Yadam

C’est face à une salle en configuration assise que Yadam ouvre les festivités. Le chanteur vénézuélien, finaliste de la Nouvelle Star est accompagné d’un guitariste également en charge du pad. Avec douceur, le musicien prend le pari de mélanger influences world musique à de la pop légèrement teintée d’electro. Configuration oblige, à moins que l’atmosphère hivernale soit aussi à mettre en cause, la salle écoute religieusement le live qui lui est offert. Côté scène, une gestuelle simple accompagne le set. «  Je suis arrivé en France il y a deux ans, plein de rêves en tête, j’ai quitté ma mère en lui disant qu’ici j’aurai pleins d’opportunités et c’était vrai puisque je suis ici » explique le chanteur avant d’interpréter son premier morceau disponible en ligne en français uniquement dans le texte. Si le titre évoque une épopée, le périple s’entend dans les notes. Malgré son envie de mélanger les genres, Yadam propose des compositions classiques. Simples mais mais néanmoins bien ficelées. Reste un travail sur ses notes vénézuéliennes à faire, une part de culture musicale à embrasser pour que le meneur ne puisse dire à sa mère qu’il a entièrement relevé son défi.

Edgär

Repéré aux inouïs du Printemps de Bourges, Edgär a su grâce à une pop aérienne savamment dosée s’attirer la sympathie immédiate de la redaction de Popnshot. Il faut dire que guitare, clavier et batterie s’attellent à donner une touche d’énergie rock à de jolies ballades introspectives aux refrains accrocheurs. Après les avoir revu au Supersonic, retrouver le combo au Café de la Danse s’annonçait d’emblée comme une très bonne nouvelle. La configuration assise, bouton au milieu de la figure d’une des plus belles salles de la capitale, vient à freiner l’énergie poétique qui se dégage d’un set pourtant parfaitement orchestré. Qu’importe semble répondre le trio, qui déploie des trésors d’ingénierie pour faire taper des pieds un public qui pourrait aussi bien être au théâtre. Il faut attendre trois titres pour avoir le plaisir d’écouter la pépite” Two Trees”. Hymne pop par excellence, savamment dosée et aux montées lyriques enivrantes. A partir de là, le groupe monte en puissance. D’ailleurs il n’en faut pas plus pour que le guitariste ne descende de scène pour venir saluer son audience de plus près. L’electro prend ses quartiers, de celui qui va si bien à Isaac Delusion. La pop reste de la partie tout comme le phrasé à la sauce new wave. Le dernier titre s’appelle “Heaven Tricks” Coïncidence alors que le groupe transcende la pop de façon pardisiaque ? Retenez bien le nom d’Edgar, c’est bien la seule formation qui sera aussi bien habiller vos soirées que consoler vos chagrins.

DAYSY

Coiffée comme Ariana Grande, la chanteuse du groupe DAYSY en a également la capacité à créer des morceaux qui parlent au grand public. Avec sa voix puissante et ses morceaux groovy, la belle et son acolyte à la guitare évoquent volontiers Adele, du moins sur leur ouverture de set. Après avoir chaleureusement remercié la salle et rappelé qu’il s’agit là de leur première date à Paris, DAYSY s’échappe du répertoire de la diva pour se glisser vers une la pop plus dansante et emprunter à d’autres stars Outre-Atlantique. Dans l’idée d’inciter une foule réceptive à danser… et ce malgré une vous l’ai je dit? Configuration assise bien dommage, la voilà qui s’approche bien plus d’une certaine Kathy Perry. Pleine d’entrain, la frontwoman danse volontiers devanture légèrement vers les lointaines contrées du rnb et semble tout droit sortie d’une clip que l’on retrouvait sur MTV à la grande époque. « On peut partir du principe que vous êtes un public super cool! » lâche-t-elle à son aise sur scène. Le sourire aux lèvres la voilà qui fait vibrer sa voix comme Pink! Si d’aventure, le groupe devait tourner en boucle en radio, la surprise ne serait pas au rendez-vous tant qualité et sympathie sont au rendez-vous. Face à face avec son musicien, la performeuse offre un set tout en douceur et sobriété. Le genre de représentation qui va de pair avec le joli lieu qui l’entoure. Suite à une nouvelle salve de remerciements, le duo s’ose au français, évoquant cette fois les compositions et interprétations des divas canadiennes. Les voilà maintenant qui invitent le public à allumer les lumières de leurs téléphones pour donner de jolies lumières. Suivi en masse le mouvement reste néanmoins tout à fait aléatoire tant chacun suit sa propre gestuelle. Une mélodie physique désaccordé et spontanée qui a de quoi faire sourire avec candeur. Si le groupe ne révolutionne pas la musique, il embrasse néanmoins les codes qui cartonnent aux Etats-Unis pour se les approprier et les apporter en France histoire de rappeler que Yes we can. Certes, l’affaire manque de piquant mais on ne peut lui reprocher son interprétation millimétrée ni la voix puissante qui la porte. S’osant à l’urbain, à l’electro populaire, la formation pourrait bien vous faire danser en  club cet été, et vous surprendre lorsque son made in France sera évoqué. En attendant de bouger nos popotins dans la chaleur de boite de nuit du sud, reste à affronter le froid hivernal qui encercle un Café de la Danse chauffé à bloque.

 

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