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mai 2019

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Tyler, The Creator

IGOR : Intelligent, Généreux, Original et Rythmé. Voilà de quelle manière nous pouvons résumer le nouveau projet de Tyler Okonma, plus connu sous le nom de Tyler, The Creator. Deux ans après le percutant Flower Boy, le jeune rappeur américain revient avec un nouvel album des plus aboutis, s’éloignant fortement du rap, mais restant tout de même fidèle à la patte créatrice à laquelle il nous a habitués depuis quelques années.

Clair et rapide, le teasing d’IGOR s’est fait de manière efficace. A base de tweets et de courts extraits postés sur Youtube, l’artiste a fait patienter ses fans seulement deux petites semaines, et non plusieurs mois comme beaucoup ont l’habitude de le faire (aucun genre musical n’est visé particulièrement), dévoilant parfois près d’un tiers d’un projet à venir, ce qui, ne nous le cachons pas, est bien trop lorsque nous sommes attachés à la découverte d’un album dans sa globalité. Mais chacun à sa manière de faire, et vous aurez raison de dire que personne ne nous oblige à écouter les singles avant la sortie de l’album. Cependant, vous nous permettrez de répondre que la tentation est parfois trop forte pour ne pas se laisser tenter, surtout quand les réseaux ne cessent de vous pousser à écouter ce dit single. Bref, Tyler a préféré misé sur le mystère, et nous l’en félicitons pour ça.

IGOR n’avait donc presque rien dévoilé de lui avant sa sortie, et la première écoute, sans être forcément déconcertante (quoiqu’un peu tout de même), eut quelque chose de magique. Ce fut clair dès le début, Igor n’allait pas ressembler aux précédents projets de l’artiste, ouvrant dès les premières minutes une porte vers quelque chose de nouveau. « Ce n’est pas un album de rap. Ce n’est pas Goblin. Ce n’est pas Wolf. Ce n’est pas Cherry Bomb. Ce n’est pas Flower Boy. C’est IGOR » a écrit l’artiste lui-même dans un tweet posté une heure avant la sortie de l’album. Les consignes étaient données : ne vous attendez à rien, mais préparez-vous à tout. Et nous avons eu beau nous préparer, cette première écoute eut l’effet d’un coup de poing. Nous retrouvions bel et bien Tyler, ses sonorités, son ton, son atmosphère musicale, mais nous avions affaire en même temps à un autre personnage.
Tout d’abord, nous l’entendons assez peu, lui, Tyler. Sa voix unique, omniprésente sur ses anciens projets, nous échappe d’une certaine manière ici. Elle se dissimule plusieurs fois sous des effets, sans que nous arrivions à nous en emparer. Elle semble jouer avec nous, nous prendre par surprise, pour notamment laisser place à d’autres timbres, tout aussi pertinents vis à vis du projet global. Tyler est donc moins présent qu’avant, et la voix à laquelle il nous as habitués n’hésite pas à s’adoucir ou parfois même se retirer. Le nombre d’invités est d’ailleurs impressionnant (Kanye West, ASAP Rocky, Charlie Winston, King Krule, Pharrell Williams…), et participe à la création d’une certaine pluralité sonore et musicale, où aucun des morceaux ne se laisse directement apprivoiser. Chacun nécessite un temps, pour en comprendre l’impact. L’enchainement est d’ailleurs judicieux, mettant en avant les morceaux les plus accessibles (mais non moins géniaux, comme « Earfquake » et « I Think ») pour ensuite s’enfoncer à travers des constructions plus expérimentales (« What’s Good » par exemple), et moins faciles à la première écoute.
Nous comprenons alors que le musicien essaye de construire quelque chose à travers cet enchaînement non fortuit. Peut-être une histoire ? Il semblerait que ce soit en effet le cas ! Tyler raconte son rapport au sentiment amoureux dans cet album. Pas très original, vous me direz. Il est vrai.

Mais le résultat donne IGOR, donc autant dire que ça ne nous dérange pas.

Et le thème de l’amour reste celui le plus courant dans l’art, pourquoi donc s’en priver si chacun trouve y trouve son compte ? Ses difficultés, sa complexité, sa haine mais également ses espérances vis-à-vis de ce sentiment indescriptible, voilà ce dont il est question dans ce nouvel album.
Tyler s’est ici concentré sur les sonorités, certaines nous rappelant d’ailleurs ses projets précédents, à base de synthés saturés et de constructions mélodiques dont il a lui seul le pouvoir, mais les amenant ici vers un nouveau terrain de jeu. Le créateur avait envie de changement. Il n’a attendu personne pour le faire.

