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Julia Escudero

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Ce weekend à Solidays, la fête était folle et a entrainé les festivaliers jusqu’au bout de la nuit. Les concerts ont permis de célébrer ces 25 années dignement. Au gré de déambulations sur l’immense site, retour sur nos coups de coeur du samedi et du dimanche et sur les lives qui resteront gravées dans nos esprits.

solidays 2023
©Maud Ferrari

Zaho de Sagazan

S’il ne fallait retenir qu’une performance de la totalité de l’évènement c’est bien celle de Zaho de Sagazan. L’an dernier, la chanteuse faisait partie de la sélection des Inouïs du Printemps de Bourges. Elle y faisait son entrée dans la cours des grands, retenant l’attention des experts. Aujourd’hui la voilà déjà propulsée à l’Olympia et son nom s’échange comme celui d’un joyaux qu’il faut connaître. C’est plus que mérité quand on voit ses immense qualité de performeuse. Sa progression dans sa gestion d’une scène touche à l’hallucinant. Il faut dire que son immense premier album « La Symphonie des éclairs » donnait le ton. Sobrement vêtue, avec un léger rouge à lèvre rouge, la musicienne mise tout sur ses qualités musicale, sa voix à part, sa simplicité évidente et son naturel. Point de grande mise en scène, elle n’a besoin d’aucuns artifices et compose un live qui va crescendo. Comme une certain Jeanne Added, Zaho construit son set sur une progression puissante, d’un départ doux porté par des balades sombres pour mieux monter dans les tours et offrir une note électro galvanisante en fin de set. De l’électro certes mais au service surtout d’une chanson française à la modernité affirmée. Que se soit dans ses thématiques, son approche féministe de la sexualité mais surtout dans ses sonorités : le mot d’ordre est là : la créativité, la pointe de ce qui se fait. La nouvelle scène française semblait tourner en rond, avoir ses têtes et se la jouer 80’s. Voici enfin venir le temps de son renouveau. Celle qui affirme en live avoir horreur des acclamations « Ca me gêne ! Arrêtez ça ! », mérite des ovations. Enfin un nouveau souffle, enfin une vraie proposition qui sort des cases. Merci à elle. Faites vous du bien, prenez vos places pour ses futurs concerts.

 

Hervé

Dire qu’un show d’Hervé est un plaisir de tout instant sonne comme une vérité absolue. Il suffit d’avoir déjà vu le monsieur sur scène pour savoir à quoi s’attendre. Sa présence sur la scène Dôme confirme son statut de valeur sûre. Hervé c’est un concentré d’énergie absolue porté par une voix de loubard. De la vitamine C injectée directement dans les oreilles. Le voilà qui comme toujours saute partout, virevolte inarrêtable. Hervé balance son électro-pop français et ses titres emblématiques portés par des cassures de rythmes bienvenuse. Son écriture est précise, sa capacité à gérer une scène l’est tout autant. D’ailleurs, malgré la chaleur écrasante, le public s’affaire au plus près de la scène pendant que certain.es profitent des mélodies allongés sur les pelouses. Malgré le nom de son premier single, Hervé ne va jamais piano.

solidays 2023
©Maud Ferrari

Oete

Tout comme Zaho de Sagazan, Oete faisait partie de la sélection des Inouïs tout juste une année plus tôt. Un grand cru quand on y pense. Au court de l’année l’oisillon a largement déployé ses ailes, pailletées les ailes d’ailleurs, puisqu’il sortait son tout premier album « Armes et paillettes ».  Sur scène, le chanteur qui ne cache pas sa joie d’être là ne lésine pas sur sa chanson française pour séduire et remettre au goût du jour ses idole de Daniel Darc à Niagara. « Le prochain morceau vous le connaissez sûrement. Je ne sais pas comment son vos idées mais voici les couleurs des miennes. » annonce-t-il avant d’entamer sa reprise bien sentie d' »Idées Noires » de Bernard Lavilliers et Nicoletta, autre de ses idoles. Une chanson française dense et obscure qui fait mouche avec le répertoire claire-obscure de notre musicien. Ses références, il les assume en chantant « Merci d’avoir vécu », un hommage émouvant qui leur est dédié. Oete a appris a maitrisé sa scène, sortir de sa carapace et se donner pleinement à son public avec aisance. Lorsque son single « La tête pleine » débute, la chose est certaine : le poète a fait son bout de chemin. Nombreux.ses son ceux à le connaître par coeur. Un moment intense, puissant à retrouver cet été sur de nombreux festivals.

