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Sinead O’Brien : rock électrique

Sinead O’Brien - Like Culture (Official Video)

Deux notes de guitare qui se répètent, la voix qui s’ajoute, un rythme militaire, un rock moderne jusqu’au bout des ongles, et voilà qu’en un titre la prêtresse Sinead O’Brien a pris possession de vos esprits. C’est en juin que la boule d’énergie débarquait avec un premier album sans concession qui sait toujours retenir l’oreille « Time bend and break the bower ».  Impossible d’y aller par quatre chemins, ce dernier fait l’effet d’une petite bombe. Profondément indé et pourtant accessible, il sent la classe / claque que seule l’Irlande peut offrir au Monde. La chanteuse a pour elle le raffinement et la puissance autant que l’aspect sombre des clubs britanniques et leurs sous-sols qui sentent la bière et donc le rock. Toujours est-il qu’elle enivre dès son premier titre le jusqu’au boutiste « Pain is the fashion of the Spirit », entre le spiritueux du gin et la claque amère du tonic. Alors que les loops se succèdent titres après titres, le dansant et surtout obsédant « Like Culture » en cinquième position de cet objet à 11 volets hypnotise carrément. Tubesque certes mais pas que, la chanteuse accompagnée de ses deux musiciens a au moins l’étoffe d’une certaine PJ Harvey. Pas étonnant donc de retrouver à sa production Dan Carey (Fontaines DC, Wet Leg, Squid, Black Midi, Foals, Kae Tempest). De Fontaines DC elle tient la puissance à créer des hymnes rauques, de Kae Tempest l’ultime proposition vocale et la capacité à tordre les codes pour s’approprier un phrasé ficelé. Pour mieux percevoir se force, il suffisait de se rendre à son Point Ephémère de Paris le 16 septembre. Vêtue d’une robe noire entre l’effet couture et le rock gothique, la brunette aux cheveux long s’est offert un set enflammé d’une heure, subliment ses boucles musicales et appelant à la suivre aveuglement. Impossible de détacher les yeux des premiers pas scéniques d’une future grande du rock. Le temps s’y tord à ne pas s’y méprendre. Plus qu’un album, une expérience à écouter en boucle qui casse les codes pour mieux devenir le berceau d’un son nouveau.

 

Blond : My name is Blond, et Blond c’est Bon

blond - De l'air (lyrics vidéo)

 

La pop française a un nouveau visage et ses traits sont blonds, enfin plutôt châtain foncés, mais on ne va pas couper le cheveu en quatre. D’autant que le musicien a l’art de pl’hair. D’ailleurs son premier EP s’appuie sur le single « De l’air » pour séduire. Mais arrêtons avec ces jeux de mots capillotractés pour se concentrer sur la musique. Le musicien à la voix androgyne se dévoile dans sur son jet intitulé « Pour la vie entière » paru le 22 septembre. Côté sonorités, ils compte bien entrer dans vos crânes pour mieux vous coiffer au poteau, avec ça pas étonnant qu’Asaf Avidan l’aie remarqué. Il s’est offert en tant que backliner une tournée de 15 dates avec l’inénarrable musicien israélien. Sa pop aérienne, en français dans le texte est emprunte de liberté et évoque avec une certaine légèreté la beauté verdoyante de grands champs (point).  L’ancienne moitié de Bel Plaine y évoque avec douceur l’amour naissant (« Eté brûlant » en feat avec Sandra Nicolle) comme le soulagement de l’après rupture (« De l’air »).  A un cheveu du succès, il quitte avant le Covid son ancien groupe, se consacre à ses études de coiffure, pour mieux revenir face à la solitude du confinement à ses premiers amours pour la musique. Le résultat a, à n’en pas si méprendre, la candeur à fleur de peau du meilleur de Malik Djoudi, à ça s’ajoute la pop suave aux accents rétros de The Pirouettes et autres Videoclub. Aucune raison de se faire des cheveux blancs pour lui, Blond a un bel avenir tout tracé et une tournée française qui débutait par un Pop Up du Label plein à craquer le 21 septembre pour mieux se poursuivre ensuite entre autre à Brest, Strasbourg et Nantes… Sa date parisienne aura d’ailleurs permis de mettre tout le monde d’accord. On lui prête facilement des intonations à la -M-mais aussi une capacité tubesque à la Vianney, le tout avec spontanéité et sensibilité. On ne vas se crêper le chignon et se mettre tout de suite d’accord Blond c’est bon.

