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Charli XCX rock musicLe 24 avril 2026, Charli XCX sortait son nouvel album,  « Music, Fashion, Film », annonçant dans un même temps une nouvelle ère plus « rock ». « Music, Fashion, Film » succède à l’album « Brat » (2024) qui célébrait l’univers des raves et de la techno. Elle propose ainsi à travers ces deux albums des univers différents qui rappellent le phénomène d' »Eras » popularisé par Taylor Swift lors sa tournée « Eras Tour » (2024). En effet, au-delà d’une simple astuce promotionnelle pour créer de la nouveauté et se distinguer, nombreuses sont les chanteuses pop qui explorent une variété de sonorités et redessinent les contours de la pop actuelle. Si ce phénomène s’accompagne la plupart du temps d’un processus marketing élaboré, il témoigne également de la capacité des chanteuses à se réinventer  artistiquement. 

Un phénomène popularisé par Taylor Swift

taylor swiftCe concept d' »Eras » : c’est bien Taylor Swift qui l’a poussé à son paroxysme lors de son « Eras Tour » en 2024. La chanteuse a en effet proposé un show qui retraçait sa carrière et dans lequel chaque album correspondait à une ère associée à un look et à un style musical. Dans ce show de trois heures, elle reprenait ainsi ses dix albums en marquant explicitement les changements d’albums qui correspondaient donc à un changement d’ère. Si l’objectif mercantile derrière cette stratégie est indéniable, le show mettait également en avant la capacité de la chanteuse à se réinventer, toujours dans un style pop, au fil de sa carrière.

taylor swift albumDe ses premiers albums aux sonorités country (« Taylor Swift », « Fearless ») à des albums pop/rock comme « Red » ou franchement pop comme « Reputation » par exemple en passant par la folk (« Folklore »), Taylor Swift a su évoluer musicalement. Cette capacité à créer des univers est cependant moins visible avec ces derniers albums dont la recette pop paraît régulièrement répétée. Taylor Swift a su conceptualiser sa carrière en créant des ères mais en proposant également des évolutions musicales. Ce modèle a par la suite été adopté par d’autres chanteuses, comme nous allons le voir.

Charli XCX : De « Brat » à « Music, Fashion, Film »

De la culture rave de « Brat » aux sonorités pop/rock de « Music Fashion, Film », Charli XCX joue également avec le concept d’ère. L’album s’ouvre d’ailleurs sur la chanson Rock Music dont les paroles (« So now we are making rock music ») annonce explicitement une nouvelle ère. La chanteuse avait en effet clôturé sur ses réseaux sociaux, son fameux « Brat Summer », concept associé à son album qui était dédié aux femmes sexy et nonchalantes qui souhaitaient se sentir libres et s’amuser. C’est par ce biais qu’elle avait progressivement annoncé une nouvelle ère. Si ce processus peut paraître assez artificiel et façonné pour la vente, il va s’agir d’explorer ce concept plus en profondeur. Le « Brat Summer » est en effet devenu une véritable marque favorisant la vente de goodies divers et variés (beaucoup de fans arboraient ainsi fièrement leurs t-shirts verts « BRAT »). Cependant, cela témoigne également de la capacité de la chanteuse à se réinventer et à montrer sa curiosité musicale en explorant d’autres genres.

charli xcx wuthering heightsBien entendu, on ne peut pas classer le nouvel album de Charli comme un album rock tout comme « Brat » n’est pas un album de techno. Charli est une popstar et elle propose des projets pop, où par ailleurs on retrouve avec plaisir sa patte. « Brat » est ainsi un album aux inspirations technos et « Music Fashion Film », un disque pop teinté de rock. Charli se renouvelle en proposant de nouvelles teintes à ses albums ce qui met en avant sa curiosité et sa liberté artistique. Dans son dernier album, elle fait également référence à ses inspirations cinématographiques. Elle n’hésite pas à collaborer également avec John Cale, ancien membre des Velvet Underground par exemple sur l’album « Wuthering Heights » (2026) ce qui contribue à décloisonner les horizons musicaux.