 

Le Femme

Habitués des festival, La Femme ne manque jamais de faire mouche. Il faut dire que les génie de composition de ses deux fondateurs y est pour beaucoup. Si le titre « Sur la planche 2013 » est celui auquel le grand public pense à l’évocation de son nom, le groupe a offert un panel de compositions hallucinant, sortant constamment de ses cases pour mieux se redéfinir. Sur scène, le génie excentrique en est. Des costumes tirés aux quatre épingles, des choristes aux chignons aussi hauts que ceux de Marie-Antoinette et un Marlon Magnée surexcité qui s’offre un bain de foule dès le deuxième titre, le spectacle est leur image. On passe en revue le classique « Où va le Monde ? » son efficacité chanson et ses rythmiques dansante pour retrouver l’univers pluriel du chef d’oeuvre de la formation : l’album « Paradigme ». « On a sorti un album en espagnol » lancent ceux qui préparent une série d’albums à travers le Monde, avant de commencer « Sacatela ». L’humour toujours sur les bout des lèvres « On vend nos albums là-bas, dis que tu viens de ma part tu auras une remise. », le groupe mériterait des heures de set, ne serait-ce que pour mieux plonger dans leur capacité à se réinventer, hors sentiers, albums après albums.

solidays 2023
©Maud Ferrari

Angèle

C’était l’un de moments les plus attendus de 2023, le passage de la super star Angèle sur la scène Paris le dimanche soir. Malgré la quantité de concerts que je peux faire, je n’avais pas eu l’occasion de retrouver Angèle depuis son passage aux Nuits Secrètes 2018. A l’époque, la jeune chanteuse se positionnait délicatement derrière son piano, se fondant avec grâce derrière ses musiciens. Evidemment, les choses ont complètement changées. Angèle est devenue une bête de scène, une show girl à part entière. Dans sa robe rouge, elle excelle par sa qualité vocale, la douceur de son timbre est là, c’est ce qui porte une grande partie de ce show millimétré. La chanteuse communique volontiers, danse, ondule avec une aisance digne des pop stars made in USA. Angèle explique chaque titre « Parce que c’était la Pride hier, parce que ce message est toujours essentiel », elle interprète son titre « Ta Reine » en brandissant le drapeau arc-en-ciel . Elle ajoute que ce morceau qui a changé sa vie est « Toujours si important pour moi et pour d’autres. » Les effets de mise en scène sont nombreux comme lorsqu’elle se filme avec son I-phone en diffusant les image à travers un téléphone dessiné sur les écrans géants. Elle sautille, bondit et ponctue ses titres de petits cris. Le public est conquis.  Normal, Angèle sait séduire avec grâce, sensibilité mais surtout professionnalisme. Elle ne manque d’ailleurs pas d’interpréter son large répertoire et passe en revus ses singles phares : « Tout oublier » passe en milieu de set alors que les hits s’enchaînent crescendo en fin de prestation. « Fever » fait danser l’assistance et c’est évidemment « Balance ton quoi » qui conclut la performance pour permettre à Paris « d’emmerder le patriarcat ».  Le tout hippodrome danse volontiers alors que la chanteuse confit qu’elle aurait aimé pour l’audience qu’il fasse un peu moins chaud. Elle fait pourtant grimper le thermomètre à son apogée.