 

Alela Diane : looking folk, folks

Alela Diane - Looking Glass (Album Trailer)

Si certains courants viennent et partent, se hissent dans les tops des ventes à l’instar de la nouvelle scène et du Hip Hop, la folk elle n’a jamais été le courant à hits. Et pourtant, il est l’un des plus beaux et celui qui fédère le plus. Les voix et les guitares s’y entremêlent sans jamais se parer d’artifices et autres auto-tunes. Les paroles et le timbre aux centre des émotions uniquement. En la matière et bien que le chemin soit connue, la route ne peut qu’être belle. Pour Alela Diane qui dévoilera le 14 octobre son sixième album « Looking Glass » cette dernière la conduira à parcourir le temps. Le titre fait à la fois référence à « Though the Looking Glass » de Lewis Carroll (devenu dans le langage courant ce qui est normal ou attendu) et au miroir. L’occasion donc de s’inscrire dans une démarche entre passé et futur. Une bonne manière de personnifier le courant folk d’ailleurs, l’alliance parfaite d’une tradition musicale qui se modernise en gardant ses racines ancrées. Il aura fallu quatre ans pour découvrir le nouvel opus de la chanteuse. Le temps d’affiner ses titres mais aussi de se livrer au cour de titres qui transpercent les coeurs. C’est le cas de « Camellia », déjà dévoilé, qui livre l’intimité d’Alela Diane. Elle y retrace la naissance de sa fille, alors qu’elle a failli perdre la vie en lui donnant justement la vie. Comme toujours avec sa musique, la légèreté est de mise. Aussi aérien qu’une moineau qui s’envole, on n’y perd quand même ses plumes. La folk est le meilleur reflet de l’automne, tout comme cet opus au couleurs ocres, où les douleurs sont exprimées, les notes joyeuses prennent la douce allure mélancoliques de feuilles qui tombent. Les morceaux de ce sixième jet virevoltent. Pour mieux virevolter avec eux, rendez-vous à Paris, au Café de la Danse le 18 octobre et puis le 6 février au Trianon.

 

Hot Chip : stay hot

Le 19 août,  Hot Chip revenait avec une nouvelle galette : « Freakout / release ».  Il n’en a pas fallu plus pour en faire le remède idéal à l’automne qui s’installe beaucoup trop rapidement.  Déjà parce qu’il coupe court avec la mélancolie des feuille qui tombent. Hot Chip c’est le rayon de soleil ( sans les pénibles 40 degrés) qui vient s’insérer dans les oreilles et ce dès son premier titre « Down ».  Ce dernier a d’ailleurs  profité de l’été pour se dévoiler sans paréo sous plusieurs remixes qui sont une véritable cure de vitamine d en intraveineuse. En cause, les voix rayonnantes de ses deux chanteurs et amis depuis leurs onze ans : Alexis Taylor et Joe Goddard. Si Hot Chip a toujours joué la carte de la dance alternative,  cette fois-ci la soul y est joliment affirmée.  Porteuse de chaleur, elle se fond et se pare de couleurs pop au raffinement rock notamment avec le titre « Eleanor » deuxième extrait dévoilé de la galette. Mais il ne faut pas s’y méprendre, l’électro est bien présent sur cet astre hybride. Pas besoin d’attendre longtemps, le titre éponyme invite des robots dopés à prendre le contrôle de chaudes soirées. Sauf que, comme toujours avec Hot Chip, les sonorités ne laissent en rien présager des textes. Ils sont loin du sable apaisant que laisse entrevoir cette pause pop « hot » en couleurs. « Eleanor » parle de résilience face au « Monde qui se fracasse sur vous des vagues qui s’écrasent sur vous, de la douleur totale et de la façon dont vous devez la gérer. » comme l’explique Alexis Taylor.  Nous sommes  bien loin  des vagues qui viennent peupler les mers, mais bien en échos avec une actualité qui fracasse. « Il y a une noirceur qui traverse beaucoup de ses morceaux » complète Goddard en évoquant via ses lyrics un contexte personnel et politique peuplé de gens qui survivent. Les rouleaux des vagues, leur douce écume, eux logent au coeur d’une pop sophistiquée et dansante, joyeusement tristement, tristement endiablée. Une expérience sensorielle en somme que la peau ressent autant que les oreilles. Et qui pourra se prolonger en live à Paris, le 8 octobre à l’Olympia de Paris.

Dry Cleaning : broderie punk

Dry Cleaning - Gary Ashby (Official Audio)

Il sont plusieurs à avoir donné une esthétique élégante au post punk : de Yard Act à Black Country New Road, les lignes ont été redéfinies. Mais personne n’a autant su allier cette classe à nouvelle manière de composer le courant  courant que Dry Cleaning. C’est le 21 octobre que la formation présentera son deuxième album très attendu : « Stumpwork ».  La formation en a livré un très bel extrait grâce au morceau « Gary Ashby », sa pop low-fi, sa production carrée et entêtante et sa référence à une tortue disparue pendant la pandémie. Le timbre féminin de la formation y est comme toujours obsédant et entêtant comme ses longues guitares appuyées. Les tirades y sont belles et implacables. C’est avec le producteur John Parish que le groupe aux sons froids et étoffés a choisi de travailler sur cette nouvelle galette. Propre ? Peut-être mais jamais sage. La légende veut de plus que Florence Shaw ait profité du studio pour improviser une bonne partie de ses paroles. De quoi donner de la spontanéité à un exercice carré et précis. Dry Cleaning sait ce qu’il fait, note après note et ce nouveau jet promet d’être une masterclass. D’ici sa sortie, on se délecte donc de ses premiers extraits. Et puis, on se prépare pour le concert le 8 novembre au Trabendo de Paris.


« Mauvais ordre » de Lomepal : un pied dans le miel, un autre dans le miel

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