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Julia Escudero

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Geoffrey Le Gouaziou @Célia Le Goaziou

Originaire de Nantes, Geoffrey le Goaziou, est un véritable passionné de folk. Sensible aux mélodies travaillées, aux émotions brutes taillées comme du diamant et à la guitare sèche, le prodige ensorcelle avec sa voix de velours et ses accords qui touchent droit au cœur. Membre du collectif la Folk Station, il officie seul en configuration guitare / voix et évoque nostalgie et grands espaces au court de compositions aussi sensibles qu’intimistes.  Le 22 avril il publiera son premier album « Somewhere Quiet ». Pour donner un aperçu de son univers à fleur de peau et enivrant, le chanteur nous a offert une très belle séance acoustique en direct du disquaire de la rédac’ The Mixtape dans le quartier des Abbesses.

Découvrez et laissez vous charmer par les titres « Bili », «  »Somewhere Quiet » et « Shell », un mini concert en ligne tout en douceur.

Découvrez la session acoustique de Geoffrey Le Goaziou

Vidéo et montage : Théophile Le Maitre – Merci beaucoup pour ce beau travail

The Mixtape : 32 rue des Trois Frères 75018 Paris



 

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Photo : Louis Comar

Vous ne le connaissez pas encore ? Voilà qui ne va pas durer. Depuis qu’il est sorti de son nid, le colibri Oete n’a de cesse de faire tourner les têtes. Le jeune chanteur a tout de ce qui fait l’étoffe des plus grands. Et il le prouve dès son premier titre « La tête pleine », perle pop de la chanson française, délicieusement moderne, impeccablement arrangée, consciente de ses classiques tout en ayant sa propre identité. Et puis il était ses plumes : des plus belles parures. Oete allie la candeur des débuts qui touche au cœur à la grandeur de celui qui saura remplir des stades. Un rapide coup d’œil à l’un de ses concerts ne pourrait d’ailleurs que vous convaincre alors que le virtuose ondule et communie.

Un autre titre « Hpv » et une reprise de Niagara « Pendant que les champs brûlent » n’ont fait que confirmer l’évidence. La voix grave et électrisante du bonhomme subliment un immense potentiel d’écriture, une force de frappe musicale rare. Alors, les regards ont commencé à se porter sur lui avec une attention toute particulière. Sans surprise, le musicien a été propulsé en première partie de Fishbach, Julien Doré ou encore Feu! Chatterton. Et puis il fait également à très juste titre partie de la sélection des Inouïs du Printemps de Bourges où il y a fort à parier qu’il saura faire des étincelles. Ce 4 mars, notre petit oiseau déploie une nouvelle fois ses ailes avec un tout nouveau titre « Défense » et donc son clip.

 « Défense » : un classique instantané

Quelques notes bien senties, un beat qui s’accélère et se diffuse et voilà que la voix d’Oete s’impose. Le premier couplet sonne comme une évidence de la chanson française, il appelle à la danse avec une retenue mélancolique comme ont toujours su le faire les poètes que notre sol a pu héberger. Savamment dosé, on y retrouve la capacité à faire des hits de son idole Fishbach. Le refrain entre naturellement dans les têtes. Sans jamais y forcer son chemin, radiophonique sans être surfait, accessible sans jamais tomber dans la facilité, ce « Défense » marquera les esprits et deviendra, c’est une évidence, rapidement culte. Préparez-vous à la tornade Oete, elle devrait très prochainement prendre l’ampleur de celle qui était annoncée depuis ses débuts d’Eddy de Pretto.

Oete annonce sa tournée

oete tournée


big thief dragon new warm mountain i believe in youIl était une fois un monde dans lequel tout devait aller vite. Les albums devaient être courts, la musique devait servir à faire danser, les paroles devaient parfois offrir des punchlines à répéter en soirées.  Et puis, comme d’un coup de baguette magique voilà que Big Thief y sortait un nouvel album à contre-pied des attentes. Il y réunissait 20 titres dont chacun y prenait le temps d’exister, de se laisser vivre, de flotter dans les airs et de percuter les cœurs. Pas étonnant donc que ce joyau, digne des plus belles tiares se soit nommé « Dragon new warm mountain I believe in you ». Un animal imaginaire et majestueux tout aussi onirique que la balade au pays imaginaire que le groupe nous invite à visiter.

Au commencement était la douceur

C’est sur la pointe des pieds qu’Adrianne Lenker et sa troupe engagent cet album. « Change » convoque l’âme d’une folk inspirée où il fait bon exister. L’entrée dans cet univers se fait avec douceur. Les notes se délient et se dégustent, tout ici n’est que luxe et volupté. Dans ce royaume lointain les hôtes proposent de prendre part à une fête improvisée. « Time Escaping » a la gaîté d’une nuit autour d’un feu de camps, où histoires et danses se mêlent. Elle se poursuit sur « Spud Infinity ». Pour parfaire le moment, la joyeuse bande invite les instruments folkloriques à se joindre à l’évènement. Tout en gardant sa profonde mélancolique à la pop acide, Big Thief crée une aparté emprunte de joie et pourrait bien rapatrier quelques joyeux lutins alors que les notes sautillent et les ombres virevoltent au gré des flammes.