MaMA Festival 2023 annonce

Alors que le mois de juin annonce le début de la saison des festivals et profite d’une offre variée en propositions open air, le plus automnal des évènements parisiens, Le MaMA Music et Convention en profite pour doucement se préparer. Il promet une nouvelle édition placée comme toujours sous le signe de la découverte au gré de déambulations dans le 18ème arrondissement et le quartier de Pigalle. Et comme chaque année le programme fait mouche. Il ne faut pas s’y tromper l’évènement à le nez creux, repère les talents, annonce les carrière et offre toujours de très beaux moments de scènes.

Outre les nombreux concerts, ce festival pour le moins indispensable est l’un des plus beaux rassemblements professionnels de la musique en France. Entre les lives, rencontres, échanges, ateliers et conférences s’adressant à ses participants.

Prenez dès à présent vos agendas et notez les dates du 11 au 13 octobre en rouge, vous ne voudriez pas manquer cette grande fête.
Les premiers grands débats ont été annoncés. Parmi eux, on retrouve : un sujet sur les SMAC: La Fin d’un modèle ? Mais aussi des thématiques actuelles liées aux enjeux numériques : la synchro aujourd’hui: états des lieux et tendances, L’hybridation demain: 3D,virtuel et métavers, Avec l’IA, aujourd’hui est déjà demain IA, futur désirable pour la musique?un Keynote dédié à l’artiste montante Zaho de Sagazan et des réflexions sur les enjeux écologiques : Mobilité des artistes versus sobriété écologique: Faut-il interdire le succès ? enfin Jauges évènementielles: faut-il désindustrialiser le live?

MaMA Music & Convention 2023 : demandez le programme

MaMA-Festival_Astereotypie-Paris_2022
Astéréotypie – MaMA 2022 – Crédit photo : Louis Comar

Côté concerts, la liste fait déjà envie. Se succèderont sur les nombreuses scènes des plus belles salles de la capitale :

ANNIE. /ADAA/ AUNTY RAYZOR /BADA-BADA/ BRIQUE ARGENT/ CLAIR/ CLAUDYM /DAMLIF /DEMAIN RAPIDES /FERNIE / JOAO SELVA / KID BE KID / LA VALENTINA/ LEON PHAL / LISA DUCASSE / LOVERMAN / MADDY STREET /MADEMOISELLE LOU / MALVINA / MARCEL / MICK STRAUSS / MIKI / NATHALIE DUCHENE / PSYCHO WEAZEL / SIERRA / SIMONY / TECHNOBRASS / TH DA FREAK / THE HOLY / THOMAS GUERLET / TOKSA / TRAIN FANTOME / TRAMHAUS / WHIM THERAPY

On vous conseille dores et déjà de vous préparer en écoutabt ADAA, Fernie, Loverman, Maddy Street et TH DA FREAK, nos coups de cœur.


We Love Green 2023 – Crédit photo : Louis Comar

La résilience. N’est-ce pas un concept qui colle bien aux temps actuels ? Nourris aux menaces, aux risques, les générations actuelles vivent dans une peur constante de perdre tous les acquis de leurs aînés voir même la possibilité de vivre sur cette planète. Alors résilience, certes pour lutter contre les angoisses. Et puis et surtout face aux immenses enjeux qui se jouent actuellement, il faut se battre. Dans ce cadre la culture et en particulier la musique sont autant d’armes à utiliser pour porter les débats et les voix. Le festival en lui-même devient d’ailleurs un étendard puissant pour canaliser les consciences, dialoguer et pousser à l’engagement.

Dans ce cadre, le très engagé We Love Green, aux portes de Paris s’est donné pour mission de faire cohabiter têtes d’affiches et écologie et de prouver que si la musique est elle aussi polluante, elle peut être déterminante dans la lutte pour une action groupée pour – comme le diraient les films Marvel- tout simplement sauver la planète.

