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juillet 2019

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Le Printemps de Bourges bat son plein et c’est dans une salle calme d’interview que Dorothée Hannequin nous offre quelques instants pour parler de son dernier album, Thérianthropie Paradis sorti en septembre 2018. Nous en avons profité pour questionner la musicienne sur les raisons du changement de registre de ce nouvel album et pour percer à jour ce qu’il se cache dans cet imaginaire fantastique.

Alors déjà, pourquoi avoir écrit cet album en français ? 

DH: J’avais déjà expérimenté le français sur les deux autres EP, j’avais fait un titre qui s’appelle Le Fantôme de tes pas et un autre titre qui s’appelle La Note. Et pour ce troisième album j’avais envie de prendre un virage, ce qui veut pas dure que je reviendrai pas à l’anglais. Mais le français c’était un peu un nouveau challenge pour moi de me demander si je m’en sentais capable. Je savais pas au début si j’allais fair de l’anglais et du français et au final, c’était un peu une révélation. C’était aussi par rapport à des artistes récents qui m’ont démontré que ca fonctionnait bien de faire de la pop anglais mais en français. 

Est-ce que ca n’a pas été compliqué de confronter ton public international à des textes en français, puisque tu as l’habitude de faire des tournées à l’étranger ? 

DH: Finalement non, j’ai l’impression que j’ai encore plus de date à l’ étranger qu’avant. Peut-être que c’est dû au fait que le français s’exporte bien et que les étrangers ont de l’attrait pour la pop francophone. Là je reviens du Brésil, puis je vais en Angleterre, en Allemagne et en Italie en décembre donc même si les gens ne comprennent pas toujours, la musique et la pop surtout c’est quelque chose d’universel. Même en ne comprenant pas, on peut quand même être pris par la chanson. 

Est-ce que c’était pour être plus universelle que tu as abandonné ton coté un peu folk des précédents albums ? 

DH: Oui, c’est pour plusieurs raisons, c’est parce que je suis plus accompagnée qu’avant sur scène, un peu moins nue. J’ai été très longtemps seule à la guitare et j’ai eu envie de partager la scène et d’avoir d’autres sonorités. Et aussi parce que je me suis mise au piano il y à environ quatre ans et la plupart des titres de cet album ont été faits au piano donc il fallait qu’un clavier m’accompagne sur ce disque. 

Avant de te mettre au piano, tu travaillais tes textes à la guitare ? 

DH: Oui, je composais tout à la guitare et cet album je l’ai composé à 75% au piano. Donc travailler au piano ça m’a ouvert un nouveau champ des possibles. J’avais pas envie d’être derrière un clavier sur scène et j’imaginais un piano très arrangée et j’avais pas le niveau donc j’ai un super pianiste qui m’accompagne sur scène. 

Pourquoi avoir choisi d’apprendre le piano ? 

DH: j’ai commencé la guitare à 15 ans et j’ai eu un piano très récemment chez moi, c’est pour cette raison que j’ai commencé le piano.
L’instrument sur lequel j’ai commencé ma musique c’était la basse. Sinon j’aime bien la batterie mais je me vois pas composer tout un album à la batterie (rire). 

Dans cet album tu travailles dans une langue que tu maitrises et ca se ressent puisque l’album est très littéraire, est-ce que tu peux nous en dire plus sur le choix des champs lexicaux, des phrases… 

DH: tout part sur la sonorité des mots, j’aime bien jouer avec les mots sans que les rimes soient systématiques, ce qui se fait beaucoup en chanson française et qui me dérange un peu : les champs lexicaux sur l’amour, la tristesse… Donc j’avais envie d’aller un petit peu ailleurs. Ca peut partir d’un mot qui est le début de la chanson, comme sur Candélabre qui est un mot peu utilisé et je voulais simplement une sonorité qui commence par « can » parce qu’au deuxième couplet je commence par « quand ». C’est parti de ce mot et j’ai imaginé l’histoire là-dessus. Après c’est aussi pour éviter les « rimes faciles » ou que ca soit trop métaphorique. Et en même temps ca créé un mystère. 

C’est interessant que tu évoques le mystère parce que quand on écoute ton album on à beaucoup d’images fantastiques qui viennent ne tête, on s’imagine être dans La Belle et La Bête. Est-ce que tu as aussi eu ces images fantastiques en tête quand tu as composé ? 

