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octobre 2020

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Critique UNDERVOID – “Le Noir se fait”

Le Noir se fait. C’est le moins que l’on puisse dire en cette période. L’homme est faible et impuissant. Il ne se bat que pour lui-même. Pour sa survie. La crise actuelle l’aura d’autant plus révélé. Que faire pour y remédier ? Pas grand-chose, si ce n’est ouvrir les yeux sur notre condition, pour y voir plus clair. Se confronter à notre propre hypocrisie, pour vivre plus consciemment. Pleurer notre bêtise peut-être, pour prendre de l’avance. On vous l’accorde, ce n’est pas très encourageant… Mais faire face à notre chute, n’est-ce pas mieux l’accepter ?

UNDERVOID n’égayera probablement pas votre journée de ce côté-là, plutôt défaitiste vis à vis de notre société et de l’espèce humaine en général. Pour autant, leur premier album, ravage parmi les ruines, vous secouera si puissamment qu’il sera en capacité de vous esquisser un sourire. Le sourire de l’engouement. De la folie. De l’hystérie. Bien utile aujourd’hui en tant qu’échappatoire.

 

 

 

UNDERVOID, du rock tout droit venu de Strasbourg

Trêve de pensées funestes, concentrons nous sur cette musique pour le moins exaltante. Avant tout, qui sont-ils ? UNDERVOID vient de Strasbourg. Un quatuor remonté contre le système, dans la lignée du rock contestataire français, et dont le désir de se faire entendre est plus fort qu’une décharge électrique. Formé en 2016, le groupe sort aujourd’hui Le Noir se fait, son premier album, après quatre EPs de la même poigne. Ils ont déjà beaucoup tourné à travers la France, avec plus de 200 concerts, dont des premières parties de haut vol (No One is Innocent, Temperance Movement…). Décidés à envoyer le paquet et à nous en foutre plein les oreilles, UNDERVOID a déjà une identité musicale bien marquée : des morceaux concis et endiablés, des riffs entrainants portés par des guitares à l’aspect lourd et martelé, un chant venu des tripes… Arnaud Sumrada (chant), Marc Berg (guitare), Alexandre Paris (batterie) et Mathias Fischbach (batterie) concrétisent pleinement leur savoir-faire avec ce premier album (LP) des plus aboutis.

Photo : Antoine Pfleger

Un départ en trombe

Tout commence avec « Addict », charge virulente contre l’addiction au pouvoir. C’est incisif, ça baigne dans le sale et le pourri, ça mord là où ça fait mal et ça fait son effet. Le riff est imparable, de quoi nous faire tourner en bourrique dès cette ouverture en trombe. On commence dans le noir, et ça n’est pas près de s’arrêter. Non, l’album dans son entier ne fait pas de cadeau, il se dévoile de plus en plus sombre et accusateur, sans jamais baisser en qualité. Au contraire, sa force première est sa constance. Du début à la fin, les morceaux sont du même impact. Assez étonnant d’ailleurs, à l’écoute de cette musique qui peut rapidement montrer ses limites. UNDERVOID y échappe avec brio. Le groupe parvient à nous maintenir en haleine, avec quelques nuances bienvenues, comme la belle surprise d’« Un Regard a suffi », chanson à la structure différente et à l’atmosphère musicale plus apaisante, comme une errance mélancolique au bout de laquelle une note positive s’empare de nous, après avoir été tant malmené par les morceaux précédents.

 

Alliance entre discours politique et compositions efficaces

Mais de cette hargne bousculeuse, colonne vertébrale du projet, nous en tombons rapidement amoureux. « Dieu n’existe pas », après un « Je suis né peuple » faisant monter la tension, finit de nous convaincre. Le titre interpelle directement par son caractère affirmatif. On s’attend à une prise de position claire et assumée, portée par un riff acerbe. Ca ne manque pas. Il y est question d’un monde en proie à la démence, le nôtre, qui s’attache à des croyances illusoires, et qui pense pouvoir être pardonné de ses dérives aberrantes. Mais comme Arnaud Sumrada nous le martèle avec conviction : « suffit pas d’en parler, il n’est pas là, tu peux toujours prier, Dieu n’existe pas ». Les crimes sont visibles, et l’homme hypocrite a beau vouloir les dissimuler, il ne peut s’en remettre à autre chose qu’à sa propre cupidité, et non perpétuellement essayer de s’en défendre autrement. Le refrain nous crie une vérité difficile à accepter peut-être, mais nécessaire d’entendre au vu de la folie qui s’empare de certains esprits : « Tu n’es que poussière. Seulement de la matière. De toi, rien ne restera ». Personne ne viendra nous sauver de ce système où l’homme exploite l’homme. Surtout pas une divinité. Ca ne plaira certes pas à tout le monde mais un rock politique et engagé comme celui d’UNDERVOID, s’il n’est pas virulent et insurgé, ne vaudrait pas grand-chose. Ici, l’alliance entre compositions acharnées et messages politiques assure à l’œuvre une véritable maitrise. Le Noir se fait a l’avantage de venir du cœur, et renvoie un véritable sentiment d’authenticité. On le ressent même dans la production, percutante, et surtout pertinente, tout droit inspirée de Rage Against the Machine et plus récemment Prophets of Rage. A noter que l’album fut enregistré dans le studio White Bat Records, où les ont précédés le groupe français Last Train. Gage de qualité sonore.