We Love Green 2023 – Crédit photo : Louis Comar

En ce dimanche 3 juin, la planète bois de Vincennes, elle, est éclairé d’un soleil qui tape fort. Le festival qui trainait la réputation d’une certaine malédiction, l’édition précédente avait dû être écourtée en raison d’intempéries violentes, peut enfin profiter d’une année sans accroc pour faire valoir ses revendications et présenter sa très éclectique programmation.  D’entrée le festival promet d’être le plus green possible : une tente baptisée Think Tank offre son lot de conférences et débats, le tri sélectif est fait, les toilettes sèches et urinoirs féminins sont utilisés, les éco cups n’ont pas été logotées pour forcer à les rendre et donc à les recycler, toute l’offre food est estampillée végétarienne et surtout chaque concert est précédé de spots diffusés sur les écrans qui bordent les scènes visant à sensibiliser à des points précis concernant l’écologie. Quelques animations s’ajoutent à la fête. Certaines sponsorisées ( Maison du Monde propose de réaliser des couronnes de fleurs, Deezer de gagner son festival …), d’autres sont prévues par le festival : des skaters professionnels font des rides, des sauts et donnent des cours aux néophytes. Sous le cagnard donc. Si tout ne peut être parfaitement green, l’affaire est complexe et y répondre prendra, on le sait ,des années de réflexion, la proposition se tient. L’autre atout du festival tient en sa décoration et le soin tout particulier porté à son ambiance : une tente emplie de plantations de chanvre, des drapeaux de toutes les couleurs l’emplissent.

We Love Green 2023 – Crédit photo : Louis Comar

We Love la Grille de programmation

Au milieu de ces actions, place tout simplement à la musique. En début d’après-midi, we love griller sur les pelouse en écoutant Moodoid. La formation distille une chanson française version nouvelle vague avec une touche d’électo qui colle aux festivités estivales. Elle s’offre un petit verre de champagne en fin de set et trinque sur scène. Les bulles sont le reflet d’une effervescence musicale légère, la journée est lancée.

Moodoid – We Love Green 2023 – Crédit photo : Louis Comar

Comme il est de coutume à chaque festival en ce moment et dans l’optique de satisfaire une certaine jeunesse qui en est fervente, le Hip Hop est de la partie. J9UEVE se présente sur scène, avec la chance de jouer sous le chapiteau donc à l’ombre, avec un peu de retard. Si l’urbain a d’excellente propositions et sait créer du haut de gamme musicale, c’est loin d’être le cas de notre homme. La foule répond volontiers à ses propositions pleines d’auto-tune et de morceaux déjà entendus partout. Les clichés s’y enchaînent portés par des beats qui invitent à se déhancher avec trop de facilité. Difficile de comprendre ce qui peut bien motiver à adhérer à ces phénomènes de mode. Autant donc, changer de scène.

Heureusement, la programmation est variée et a de quoi satisfaire un large public. Vient alors à prendre possession de la grande scène, une proposition à l’élégance indéniable : Gabriels. Avec une soul digne des plus beaux lounges de Brooklyn, le groupe transporte dans un New-York old school et idéalisé. Le chanteur, malgré les fortes températures, en impose avec son smoking et une cape multicolore. Ses choristes, sublimes, ondulent en robes noires serties de gants roses. Mais tout ça n’est rien face à la puissance vocale et au groove déployé.  Les instruments se répondent à la perfection, convoquent l’ancien pour lui apporter une dose de modernité. On y trouve l’étoffe de l’immense Barry White dans les prouesses technique comme dans l’évidence mélodique. Le set se finit par un bain de foule pour le maître de cérémonie qui prêche et convainc.