Et puis, place à la féerie, aux rivières de diamants. Le titre qui donne son nom à l’album donne envie de croire. Le Monde pourrait être peuplé de nymphes et autres créatures mystique. Rêve éveillé aux confins de la pop, sa douceur n’a d’égale que sa maîtrise et son rayonnement. La voix aérienne y répond avec délicatesse aux notes savamment pensées. Comme dans une rivière au mille reflets, elle coule de source, sonne autant comme une évidence connue qu’une individualité revendiquée.

S’envoler en terre pop

Il est temps de s’envoler et de déployer les ailes de « Sparow ». D’ailleurs, le titre n’a de cesse de décoller en une ritournelle qui se répète. Là encore l’évidence folklorique répond à une voix aérienne qui sait se casser pour mieux marquer ses mots. La comptine y est appuyée et vu du ciel que les paysages sont beaux. Comme dans un cocon chaleureux, Big Thief cajole et envoûte. Ce titre biblique évoque par ailleurs avec subtilité la genèse, la pomme acide se revendique et se déguste comme un poison dans lequel il est bon croquer.

S’en suit le magistral « Little things », un petit rien royal qui pose son ton dès ses toutes premières secondes. S’il fallait évoquer la perfection dream pop, le morceau ferait office d’exemple. Sa retenue musicale fait écho à un entrain à la perfection rare. Montée en puissance constantes, la voix s’y positionne avec naturel, elle se positionne en tête pour mieux masser les esprits en un simple coup de baguette aux milles étoiles. Les guitares s’emballent, l’invitation à s’échapper est là mais aussi l’obsession pour l’être aimé. Ces petites choses que l’on aime dans ce morceaux le rendent addictif, poignant. Chaque note y est un élément à chérir qui compose un grand tout à aduler.

Un second acte entre folklore et magie pop

big thiefEn sa moitié, l’opus donne du souffle pour mieux repartir avec entrain sur « Flower of blood ». Doit-on penser à « Blood Flowers » l’album culte des Cure ? Il en a du moins le génie. Sans s’aventurer dans les sombres contrées du groupe de Robert Smith, la formation en garde la beauté mélancolique.

Pour plus de noirceur il faudra attendre les prochains titres. « Blurred View » évoque l’épaisseur de Portishead et a l’étoffe d’un « The Rip ». Pour se remettre et comme un clin d’œil au début de l’opus il faudra s’oser sous la lune de « Red Moon » une danse mystique aux nombreuses vertus proches de la sorcellerie.  Big Thief n’a de cesse de se réinventer, de changer de ton en gardant ses gammes. Impossible de ne pas marquer le pas sur ses dernières notes qui s’emballent à toute allure.

Si l’album était jusqu’ici conçu comme un rêve, il est temps d’ouvrir les yeux. Les rythmiques puissantes appellent d’ailleurs l’oreille à prêter attention dès les premiers instants de « Wake Me Up to Drive ». Mais comme toujours, le début ne laisse en rien présager la fin. Comme sur des montagnes russes, l’album prend le temps de faire des poses, de s’offrir des montées sans fin pour mieux apprécier l’univers qu’il invente. La voix d’Adrianne devient enfantine avant de mieux reprendre cette rayure folk qui lui confère son sublime.

Un essaim vibrant

Il est singles qui ne se détachent pas des albums. Ils sont choisis par les maisons de disques pour leur qualités vendeuses mais non pour l’effort qu’ils représentent.  L’immense « Simulation Swarm » fait mentir tous les adages. En seulement quelques secondes le titre colle à la peau et au cœur. Ses répétitions savamment dosées se glissent dans les os. La résurrection est-elle possible ? Entre la berceuse apaisante et l’hymne hypnotique, un morceau aussi puissant du côté de la pop et de son amie la folk n’avait pas vu le jour depuis des années. Tourbillon aux mille merveilles, aux montées qui savent se maîtriser, au raffinement sans fin, il dégage la poésie d’un joyau brut. Le mont aux trésor de cet album est à écouter en mode repeat sans jamais sans lasser. Il n’est d’ailleurs pas sans rappeler le tout aussi intemporel « U.F.O.F ».

Il faudra pourtant le laisser, de façon assez abrupt il faut en convenir sur le titre d’après qui débute par la voix de sa chanteuse comment un raté travaillé, un démarrage à la hâte. Intitulé « Love love love », il ne peut que résumer en trois mots la sensation globale procurée par les 20 titre de cet opus qui passe sans jamais trébucher de la mélancolie au folklore toujours dans un pays où les mythes et croyances sont légions.

C’est « Blue Lighting » qui conclut dans la lumière cette démonstration de force contenue. Une dernière danse avant la fin pour redonner à la folk sa juste définition. Et la suite ? Elle conduira à reporter les deux concerts parisiens de Big Thief au mois de juin 2022. La princesse Adrianne Lenker elle et ses preux chevalier, vécurent aussi heureux que le public qui les écoute et il faut le souhaiter donneront naissance à beaucoup d’albums de ce calibre.


