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Jeff Buckley par Merri Cyr, 1992/3 pour la couverture de l'EP "Live at Sin-é"
Jeff Buckley par Merri Cyr, 1992/3 pour la couverture de l’EP « Live at Sin-é » (1993)

Que dire de plus sur Jeff Buckley qui n’a pas déjà été dit ? Le documentaire d’Amy Berg, sorti en février dernier en France, répondait à peu près à cette problématique, mais tentons quelque chose aussi : une voix d’ange aux reflets d’or qui se dissout en volutes au-dessus de nos têtes. Des yeux noirs cachés par des cheveux sales. Un album mythique, hanté par les influences des voix qui ont façonné l’artiste. L’ombre d’un père qu’on lui remettait tout le temps dans le nez. Un costume de romantique, de poète maudit finalement bien mal ajusté. Une mort prématurée et des questions laissées sans réponse. Un public qui grandit avec les années. Aujourd’hui, Grace est incontournable. À quelques jours du Disquaire Day, où sortira en vinyle son live mythique à L’Olympia de 1995, l’occasion est belle pour parler de cet ovni devenu référence. 

Comment Jeff Buckley est devenu Jeff Buckley

Pour appréhender cet article, commençons par un geste simple, automatique. Prenez votre vinyle, votre CD, votre cassette, ou votre téléphone. Appliquez-y la mécanique usuelle du format sélectionné : levez le diamant, ouvrez le lecteur, appuyez sur votre plateforme de streaming… Lancez l’album. Les premières notes de « Mojo Pin » démarrent. On se laisse choir dans son fauteuil ou sur son siège de métro. L’article peut débuter.

1994 est une année de transition. Le grunge bat de l’aile après la disparition de son chef de meute, Kurt Cobain. La Britpop, elle, prend son envol, mais ne traverse pas l’Atlantique et reste nichée en Europe. C’est alors dans les marges que Jeff Buckley trouve ses marques. Après des années à faire ses armes dans les bars de New York, c’est au café Sin-é de la St Marks Place dans le East Village, qu’il rencontre son premier succès. Tous les soirs, il s’y produit, enchainant son répertoire hétéroclite hallucinant. Il chante ses premiers morceaux que l’on découvrira ensuite dans leur forme « finale » sur Grace, puis ça va de Nina Simone, à Bob Dylan, en passant par Nusrat Fateh Ali Khan – « son Elvis » – avec une fluidité déconcertante.

C’est dans cette petite salle désormais bondée tous les soirs que Jeff Buckley rencontre ses nouveaux collaborateurs. Tout d’abord Merri Cyr, photographe, à qui l’on doit la plupart des photos emblématiques du musicien. Mais également, l’équipe du label Columbia chez qui Jeff signe avant même d’avoir sorti un seul single en 1993. Dave Lory, son manager d’alors, lui dédiera un livre, sorti en 2018, Jeff Buckley : From Hallelujah to the Last Goodbye. Une lecture riche, intime, sans jamais tomber dans le voyeurisme, qui saura satisfaire tous ceux qui ont encore soif de savoir après le visionnage de It’s Never Over, Jeff Buckley d’Amy Berg.

Dans les coulisses de Grace

C’est donc dès 1993 que Jeff Buckley s’attelle à la création de son premier album aux Studios Bearsville à Woodstock, New York. Les débuts sont difficiles, la mise en place est difficile. Comment graver sur bande la spontanéité, l’impulsion qui font de lui sa marque de fabrique ? « Ce n’est pas comme un concert où tu joues et ça disparait dans l’air comme de la fumée. Là, c’est comme une peinture, une peinture sonore. C’est une forme cristallisée, donc c’est très angoissant : quelle cellule de mon cerveau je pose ici pour toujours ? » dira-t-il de l’expérience lors d’une interview accordée à Rolling Stone en 1994.