Autre salle, autre ambiance, c’est au tour de Pomme de pousser la chanson sous le chapiteau. Son interview réalisée par Konbini donne le ton avant que la douce chanteuse n’arrive sur scène. Elle est accompagné de sa troupe de musiciens déguisés en champignons. Fort à propos pour un festival qui met en avant la nature. Pomme allie toujours lors de ses concerts douceur, humour et bienveillance. Sa voix juste et son timbre fluet attirent les festivaliers en masse, à tel point qu’il est difficile de se trouver une place  :  » On a la meilleure scène, déclare la chanteuse, elle nous permet d’être à l’ombre. » A l’ombre donc, la voilà qui nous entraine dans son Monde magique où les émotions à fleur de peau répondent aux notes et où les contes et blessures se déploient sur la pointe des pieds.

Pomme – We Love Green 2023 – Crédit photo : Louis Comar

« Bon » soirée, qui va (de)crescendo

Bon Iver qui se lit comme un bon hiver donc, porte aujourd’hui bien mal son nom. A moins que sa folk apaisante ne soit promesse de rafraichissement. Le soleil se couche sur le bois de Vincennes, les couleurs deviennent ocres. Là, comme dans un songe, une voix claire s’élève. Les guitares suivent et viennent à masser les esprits. Elles enveloppent les pensées comme les températures enveloppent les corps. Peu de temps de paroles pour la formation qui préfère enchaîner ses morceaux et prendre par la main ses convives. La promenade est intense : des hauteurs aïgues des voix, voilà qu’on croise des vallées faites d’effets et de vocaliseurs, des rochers à gravir donnant au set un ton plus rock et un timbre plus rauque s’alternent. Les visages de Bon Iver sont pluriels et s’explorent laissant parfois une boule au ventre. Celle-là même qui rend immédiatement nostalgiques d’un bon concert. Il faudra se passer du magnifique titre « Flume » mais pas intégralement du massif album qu’est « For Emma, Forever Ago ». « Lump Sum » et le Pic « Skinny Love » à l’acoustique  le représentent dignement. Le souvenir de cette instant de communion restera gravé lui aussi pour toujours.

Bon Iver – We Love Green 2023 – Crédit photo : Louis Comar

Aimé Simone a toutes les cartes en main. Seul sur scène, le chanteur distille un son entre rock et rap et s’approprie l’intégralité de l’espace scénique.  Il invite une petite fille à le rejoindre sur scène pour chanter. Timide, elle peine à pousser la chanson. Ce n’est pas le cas du public qui lui, suit l’instant et répond volontiers aux interpellations qui lui sont faites. En plus de son répertoire, le musicien propose sa version personnelle et rythmée d’ « As it was » d’Harry Styles justement de passage dans la capitale quelques jours plus tôt. L’excitation est à son apogée, la clôture se prépare.

Aime Simone- We Love Green 2023 – Crédit photo : Louis Comar

L’entièreté du festival afflue dans la même direction dans le bon ordre, pour venir applaudir Lomepal. Si le musicien est souvent associé au mouvement urbain, il a surtout l’étoffe de la grande chanson française et l’aura sertie d’adulation des icône internationales du rock. Lomepal est adoré par son public et chacun de ses titres fait indéniablement mouche. Chaque mot, chaque silence est repris en choeur par l’assistance toute entière du premier au dernier titre. L’homme a, il faut l’admettre, une prestance incroyable. Et surtout une capacité à conjuguer instantané et intemporel. Le premier parce que il suffit d’une écoute pour que ses mélodies entrent en tête avec une évidence de classiques, le second parce qu’il y a à parier qu’ils entreront dans la postérité. Une mélancolie certaine s’ajoute à une euphorie galvanisée et une scénographie aussi simple qu’élégante. Les singles s’enchainent alors que l’homme arpente la scène et son avancée. « Decrescendo »,  « A peu près », « Mauvais ordre » et le puissant « Trop beau » défilent. Le maître de cérémonie peut régulièrement lâcher le micro et laisser la foule prendre les rennes de l’instant. Pour autant, aucune fausse note ne vient faire souffrir le set lorsqu’il reprend la parole. Il en profite pour annoncer deux nouvelles dates à l’Accor Arena à l’hiver avant de poursuivre de plus belle, le plume aussi affutée que son flot. La cohésion qu’il inspire lui permet de signer des concerts magistraux. Ses vers, « Beau à la folie » donnent « Evidemment »  bien plus d’armes et font couler « Plus de larmes » en faveur de la protection de la planète. Un dernier titre, côté public « Les yeux disent » au revoir et à l’an prochain.


riverdale saison 6
Ces gens là vont vivre des aventure qui n’ont aucun sens.

