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mars 2022

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Les restrictions levées et voilà que la reprise musicale a déjà de quoi donner des nuits blanches. Les concerts s’enchaînent et ne se ressemblent pas, les sorties d’albums et de singles aussi. De beaux noms français et internationaux se dévoilent , se révèlent et promettent des beaux jours emplis de belles notes. Difficile de se garder le cap ? Pas de soucis, Popnshot vous propose un petit tour de ses coups de coeur féminins. De la folk au rock en passant par la chanson française, vous nous remercierez plus tard.

Wet Leg

Amies depuis le collège, les deux anglaises originaires de l’Île de Wigt, Rhian Teasdale et Hester Chambers, forment WET LEG, un duo féminin aujourd’hui excessivement remarquée dans la sphère rock. Leur particularité ? Ne pas avoir encore sorti d’album (le premier arrive le 8 avril) mais susciter déjà un réel engouement. La raison n’est pas difficile à trouver à l’écoute de leur premier single « Chaise Longue » sorti l’été dernier. Celui-ci n’a l’air de rien au départ, mais finit par vous asséner une puissante et aimable chiquette. Au travers d’un minimalisme et d’une efficacité fulgurante, on y trouve tout ce que l’on cherche pour procrastiner encore et toujours : une voix nonchalante, un refrain terriblement entêtant et un soin apporté aux instruments faisant de l’ensemble une déflagration jouissive. Le duo sera de passage à Paris au Point Ephémère le 14 mai 2022.

SPRINTS

Groupe originaire de Dublin mené par l’incroyable Karla Chubb, Sprints a sorti en ce début d’année l’EP le plus excitant et mieux foutu de l’histoire des petits albums : A Modern Job EP. Sur cinq titres animés d’une même rage subjuguante, le groupe irlandais fait preuve d’un savoir-faire digne de plusieurs années d’expériences. Ils viennent pourtant d’arriver, et on ne pourrait pas rêver mieux, puisque leur new punk si singulier et maitrisé est déjà de taille à embraser des voitures en plus de nos cœurs. Vite l’album ! Par pitié !

Lonny

Étoile filante entre pop et folk, en français dans le texte, Lonny a déjà su se faire remarquer par les plus grands. Il lui a suffi de trois singles d’ailleurs pour convaincre et toucher droit au cœur. Il faut dire que la musicienne, inspirée par une rupture sait mettre des mots sur ses maux. En découle une sophistication indéniable mais aussi un sens de la mélodie à fleur de peau. Difficile de ne pas penser à une certaine Pomme dans son approche guitare voix sensible et sa faculté à créer et se raconter. Avec sa voix de velours et une douceur rare, la chanteuse distille un conte aérien sous forme de cocon où il fait bon se laisser cajoler. Et c’est peut-être ce qu’elle fait le mieux tout en se dévoilant sur son premier album « Ex-Voto » sorti le 21 janvier. Déjà remarquée, elle fait partie de la sélection des Chantiers des Francofolies 2022, elle s’offrira également une Cigale de Paris le 27 septembre prochain. Il y a de la grâce chez Lonny, ses textes dévoilés sur la pointe des pieds. Échos sublimes se dressent comme des vagues au cour d’un album refuge, qui se laisse aussi bien écouter enroulé dans un plaid que la tête perdue dans les nuages un soir de printemps.

LaFrange

Folk française, encore mais c’est un registre bien différent avec LaFrange! Voix aérienne la dispute à la guitare sèche alors que folk et chanson cohabitent. Chez la chanteuse, tout est question de douceur et d’émotions à fleur de peau. Sincère dans sa démarche elle se reconnait fan de Belle and Sebastian ou encore de Big Thief. L’évidence donc de retrouver parmi ses cordes leur âme sensible et leur capacité à faire frissonner avec autant de grandeur que de simplicité. Envolées maîtrisées, accords précis à la douceur d’une comptine, elle enveloppe dans son aura et s’apprécie auprès d’un feu de cheminée qui crépite. Pour plonger dans son univers triste à la lumière pourtant évidente, la musicienne publiait le 11 mars son troisième EP « Sad Love Songs ». Candeur et grâce y arpentent 7 titres à la sincérité troublante, lettres secrètes et recueil haut en poésie. De quoi apprécier la pluie, invitée non désirée de ce début de printemps.

