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Sofiane pamart

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Lundi 6 décembre. Dehors, le froid glaciale s’allie à une pluie battante pour rappeler aux parisiens que l’hiver qui ne semblait pourtant pas les avoir quitté depuis deux longues années, est bien de retour et ne fera pas quartiers.La crise du Covid avait laissé les spectateurs frustrés de ne pouvoir profiter du festival Fnac Live 2021 lors de ses deux dernières éditions.

L’attente était à son apogée. C’est ainsi que, choisissant le format de concerts cette fois qui pourraient se répéter régulièrement cette année, l’évènement investit le Théâtre du Châtelet pour une trilogie de concerts immanquables. Ces derniers faisaient alors échos  à des performances dévoilées en ligne avec en tête d’affiche Ed Sheeran, 47Ter ou encore Kungs.

Toujours est-il que le Fnac Live Paris avait mis ce soir là les petits plats dans les grands convoquant les spectateurs à une grand messe organisée dans un sanctuaire sublime : j’ai nommé le Théâtre du Châtelet. Un cocktail au champagne accueille les invités VIP. Au centre des préoccupations pourtant : les nouvelles mesures anti-Covid qui recommencent doucement mais sûrement à tomber. En tête de liste la fermeture des boites de nuits annoncées ce soir là en prémisse de l’interdiction pure et dure de danser. Qu’en est-il des concerts lives ? Pour l’instant, la question reste en suspens, donnant à chaque note écoutée en concert la particularité d’avoir ce goût unique de ce qui pourrait être une dernière fois avant longtemps. Et si l’instant est beau, la peur ne peut que le multiplier. Dans l’optique où il faudrait à nouveau sacrifier la culture sur le grand autel de la faute au virus, la sélection de cette soirée aurait le mérite de rappeler la toute puissante beauté d’un instant live.

Que la fête commence

Et puis, dans un lieu comme celui-ci, point de danse conviée, la fête se fera assise. Un plafond magnifique orne le lieu magique alors que les spectateurs sagement assis sur leurs fauteuils voient débarquer sur scène l’immense Curtis Harding. Ce dernier confie tout naturellement avoir attendu ce moment de retrouvailles depuis deux ans, la faute aux salles fermées. C’est sûrement ce manque de pratique qui donnera à sa performance les uniques petits éléments qui pourraient lui être reprochés, un manque d’entrainement qui pourrait toucher à la justesse de quelques notes. Pourtant, en faire état tient presque de la mauvaise foie tant la voix d’Harding confère à la perfection. Derrière ses notes délicieusement soul, le frontman charismatique invite à une sympathie instantanée et appuie sur une envie de danser prenante. Les pieds tapotent doucement alors que les notes s’emballent, que le blues se modernise, que la soul s’immisce et que le musicien emporte avec lui un tourbillon vivifiant. La musique du chanteur est autant d’invitations à la bonne humeur, une incantation même alors que sa voix rauque s’emprunt de soleil. Ses mélodies ont la particularité de sonner cultes en quelques notes. Le travail des percussions y est impressionnant tout comme la qualité indéniable des textes. Avec la force spirituelle d’un gospel, des emprunts si et là au hip hop, des refrains sublimes, des notes jazzy, Curtis Harding met tout le monde d’accord. La température monte d’un cran à chaque note de ce showcase haut en couleurs qui n’est restreint que par sa configuration assise. Quand résonne « Need your love », le single phare du musicien, nous voilà transportés dans un club new-yorkais où la fête est folle et les martinis coulent à flot. Le chanteur se déhanche pour l’assistance qui n’en perd pas une miette. Et les au revoir n’en sont que plus douloureux.

Curtis harding fnac live 2021
©Kévin Gombert

Place à la prêtresse

Il est pourtant l’heure d’accueillir la star de la soirée : l’immense Cat Power. Celle qui chantait la lune sur son album « Moon Pix » et invoquait le soleil sur « Sun » n’a rien à envier aux astres qu’elle conte. Du premier, elle prend la touchante poésie obscure, du second la capacité de faire vivre l’univers au creux de sa main. C’est presque sur la pointe des pieds, une tasse de thé bouillant à la main que débarque avec délicatesse notre poétesse. Cat Power est dans sa bulle, elle s’adresse au public en chuchotant presque ses explications de morceaux, semble visualiser un univers parallèle derrière sa frange. Compositrice de génie, elle transpose les mélodies, devient un secret réconfortant, transcende les maux. Dans un obscurité quasi complète, la voilà qui chante d’abord derrière sa guitare, puis derrière un piano. « Celle là a été écrite par Keith Richards » confie-t-elle. Chaque note de la musicienne frappe droit aux cœurs ceux qui ont sa sensibilité à fleur de peau. La voix aérienne de notre prêtresse a la même perfection raffinée en live que sur album. Lovés sur nos fauteuils, tout bruit volé semble alors impardonnable. Il faut se taire, se laisser aller. D’aucun pourrait reprocher que ce moment soit un ton trop calme mais la musique n’a pas vocation à uniquement faire danser, elle doit faire s’envoler les âmes, elle doit chuchoter aux cerveaux, les éveiller, mettre des larmes dans les yeux. Dans l’univers sensible de notre petite souris, les gestes  se répètent. Elle touche à répétition son ampli, demande à l’ingé lumières de l’éclairer tentant puis la foule: « La luz s’il vous plait, je veux vous voir », le français n’est certes pas son fort. Pourtant derrière une timidité touchante, planante, qui pourrait évoquer un reste des années 70, elle parle couramment le langage universel : la musique. La laisser partir parait impossible et pourtant après une courte révérence, il le faudra. Pas avant d’adresser un dernier vœux, à cette étoile filante, la tête dans les astres, les oreilles en orbite.

Un dernier tour au piano

La soirée touche quasiment à sa fin mais réserve encore une surprise de taille. Sofiane Pamart débarque sur les planches. Vêtu d’une longue veste argenté, habillé avec l’extravagance de l’air du temps, le musicien virtuose trompe par son allure et semble s’apprêter à proposer un set entre électro et hip hop. Il n’en sera rien. Le musicien prodige s’installe derrière un piano qu’il ne quittera plus. Au programme des prouesses classiques modernisé, des doigts qui bougent à toute allure faisant défiler les notes et les émotions. Les souffles sont courts alors que la concentration du musicien ne faiblit pas. Son set, brillant, hors du sol et du temps résonne parfaitement dans la salle au plafond décoré qui porte lui aussi l’histoire parisienne.

 Sofiane Pamart fnac live 2021
©Kévin Gombert

Après une révérence et un court rappel, il ne reste plus qu’à rejoindre le froid parisien et l’épais brouillard extérieur en rêvant de futurs concerts et d’un festival Fnac Live à l’été.


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