ROSALIA : du flamenco au chant lyrique en passant par le reggaeton

Rosalía - LUX
Rosalía – LUX

Autre exemple intéressant et pas des moindres : la chanteuse espagnole Rosalia. Avec son album « Lux » paru en 2026, Rosalia a su conquérir le monde entier et s’est imposée comme une artiste dont la renommée est désormais internationale. Pour ceux qui l’ont découverte avec « Lux », difficile de croire que c’est la même artiste qui a composé l’album précédent « Motomami » (2022) ou encore « El Mal Querer » (2018), deux albums franchement reggaeton aux influences flamenco. En effet, Rosalia c’est d’abord une chanteuse de flamenco comme en témoigne d’ailleurs son premier album « Los Angeles » (2017). La chanteuse s’est par la suite tournée vers le reggaeton ce qui lui a permis d’acquérir une certaine notoriété. Dans son avant dernier album, avant la consécration « Lux », Rosalia s’était déjà faite remarquer en mélangeant les genres. Par exemple, dans sa chanson reggaeton Saoko, on retrouve un pont jazz en plein milieu de la chanson. L’ensemble de l’album restait cependant majoritairement reggaeton. Avec « Lux », Rosalia nous emmène au dernier endroit où on aurait pu l’imaginer, c’est à dire, dans un registre classique. Avec Berghain, premier single de l’album « Lux », on lui découvre une voix lyrique portée par l’Orchestre symphonique de Londres. Si le public connaissait la puissance de sa voix, on imagine les heures de travail pour atteindre un tel résultat. Rosalia inaugure ainsi une nouvelle ère avec « Lux » en proposant quelque chose de radicalement différent qui reste évidemment pop. A la différence de Charli, Rosalia ne communique pas sur ses changements d’ère ce qui rend ces évolutions artistiques moins artificielles.

Rosalía
Rosalía

Ces trois exemples montrent ainsi la capacité de renouvellement des chanteuses pop sur la scène actuelle à travers la création d’ères. Grâce à ces exemples, on peut voir que la division de la carrière en « Eras » s’impose comme un schéma chez les popstars internationales les plus reconnues. Il ne s’agit pas de faire abstraction des dérives marketing de ce système mais de faire en sorte qu’il reste un moyen de mettre en avant la curiosité artistique des popstars et que les changements d’ères n’aient pas uniquement une dimension mercantile et stylistique mais qu’ils s’accompagnent comme pour Rosalia ou Charli XCX, d’explorations musicales qui contribuent à redessiner les contours de la pop.


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L’extrême droite, comme tout bord politique cherche à recruter. Plus que n’importe quelle autre appartenance politique, celui-ci qui ne dupe pas la totalité des foules et  a grand besoin de se rendre sympathique dans une quête perpétuelle de « se dédiaboliser ». Et pour se faire, pour magnifier sa communication, ces derniers n’hésitent pas, de par le Monde, à utiliser des morceaux et l’image artistes connus dans leurs meetings ou comme faire-valoir. Le détournement est massif. C’est bien là que les choses coincent. Parce que la musique, très souvent politisée, combat en écrasante grande majorité les idées de ces partis et de leurs adhérents. La culture de façon générale s’est toujours opposée aux politiques répressives et a toujours été  aux côtés de la justice sociale . Ce qui était vrai pour Jean de La Fontaine ou Victor Hugo l’était tout autant pour The Clash, Green Day ou encore John Lennon et l’est encore plus aujourd’hui.

donald trump musique vinyleUtilisation abusive, retournements de messages initiaux, les atteintes sont nombreuses.  Ces politiques utilisent l’image de musicien.nes qui sont pourtant leurs opposants pour créer l’adhésion. Petit tour non exhaustif d’une histoire qui oppose musique et politique.