Hurray for the riff raff

Février marquait le grand retour retour d’HURRAY FOR THE RIFF RAFF le projet d’Alynda Segarra. Intitulé « Life on Earth », ce nouveau jet de 11 morceaux s’essaie au grand huit émotionnel. Auto-proclamé nature punk, la galette s’offre des nuances variées qui séduisent et déstabilisent. Impossible de ranger l’essai dans les petites cases archi segmentées dans lesquelles on colle habituellement les artistes. Avec sa voix un brin cassée, parfaitement maîtrisée, elle dévoile des morceaux pour survivre s’osant à parler du désastre en cours. Côté compositions, « Pierced arrows »offre un vrai tournant rock au refrain bien senti, « Pointed at the sun » joue sur une guitare plus aiguë, des digressions un brin pop et un ton enjoué, le morceau éponyme, lui, surprend par sa douceur instinctive, si proche de la ritournelle qu’on penserait à un conte de noël, ou bien peut-être une parenthèse à la « Sound of Silence ». OVNI inclassable, aussi varié que la vie sur Terre, il permet de sentir le Monde vibrer titre après titre.  Si l’on en croit la citation, le Monde est un bel endroit, il vaut la peine qu’on se batte pour lui, HURRAY FOR THE RIFF RAFF donne raison à la seconde partie.

Clea Vincent

Et si on profitait du printemps pour s’offrir un grand bain de soleil ? C’est bien ce que propose Cléa Vincent avec son nouvel EP « Tropi-Cléa 3 ». A travers ses 6 titres, la musicienne offre une cure de vitamine D entre chaleur et influences sud-américaines. On pense forcément à une certaine scène des années 90, son esprit libertaire et serein dont on a bien besoin en 2022. Les titres s’enchainent avec l’esprit des tubes de l’été d’un temps où le hashtag se nommait dièse et où il était bon boire des cocktails aux couleurs multiples. Avec sa voix cristalline, la chanteuse ajoute à ses compositions rétro-modernes une belle note qualitative comme a su le faire également les excellents musiciens de Pépite. Chanson français sous les tropiques, où les langues se mélangent alors que les températures montent. La fête nous avait manquée, elle n’en sera que plus belle habillée de paillettes et de pastels.

Texte : Léonard Pottier et Julia Escudero

 


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Skip the Use by
Nicko Guilal

Le 25 mars prochain Skip the Use sera de retour avec leur cinquième album studio : Human Disorder. Véritable concentré de genres, les français offrent une musique libre et variée. Mat Bastard, le chanteur était avec nous pour parler rock, politique et jeunesse. A l’abordage de ce nouvel album si personnel.

J’essaye de ne pas être guide mais plutôt de susciter le débat et la prise de position 

Pop & Shot : comment décrirais-tu Human Disorder, nouvel album à paraître le 25 mars prochain ?

Mat : On a essayé de mettre en musique toutes les émotions qu’on a ressenti pendant deux ans. La claque, le refus de ce qui se passe, l’énervement, la colère, le pétage de plomb, être enfermé ; le besoin de faire n’importe quoi, les questions sur l’avenir. C’est un vrai travail d’introspection sur soi, sur sa vie, sur sa famille, sur sa manière de voir les choses, de te construire. Ça méritait vraiment un disque. Et pour une fois on était tous logés à la même enseigne. Pour une fois qu’il y avait un truc vraiment démocratique. Après, on a utilisé pleins de styles musicaux pour essayer de mettre en musique ces émotions-là.

Pop & Shot : Tu as dit en évoquant Orelsan qu’on arrivait à un moment où il y a pleins de carrefours et qu’il faut choisir la bonne direction. Comment en tant qu’artiste peut-on guider vers cette bonne direction ?

Mat : J’essaye de ne pas être guide mais plutôt de susciter le débat et la prise de position à travers des chansons. On met le projecteur sur quelque chose, après, libre aux gens d’avoir leur avis. On met le projecteur sur quelque chose parce qu’on juge ça intéressant. Mais guider sur l’interprétation, ça on ne veut pas. Ce qu’on veut c’est juste qu’il se passe quelque chose ; en parler plutôt que de s’en foutre.

Pop & Shot : Alors sur quoi est mis le projecteur dans Human Disorder ?

