Terres du son c’est une expérience hors du commun et un engagement certain, mais il ne faut pas oublier que c’est également un festival de musique à la programmation très diversifiée et regorgeant de talents. Petit tour d’horizon des deux jours que nous avons passés sur place.

 

La journée du samedi, deuxième jour du festival et envisagée comme son cœur battant par les organisateurs, débute sous les meilleurs hospices : soleil et chaleur, de quoi ravir la foule venue en masse profiter de la programmation volontairement plus pop-électro.  Rendez-vous est donné près de la scène Gingko dont la programmation promet un circuit détonnant.

 

La première à faire entendre sa voix est la belle Camille, toute de bleue vêtue. Le public est là, heureux de retrouver l’univers si particulier et si pétillant de la chanteuse. Camille est généreuse sur scène et utilise toute son énergie pour embarquer la foule dans son délire musical, passant du mix à la contrebasse, toujours accompagnée de sa petite troupe. Tellement généreuse qu’elle attend la fin de sa première chanson pour demander une paire de chaussures à ses fans. C’est que même à l’ombre, la scène est pour elle de “vrais charbons ardents” !

 

A sa suite, un maestro de la voix. Une vraie découverte pour la plupart des personnes présentes ce jour-là. Mais où se cachait-il jusque-là ? Dans les premières parties d‘Imany qui, la première, a craqué pour ce chanteur hors norme. Pour sa première participation à TDS, Faada Freddy s’est imposé comme LE concert à ne pas manquer. Envoûtant et punchy à souhait, il a instauré, sous le soleil couchant, une vraie communion avec le public. Maîtrisant le gospel, le bitbox, la soul, mais aussi les vieux classiques de Queen, c‘est dans une ambiance absolument magique qu’il a occupé la scène durant près d’une heure et demi (dépassant ainsi de quelques rappels le set prévu, incapable de quitter “sa meilleure prestation” selon son propre aveu).

C’est un peu sonnée que la prairie laisse place durant quelques heures à des groupes plus confidentiels – tels Gogol Bordello ou Sir Jean & NMB Affrobeat Expérience – avant de se préparer au choc de la nuit. Il est en effet fascinant de voir progressivement se mêler aux familles et festivaliers de tous âges, habitués ou non, des tee-shirts noirs au style résolument plus dark. Progressivement, le public change de ton et laisse place aux métalleux venus rendre visite à un groupe mythique qui ne s’était pas produit dans la région depuis 20 ans. Ovni de la programmation du festival, Gojira s’empare de la prairie en illuminant la scène et en faisant retentir ses basses. A contre-courant du visuel de cette édition 2017, rose et cornet de glaces sur tous les flyers, Gojira détonne et prouve une fois de plus que TDS est bien “le festival pour tous”. Le public est invité à vivre un tout nouveau moment dans une ambiance très différente. Gojira c’est un son audible d’un bout à l’autre du domaine, des musiques et une voix extrêmes, à l’image du métal qu’ils défendent. Les chansons sont reprises en cœur et avec frénésie par les fans de la première heure, et laissent parfois pantois un public non averti, heureux malgré tout de cette découverte musicale. Pour un groupe qui joue sur les ondes depuis 1996, c’est un beau paradoxe que lui offre le festival.

 

Difficile de passer après ce monument. Et pourtant, les notes électro vont résonner sur la prairie jusqu’après 3 heures du matin, laissant les festivaliers profiter de la douceur d’une soirée estivale, à l’image du festival “très beau et très chaud”.

 

Le dernier jour s’ouvre avec une météo moins clémente, entre alertes orange et risques d’évacuation, les organisateurs sont en lien constant avec la préfecture et la gendarmerie locale. La présence d‘Imany cet après-midi-là rappelle, comme un pied de nez, son dernier passage à Terres du Son, dernière édition mouillée par un temps capricieux. Heureusement, après une grosse demi-heure un peu difficile, le temps humide mais non pluvieux rassure tous les artistes sur l’affluence de ce dimanche. Cela semble d’autant plus important que durant ce même week-end s’est tenu non loin l’American Festival Tours. Si l’on regrette un peu cette double programmation, l’on affiche surtout un grand plaisir face au dynamisme musical de la région. Ainsi, malgré ce “double événement”, le public est au rendez-vous et les chiffres similaires à l’année précédente.

 

C’est donc sur une herbe un peu plus humide que la veille, que le festivalier va pouvoir profiter de ce dernier jour. Au gré de ses déambulations il pourra notamment découvrir ou redécouvrir les Sœurs Moustache, qui, après cinq années d’absence, reprennent le chemin de la scène. Trois petits bouts de femme accompagnées de leur quatrième “sœur” Cédric, leur guitariste et compositeur. C’est avec beaucoup de bonheur et d’émotion qu’elles viennent partager leurs chansons fantasmagoriques et décalées. Enchaînant les balades et histoires de vie, faisant vibrer leur public, du rire aux larmes, elles se réapproprient un petit morceau de verdure avec une seule envie : le plaisir !

 

 

La nuit apporte avec elle une nouvelle vague de festivaliers, venus en nombre pour la dernière soirée, rajeunissant par la même occasion le public déjà nombreux. Les adolescents et jeunes adultes sont venus présenter à leurs parents l’étoile montante de la scène électro : Petit Biscuit. Du haut de ses 17 ans, Mehdi fait vibrer le dancefloor et déchaîner les foules. Il maîtrise son set à la perfection, image, son, lumières, tous les ingrédients d’une prestation d’anthologie sont réunis. Le public ne s’y trompe pas et se déhanche au rythme des tubes déjà cultes mais également des petites exclusivités ramenées par le DJ dans ses valises. Le bac en poche (mention très bien s’il vous plait!) et des projets plein la tête, Petit Biscuit est un surdoué sur et en dehors des bancs de l’école.

 

Môme vient prendre la relève et quelle relève ! Génération de talents, la nuit se poursuit avec les compositions de ce producteur DJ dont le dernier clip est sorti peu de temps avant. Lui aussi propose un univers résolument électro mais marqué d’une toute autre sensibilité. S’il craignait un peu son retour en France, annonce-t-il dès son premier set, la ferveur du public de TDS le convainc instantanément qu’il a fait le bon choix. C’est aussi ça TDS : un public enthousiaste et généreux avec les artistes. Comme un remerciement il présente au cours de cette soirée, un extrait de son prochain tube, le Domaine de Candé est donc the place to be pour les amateurs d’électro !

 

Tard dans la nuit le festivalier, fourbu et plein de courbatures, repart le sourire aux lèvres et des étoiles dans les yeux. Il traverse la prairie qui se vide des matériels de son et de spectacle, mais aussi de ses camarades de danse. Il regagne les chemins forestiers, laissant derrière lui un Domaine de Candé immaculé. L’atmosphère n’est cependant pas triste après trois jours de musique et de partage car il sait que l’an prochain, tous seront de nouveau au rendez-vous pour offrir une nouvelle édition grandiose du Festival Terres du Son.

 

écrit par Lucie LB et Jérémie V.

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