Mylène Farmer et la comparaison à Marine Le Pen

C’est arrivé ce 5 décembre 2025,  Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National à l’Assemblée Nationale, profitait d’une interview sur France Info pour faire une bien étrange comparaison. Il était alors interrogé sur la célèbre radio en réaction à un sondage IFOP Elle, selon lequel 30 % des personnes homosexuelles seraient prêtes à voter pour Jordan Bardella s’il était candidat à l’élection présidentielle de 2027. Le voilà qui expliquait que Marine Le Pen était un peu comme Mylène Farmer. Et d’argumenter : « Discriminée toute sa vie à cause de son nom, Marine Le Pen à cette même blessure que les homosexuels. Elle les comprend comme Mylène Farmer ». Une comparaison plus que mal venue qui n’a pas manqué de faire réagir, autant sur les réseaux sociaux que dans la presse. Ce n’est pourtant pas la première fois que l’image de la chanteuse est utilisée par le RN et son ancêtre, le FN. En 1995 déjà, un sosie de la musicienne se produisait lors de meetings du Front National. Line Gregory, de son prénom,  interprétait le titre « Sans contrefaçon » face aux militants du mouvement, brandissant des pancartes type « Les jeunes avec Le Pen. » A l’époque déjà, Mylène Farmer se révoltait de l’utilisation abusive de son image et quelques peu incompréhensible. Elle profitait d’ailleurs  du JT de France 2 pour prendre la parole : « Je suis scandalisée d’apprendre que Monsieur Le Pen ait pu utiliser mon image et tromper les gens de cette façon. Je trouve que ce procédé est révoltant, c’est scandaleux. » Elle portait alors plainte contre Jean-Marie Le Pen, un procès qu’elle gagnera sans « contrefaçon » mais ne suffit à priori pas éviter que l’histoire ne se répète.

mylene farmer sans contrefacon le pen D’ailleurs, pour la petite histoire dans la grande histoire (ou détail de l’histoire comme vous préférez), l’ancien président du FN, aujourd’hui décédé entretenait une histoire particulière avec le monde de la musique, puisque, le saviez-vous ? Il avait aussi créé un label d’édition en mars 1963. Suite à sa défaite aux élections législative, Il fondait en effet la Société d’études et de relations publiques, une agence de communication. La Serp se spécialisait alors dans la publication d’enregistrements sonores de grands textes historiques et de chants militaires. Son catalogue allait des discours de Lénine aux chants de l’Armée Rouge en passant par … les discours d’Adolphe Hitler. Voilà qui lui vaudra d’être condamnée en 1968 pour apologie du crime de guerre. En effet, l’un des pressage comprenait des chants du IIIème Reich mais surtout une pochette présentant un Hitler triomphant ainsi qu’au verso un texte qui fut jugé apologique du führer. Le disque fut retiré de la circulation pour être ré-édité par la suite sans la pochette incriminée. Aujourd’hui Marine Le Pen fait tout pour se détacher de l’image de son père. Notamment depuis 2015 alors que celui-ci s’en prenait à un autre musicien, Patrick Bruel promettant d’en « faire une fournée » avant de réitérer sa promesse dans le journal Rivarol. Tout ? disons qu’on aura tout de même déjà vu plus radicale comme rupture. Le discours de Sébastien Chenu, député RN et vice président de l’Assemblée Nationale tente d’aller en ce sens et d’appuyer ce propos : « Les homosexuels ont un rapport plus incisif à la liberté parce qu’ils ont dû faire acte de violence symbolique pour la conquérir. » Pour autant, il y a fort à parier que la créatrice de « Anamorphosée » n’est peut-être pas pour autant flattée par la comparaison.  D’autant que Marine Le Pen, qui se veut « l’amie » des personnes LGBT+ était, on le rappelle opposée au Mariage pour Tous et promettait même en 2013 que si elle était élue à la présidence le République, elle l’abolirait. Mylène Farmer, elle s’était positionnée en 2012 en faveur (évidente) de la loi Taubira, en couverture du magazine Têtu, si on veut pousser l’analogie.

