
Certains rêvent d’ouvrir un bar avec leurs potes, d’autres mettent leur talent à profit et forme un groupe de rock. C’est le cas de Florence Road, groupe de quatre copines d’enfance originaires du comté de Wicklow et qui est en lice pour devenir un groupes phares dans les années à venir.
Florence Road, Wicklow, Irlande
Il va vraiment falloir enquêter sur ce qui se passe en Irlande. Après Fontaines D.C., Kneecap, Gurriers, CMAT ou The Murder Capital, voilà que Florence Road vient confirmer l’incroyable vitalité de la scène irlandaise.
Le quatuor irlandais, originaire de Wicklow, s’est certes fait connaître grâce à TikTok, où ses reprises cumulées dépassent aujourd’hui des dizaines de millions de vues. Mais réduire Florence Road à un phénomène viral serait passer à côté de ce qui fait sa force : quatre musiciennes qui jouent ensemble depuis l’adolescence et dont la complicité transparaît autant dans leurs chansons que sur scène.
Leur nom de groupe, elles le doivent à leur école à Bray, située sur la, eh oui, Florence Road. Lily Aron (chant), Emma Brandon (guitare), Ailbhe Barry (basse) et Hannah Kelly (batterie) se connaissent donc depuis l’école. Avant Florence Road, le projet s’appelait Panorama. Puis une reprise de « Happier Than Ever de Billie Eilish enregistrée ensemble leur fait comprendre qu’elles tiennent quelque chose. Très vite, elles remportent un concours de jeunes talents qui leur permet d’enregistrer Another Seventeen, leur premier single.
un parcours prestigieux
En l’espace de trois ans, Florence Road signe chez Warner Records, assure les premières parties de Sombr à travers l’Europe, rejoint l’affiche du festival Misneach de Dermot Kennedy, avant d’être choisie par Olivia Rodrigo pour ouvrir plusieurs dates de sa tournée à Hyde Park puis à Dublin. Un véritable tourbillon que les quatre musiciennes décrivent elles-mêmes comme « bien au-delà de tout ce qu’elles avaient imaginé ».
Aujourd’hui, Florence Road entre dans ce monde aussi excitant qu’effrayant qu’est la cour des grands. Elles collaborent avec des producteurs prestigieux avec lesquels elles travaillent désormais comme Dan Nigro (Chappell Roan, Olivia Rodrigo), John Hill (Cage The Elephant, Florence + The Machine) ou encore Dan Wilson (Taylor Swift, Celine Dion).
Pourtant, malgré cette accélération, aucune ne donne l’impression d’avoir les pieds décollés du sol. Dans chacune de leurs interviews revient la même idée : ne pas laisser les réseaux sociaux définir leur valeur. Si TikTok a été un formidable tremplin, les quatre Irlandaises reconnaissent aussi ses limites. Les chiffres, les commentaires, les vidéos virales… tout ça reste secondaire. Leur priorité demeure le live.
Et cela s’entend. Florence Road prend une dimension supplémentaire sur scène. Leur énergie paraît presque incontrôlable. Les regards échangés, les plaisanteries entre deux morceaux, les harmonies vocales qui semblent couler naturellement : rien ne paraît forcé.
Un set acoustique en plein paris
Leur passage à Paris en est la parfaite illustration. Victimes d’un problème de transport qui les prive d’une partie de leur matériel, elles sont contraintes d’abandonner leur set électrique au Supersonic Records du 15 juillet au profit d’une formule acoustique improvisée.
Le concert devient plus intime. Alors, il l’était déjà, puisqu’il s’agissait d’un petit concert privé, mais les chansons respirent autrement. Le public, loin d’être déçu, chante chaque refrain avec elles et les encouragent en criant parfois plus fort que Lily.

Un groupe aux influences éclectiques
Cette sincérité irrigue également Fall Back, leur première mixtape. Florence Road revendique une approche instinctive de l’écriture, plutôt que suivre une seule esthétique, un seul genre. Les morceaux naviguent librement entre indie rock, grunge, pop alternative et ballades plus dépouillées. Les influences de Wolf Alice ou Beabadoobee affleurent parfois, mais sans jamais enfermer le groupe dans une simple filiation.
« Heavy » impressionne par sa montée en puissance, « Goodnight » s’impose comme un hymne pop-rock aussi accrocheur qu’efficace, tandis que « Figure It Out » retrouve une énergie presque grunge. C’est pourtant « Caterpillar » qui résume peut-être le mieux l’identité de Florence Road. Écrite autour de l’anxiété et de ce passage étrange entre l’adolescence et l’âge adulte, la chanson débute dans une fragilité presque murmurée avant de se transformer progressivement en une décharge émotionnelle.
Cette capacité à passer d’un registre à l’autre est sans doute la plus grande qualité de Fall Back. Aucun morceau ne ressemble véritablement au précédent, mais l’ensemble conserve une cohérence émotionnelle portée par des textes personnels. Les quatre musiciennes citent parmi leurs influences d’autres figures irlandaises comme Sinéad O’Connor et The Cranberries.
Et si Fall Back ressemble déjà à une carte de visite particulièrement convaincante, il est difficile de ne pas imaginer ce que pourra donner leur premier album. Une chose est sûre : Florence Road n’est plus seulement un groupe découvert sur TikTok. C’est l’un des visages les plus prometteurs de la nouvelle scène rock irlandaise.
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