Tyler, The Creator

L’ensemble d’IGOR est relativement doux et léger, avec certaines touches davantage agressives et tout aussi bien menées (« New Magic Wand » par exemple). Il se laisse écouter sans interruptions. La part de mystère, notamment dû à l’annonce tardive du projet et à la non-mention des artistes invités sur celui-ci (du moins sur les plateformes de streaming), participe à créer un engouement autour d’une œuvre que nous avons encore du mal à cerner. « Igor’s Theme », la première chanson, met d’ailleurs bien en relief cette sensation de mystère : une note de synthé saturée pour démarrer, adoucie ensuite par une voix sucrée répétant une seule et même phrase. Ce mélange, représentatif de l’ensemble de l’album, annonce d’ores et déjà la couleur. IGOR ne cesse de jongler entre quelque chose et son opposé, probablement pour mieux mettre au jour le sentiment amoureux, fait de tout et son contraire à la fois. Rempli de secrets, l’album a donc encore de quoi nous surprendre.

La pochette, disponible en plusieurs versions comme Tyler a l’habitude de le faire, et sur laquelle son visage n’est pas sans rappeler le look unique de Grace Jones sur les photographies de Jean-Paul Goude, est percutante. Faite de noir et de rose, elle met au centre l’artiste à travers un gros plan. Tyler n’a jamais été autant à nu. Et c’est bien ça dont il est question avec IGOR. Tyler se dévoile, se met à nu, laisse tomber la carapace de rappeur, sans pour autant la renier. Il s’agit d’ouverture et de liberté, d’une prise de conscience mature, de l’accomplissement d’un artiste en perpétuelle recherche qui, depuis maintenant dix ans, ne cesse de se présenter comme un outsider de talent, dont le génie le pousse à sans cesse innover. Tyler innove, pour notre plus grand plaisir. Et une fois de plus, nous l’en remercions.

IGOR se hisse directement dans la liste des meilleurs albums de l’année, et donnera certainement du fil à retordre à ses compères et ses concurrents. Mais pas de panique ! Nous ne sommes qu’en mai. D’autres pépites feront leur apparition d’ici 2020. Nous croisons les doigts.

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Structures musicSeuls les anglais et les américains savent faire du vrai rock? Les guitares électriques ne sont plus branchées si l’on en croit Le Monde ? Pour être qualitatif aujourd’hui, il faut du synthé et de l’électro ? Voilà une sélection de petit frenchies qui vont démonter une à une ces idées. Rock is not dead et sa renaissance se trouve dans l’Hexagone ! Promis, il y en aura pour tous les goûts.

Normcore: du rock californien à la sauce 90’s

Nostalgiques ? Vous aimez le rock US des années 90 ?  Alors pas de doutes, vous allez adorer Normcore. Formé à Montreuil en 2014, le groupe sait varier les plaisirs  et évoque avec finesse la scène indie rock alternative de ces années aujourd’hui si cotées. Comparés avec justesse aux inoubliables Weezer et même à Pavement, qu’ils citent volontiers, le combo revient en avril 2019 avec un nouvel EP ” Six Pack”. Au programme des riffs qui sentent bon le soleil et qui donnent envie de bouger nos popotins sans jamais nous prendre au sérieux. Et puisqu’en plus, la troupe propose un live survitaminé maîtrisé où règne la bonne humeur et les blondes bien fraîches, comme pourront en témoigner les spectateurs du Black Star à Paris, il ne vous reste plus qu’à vous laisser tenter. Normcore a délocalisé la Californie à Paris, le temps de 6 titres.

Booze Brothers : pour les amoureux de punk celtique

Le rock anglo-saxon, il trouve aussi ses racines dans les mélodies traditionnelles… à la sauce punk. Si Dropkiks Murphys sont les représentants de ce courant dans le monde, les Booze Brothers, eux le sont chez nous. Le groupe n’a d’ailleurs rien à prouver à personne puisqu’il fêtait ses 20 ans au mois de mars avec la sortie de “The Lemming Experience”.  Au programme, du punk rock celtique bien senti qui fait pogoter dans les pubs comme sur les plus grandes scènes de festivals.  Vous pouvez écouter leur discographie les yeux fermés, ou vous barder de tous vos plus beaux vêtements à motifs à trèfles puisque loin d’être simplement l’un des coups de coeur de la rédactions les Booze Brothers ont déjà conquis le coeur de Gogol Bordello, Lofofora et Millencoline pour qui ils ont ouvert.  Instruments traditionnels, voix puissante et guitares électriques, voilà la recette du meilleur des cocktails.

La Vague mélange les genres et en invente

Vous pensez qu’on a fait le tour des possibles dans le rock ? Qu’on a déjà tout entendu ? Qu’il n’est plus possible d’y être créatif ? C’est parce que vous ne connaissez pas encore La Vague. Le duo survolté sublime le genre, le tord, le recrée, lui invente de nouvelles formes. Pour se faire, il mélange des influences orientales à l’aide d’un tambour japonais à des rythmiques hypnotiques. Une fois pris dans les rouleaux de La Vague (ce jeu de mot devrait nous ouvrir des postes de rédacteurs dans toute la presse quotidienne régionale existante), impossible d’en sortir. Et pour cause, son incroyable leader, Thérèse fascine grâce à sa voix puissante. Secondée par le beaucoup trop talentueux John, le groupe sait communiquer en direct avec votre cerveau. Impossible de ne pas répondre à ce chant de sirène et de ne pas vouloir en écouter toujours plus. Une expérience puissante comme un ras-de-marée à vivre d’urgence en concert. Et promis j’arrête les jeux de mots.