 

 

 

the kooks
The Kooks par Paul Johnson

Pas de repos pour les justes ! Luke Pritchard avait adoucit l’hiver dernier alors qu’il officiait en Duo avec sa dulcinée. Fraîchement papa, le plus européen des rockeurs britanniques est de retour aux côté du groupe culte qui a bercé nos nuits adolescentes tout en  redonnant son côté nonchalant bad boy au perfecto, j’ai nommé The Kooks.

Si l’objectivité ne peut être de mise lorsque l’on évoque le trio de brit-pop, cette première partie d’un jet à paraitre en juillet 2022 a le goût du risque.  Exit le rock acide qui avait fait le succès de « Naive » ou de « The Ooh La »,  ce premier acte composé de trois titres touche plus à la pop entraînante. Mais il faut dire que la bande de Pritchard n’a rien perdu de sa force à faire du refrain efficace. La preuve en est donné dès le premier titre « Connection ». Sur ce dernier, cette ballade facile d’accès a le bon sens d’imposer une maîtrise du rythme construite. Avec la saveur dansante d’un « She moves in her own way », le morceau se déguste comme un air entraînant. Du registre qui pourrait bien donner des ailes et avoir cette vibe qui invite à la bonne humeur et à l’envie d’aller de l’avant. Loin de cette âme mi-blasée mi-candide, la marque de fabrique des premiers temps de l’ancien quatuor, ce morceau profite d’une grâce fédératrice et donc on ne peut plus radiophonique. Bien produit, calibré et entièrement pensé, il ouvre cette nouvelle page avec des notes qui auraient eu leur place au printemps. Fédératrice nous disions ? C’est sûrement parce que c’est l’Europe qui a poussé le groupe a agir. Alors que Pritchard souhaitait faire une pause bien méritée suite à l’immense tournée d' »Hello Sunshine », le leader de la formation a préféré débarquer en studio à Berlin. Un pied de nez au Brexit qui a sacrément mis les bollocks à notre rockeur. Le voilà donc embarqué dans des sessions de trois à quatre jours porté par l’envie de défendre le drapeau étoilé.

Un jet radiophonique et solaire

the kooks echo in the darkC’est « Jesse James » qui suit le mouvement. Titre certainement moins fort que son prédécesseur, il a le mérite pourtant d’avoir en ses premières notes la fougue que l’on connait aux Kooks, d’autant plus que la voix de son chanteur y est mise en avant dès ses premières secondes. Le fond de l’air y est funky et tout comme sur le premier titre il sait ménager sa montée en puissance, chouchouter son refrain et surtout s’appuyer sur quelques apartés aigues pour marquer sa singularité. Les couplets plus classiques incitent à la danse mais manquent peut-être d’une touche libertaire pour  mieux convoquer l’âme du meilleur des Kooks. On ne pourra néanmoins pas lui enlever sa production efficace et pointue, son soin du détail. De là à dire que le lâcher prise des premiers temps ne manque pas serait un excès de mauvaise foie liée à un sentiment bien noble : celui d’un amour infini pour l’esprit The Kooks et toute les merveilles qu’il évoque.

Reste un dernier titre pour se faire une première idée de ce que sera l’album complet. Trois morceaux c’est bien trop court ! Cette mise en bouche ressemble de plus en plus à un premier date qui se passerait bien. Du genre que l’on passerait pourtant avec un ami de longue date redécouvert sous un nouveau jour. D’ailleurs c’est un morceau solaire qui conclut cet EP- teaser. Le rayon de soleil y est bien encré. D’ailleurs quelques intentions ça et là pourraient évoquer Bruno Mars sur ce « Modern Day » qui a bien envie justement de s’encrer dans l’air du temps. Exit donc le bon vieux rock british joué dans des caves et des petits clubs aux lumières tamisées où le sol collant sent délicieusement la bière. Ici, l’envie de faire danser semble au cœur des préoccupation de nos amis de toujours. Là encore le bridge et le refrain sont particulièrement soignés et des partis pris aigus ponctuent un refrain qui colle à la peau. La bonne humeur est musicalement de mise. Quelques notes répétées en boucle pourraient bien contenter les partisans d’un rock plus 80’s. En quelques écoutes, le titre semble déjà faire partie d’un paysage longtemps connu. Et c’est peut-être parce qu’il reprend en filigrane des rythmiques qui ne sont sans évoquer l’âme des Bee Gees.

Un concert parisien en mars

Aussi frustrant qu’un premier date dont le second sera dans bien trop longtemps, cette approche du nouvel opus promet un grand changement dans la vie musicale du groupe. Plus moderne, jovial et bien plus pop que ses prédécesseurs, il signe le retour d’un groupe aux nouvelles perspectives. En attendant d’en écouter plus, la joyeuse troupe retrouvera son public français le 3 mars à l’Olympia. Sortez vos plus jolis manteaux et venez danser comme vous le souhaitez, les concerts des Kooks, sont toujours là où l’on a besoin d’être.