D’une certaine façon, c’est cette impulsion insaisissable qui donne le ton à l’album ; le groupe accompagnant Buckley n’est composé qu’à peine quelques semaines avant le début des sessions d’enregistrement où ils se rencontreront d’ailleurs tous ensemble pour la première fois. Aux commandes, c’est Andy Wallace qui produit l’album. Principalement connu pour ses productions heavy metal et grunge, il a également collaboré avec Nirvana, System Of A Down ou Slayer. Jeff Buckley fait appel à Karl Berger, virtuose de jazz allemand pour l’aider sur les arrangements des cordes et en tant que chef d’orchestre. Par ses collaborateurs, Jeff Buckley est décrit comme indubitablement talentueux, débordant d’idées, mais trop éparpillé, peinant à se concentrer sur une seule chose à la fois. En même temps, qu’espérer d’autre d’un artiste qui demande un orchestre à cordes, un musicien de jazz et un producteur de métal pour son premier album ?

Jeff Buckley en studio pour "Grace" en 1994 par Merri Cyr
Jeff Buckley en studio pour « Grace » en 1994 par Merri Cyr

Composé de dix morceaux dont trois reprises – « Hallelujah » de Leonard Cohen mais dont la reprise se fonde sur la version de John Cale, « Lilac Wine » de James Shelton et « Corpus Christi Carol » hymne anglais du 16ème siècle – l’album est bouclé en 6 mois. « La méthode de production pour Grace était différente que pour celle d’un album normal. On ne s’est pas accroché à un son unique pour tout le projet. […] Chaque chanson avait sa propre production. Ce n’était pas une décision consciente, c’est juste que chaque chanson avait une nature tellement différente que l’on ne pouvait pas suivre une ligne de production précise » raconte Andy Wallace (ndlr : propos recueillis par Jim Irvin). C’est vrai. Chaque morceau est une réussite, l’album est un patchwork aux éléments idiosyncratiques à la fois complètement indépendants les uns des autres et troublant de cohérence. Et le 23 août 1994, jour de sortie, l’OVNI Grace est aperçu dans les étoiles.

GRACE : Un album résolument anti 90s

Dès sa sortie en 1994, l’album produit une onde de choc. Grace est l’album anti 90s par excellence. C’est un bijou opératique aux influences blues, métal, rock et aux dimensions quasi religieuses. C’est grandiloquent et comme je le disais ça se niche au milieu de tout cette effervescence musicale de la scène du milieu des années 90. Trop mélodieux pour être grunge, trop populaire pour être élitiste. Certains critiques disent que Grace est l’album d’un « homme qui ne sait pas encore ce qu’il veut être », mais c’est précisément ça l’ingrédient secret de cet album : Jeff Buckley ne cherchait pas à se cantonner à un genre ou un style, être ou ne pas être. Au contraire, il laissait se déployer ses multiples influences, qu’importe que celles ci comportent autant de Nina Simone et de chants traditionnels pakistanais que de cantiques anglaises. Ce qui paraissait brouillon pour certains à l’époque, est aujourd’hui une évidence : un bordel fier de pouvoir se dire bordel.

Mais attention, dire ça reviendrait à dire que Grace est un album fourre-tout où les reprises serviraient de cache-misère là où Jeff Buckley ne parvenait pas à écrire un morceau de plus. C’est faux. Oui, une bonne partie de son travail se constitue de reprises. Or la reprise n’est pas un vulgaire manque d’inspiration, il faut la voir comme une réinterprétation, un hommage. Dans son cas, il avait cette capacité à se réapproprier un morceau avec une dextérité impressionnante. En fait, Grace, c’est comme cette personne de votre entourage qui réussit toujours à accorder des vêtements qui ne vont pas ensemble mais sur iel, non seulement ça passe, mais c’est génial.

La couverture aussi fait tâche. À l’époque, on lui reproche de faire crooner, chanteur à minettes… Déjà, laissez les minettes aimer ce qu’elles veulent, vos plus grands groupes de bonhomme leur doivent beaucoup… (N’est-ce pas, la Beatlemania?) L’intérêt masculin à dénigrer l’intérêt féminin sera toujours un sujet de société qui a toute sa place dans le débat culturel, mais pour l’instant, je m’égare… J’y reviendrai un jour. La couverture donc. Arborant une veste de femme dorée, le micro typique des années 50… serait-on sur un Frank Sinatra déconstruit ? C’est ce qu’on se dit à l’époque… dans d’autres termes moins glorieux.