Steve Amber: de l’indie rock psyché maîtrisé

Cette sélection fera plaisir aux amoureux de tous les courants rock, c’est une promesse et une promesse ça se tient. Puisque friends don’t lie, on le sait, on a aussi regardé Stranger Things. Pour tenir cet engagement, il est plus que temps de faire plaisir aux amoureux de l’indie rock psyché britannique avec Steve Amber. En concert le groupe, qu’il serait facile de comparer à Radiohead, puisqu’il faut comparer pour situer, subjugue. Les quatre jeunes membres de cette formation hybride ont déjà tout des (plus) grands. les finalistes du Grand Zebrock 2019 proposent une expérience sensorielle, un moment puissant, prenant, qui fait sauter, rêver et voyager et ce en live comme sur leurs 5 titres enregistrés “From A temple on the hill”. Un temple vous dites? Pas de doute, le culte de Steve Amber fera vite parler de lui.

Structures : new wave magistrale

S’il existe un gage de qualité pour les apprentis musiciens, c’est bien de faire parti des Inouïs du Printemps de Bourges. En 2019, n’en déplaise au Monde, le tremplin s’offrait une session de jeunes rockeurs tous plus talentueux les uns que les autres. Parmi cette brochette inoubliable, Structures arrive en tête des coups de coeurs. Et c’est bien normal, avec un show magistral, les compères oscillent entre un punk bien senti et une new wave salvatrice. Il y a du Joy Division dans leurs notes, auxquelles se mêle l’insouciance créatrice d’une jeunesse folle. Quelque part, alors qu’on l’écoute avec attention, le groupe devient le messager d’une grande nouvelle. Il est encore possible en 2019 d’être talentueux et insouciant, de grader l’attitude des rockeurs d’un autre temps, d’être sérieusement bon sans se prendre au sérieux. La musique comme un filtre de jouvence, c’est ce qui était promis et ce que des artistes comme Structures s’évertuent à rendre vrai. Leur EP Long life” est déjà disponible.

Telegraph : la claque indie folk rock

Vous vous en souvenez peut-être. En 2009, Orange diffusait une publicité qui expliquait qu’un mot pouvait avoir plusieurs significations. Parmi eux, le mot claque désignait à la fois le geste et la sensation face à une oeuvre d’art puissante. L’écoute de l’incroyable “Broken Bones” de Telegraph ainsi que le visionnage de son clip sous forme de court-métrage ne manquent pas de rappeler la seconde interprétation de ce mot. Il faut dire que le frangins Julien, Mathieu et Maxime tapent très fort. Puissant comme ont pu l’être les meilleurs singles de Blink 182 qui auraient croisé la bande d’Imagine Dragons, les mélodies de la fratrie oscillent entre indie rock, pop, électro et n’hésitent pas à emprunter à la soul comme à l’urbain. En sort un contenu explosif, vibrant, une lettre d’amour puissante à la musique qui n’hésite pas à aborder des sujets d’une importance capitale: se battre pour le monde qui nous entoure. Tout un programme qui vous fera écouter à n’en pas douter les morceaux de Telegraph le doigt sur le touche repeat.

We Hate you please Die : scream paritaire 

Comme leurs copains de Structures, We hate you please die font partie de la sélection 2019 des inouïs du Printemps de Bourges. On vous l’avait prouvé avec La Vague, le rock peut aussi séduire lorsqu’il est porté par une femme. Ici, l’énergie de la fibre féminine de la formation est sublimée par les parties screamées portées par son acolyte masculin. En ressort une énergie brute, à fleur de peau et impossible à maîtriser. Cette transe improbable sait porter la détresse froide de moments screamés qui transpercent le coeur comme l’énergie débordante du punk garage qui appelle aux pogos. En sort des prestations folles, hypnotiques, enragées et des morceaux qui marquent le corps et l’esprit. Du haut de ses 24 ans de moyenne d’âge et avec à son actif un premier album Kids are lo-fi sorti en octobre 2018, le groupe donne un souffle de modernité à un courant qui vivait sur ses acquis. Hypnotisant!

30 day song challenge

30 day – song challenge, la playlist de la rédac (à toi faire la tienne)

    Des challenges sur Internet, il en existe beaucoup. Ils tournent sur nos réseaux…

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Nouvelle scène française: 6 artistes à écouter d’urgence

C’est la rentrée! En voilà une phrase bien déprimante qui ne fait pas plaisir à…

La playlist vulgaire est là! (du bon son, des paroles encore meilleures)

La playlist vulgaire est arrivée!!!   Dans la chanson, le texte c’est quand même vachement…