Donald Trump : Sabrina Carpenter, les Village People, Charli XCX et les autres…

La France n’est pas un cas isolé en matière d’utilisation de musique pour promouvoir  ses campagnes politiques et ses célébrations de partis. En tête de liste le président américain, Donal Trump a une liste sans fin de morceaux utilisés au détriment d’artistes qui ne partagent en rien ses opinions. Dernière en liste, Sabrina Carpenter. Le titre de la chanteuse, « Juno » avait en effet été utilisée en tant que bande son d’une vidéo montrant une séquence d’arrestation musclée dans le cadre de durcissement de la politique migratoire du chef des MAGA. La réaction de la chanteuse ne s’est pas faite attendre : « Cette vidéo est ignoble et répugnante. Ne m’associez jamais, moi ni ma musique, à votre programme inhumain. » dénonçait-elle sur les réseaux sociaux. De son côté, Abigail Jackson, porte-parole de la Maison Blanche s’est alors empressée de lui répondre : « […] Nous ne nous excuserons pas de renvoyer des meurtriers, violeurs et pédophiles illégaux hors de notre pays » puis d’ajouter : « Toute personne qui défend ces monstres doit être stupide, ou attardé ? ».  Personne ne s’attendait à une réponse respectueuse de la part du bureau ovale et pourtant, ce dernier franchit toujours toutes les limites.

sabrina carpenter juno trumpLa musicienne rejoint un long palmarès d’artistes ayant demandé au président américain et son équipe de ne pas utiliser leur musique pour promouvoir leurs idées. Parmi eux, on retrouve notamment Beyoncé qui avait menacé de déposer un recours auprès des équipe de la Maison Blanche pour l’utilisation du titre « Freedom ». Ce dernier était devenu par la suite l’hymne de la candidature de Kamala Harris,  pour laquelle la star avait publiquement affiché son soutien. Trump a par ailleurs développé une playlist variée qui va vastement piocher du côté de ses opposants. En 2024, il concluait son discours annonçant sa victoire au parc des expositions de Palm Beach par le titre « YMCA » des Village People. Cet hymne queer est devenu en quelques sortes, le morceau de ralliement de Trump. Tout débute en 2020 alors que le titre est inscrit au National Recording Registry de la Bibliothèque du Congrès, alors reconnue comme «culturellement, historiquement ou esthétiquement significative». Il devient alors un simple morceau festif et perd, du moins aux yeux d’un certain public, tout son côté subversif et gay. Il résonne ensuite dans des rassemblements anti-confinement. Les lettres sont changées par la foule, YMCA, devient MAGA, quatre lettre, zéro rapport, bref. Le président se l’approprie pour dynamiser ses rassemblements ou danser sur des victoires sportives comme la clôture du tirage au sort de la Coupe du Monde de football de 2026. A ses yeux, le morceau représente la classe ouvrière sur laquelle Trump va lorgner les votes. Parmi les titres plus anciens qu’il utilise lors de ses meetings, on retrouve des morceaux de David Bowie, Elton John ou encore Bruce Springsteen. Ces choix ne sont pas le fruit du hasard : ils cherchent à éveiller une nostalgie des années 80 que les américains conservateurs voient comme l’âge d’or de la grandeur de l’Amérique. Pourtant même le classique ne veut pas être associé à son nom. En 2016, la famille de Pavarotti, dont il est un grand fan, lui demande d’arrêter de jouer le morceau « Nessun Dorma », un titre culte du chanteur d’opéra italien.

D’olivia Rodrigo à Taylor Swift

olivia rodrigo All American Bitch trumpCôté pop, un titre issu de la discographie de Charli XCX avait lui aussi été utilisé.  Pourtant, la chanteuse avait publiquement affiché son soutien à Kamala Harris, l’adverse de Trump, la qualifiant même de « brat » sur les réseaux sociaux. Un superbe compliment quant on y pense. Comme pour le cas Sabrina Carpenter, Olivia Rodrigo avait elle aussi vu son titre, « All-American Bitch » être repris sur une vidéo incitant les migrant.es sans papiers à quitter le pays. Sa réponse sous la vidéo postée sur les réseaux sociaux était sans appel :  » N’utilisez jamais mes chansons pour promouvoir votre propagande raciste et haineuse. » Le commentaire fut retiré (probablement par l’équipe présidentielle) tout comme le morceau, la preuve que cette fois-ci le message fut entendu. Pourtant, la peur d’un dépôt de plainte ne semble pas les effrayer.