 

Un rouleau compresseur qui n’écrase que la connerie

A l’écoute de l’album nous vient en tête successivement Noir Désir sur certaines intonations du chanteur, Led Zeppelin pour son côté vif et saillant, Trust et son regard sur le monde… UNDERVOID ne fait rien de nouveau à proprement parler, mais brille par sa force sauvage, et remue nos esprits d’un vent violent. C’est un rouleau compresseur intelligemment pensé, puisqu’il n’écrase pas tout sur son passage, mais seulement la connerie ambiante. Comme il est rare de trouver des groupes français dans cette veine d’une telle maitrise. Après la chanson titre et « Bouffon de roi », qui ont de quoi nous secouer par leur fulgurance, partant du principe que nous avons déjà digéré le très efficace et pesant « On va, on vient », ce qui n’est pas forcément le cas pour tout le monde, « La Machine », clôture du projet, nous assène une dernière claque en pleine figure. Quand y’en a plus, y’en a encore. C’est l’impression que nous donne l’album puisqu’à peine fini, on ne pense qu’à le réécouter. 10 titres. 35 minutes. Net et précis. Un bouillonnement musical jouissif donnant lieu à un assouvissement de sentiments contestataires. Que demander de plus ? Que la société s’écoule enfin ? En attendant, Le Noir se fait a de quoi nous tenir longtemps éveillé, autant musicalement que politiquement, addict à ce concentré de rock en colère, qui ne tombe jamais dans la caricature grâce à un soucis véritable de qualité de composition. Pari réussi pour UNDERVOID. Ce premier album (LP) tape dans le mille. Nous voilà définitivement conquis.

Photo : Antoine Pfleger

By Léonard Pottier


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Le Printemps de Bourges est le  festival qui en temps normal marque le début de la saison des concerts en plein air. Cette année il aura été le premier évènement majeur à être annulé. Du confinement et de la crise sanitaire que nous vivons, qui a bouleversé notre quotidien et mets à mal le monde de l’évènementiel et de la culture tout particulièrement, ne pouvant pas ou si peu exercer, a permit une remise une perspective de la création musicale et de se demander à quoi cette dernière pourrait ressembler dans 3, 30 et 300 ans.

Ainsi l’equipe du Printemps de Bourges change le format de  “Rendez-Vous Demain !”, qui à l’origine était une série de conférences dédiées à la perspective culturelle, sous forme de capsules mensuelles. Le PdB a posé ces questions a différents artistes comme Aloïse Sauvage, Dinos, Woodkid et bien d’autres.

Ce nouveau format digital a pour objectif d’offrir une plus grande visibilité de réflexions qui concernent l’avenir de la musique et ses possibilités de développement.

Rendez-Vous Demain : les professionnels de la musique expliquent comment ils voient l’univers musical évoluer

Les 6 du mois rendez-vous sur la page Youtube du Printemps de Bourges pour découvrir la vision des artistes, des penseurs, des chercheurs autour du futur de la création musicale dans 3, 30 ou encore 300 ans.

Une belle idée, de belles réflexions, qui donneront peut être le “la” de l’avenir de la musique et des directions que ceux qui la font vivre vont devoir prendre.

En ce mois d’octobre, c’est Aloïse Sauvage qui se prête au jeu.  Découvrez cette première série de réponses, qui grâce à son naturel décomplexé offre des réponses aussi bien “lunaires” que visionnaires sur l’avenir de la musique.

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Le mardi 6 octobre, il fait très froid dans la capitale française. Les jours de pluie se suivent et se ressemblent un peu, morose à l’air du Covid et de ses restrictions. Alors que les concerts se font très rares, celui d’Alexandrie et de Grand Palladium aux Trois Baudets s’annonce comme une bénédiction. Un brin de découvertes francophones, fera plaisir à voir et entendre. D’autant que, si le protocole sanitaire est respecté à la lettre, l’ambiance s’approche plus des concerts du temps d’avant avec la possibilité de prendre un verre au restaurant à l’étage entre deux sets et une convivialité palpable dans la petite salle. L’enjeu n’est plus aujourd’hui de prouver qu’il est possible de s’offrir un live en salle mais bien de retrouver le spectacle vivant.

Alexandrie

Le chanteur venu dévoiler pour la première fois à Paris son projet solo donne le La à la soirée. Au synthé, Antoine Passard ne cache pas sa joie d’être sur scène et de pouvoir s’offrir ses premiers pas parisiens. Il faut dire que le voyage est partie intégrante de son premier essai en solo intitulé “Loin”. Et s’il est difficile de voyager en ce moment, pouvoir le faire en musique à travers les notes du chanteur s’avère être un instant de répit bienvenu. Le voyage, le passage des grandes étendus aux grandes villes se déclament à travers ses paroles où les rimes sont nombreuses.