Mat : Quand tu fais un disque t’es parti pour deux ans entre le moment où tu le sors, où t’en parles dans les médias et le moment où tu vas le défendre sur scène. Nous on a été coupé en plein milieu d’un truc – d’un coup, t’as deux ans de travail dans ton cul. Ensuite tu vois tous les morts partout. Tu te resserres au niveau de ta famille, tu te remets un peu en question. Donc on met le projecteur sur quelle importance va avoir la famille ou les proches que t’as autour de toi dans les projets que tu peux mener. Moi mes filles elles ont dix ans, ça fait dix ans qu’elles me voient plusieurs fois par mois passer des soirées avec des chorales d’enfant, mais pas elles. Faut l’assumer ça. Le projecteur ; c’est le choix. Qui je suis vraiment ? Est-ce que ce que je mets sur les réseaux sociaux c’est ce que je suis ? Est-ce que c’est mon choix ? Comment je me fais enculer par le système tout le temps ? J’ai acheté cette veste (ndlr : avec des petits ours dessus), est-ce que je la voulais vraiment ? Et des fois les réponses sont super cools.

Pop & Shot : Tu voulais vraiment cette veste.

Mat : Voilà. Ce n’est pas forcément négatif. Mais la situation pousse à réfléchir. Down, ça parle de la claque qu’on se prend dans la gueule. Slaughter ça parle de tous les morts qu’il y a partout. On a des chansons sur l’autre : The One Two.On a fait une chanson sur ceux qui sont tous seuls. Make it Bad c’est un mec qui fantasme, parce qu’il est tout seul. On met le projecteur sur pleins de petits moments de la vie qu’on a tous traversé.

S’il n’y a pas la cohésion des hommes, Dieu c’est une catastrophe. 

Pop & Shot : Tu parlais de tes enfants tout à l’heure. Aujourd’hui toute la fiction, les médias sont orientés sur un futur catastrophe. Comment en tant que père, en tant que voix qui s’adresse à la jeunesse, tu vois le futur pour eux ? Comment les accompagner ?

Mat : Je pense que les jeunes ont un vrai pouvoir. Ils le montrent avec « les jeunes pour le climat », Black Lives Matter, avec les mouvements féministes. Et c’est cool de voir cette énergie, cette fraîcheur, de gens qui se sont rendus compte qu’on avait les hommes politiques, les médias, et les artistes qu’on mérite. C’est nous qui choisissons de regarder un truc. Tout le monde se fout de la gueule de Nabilla mais elle a deux millions de followers. Si personne ne la regarde, elle n’existe pas. Ce monde on le choisit. Tout le monde est là « je suis contre le système ». Le système des fois c’est toi. C’est toi qui décides. Nous, les plus vieux, on a vraiment fucked up. Ça fait 25 ans qu’on essaye de dire « regardez-ça, ça, ça » et il n’y a pas grand-chose qui change. Mais au final on a la possibilité de faire les choix.

Pop & Shot : En parlant de choix et de changements, les élections présidentielles approchent. Dans votre album précédent, Past and Future, il y a une chanson qui s’appelle Marine où tu dénonces l’extrême droite. Une chanson appelée Éric en prévision ?

Mat : (rires) Je ne sais même pas quoi dire. Quand je vois les jeunes avec Éric Zemmour, c’est tellement incompatible, impensable. Alors que s’il y a bien des gens qui ont compris que la base c’était la remise en question, ce sont les jeunes. Pour moi c’est incompatible de voir un mec de 20 ans qui va expliquer que « tous les musulmans sont des terroristes, ils vont remplacer les gens ». Ok. Alors que c’est eux qui sont en trains de remplacer le bon sens chez les jeunes. Les extrêmes me font peur. La religion me fait peur. C’est tellement minimiser les choses de dire « les musulmans me font peur ». Toutes les religions me font peur. S’il n’y a pas la cohésion des hommes, Dieu c’est une catastrophe.

Je ne pense pas qu’une chanson va changer quelque chose mais une chanson va permettre de lancer une émulsion. 

Pop & Shot : Comment abordes-tu ce contexte politique ?