taylor swift the fate of ophelia trumpEnfin impossible de ne pas souligner le bras de fer qui oppose l’administration Trump à Taylor Swift et  les accusations qui lui sont aujourd’hui faite d’être elle aussi une MAGA. On disait d’elle que son intervention pourrait à elle seule changer le cours des élections. Après un temps sans parler, elle avait finalement affiché son soutien à Kamala Harris. Plus tard, Trump qui ne cache pas son désamour pour elle lui lançait quelques tacles. Notamment alors qu’elle se faisait huer, s’amusant à dire que les MAGA avaient une longue mémoire. Depuis l’élection, la chanteuse ne s’est pas exprimée laissant spéculer les grands investigateurs des réseaux sociaux quant à une sympathie de la pop star la plus puissante du moment pour cette politique conservatrice. Les indices furent trouver en masse pour aller en ce sens. Jusqu’à un collier vendu sur son merch officiel représentant des éclairs qui seraient en fait un image nazie glissée discrètement (et la question du pourquoi quelqu’un ferait-il ça  ? ne se pose pas. Mais le bon sens dirait que si on voulait convaincre des fans de rejoindre une idéologie, on éviterait de faire un clin d’œil discret à coup de colliers). Toujours est-il que Trump expliquait lui détester Taylor Swift tout en laissant son équipe participer à une Trend sur « The Fate of Ophelia ». Utilisation face à laquelle Taylor Swift est également restée silencieuse. Doit-elle ou non s’exprimer ? Le débat est aujourd’hui ouvert. Il n’empêche que ses textes, ses anciennes prises de partie et son féminisme laisse à penser qu’elle fait bien partie de ceux dont l’image fut détournée par les MAGA.

Et cette playlist utilisée par Trump a pu être l’une des raisons de sa victoire. La musique de par sa capacité à accrocher, à rentrer dans vos vies devient rapidement familière, elle met en confiance. Ces choix n’ont rien d’anodin.

Une histoire qui ne date pas d’hier

the cure staring at the seaSi ces exemples de détournements font partie de l’histoire moderne, elle est pourtant intrinsèque à l’histoire même de la musique. The Cure, à titre d’exemple,  en fut une victime en 1978 lors de la sortie de leur morceau « Killing an Arab ». Le titre cherche à résumer une courte partie du texte d’Albert Camus, « L’étranger ». Pour éviter toute confusion concernant les paroles, le groupe envoyait alors à la presse un livret explicatif détaillant les intentions du titres. A la sortie de l’album « Standing on a Beach » qui l’inclut, une pastille est ajouté au vinyle pour préciser qu’il ne s’agit pas d’une incitation au racisme. Pourtant, rien n’y fait.  Malgré ces précautions, le Front National Britannique tente de le récupérer pour en faire un hymne xénophobe. La guerre du Golfe n’arrange rien. Entre 1990 et 1991, le groupe est obligé de donner des conférences de presse aux Etats-Unis alors que le morceau est repris comme un hymne guerrier sur de nombreuses radios. La BBC finit même par le censurer. A bout, Robert Smith, le meneur prévient sa maison de disques et lui demande que des poursuites soient immédiatement engagées en cas d’utilisation du morceau à des fins de propagandes.