DH: complètement, plus que fantastique je dirai même fantasmagorique mais en effet, La Belle et la Bête, Peau d’Âne… Le premier titre est inspiré du film Grave (de Julia Ducourneau, ndlr) que j’ai beaucoup aimé sur une histoire de cannibalisme. La pochette du film est inspirée du film Les Lèvres Rouges avec Delphine Seyrig donc le cinéma c’est ma deuxième passion et c’est omniprésent. J’aime ces univers oniriques ou on ne sait plus ce qui est vrai ou ce qui est faux. 

Comment cela s’est passé de composer autour du film Grave ? Comment tu t’en es inspirée ? 

DH: il y à un deuxième film conducteur sur l’album, quelque chose de sensuel qui est l’idée de « dévorer l’autre », la vie, les choses, pas forcement un amoureux mais c’est s’inspirer de plein de choses. Grave c’est un film de niche qui bouscule. C’est bizarre parce que c’est en même temps gore et il y à ce désir de quelque chose qui est plus fort que soi. C’est un sentiment que j’aime bien parce que c’est comme faire de la musique. C’est quelque chose qui m’habite, j’ai tout arrêté pour ne faire que de la musique et je ne sais pas si je pourrais faire autre chose parce que j’adore ca.
Pour en revenir à Grave, j’ai gardé des images en tête et je me suis inventé une scène à partir de bribes. Ca donne une cène sur la plage dans laquelle on dévore l’autre sous la lumière d’un phare. C’est pas quelque chose d’horrible mais c’est l’abandon de soi, c’est l’adoration et ca me parle. 

Ton album s’appelle Thérianthropie Paradis, la thérianthropie c’est le fait de se transformer en animal qui reprend les thèmes de ces films que tu cites, c’est des thèmes qui sont aussi très repris par les Disney, on sait que Disney refait toutes ses franchises, est-ce qu’il y à une BO que tu aurais aimé reprendre ? 

DH: En fait j’adore les musiques de dessins animés et je trouve qu’à l’époque on faisait des musiques assez dingue et pas que du Disney d’ailleurs. Je pense même à des films d’animation japonaises comme Princesse Sara qui sont des tubes. Fantasia c’est génial aussi mais c’est moins chantant. 

Tu nous parlais du cinéma comme d’une de tes passions, est-ce que tu t’impliques dans le travail autour de l’image des clips, des pochettes ? 

DH: Oui complètement, que ca soit sur les pochettes ou sur les photos j’aime bien avoir un regard et sur les clips j’ai toujours une petite idée en tête, je fais des mood boards chez moi avec des références de films, d’expo ou d’images trouvées sur internet mais ca reste un dialogue avec un réalisateur ou un photographe parce que pour moi c’est une histoire de rencontre avec des gens. Je fais toujours attention à l’image, aux couleurs, aux vêtements… C’est quelque chose que j’aime beaucoup. 

Tu as besoin que ca colle aux idées que tu avais pendant la composition des chansons, que les images soient celles que tu imaginais ? 

DH: oui, c’est une histoire de collaboration et souvent c’est des gens dont j’aime le travail mais surtout dont je suis un peu proche, qui me connaissent et qui connaissent le projet. J’aime bien que les univers se rencontrent et se rapprochent. On passe du temps ensemble donc il faut que ça se passe bien. 

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Cette année c’est le phénomène que l’on a pu remarquer lors des Déferlantes, c’est le maquillage paillette. Beaucoup de filles (et quelques garçons) brillaient sous les soleil et les spots du festival.

Nous ne pouvions pas laisser dans l’ombre celles et ceux qui ont illuminés nos journées !

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La chaleur est toujours de la partie en ce samedi 6 juillet 2019 sur le domaine de Valmy. Après les concerts de La Piétà et de Zaz, c’est au tours de Patrick Bruel d’investir la scène Mer des Déferlantes. Et c’est bien le géant de la chanson française que l’écrasante majorité des festivaliers est venu saluer. le spectacle sera-t-il à la hauteur des espérances? Réponse dans 4, 3, 2, 1 comme dit la chanson…

A peine entré en scène, et le public se lève déjà en masse abandonnant leurs pique-niques et serviettes pour faire des collines du domaine une immense marée humaine habitée de sourires. 