Mat : Je suis moins frontal dans mon discours qu’avant. Parce que j’ai remarqué qu’Éric Zemmour a vu le reportage sur Roubaix et maintenant c’est sa nouvelle litanie d’aller partout en France et de dire « si vous ne votez pas pour moi la France va devenir Roubaix. » Nous, on vient de Roubaix. Évidemment il y a des trous du culs à Roubaix. Comme il y en a à Lille, à Paris, partout. Il y a aussi des trucs très bien. Éric Zemmour doit avoir 1% des religieux extrémistes, toute religion confondue – sans ces gens-là, est ce qu’il existe ? Il a besoin de gens fucked up, pour avoir un discours fucked up, pour que les gens soient fucked up et c’est un cercle vicieux. Alors que pendant ce temps-là on pourrait faire un cercle vertueux. On ne parle plus d’avenir pour les jeunes. Les jeunes d’aujourd’hui c’est maintenant. Un avenir est possible si on change ça, ça, ça – ensemble. C’est à ça que sert l’art.

Pop & Shot : En tant qu’artiste, tu penses que ce changement peut venir de ton art ?

Mat : Je ne pense pas qu’une chanson va changer quelque chose mais une chanson va permettre de lancer une émulsion. Une chanson ça peut poser une question. L’Odeur de l’Essence d’Orelsan, quand t’as fini de l’écouter, tu te dis que tu ne peux pas rester indifférent. Et cet art-là il a le pouvoir de lancer des vocations.

 Le dernier album d’Orelsan c’est un super bon album de rock. 

Pop & Shot : C’est important d’être engagé dans son art aujourd’hui ?

Mat : Je ne sais pas si c’est de l’engagement. C’est susciter la prise de position. Après tu peux faire des choses futiles, des chansons toutes légères parce que la musique ça peut aussi servir à s’évader. C’est symptomatique d’une société. Quand tu te réfugies dans le superficiel c’est que tu ne veux surtout pas voir le fond. Parce que ça te fait flipper.

Pop & Shot : Tu parlais d’engagement, le rock est un mouvement qui a souvent été vecteur de révélations. Tu disais aujourd’hui qu’Orelsan est un mec qui a sorti un album très rock alors qu’il fait du hip-hop. Comment le définis-tu aujourd’hui ce rock dont tu viens ?

Mat : C’est quelque chose qui évolue avec le temps. Je pense que le rock c’est plutôt une façon de voir les choses, c’est être en dehors de la ligne jaune. Le dernier album d’Orelsan c’est un super bon album de rock. C’est un album qui bouscule. Ça ne m’étonne pas qu’il ait un si grand succès. Beaucoup de gens se sont dit « enfin, il y en a un qui dit – ‘attendez, on va continuer avec les œillères comme ça ?’ ». C’est ce qu’on essaye de faire avec ce disque.

Pop & Shot : Avant Skip The Use, il y avait Carving, un groupe de punk. Est-ce que ça a encore du sens être punk à une époque actuelle où toute cette scène rock, punk, métal n’est pas la plus prisée ?

Mat : C’est très ambivalent en France. D’un côté tu vas avoir des rappeurs qui remplissent des Bercy en quatre minutes. De l’autre côté t’as le Hellfest qui est un des plus grands festivals d’Europe. D’un côté tu vas avoir des groupes de rock comme nous. Et d’un autre côté t’as un Gojira qui va faire le tour de la planète avec Metallica. En France, c’est un vrai terreau du rock mais encore une fois, on a les médias qu’on mérite.

Ne faire que du rock parce qu’on est estampillé ce n’est pas rock’n’roll. C’est convenu. 

Pop & Shot : À ce propos dans ce dernier album il y a Till the End, une chanson assez métal au sein de musiques accessibles pour un grand public. Est-ce que démocratiser le rock/le métal ce doit être le rendre plus accessible en mélangeant les genres ?

Mat : Nous, en l’occurrence, on ne l’a pas vu comme ça parce qu’on a vraiment fait un travail émotionnel et quand on a voulu parler de cette émotion là c’est ce cette manière qu’on a voulu l’exprimer. Après, aujourd’hui, avec le streaming cette chanson pourrait se retrouver dans une compil métal et les gens ne saurait jamais qu’elle fait partie de cet album. L’année dernière on a joué au Mainsquare avec Bring me the Horizon et ils jouaient entre des groupes comme Angèle, Roméo Elvis, Lomepal – et les gens ont kiffé, ont passé un bon moment. Je pense que c’est plutôt une idée reçue. Mais encore une fois dans le besoin aujourd’hui de la société de mettre tout le monde dans des cases, ça ne veut rien dire.

Pop & Shot : Tu parles de ce mélange de genres, des médias qui cherchent à cataloguer toute la musique. Skip the Use ce n’est pas qu’un style de musique, c’est un ensemble. C’est dur à assumer ou à exprimer quand on vend un album avec cette variété ?