Ce type de problématiques est particulièrement connue dans la scène punk. Si cette dernière va souvent piocher ses idées du côté des révoltes et de la gauche, ce n’est pas le cas de tout son public. Entre provocations et colère scandées en musique, la vaste histoire du punk va parfois rencontrer celle de mouvements néo-nazis. Il faut dire que l’histoire veut que le courant vient à chercher à regrouper les luttes des jeunesses issues de la classe ouvrière. Parmi elle, on retrouve de nombreux skinheads. Si le terme aujourd’hui est largement associé aux  nostalgiques du troisième Reich, ce n’était pas uniquement le cas à son origine. Il s’agissait surtout de revendications issues de classes très pauvres. Attention, on dit bien « pas uniquement » puisque la jeunesse skinhead rejoignait en masse les rangs des groupes politiques d’extrême droite britanniques à la fin des années 70 et au début des années 80. C’est ainsi que le courant oi!, sous genre du punk qui se développait dans la fin des années 70 se retrouva fortement identifier à ce type de revendications politiques. Les jeunesses skinheads, venaient massivement aux concerts de ces groupes.Si certains groupes vont effectivement s’allier à des revendications clairement racistes, d’autres tentent de s’y opposer radicalement. C’est notamment le cas du groupe Sham69, l’un des fondateurs du genre qui s’appelait initialement street punk. La formation s’allie au Clash et revendique ses oppositions à un public qui les suit et vient en masse foutre le bordel dans ses concerts. Le groupe participe au concert Rock Against Racism aux côtés d’artistes engagés comme The Clash ou Buzzcocks. Mais rien n’y fait. C’est d’ailleurs ce qui vaudra à la formation de se séparer, pour mettre une véritable distance avec un public qui détourne sa musique et son propos. Sa reformation ne se fera que quelques années plus tard. Cet exemple n’en est qu’un parmi tant d’autres à travers une très longue et large histoire qui se perpétue encore aujourd’hui. Car après tout si l’on peut séparer l’artiste de son œuvre, ne peut-on pas lui prêter des propos à l’opposé des siens ? La musique est une telle alliée de vie qu’elle peut facilement devenir une arme de propagande. A chacun.e de rester prudent.e et de prendre le temps d’écouter ce que les créateurs.trices ont à dire de leurs morceaux et pas les fumeuses interprétations qui en sont faites.

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On y est presque ! Plus que quelques semaines à attendre avant de retrouver les festivals d’été et en tête de liste, le plus engagé de tous : le Festival We Love Green. Pour son édition 2025, l’évènement qui aura lieu à la Plaine de la Belle Etoile au Bois de Vincennes du 6 au 8 juin a mis les petits plats dans les grands et promet, en plus d’une affiche de qualité, d’intensifier son combat pour l’écologie et de placer la cursus sur la thématique d’un monde nouveau et rêvé. Son offre food végétarienne sera toujours de la partie comme ses nombreuses et fascinantes conférences.  Cette édition est aussi placée on le sait sous le sceau du Brat Summer avec la venue très attendue de Charli XCX pour sa seule date en Europe. Mais elle n’est pas le seul nom qui compose cette jolie affiche et qui fait rêver. Air, Clara Luciani, LCD Soundsystem, SDM,  Tiakola ou encore Beach House seront de la partie. Trois journées qui promettent donc d’être inoubliables !

we love green paris 2025Une brat affiche composée de number one

Côté programmation, le festival mise comme tous les ans sur des choix hyper léchés et qui ont de quoi ravir le plus grand nombre.  Le vendredi, le hip hop dominera.  Le courant qui vit son nouvel âge d’or promet de faire venir ses plus beaux noms : Tiakola, SDM, Vald … L’electro sera aussi très joliment représenté avec Kavinsky et Paul Kalkbrenner et la jolie surprise viendra de la présence d’Yseult et sa voix inimitable.

La journée du samedi elle, n’accueillera que des Number 1 ! Charli XCX ( on vous a dit qu’elle sera là le samedi déjà ?). Le BRAT Summer ne pose pas uniquement ses valises au Coachella cette année mais aussi à We Love Green et nous promet déjà le concert à ne pas manquer cette année. Elle permettra de toucher les étoiles là où Air promettent un passage sur la Lune avec leur culte « Moon Safari ».  Parcels fait également partie des têtes d’affiches. Et parmi les immanquables chouchous de la programmation on retrouve Horsegirl, Magdalena Bay et Ezra Collective.