"Grace" de Jeff Buckley, 1994. Photo de Merri Cyr
« Grace » de Jeff Buckley, 1994 – Photo de Merri Cyr

La voix comme instrument

Multi-instrumentiste et excellent guitariste, Jeff Buckley avait un instrument qui le différenciait. Cette voix. Tantôt cristalline, tantôt rugissante, toujours élastique, Buckley avait fait de sa voix un instrument polyphonique. Sa voix multiple empruntait à Nina Simone, Judy Garland, Robert Plant ou encore Robert Johnson, sans jamais pasticher (sauf quand il le voulait). Il était le produit en perpétuelle évolution de ses influences.

C’est d’ailleurs un fait : pour apprécier au mieux Grace, il faut peut-être songer à passer outre la version studio et se plonger dans les live. Et vice-versa, pour apprécier au mieux la sauvagerie pure des lives, il faut savoir apprécier la version plus apaisée de l’album. Là-dessus, on a de la chance : il existe de nombreuses versions en ligne. Cabaret Metro de Chicago, L’Olympia, Live At Sin-é, Palais Theatre de Melbourne… sans compter les bootlegs qui ressurgissent de temps en temps. Chaque performance apporte son intention différente, son impulsion, un cri nouveau, une larme tranchante et des ad-libs. À boire et à manger.

Pour la majeure partie de son travail vocal, Jeff Buckley était autodidacte. C’est son oreille, sa curiosité insatiable et une dévotion acharnée qui ont fait le reste. En écoutant certaines versions, on ne peut pas s’empêcher de se demander comment celle-ci aurait survécu aux tournées sur plusieurs décennies, aux cigarettes, au temps… mais ça, c’est une des questions qui restera sans réponse.

Il faut arrêter avec le « Destin brisé »

Le concept de destin brisé a quelque chose de crispant. Termes lâchés automatiquement dès qu’un artiste meurt jeune, il est aussi contraignant, étouffant. Comme si toute la carrière de cet artiste mort prématurément n’était plus que rattaché à son décès. Comme si toute la vie de cet individu n’était plus que rattachée à ce qu’iel n’a pas pu produire. Je le disais dans un précédent article : à qui appartient une œuvre ? À celui qui la crée, ou à celui qui la distribue ? Le destin brisé est ainsi beaucoup repris pour faire vendre et c’est d’une tristesse pas croyable. Comment se fait-il qu’un artiste comme Jeff Buckley, n’ayant sorti qu’un album de son vivant, se retrouve avec pas moins de quinze albums à son nom sur les plateformes de streaming (et je ne compte même pas les compilations) ? Bien sûr, mon propos peut avoir quelque chose d’hypocrite. J’étais la première en début d’article à m’extasier sur le nombre élevé de versions live qui nous sont aujourd’hui accessibles. Et ce n’est pas le contenu que je condamne, ce n’est pas la quantité de sources non plus. Ça, c’est un trésor à chérir, pour nous autres endeuillé.es parasociaux. C’est plutôt l’exploitation immédiate, automatique qui dérange. Prince avait raison. L’artiste devient esclave. L’esclave devient produit.

En mai 1998, soit un an tout pile après son décès par noyade, Columbia sort à titre posthume : Sketches For My Sweetheart The Drunk. Il comporte certains de mes morceaux phares de Jeff Buckley comme « Witches’ Rave », « Vancouver » ou « Nightmares By The Sea » (produits par Tom Verlaine) mais sa date de sortie a quelque chose de glaçant, l’anniversaire trop frais pour sortir un projet encore à l’état de démo au moment de son départ.