Avec sa chemise féline et son visage angélique, le musicien distille une électro-pop qui sent  la nouvelle vague française. On pense à Pépite, forcément, dans ce côté rétro-actuel qui connait parfaitement ses classiques et qui lui aussi invite à lever les voiles et à suivre les courants marins. Un clin d’œil qui  parait d’autant plus logique qu’Alexandrie publiait le 30 septembre le clip de son dernier single intitulé “Le Phare”. En cette nuit parisienne, alors que les concerts s’annulent à la chaîne et que le MaMA venait d’officialiser avoir lui aussi renoncé à son édition 2020, le phare n’est-il pas le simple fait de profiter d’un concert et d’un peu de musique ? On pourrait presque pousser les festivités assises bien après 22 heures pétantes, nous autres mélomanes devenus Cendrillon. Les grands artistes Antoine Passard et son musiciens les convoquent sur scène à coup de notes calibrées qui rentrent en tête et de voix aigue très joliment maîtrisée. Pas de surprise donc quand il balance une reprise de Balavoine : “Vivre ou survivre”. Question d’actualité me direz vous, d’ailleurs vous êtes plutôt team vivre ou survivre ? Ce soir là on vit. On vit en respectant les gestes barrières, on fait attention, tout le monde souhaite garder la petite étincelle allumée, s’assurer que les salles de concerts reste un lieu sécurisé. On vit pourtant dans la salle chaleureuse, on rit même des blagues d’Alexandrie ” Et là vous pouvez danser… ah non”. Non, on n’y pense même pas, on se concentre sur ses morceaux rétro-modernes.  Et peut-être qu’on danse un peu au fond de nos têtes seuls ou même avec toute la salle.

Grand Palladium

Même salle et pourtant changement de décors avec Grand Palladium. Cette fois-ci la folk s’invite dans la petite salle. Fait rare, cette dernière se décline en français dans le texte. Si les deux hommes orchestres présents devant nous ce soir là sont souvent comparés à Bob Dylan et autres Simon & Garfunkel ( rien que ces deux monuments), ils ajoutent une touche frenchy à cette grande histoire musicale et donc changent complètement la donne. Déjà parce qu’autour d’instruments traditionnels, les  compères chantent en chœur poussant leurs voix à l’unisson. Cet aspect de leur musique rappelle que la folk française, elle, passe aussi par une tradition bien à nous. Forcément , le duo convoque la puissance des chants bretons, leur faculté à unir et à se faire facilement hymne collective. Le tout est agrémentés de belles influences anglo-saxonnes. Grand Palladium a du talent, les instruments s’enchaînent avec fluidité, les voix sont belles, l’émotion est palpable. Les paroles, elles sont au centre des préoccupations des deux amis dont la complicité scénique fait plaisir à observer. Leur show ce soir là est un véritable moment convivial. Pour peu, il serait facile de se croire invités chez deux potes. Ils parlent de la vie, font rire, font pleurer, le tout avec une bienveillance chaleureuse. Les mets sont excellents chez les copains de Grand Palladium, ils se déclinent en notes tantôt sucrés tantôt chaudes toujours pleines d’harmonie.

Point de fioritures inutiles, Grand Palladium compose ses mélodies avec efficacité et va droit au but, droit au cœur même. Les interactions sont nombreuses, le duo interpelle son audience, dialogue avec elle, raconte ses morceaux, le sourire aux lèvres. Aujourd’hui assister à un concert est un moment précieux, un acte quasi-militant. Grand Pallidium rappelle avec justesse que ce genre d’évènements sont nécessaires et que la musique, même masquée est la plus belle des sources de frissons et de communion.


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KO KO MO - Last Night A DJ Saved My Life coverKo Ko Mo est de retour ! Après le succès de la cover de « Personal Jesus » de Depeche Mode (200 000 vues sur Youtube), le duo français à l’énergie débordante a dévoilé ce vendredi un tout nouveau clip. Cette reprise de « Last Night A DJ Saved My Life » du groupe new-yorkais Indeep nous est proposée à la sauce power rock et c’est très réussi !

Le clip, tourné dans un hôpital abandonné, pourrait être symbolique de la situation sanitaire en France : un manque de moyens, de personnel, le monde médical se sent complétement abandonné, tout comme le monde de la culture. Quant au choix de la reprise, Ko Ko Mo peut laisser entendre un message clair : la musique, et l’art en générale, font partie intégrante de notre société et peut même “sauver des vies”.

Avec un agréable côté feel good, cette reprise nous rappelle à quel point le binôme est talentueux et arrive à insuffler un peu de joie et d’envie de danser dans ce climat morose. Une track à écouter sans modération et qui nous donne le besoin de les (re)découvrir en live !

Découvrez le clip de Last Night a DJ saved my life de ko ko mo

Louis Comar


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