A chaque série Netflix annulée, c’est toujours la même rengaine : pourquoi annuler tel chef d’œuvre alors que Riverdale continue ? Si la série est juste achetée par la célèbre plateforme et non produite et donc ne détruit pas ses finances, les incohérences qui la caractérisent finissent largement par faire se demander à quoi bon continuer ? Et ce pour beaucoup depuis la saison 2. Et pourtant, voilà que le show vient d’entamer sa septième et dernière saison. Avec un peu de retard légitime, personne n’a tellement envie de s’infliger ce visionnage, j’ai enfin fini la saison 6
Eh bien mes amis, ce que je peux vous dire, c’est qu’elle touche le ciel.Essoufflée a force d’avoir beaucoup trop soufflé devant, les yeux qui brûlent après les avoir fait rouler toutes les deux minutes, le cœur qui palpite fort de surprises et de désarroi, les jambes qui tremblent d’effroi,  j’ai l’air d’un marathonien qui vient de finir une course dont le douloureux entrainement avait pris 5 saisons. Parlons un peu de cet exploit. Avec spoilers, hein, puisque qui ça intéresse de ne pas se faire divulgacher une série qui de toute façon n’a plus aucun sens ?

Milshake sous acide

Résumé de la situation. Riverdale dans cette saison c’est un peu ton bon pote un peu lourd, bourré au quatrième Ricard de la soirée et qui te fait une bonne blague des familles. Tu rigoles gêné.e en disant « Ha t’es con Gégé ». Le « Ah c’est complètement con! » en rigolant à gorge déployée je me suis surprise à le crier à haute voix un paquet de fois devant mon écran. Mais comme avec Gégé la fascination étrange qui pousse à le suivre des soirées entières en sachant bien pourtant que tu ne vas pas passer un bon moment te fait continuer.
Il faut quand même rappeler que tout ça avait bien mal commencé. Dans le joyeux esprit wtf qui les caractérisent, les scénaristes avaient décidés de nous narrer la trame de Rivervale d’entrée à froid sans préliminaires, c’était pas rien. J’attire votre attention sur le « v »  qui  change tout. Et à Rivervale donc, bon les choses sont pareilles mais différentes parce que tout le monde a des pouvoirs, est sorcier et les habitants sont les dignes voisins de « Sabrina l’apprentie sorcière » qui rappelons-le fait partie de l’écurie Archie comics. Passons sur ce moment complètement dingue et hors sujet dans la série pour mieux se concentrer sur sa longue et délirante suite : le retour à Riverdale. On nous place un décors, quelques intrigues, du type un mec prend des photos des habitants de la ville et les glisse sous leurs portes. Mais bon, ça a pas intéressé les scénaristes. Du coup ils ont zappé. Une explosion survient dans la chambre d’Archie. Et voilà que les personnages principaux ont des supers pouvoirs. Pour que ça colle les scénaristes se sont tout de même demandé, c’est quoi finalement l’âme de la série ? Les milshakes avec une cerises dessus. T’es sûr ? Pas les personnages sinon ou la trame de … ?  Ta gueule tu colles un milshake, les acteurs et un burger et on est bons. Voilà. Sauf que la suite de la saison va sans habilité aucune mixer/ pomper du Stephen King à base de Bazaar, Charlie, la Tempête du Siècle, Dôme (???!!!!!!!)  mais aussi Le Silence des agneaux, American Psycho, Sabrina, Superman... c’est plus indigeste que la saison 2 d‘American Horror Story.  On balance ça au blender. Oublie pas de mettre de la chantilly dessus. Et si vous vous demandez, dans le genre nul à chier, le résultat est grandiose.