Le problème du destin brisé c’est qu’il change résolument l’image d’un artiste. La tragédie aurait-elle été aussi grande avait-il été moins beau ? On en fait alors une figure tragique. Un poète maudit, un Kaspar Hauser des temps modernes, et un air maussade sur une photo cinq ans avant le décès devient prémonition. À l’instar d’un James Dean ou d’un River Phoenix, le deuil s’accompagne de fascination. La photogénie du bonhomme et la quantité non négligeable de photos qui nous sont parvenues permettent de créer une représentation partielle et partiale, idéalisée et extrêmement romancée de ce visage, de cet être. On troque l’éventuelle fantaisie du personnage pour une dépression incurable (comme si les deux n’étaient pas compatibles) et on transforme tout accès égocentrique en humilité légendaire. Un homme est mort. Sa mémoire, non, mais elle a changé de forme.

Jeff Buckley n’a jamais été cantonné à aucune case. Trop indé pour appartenir à la pop culture traditionnelle, trop populaire pour appartenir à une niche. Il est aimé, de beaucoup, profondément, chaque jour un peu plus, et c’est peut-être ça qui fait sa particularité. Ça va bientôt faire 30 ans maintenant qu’il est parti, certain.es d’entre nous n’étaient même né.es et pourtant, on a tous le cœur gros au moment des dernières notes de « Dream Brother », final subjuguant de Grace :

Asleep in the sun, with the ocean washing over… 


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Dans un petit bar aux allures rocks et londoniennes du 11e arrondissement (le Pop In), à l’abri des regards curieux, eut lieu une chaleureuse rencontre entre journalistes et deux hommes importants de l’entourage de David Bowie : Jérôme Soligny, ami de l’artiste et écrivain spécialisé sur sa carrière, et Tony Visconti, producteur mythique du chanteur. C’est à l’occasion de la sortie d’un nouvel ouvrage littéraire et d’un livre-coffret musical que les deux hommes ont accepté de venir nous parler et de répondre à des questions, une véritable opportunité à ne pas manquer ! Ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de rencontrer Tony Visconti en petit comité.

 

Tony Visconti et Jérôme Soligny (de gauche à droite)

 

« Je ne voulais aborder qu’un seul et unique axe avec Rainbowman : celui de la musique »

Installés au 1er étage dans une salle dédiée aux rencontres comme celle-ci, les deux amis de David Bowie se sont assis à une table juste en face de nous : un cadre de proximité idéal. Jérôme Soligny s’est d’abord exprimé à propos de son nouveau livre, Rainbowman (1967-1980), pendant une petite demi-heure, notamment sur sa nature, son chemin de création, son apport vis-à-vis des multiples écrits déjà parus sur l’artiste… Une série de détails qui nous ont permis de mieux appréhender ce que Soligny présente comme un livre dont il n’est pas le seul auteur. C’est en effet sur le recueil d’environ 300 témoignages que repose tout le corps de l’ouvrage, sous forme de questions/réponses. Tout le travail (colossal !) de Jérôme Soligny fut donc de trier les informations, de répartir les nombreux éléments qui se répétaient d’un témoignage à l’autre, de vérifier et corriger des erreurs de dates, de trouver sa place et de mettre à l’œuvre son propre savoir au milieu de ces centaines de regards, de connaissances et d’anecdotes sur un seul et unique être hors du commun. Comme nous le dit l’auteur, suite à la mort de Bowie, il fut beaucoup sollicité pour rééditer son dernier ouvrage en date accompagné de quelques pages supplémentaires. Or, il était hors de question pour lui de se faire de l’argent facile sur la mort du chanteur. Il finit donc, après plusieurs mois, par accepter une proposition différente de toutes les autres : pouvoir écrire ce qu’il voulait sur Bowie de la manière dont il le voulait dans un tout nouvel ouvrage, accompagné des financements nécessaires à la réalisation du projet. C’est ainsi que vint au jour Rainbowman (1967-1980).