We Love Green 2023 – Crédit photo : Louis Comar

Un dimanche dans l’herbe

Le dimanche sera donc parfait pour chiller sur les jolies pelouses du festival mais aussi écouter des artistes de qualité ! La  journée dénote tout particulièrement puisqu’elle est celle qui s’offre l’affiche la plus hétéroclite de l’édition. En tête d’affiche on retrouve donc Clara luciani qui viendra nous chanter du bout du cœur sa maternité. LCD Soundsystem seront aussi présents. Après avoir conquis Rock en Seine l’an dernier, les musiciens de génie se font un retour dans un festival parisien. Et on a déjà hâte de chanter « New-York I love you » fort ( et pas faux) avec eux. Voir le nom de Beach House à la programmation est évidemment un plaisir infini. Pas si étonnés de retrouver ce nom extrêmement qualitatif à l’affiche, après tout We love Green nous avait fait vivre le concert de Bon Iver il y a deux ans. Vous connaissez « Once Twice Melody » par cœur ? On va pleurer et chanter ensemble ça va être très beau ! La coqueluche montante du rock et des réseaux, The Dare compte bien aussi déchainer ses guitares solaires et faire bouger nos hanches. Lucky Love, Jim Jules, Polo & Pan, FKA Twigs ou encore Fcukers seront aussi de la partie pour parfaire cette journée d’été.

Attention, annulation : Laylow annule sa venue

C’est avec de grands regrets que Laylow, tête d’affiche du vendredi a annulé sa venu. En cause, le manque de temps dû à la création de son nouvel album, comme le détaille son label Digitalmundo dans son communiqué officiel, dotn voici un extrait :  » ( …) On s’était engagés à vous retrouver cet été sur les scènes des festivals, et on y a cru. Mais au fil des semaines, une évidence s’est imposée : on ne pourra pas mener de front l’album et le concert comme ils le méritent. L’album entre dans sa dernière phase et demande toute notre attention. Dans le même temps, construire un véritable spectacle autour de lui, intense, vivant et fidèle, exige autant d’engagement. On ne pouvait pas tout faire bien. On a donc choisi de reporter la scène pour respecter l’album et ce qu’on vous doit. C’est une décision difficile, mais c’est la plus honnête.
Nous savons ce que cela représente pour vous. Certains avaient déjà leurs billets, organisé leur été, s’apprêtaient à venir, parfois de loin, pour nous voir. On mesure votre confiance, votre attente et maintenant votre déception. Le travail des équipes mobilisées, on le mesure pleinement aussi. Tout cela, on ne le prend pas à la légère.
Cette décision, on l’a prise le cœur serré, guidés par l’envie de rester sincères avec vous, avec l’artiste et avec tout ce qu’on a construit ensemble.(…) »

Cette mauvaise nouvelle en amène néanmoins une bonne puisque Laylow aura non pas un mais deux remplaçants. Vald sera là le vendredi 6 juin. Il commente d’ailleurs : “Okay, j’serai solidaire au We Love Green” . Et on lui dira un grand bonjour ! Sampha quant à lui s’ajoute à la programmation du dimanche 8 juin.

Découvrez l’affiche de We Love Green 2025

We love green affiche 2025Une offre pour les foodie et toujours des engagements écologiques

L’autre star du festival sera son alimentation. We Love Green promet en effet à ses festivaliers un week-end 100% végétarien pour la troisième année consécutive. Pour défendre ses engagements, le festival rappelle que la production de viande est responsable de 15% des gaz à effet de serre. Un dispositif qui souhaite donc mettre en avant ces faits et permettre de renforcer les objectifs de l’évènement. Et en plus, l’offre est toujours délicieuse.

We Love Green 2023 – Crédit photo : Louis Comar

Cette année, le festival se voit comme une planète rêvée et ré-inventée. Comme chaque année, talks, penseurs et penseuses se joindront à cette grande fête pour parler de la planète mais aussi d’empowerement. Le festival s’encre dans les problématiques du quotidien.

La billetterie est ouverte, réservez vite avant que se soit complet !


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