pop's riverdale
Une bouche de l’enfer qui met l’eau à la bouche

Riverdale s’écrit comme un cadavre exquis. Les littéraires parmi vous auront joué à ce petit jeu : t’écris une phrase, tu plies le papier pour que ce ne soit pas lisible par le suivant qui lui même écrit sa phrase et fait tourner au camarade et ainsi de suite jusqu’à lire l’histoire complète qui trouve un drôle de sens. Les scénaristes doivent faire exactement ça, ne jamais se relire, ne pas savoir ce qui s’est passé dans l’épisode précédent ou juste s’en taper complètement tant les choses sont parties loin. Ou alors ils se réunissent et se disent « t’aimerais voir quoi débarquer là ? «  »Je sais pas il s’est passé quoi au dernier épisode ? » » On s’en fout donne une idée. » » Un ange gardien ? «  »Allez ! » ». Il y a vraiment des anges gardiens dans cette saison, au secours, pitié, pourquoi je m’inflige ça moi ? Parlons-en.

Pop’s Menu Best off des moments les plus dingues de cette saison hallucinante

Si vous avez du mal à comprendre les éléments donnés par la suite, c’est pas forcément parce que je raconte mal. Déjà les pouvoirs des personnages principaux. A priori ça ne surprend absolument personne. Enfin, côté Riverdale. De l’autre côté de l’écran on est d’abord désarçonné, mal à l’aise et puis on s’y fait. Difficile de bien déterminer la pire idée mais Archie, super fort pour encore plus se mettre torse-nu que dans la pub Lacoste où son interprète K.J Apa court après un chien, ça en tient une couche. Mention spéciale quand torse nu- encore et toujours- en figure christique,  il porte sa croix. Big up pour le fait qu’un métal annule ses pouvoir quand il est en contact avec lui. Rien à voir avec la kryptonite, c’est une idée originale.

Mais ces pouvoirs ils sont liés à l’arrivé d’un grand méchant dans la ville : Percival Pickens qui va ouvrir un bazar (comme dans le livre de Stephen King), et tenter de prendre le contrôle de la ville. Quand ça intéresse les protagonistes, ils se demandent, « mais quel est donc son plan michtérieux, si seulement on savait ». « Je veux détruire Riverdale en gros » n’arrête pas de prévenir le boug mais comme d’habitude personne n’écoute vraiment.

Il faut dire qu’ils ont tous leurs soucis. Betty, qui a on le rappelle le gène des serial killers (haha, haha j’en peux plus) est poursuivi par un tueur en série qui voit en elle sa Clarice Starling ( Le Silence des Agneaux donc) et son égale. Il est bien prénommé le Tueur aux sacs poubelles, parce que, je vous le donne en mille, il porte un sac poubelle sur la tête. Doit-on commenter ça ? TBK (Trash Bag Killer,  haha c’est trop) donc en anglais en hommage au vrai tueur BTK. Ils finissent donc par organiser un comicon du tueur en série au casino de Veronica qui oui, a un casino maintenant, pour le piéger. Tout ça donne aussi naissance à une conversation priceless entre V et B sur le fait que Veronica a tué plus de gens que Betty, donc ça va hein, le gène du tueur en série c’est rien. Elle a d’ailleurs fait abattre Hiram, son père. Jusqu’ici antagoniste central. Heureusement sa mère, qui fait partie d’une télé réalité vient y consacrer un épisode caméra à la main. Nickel,  jusqu’ici tout va bien.

De son côté Kevin se bat pour la garde Baby Antony. Ça dit tellement Baby avant de dire Antony qu’on se dit que c’est un prénom composé genre Marie-Jeanne, comme ce sous quoi a été écrite la saison. Baby Antony est aussi le fils de Fang (l’ex de Kevin) et Antoinette Topaz (l’ex de Cheryl) qui maintenant sont ensemble par paresse intellectuelle, j’ai pas d’autre explication rationnelle. Kevin se sert de l’idée étrange qu’élever un enfant dans un gang se serait bof alors que c’est un gang de gentils pourtant… Lui il finit toujours pas suivre le grand méchant, saison après saison mais ça va il est sympa quand même. Donc on lui pardonne sa naïveté.