Mat : Il faut que le média soit ouvert. Quand on a fait le clip (ndlr : du single Human Disorder), j’ai parlé à notre responsable promo de ça. Finalement, on a fait pas mal de presse spécialisée avec ce disque parce que je pense que pour eux, le concept est rock’n’roll. Ne faire que du rock parce qu’on est estampillé ce n’est pas rock’n’roll. C’est convenu. Pour nous. Pour Skip the Use. Quand on a sorti Can Be Late (ndlr : premier album de Skip The Use) on avait Bastard Song, Bullet in my Head, People in the Shadow, les gens ont dit « notre chanson ça va être Ghost ». Pour tous les gens on était un groupe de pop alors que c’était la seule chanson pop dans un album avec pleins de morceaux de rock.

Pop & Shot : Alors, pour conclure, quand j’avais douze ans, j’écoutais les albums de Skip the Use en boucle. On a beaucoup parlé de la jeunesse. Quels messages voudrais-tu transmettre à cette jeunesse qui t’écoute ?

Mat : Je suis très heureux qu’elle soit encore là aujourd’hui. C’est plutôt à nous de les écouter que l’inverse. La fraîcheur vient de la jeunesse d’aujourd’hui. Elle peut nous apprendre beaucoup de choses. On a tous des idées bien pensantes, préconçues pour les jeunes. Je préfèrerai les écouter que de leur dire quelque chose. Je pense que j’en apprendrais beaucoup.


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Cover album « See You Through » A Place to Bury Strangers

Cette semaine du 14 mars est marquée par la sortie physique d’un album déjà disponible à l’écoute depuis le mois dernier. Il se nomme See You Through et nous vient tout droit d’une cave crasseuse de Brooklyn où l’on tripote pédales et bidouille du matos extra-terrestre. Les scientifiques déjantés à l’œuvre s’appellent A Place to bury strangers. Ce n’est peut-être pas hyper approprié durant les temps qui courent mais il reste toujours le meilleur nom de groupe du monde. On profite de l’occasion pour parler de leur nouvel alien.

 

 

 

Avec See You Through, le goupe de rock indépendant américain qui compte déjà 20 années d’existence revient plus dévorant que jamais. Leur dernier album en date Pinned était une déjà sacré épreuve puisque, comme à son habitude, niveau production, le groupe n’est pas là pour mieller nos oreilles. Leurs morceaux, géniaux pour la plupart, peuvent s’avérer difficiles à écouter sans grincer des dents : voix distordues, basse crasseuse, effets saturés… Dans des airs de Joy Division sous acides, A Place to Bury Strangers produisent un rock sombre en débordement constant, où la musique est un scalpel. « The loudest band in the world » peut-on lire sur leur site internet. Toutefois, le groupe n’est peut-être pas aussi barré et loufoque qu’on pourrait le penser. Car derrière, la formation composée aujourd’hui de trois membres, Olivier Ackermann (chant, guitare), Sandra Fedowitz (batterie) et John Fedowitz (basse), mais qui en a vu défiler beaucoup d’autres, fait état d’un véritable talent de composition. Et ce nouvel album est là pour une nouvelle fois en attester.

A Place To Bury Strangers
A Place to Bury Strangers

 

Un volcan en éruption

Quatre ans après son prédécesseur, et dans un ton assez différent, See You Through prend des airs de maelstrom musical. Le groupe a décidé de voir les choses en grand, et de mettre le paquet. Là où les autres albums s’écoutaient volume 30, celui-ci n’a besoin que du niveau 15 pour jaillir avec la même puissance sonore. On imagine bien les voyants rouges de la table de mixage obligeant tout le monde à sortir du studio devant un tel raz-de-marée. La chanson la plus iconique à ce niveau-là semble être toute trouvée : « So Low », avec son titre trompeur de poti rigolo. Elle commence aux quarts de tour et ne s’arrête qu’après mise à terre de ses auditeurs. Le riff de guitare comme couche supplémentaire est la cerise sur le gâteau. Surplus total : tout dégouline et déborde dans un espace-temps chaotique. « So all » aurait été un titre plus annonciateur.

