Oculus”, le récit crée cette barrière entre ceux qui croient et les septiques au saint d’une fratrie aimante et unie.

Puisqu’au delà des esprits frappeurs, des jumps scares et des monstres sous le lit qui peuvent parfois s’inviter dans le cinéma de genre avec grossièreté, la série télévisée Netflix, elle propose un spectacle d’une grande douceur qui s’approche plus du drame horrifique que de la machine à grands frissons.

Le temps d’exposition est donné à chacun de nos héros brisés, le temps de les aimer et d’intérioriser les liens qui les unissent. La force de leur relation est soulignée sans jamais être balancée avec lourdeur. En les suivant de l’enfance à l’âge adulte, il devient évident pour les spectateurs d’intégrer ce groupe. Aussi évident qu’il a pu l’être pour le club des losers dans “Ca” de Stephen King qui lui aussi faisait le pari d’un affrontement avec le même mal pour un groupe d’enfants devenus adultes. Un aspect binaire de la narration qui ne sera d’ailleurs pas utilisé dans le second chapitre de la nouvelle adaptation des aventures de Pennywise. Dommage finalement quand on voit à quel point cela peut servir dans l’œuvre qui nous intéresse.

Peut-on créer de l’horreur dans le drame?

Ho oui, et on devrait même penser à utiliser cette recette beaucoup plus souvent. Puisqu’alors que certaines issues sont connues dès les premiers temps de la série, Flanagan détourne notre attention des éléments majeurs pour mieux introduire ses éléments horrifiques. A l’image du premier Conjuring qui avait réussi à utiliser les codes  connus de cinéma d’esprits pour faire vraiment peur. Le premier hein? Le second était si lourd qu’il en était comique.- un commentaire gratuit mais nécessaire. En sort des scènes, enfin- finalement- ça faisait longtemps- réellement effrayantes, du type qui peut travailler la nuit si on est seul dans une maison un peu bruyante. Les scènes s’infiltrent naturellement dans le récit créant de réelles situations de tension. Elles n’en sont ainsi que renforcées, plus réalistes et donc encore plus effrayantes. Les apparitions elles-mêmes, travaillées avec soin méritent d’être saluées. La scène de la cachette sous le lit et du chapeau est une véritable prouesse en matière d’effroi sur petit écran. Mais n’en disons pas plus pour ne pas gâcher le plaisir d’un futur spectateur.

The Haunting of Hill House
The Haunting of Hill House

Grâce aux ficelles du drame, il est impossible de pas aimer nos personnages principaux et donc de ne pas avoir sincèrement peur pour eux.  Souvent, le cinéma d’horreur plonge ses personnages dans des évènements hautement traumatisants mais n’affronte pas leurs conséquences. Ici c’est l’inverse. Cinq frères et sœurs qui proposent chacun une réponse différente, une réaction unique à la vie après le drame. Cinq personnalités fortes et faibles qui tentent de survivre malgré leurs croyances et leurs connaissances d’un spectacle macabre. Chacun de ces témoins en tirant profit ou se laissant couler pour ne pas avoir à affronter le souvenir, avec une façon propre à chacun de raconter ce moment commun. La perception de chacun, le scepticisme et son besoin qui disent également qu’un seul regard sur un fait ne peut être fiable et que l’humain regorge de différentes réponses face à l’horreur. C’est d’autant plus vrai que nos protagonistes ont tous leur personnalité et existent à travers des discours qui leur sont propres. Mais qui a raison? Où se situe le fameux saint Graal qu’est la vérité? Fléau de notre époque de réseau sociaux où chacun s’applique à témoigner d’une vérité que lui seul détriendrait.

Tout comme l’excellent “Dark Touch” qui imageait la violence de l’inceste à travers un drame-horrifique, rendant la violence nécessaire, The Hauting of Hill House s’appuie sur la difficulté à se créer face à un évènement dramatique, donnant des accès ponctuels à l’essence même du drame. Le suspens y est impeccablement géré, les éléments y étant apportés au compte gouttes pour justifier un bindge watching intensif et nécessaire. Que s’est-il réellement passé dans la maison? Nos héros ajouteront ils du grain à leur traumatisme ou son affrontement les libèrera-t-il? Beaucoup de questions qui promettent quelques nuits blanches devant nos écrans.

The Haunting of Hill House

Enfin une mention toute spéciale se doit d’être donnée au choix du casting. Les acteurs sélectionnés ont tant de traits communs que leurs liens familiaux semblent couler de source. Carla Gugino, vue dans “Gerald’s game” est parfaite dans le rôle de la mère de famille aimante, tout comme Victoria Pedretti dans le rôle de la petite dernière, Nell, devenue une adulte fragile et sensible. Impossible également de ne pas s’attacher aux jeunes enfants qui composent notre petit groupe et aux adorables acteurs qui leur prêtent leurs traits.

The Hauting of Hill House est une série à découvrir sans plus attendre et disponible sur Netflix depuis le 12 septembre.

Avec son univers rose bonbon et ses flamants roses, Lakolyn est facilement identifiable. Le musicien originaire du sud de la France a su se créer un univers à part en puisant dans ses nombreux vagabondages musicaux. Du classique dans son enfance à la house puis le jazz, ce touche à tout ne manque pas de se renouveler sans cesse. Pas étonnant donc que sur son album ce multi-instrumentiste mélange les pistes: de  paroles mélancoliques aux mélodies funk, du groove enjoué et un clavier aussi fluo que sa pochette voilà la recette de l’ovni “Maux rose” album entièrement composé en français.

Rencontre avec le chanteur qui nous raconte ses voyages, son clip décalé et nous propose d’entrer dans son univers.

Découvrez également la très jolie session acoustique du titre “Les Ballons de baudruches”.

Interview de Lakolyn

Lakolyn interview Popnshot 2018

Session acoustique “Les Ballons de Baudruche”

Lakolyn - Les Ballons de baudruches live acoustique Pop & Shot