En allant interroger spécifiquement des personnes ayant participé au processus de création musicale (assistants de studio, producteurs…), Jérôme Soligny eut pour objectif d’aborder un seul et unique axe, celui de la musique : « comment ont été créé les albums ? Comment ont été composées les chansons ? ». Un des points importants du livre fut aussi celui de rétablir certaines vérités sur la carrière de David Bowie, et de démystifier plusieurs idées reçues, notamment celles concernant la collaboration entre le chanteur et Queen.

 

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Rainbowman (1967-1980), Gallimard, 2019

 

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Tony Visconti ou le frère spirituel de David Bowie

Tony Visconti, muet depuis tout ce temps, mais attentif aux propos de Jérôme Soligny qu’il peine à suivre étant donné sa fragile maîtrise de la langue française, s’exprime enfin avec l’arrivée des questions des journalistes. Heureux de pouvoir réagir, le producteur américain de naissance mais britannique de cœur nous parle de son métier et de la relation qui l’a lié à Bowie depuis les débuts de sa carrière. Venu pour présenter le coffret Conversation Piece qui regroupe en cinq CD des versions remasterisées et inédites de la période Space Oddity, ainsi que des démos et de nouveaux mix, Tony Visconti n’en parlera finalement que très peu, voire pas du tout. Entraîné par les questions qu’on lui pose, il se plaît à nous raconter des choses tout aussi intéressantes sur sa carrière. Il nous dit adorer diriger les artistes, ce que son métier lui permet de faire. Rappelons tout de même qu’il n’était pas seulement le producteur de Bowie, mais aussi de groupes tels que T-Rex et The Stranglers. « Je les connais et je sais bien ce qui est bien pour eux. Parfois, ils n’ont pas encore terminé un album qu’ils veulent déjà en commencer un autre. Je les ramène à la raison. J’aime dire aux artistes quoi faire, même si je les laisse évidemment libre dans le processus de création. » Son métier le passionne et il en parle avec engouement. Il nous confie également avoir regretté de produire les premiers albums de Bowie, comme The Man Who Sold the World, car il n’avait pas assez d’expérience à cette époque, et n’est pas convaincu de son travail. Mais comme il le dit, « personne ne voulait produire Bowie à l’époque, il était trop différent, moi c’est ce qui m’a attiré chez lui ». Il en vient ensuite à aborder le sujet de leur séparation après Scary Monsters, qu’il désigne d’ailleurs comme le chef-d’œuvre ultime de Bowie : « Après Scary Monsters, tout le monde rêvait d’un Scary Monsters 2, et n’attendait plus que ça de la part de David ». Une quinzaine années de silence ont alors séparé les deux amis à partir de Let’s Dance où le chanteur a préféré se tourner vers Niles Rodger, privilégiant le succès et la facilité.

 

Livre-Coffret Conversation Piece, Warner Music, 2019

 

Une amitié impérissable

Bowie a fini par recontacter Visconti parce qu’il rencontrait des problèmes de son sur ses concerts, que seul son producteur fétiche était en mesure de régler. Et en effet « tout était centré sur la basse et la batterie, on n’entendait pas assez les voix, les saxophones… » nous confie Visconti. « Nous avons recommencé à travailler ensemble à partir de ce moment-là ». Avec ses mots et ses anecdotes, nous étions en mesure de ressentir toute l’affection que Bowie et Visconti ressentaient l’un pour l’autre ; une relation allant bien au-delà du simple travail. Visconti était un acteur central de la vie et de la pensée artistique du chanteur, et c’est d’ailleurs pour cela que Jérôme Soligny nous a confié être ravi que la préface de son livre soit écrite par Tony Visconti lui-même : « parmi 50 possibilités, c’est celle qui m’a paru avoir le plus de sens. Personne ne connaît mieux Bowie que Visconti ».

Artiste avant-guardiste et hors du commun, David Bowie n’est pas prêt de se taire et continuera toujours à marquer les esprits. Tony Visconti nous l’a d’ailleurs fait comprendre en une seule phrase : « Tout le monde me demande d’avoir le même son que sur les albums de Bowie, je peux le faire, mais il manquera toujours la chose la plus importante : David Bowie. »

 

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