Mais au milieu de ça et de dramas amoureux, Percival cherche donc à détruire la ville. Pour le contrer, Tabitha Tate, met tout en œuvre et découvre qu’elle peut faire des sauts dans le temps parce qu’en fait, mais on le saura après, c’est l’ange gardien de la ville. Qui ressent ce qui arrive à la ville « c’est logique » sort-elle même. Ah bon ? Et puis elle même a un ange gardien qui l’aide dans ses voyages dans le temps. D’ailleurs Pop’s, son diner emblème de la série, est une sorte d’église bâtie sur la bouche de l’enfer comme dans Buffy. Besoin d’une pause milshake avant la suite ?

Et ça continue encore et encore …

cheryl riverdale
Cheryl Blossom, interloquée comme nous tous

Jughead, sourd, entend les pensées des gens et s’en sert pour faire un numéro de prestidigitateur. Heureusement, son décès et son retour à la vie grâce à l’apparition en guest star de Sabrina Spellman lui permettront d’entendre à nouveau. Et ça c’est avant tout grâce à Cheryl…

Justement parlons-en de Cheryl. D’abord déjà, elle se fait posséder par l’âme de son ancêtre. N’admettons pas mais passons. Elle retrouve une ancienne amie Heather qui devient un love interest mais surtout l’aide à développer ses pouvoir de sorcière dont et surtout la pyrokinésie. Je vous demande le pardon ? Comme dans Charlie de Stephen King, elle peut allumer des feux à distance. Mais en plus, elle a le… c’est gênant à écrire … pouvoir du phœnix qui lui permet, bon, disons le, de faire revenir les morts à la vie si les corps sont entiers. Un don bien pratique pour ressusciter nos héros après qu’ils aient été victimes de… ça vaut un passage à la ligne.

Les plaies d’Égypte. Que Percival fait s’abattre sur la ville. Je sais pas pourquoi ils nous font ça. Et donc en découle aussi la mort des premiers nés. Vont-ils revenir à la vie ? Oui ou oui rapidement ? Le suspens est inexistant.

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Percival, le méchant pas content de Bazaar euh Riverdale

Nés certes mais nez creux aussi puisque Veronica, a le pouvoir d’empoisonner et retirer le poison. Donc elle y voit une belle occasion comme une autre de se faire du fric et se lance avec un agent du FBI (j’invente pas) dans la création d’absinthe mais pas toxique, elle suce le poison des bouteilles je vous ai dit. Et voilà que ça trinque aux shots verts en continue. J’en prendrai bien un petit verre aussi maintenant.

Mais Riverdale ça a aussi un message social comme la lutte pro syndicats. Alors que toute l’équipe d’ouvriers du bâtiment d’Archie se font laver le cerveau / exploités par Percival, une idée vient aux héros : chanter une chanson pour casser l’emprise psychologique subie. Et ça fonctionne, tout le monde chante. Comme c’est beau la lutte en musique.

Tout ça finit par l’arrivée d’une comète et une rencontre avec le Diable. On ne s’en lasse pas. Et c’est en toute logique que pour son ultime saison, la série fait un saut dans le temps, dans les années 50 exactement, pour que tous les personnages, en bons trentenaires  qui font semblant d’avoir 15 ans comme dans Dawson, retournent au lycée. Tout ça pour éviter que Riverdale ne soit intégralement détruite. Ça promet du lourd et d’être lourd tout court. Je m’y mets dès que j’aurai trouver la force nécessaire. Si vous y êtes, courage, vous n’êtes pas seuls. On sait que tout ça nous manquera une fois le mot fin définitivement écrit.