Il salut la foule d’un sympathique « Salut ça va? c’est à Argelès que ça se passe ! » tout en mélodie.  L’idole prend lors de cette entrée en matière un ton plus rock qu’à l’accoutumée, un brun moins chanson.

Un titre plus tard et voilà que «Alors Regarde» met déjà d’accord toute l’assemblée qui chante en chœur. Et c’est bien ce qu’elle fera une heure trente durant, se laissant aller sur les classiques qui les ont, il n’y a nul doute, accompagné leurs vies durant. Elles sont aujourd’hui tant entrées dans le répertoire commun qu’elles en deviennent les témoins des grands et mauvais moments de chacun, ayant accompagné les mariages, et les mauvaises nouvelles ayant été murmurées aux enfants de celles et ceux qui dansaient dessus voilà des années. C’est bien la force d’artistes comme ça, qui laissent une trace indélébile dans le paysage musical d’un pays. Et c’est en ça que de le passage d’un artiste comme Patrick Bruel en festival est un véritable cadeau fait à la foule. 

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DR Déferlantes, Boris Allin

Le chanteur est généreux, accessible, et communique franchement avec son audience. Du coup, les festivaliers l’interpellent en masse « On a néanmoins un temps limité » s’amuse t-il  avant de poursuivre « Et même s’il y a encore du soleil ce serait bien que ce soit vous qui fassiez cette chanson et que vous allumiez vos briquets.»  La foule s’exécute et voilà qu’il lance « Qui a le droit de faire ça a un enfant » face à un parterre de fans toujours aussi réactif. 

Patrick  Bruel pourrait lâcher le micro, les sacro saintes paroles sont reprises par tous, criées comme un hymne. Un fait qui se vérifie très tôt sur « La Place des Grands hommes » sur lequel le parc entier chante. 

13 novembre, Harcèlement scolaire : on parle des sujets sensibles

Le festival prend ensuite un accent de bal musette sur « Les amants de saint-Jean ».  Plus sérieux, le musicien vêtu de noir s’ose à différents sujets, laissant aller ses pensées. Il aborde notamment le thème du harcèlement des plus jeunes, le harcèlement scolaire, mais aussi celui sur Internet, le jeu du foulard, le Momo,  tant de choses qu’on peine à comprendre et qui « Nous vole nos enfants et les pousse au suicide, elle s’appelait Louise, elle avait 15 ans… »  lâche-t-il ému avant de reprendre son morceau.

Toujours grave le voilà qui reprend  plus tard « On à tous notre histoire du 13 novembre comme du 11 septembre. On sait tous où on était.  J’avais mes enfants au Stade de France. » puis de reprendre: « Alors qu’aujourd’hui toutes les différences sont stigmatisées,  j’ai envie de dire ouvrez les terrasses des cafés, les salles de concert. Sortez, riez, soyez tolérants, ne faites d’amalgames » et face à un public ému il lance le titre « Ce soir on sort».  Le temps d’un tour « Au café des délices » et même les bénévoles entrent dans la danse. Voilà qu’ils tapent fort sur leurs comptoirs en metal face à la scène. Les visages pailletés défilent et se réjouissent, les plus vieux chantent, nostalgiques, conquis, de l’amour dans chaque mot. Les jeunes ne sont pas en reste, bercés par ces titres sans doute chantés par leur mères avant eux. 

Les au revoirs arrivent et là où parfois le temps s’étire en concert, il passe ici en une poignée de secondes. Pourtant loin d’être aphone il conclut sur « Casser la voix ». Et inclut dans ses paroles un « Merci pour ça ». On se dit à bientôt? On se donne rendez-vous dans dix ans? Non point encore promet la foule. Face à la clameur et malgré les strictes consignes du festival, Bruel accepte de continuer « Si le festival est d’accord, on m’a dit une heure et demie mais je vis un si beau moment. Si on arrête de brancher les guitares sur la scène d’à côté alors j’en joue une dernière. »  La chose est validée et voilà que les briquets se lèvent à la demande du maître de cérémonie le temps d’un hommage à Johnny Hallyday. « J’ai oublié de vivre » résonne alors dans le parc de Valmy. Un sentiment peu partagé par les festivaliers qui eux, ont vécu ce moment pleinement.

Texte : Maud Ferrari

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