Dans la même veine destructrice, plusieurs autres morceaux nous font pousser des grimaces : « Dragged in a Hole » et son démarrage sur un contre-temps traître, « Anyone But You » et ses pleurs instrumentaux torturés, « Hold on Tight » et sa tension perpétuelle… Néanmoins, au beau milieu de ces ravages, on trouve toujours des repères. Car A Place to Bury Strangers, c’est aussi l’art des compositions remarquables. On y décèle sans cesse une recherche d’assemblages, une volonté de marquer les esprits dans des évidences dissimulées. Les morceaux, au-delà de leurs sonorités parfois douloureuses, font preuve d’un réel effort dans l’accompagnement de l’auditeur, qui sera toujours rattrapé par la force des mélodies.

Chaos CHARMEUR

See You Through aspire tout ce qui bouge, mais n’agit jamais seulement dans la terreur ou dans l’épreuve. Dès lors que l’on accepte son mode opératoire, il se révèle même être plutôt accueillant. Ses légères mais nombreuses variations nous tiennent en haleine : on circule parmi des morceaux directs et incisifs comme « My Head is bleeding » et « Let’s See Each Other », dansants comme le fabuleux et enflammé « Broken », et même mélancoliques comme les deux derniers titres qui clôturent l’opus sur une note enfin colorée, « I don’t know how you do it » et « Loves reaches out ».

A tort et à travers, See You Through prend progressivement racines dans nos organes. Réveil excessif, celui qui ne s’arrête jamais de sonner, il termine comme une obsession crânienne. Ce sont 13 titres à la fois difficiles d’accès (malgré de nombreux points d’accroches) et extrêmement généreux. A lire leurs noms à la suite, on croirait à une histoire impossible aux rebondissements multiples. A leur écoute, c’est encore plus que ça : tout y si malicieusement imbriqué, génialement cohérent et abondamment musical que l’ensemble transperce tous les récits. Son battement inexorable à allure inhabituelle, pareille à la rythmique défigurée de « I’m Hurt », est sa raison d’être : déchainer les sentiments, et cela jusqu’à la fatigue.


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Oete-Dame-de-Canton-Paris-2021
Photo : Louis Comar

Vous ne le connaissez pas encore ? Voilà qui ne va pas durer. Depuis qu’il est sorti de son nid, le colibri Oete n’a de cesse de faire tourner les têtes. Le jeune chanteur a tout de ce qui fait l’étoffe des plus grands. Et il le prouve dès son premier titre « La tête pleine », perle pop de la chanson française, délicieusement moderne, impeccablement arrangée, consciente de ses classiques tout en ayant sa propre identité. Et puis il était ses plumes : des plus belles parures. Oete allie la candeur des débuts qui touche au cœur à la grandeur de celui qui saura remplir des stades. Un rapide coup d’œil à l’un de ses concerts ne pourrait d’ailleurs que vous convaincre alors que le virtuose ondule et communie.

Un autre titre « Hpv » et une reprise de Niagara « Pendant que les champs brûlent » n’ont fait que confirmer l’évidence. La voix grave et électrisante du bonhomme subliment un immense potentiel d’écriture, une force de frappe musicale rare. Alors, les regards ont commencé à se porter sur lui avec une attention toute particulière. Sans surprise, le musicien a été propulsé en première partie de Fishbach, Julien Doré ou encore Feu! Chatterton. Et puis il fait également à très juste titre partie de la sélection des Inouïs du Printemps de Bourges où il y a fort à parier qu’il saura faire des étincelles. Ce 4 mars, notre petit oiseau déploie une nouvelle fois ses ailes avec un tout nouveau titre « Défense » et donc son clip.

 « Défense » : un classique instantané

Quelques notes bien senties, un beat qui s’accélère et se diffuse et voilà que la voix d’Oete s’impose. Le premier couplet sonne comme une évidence de la chanson française, il appelle à la danse avec une retenue mélancolique comme ont toujours su le faire les poètes que notre sol a pu héberger. Savamment dosé, on y retrouve la capacité à faire des hits de son idole Fishbach. Le refrain entre naturellement dans les têtes. Sans jamais y forcer son chemin, radiophonique sans être surfait, accessible sans jamais tomber dans la facilité, ce « Défense » marquera les esprits et deviendra, c’est une évidence, rapidement culte. Préparez-vous à la tornade Oete, elle devrait très prochainement prendre l’ampleur de celle qui était annoncée depuis ses débuts d’Eddy de Pretto.

Oete annonce sa tournée

oete tournée


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