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Présenté en France en avant-première à l’Etrange Festival, le film australien “Relic” de Natalie Erika James méritait amplement sa sortie sur grands écrans dans toute la France. Puisqu’en plus d’être un excellent métrage horrifique et de réserver son lot de sueurs froides, Relic s’avère être un drame puissant qui redore l’image du genre. Le fameux festival parisien avait, il faut le reconnaître une programmation joliement ficelée ce qui est d’autant plus impressionnant vues les circonstances actuelles. Pourtant Relic ressortait largement de ce très beau lot. En cause, des propos très justes sur la douleur et les aphres du vieillissement mais aussi sur l’impact que celà à sur les descendants des personnes âgées, les fameux aidants.

relic film afficheRelic de quoi ça parle ?

Lorsqu’Edna, la matriarche et veuve de la famille, disparaît, sa fille Kay et sa petite-fille Sam se rendent dans leur maison familiale isolée pour la retrouver. Peu après le retour d’Edna, et alors que son comportement devient de plus en plus instable et troublant, les deux femmes commencent à sentir qu’une présence insidieuse dans la maison. Edna refuse de dire où elle était, mais le sait-elle vraiment…

Relic est-ce que c’est bien ?

Si l’on se permettait d’extrapoler un peu, Relic pourrait être le film le plus pertinent du moment et coller bien à son insu à l’actualité moribonde du Coronavirus. En effet, sacrifier la vie “normale” de la jeunesse pour sauver ses aînés est une thématique actuelle forte qui ne cesse d’entraîner de nombreux débats houleux. Relic en parle également dans une toute autre mesure. Trois femmes, trois générations, toutes s’opposent à une forme de noirceur monstrueuse et horrifique. Au programme point de boogey men, sorcières et autres zombies, non, cette fois le monstre n’est autre que la métaphore des séquelles liées au grand âge. A l’instar d’un certain “It Follows” qui était lui aussi une métaphore (oui mais de quoi ? du sexe chez les adolescents ?), Relic personnifie une douleur bien réelle et rappelle que la réalité est souvent bien plus effrayante que la fiction.

Tout y est fort et bien cousu : la perte de repères déjà, lorqu’Edna (Robyn Nevin), grand-mère pourtant jusqu’ici indépendante rentre chez elle sans pouvoir raconter où elle était passée. Désorientée, perdue, elle s’oublie, de son identité à sa personnalité d’une scène à une autre parfois en quelques minutes. Avec un traitement très imagé Natalie Erika James développe cet aspect particulier de la démence sénile et va jusqu’à faire de la maison qui abrite l’histoire l’illustration même de ce propos. Elle devient doucement la bête noire et effrayante que pourrait être l’esprit humain qui décrépit. Pour rappeler sans cesse qu’au fond, Edna existe toujours, la réalisatrice la fait écrire sur des post-it. Quelque part comme dans les films de posséssion , l’esprit de la vieille femme est scindé en deux. Ces même petits mots prendront par ailleurs une tournure très poétique en fin de récit, un rappel à l’humanité loin derrière la peur. Il faut également saluer une scène magnifique offrant une métaphore glaçante de l’enterrement, lieu où l’on cacherait ses souvenirs pour ne pas qu’ils puissent être pris.

Quand les enfants sont impactés

Relic film 2020L’horreur de Relic est bien faite, les jump scares sont là, les ombres qui font frissoner. Les victimes de ces farces démoniaques ne sont autre que la fille d’Edna, Kay (Emilie Mortimer) et sa petite-fille aimante, Sam (Bella Heathcote). Il est rare même dans des oeuvres dramatiques d’aborder la thématique de l’aidant et de la douleur que l’on ressent à voir la personne aimée décrépire. Aucun drame ne pourrait d’ailleurs en parler avec la même exactitude que celle de l’horreur. Le besoin d’aider mais de se préserver en même temps, le refus de voir l’ombre de la mort approcher, l’envie de se sacrifier pour améliorer la vie d’une personne qui doit bientot partir font partie de la vie des aidants. L’angoisse de se perdre soi dans la processus, que vivra littéralement Sam au court d’une scène à couper le souffle est omniprésente dans cette oeuvre. La peur d’abandonner la personne comme l’éprouvera Kay au court de ses réflexion, mais aussi le besoin de rester coûte que coûte sont autant de clés pour comprendre ce drame horrifique. Relic aborde tous ces aspects de la vieillesse avec pudeur et bienveillance, sujet tabout d’une société qui veut croire qu’on reste à jamais jeune. Une société mondiale qui semble d’ailleurs avoir découvert ses aînés récemment, pandémie oblige et qui s’amuse à oeuvrer pour le choc des générations. Le film lui prend le partie de les concilier, de rappeler qu’elles se veulent bienveillantes l’une envers l’autre et de se demander comment le spectre de la mort impacte aussi les aidants / les aimants.

Jusqu’au-boutiste, le film livre dans ces derniers instants une course éprouvante, crasse et graphique qui sera finalement le pretexte à introduire un moment de poésie et d’amour instinctif qui prend aux tripes. La jeunesse n’est éternelle pour personne argumente-t-il, la vie est un cercle infernal peuplée de répétitions.

Relic est projeté au cinéma à compter du 7 octobre 2020, une belle façon de se peur avant Halloween tout en prenant le temps de réfléchir.

Relic, la Bande-annonce


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Pour cette 26ème édition mais aussi sa plus particulière, L’Etrange Festival a dû travailler dans la précipitation. La certitude que l’événement pourrait bien avoir lieu n’a pu être acquise que tardivement. Et puis nombre de films n’ont pu être finalisés ou présentés pour cause de Covid-19. Tout cela aurait pu excuser une programmation tiède, au lieu de quoi, cela ne fait que renforcer l’admiration que l’on éprouve pour le festival qui malgré les contrainte a su proposer une programmation léchée, travaillée et riche en très belles découvertes. Parmi les films les plus attendus, on retrouvait, évidement le dernier Gaspard Noé “Lux AETERNA”, qui sera présenté samedi 12 septembre en présence du réalisateur. Décris par l’équipe de l’Etrange festival comme un membre de la famille bien aimé de l’événement, il se partage le titre du fils chouchou avec un réalisateur belge , Vincent Patronnaud. C’est d’ailleurs son très attendu nouveau métrage “Hunted” qui était dévoilé le 8 septembre. Un thriller aux nombreuses couches qu’on vous raconte.

Hunted de quoi ça parle ?

film Hunted

Un serial killer, c’est déjà beaucoup. Mais lorsque ce sont deux maniaques qui laissent des cadavres de jeunes femmes derrière eux, le pire est à craindre. Eve leur a survécu mais les meurtriers ne vont pas en rester là. Elle fuit à travers les bois avec la nature comme seule alliée…

Hunted, est-ce que c’est bien ?

hunted acteurs

Avec à son affiche la belge Lucie Debay, Hunted cherche a transcender le genre du slasher en lui ajoutant une touche de survival et en s’évertuant à écrire un film aux nombreux messages. Si la réalisation du film est bien belge, il n’en est pas moins réalisé en anglais aidé comme il se doit par une équipe irlandaise. On le sait bien, les anglo-saxons sont plus enclins à créer du cinéma de genre. Un détail qui n’empêche pas notre traditionnelle héroïne, Eve, de parler avec son léger accent français. C’est son calvaire auquel assistera pendant plus d’une heure et demie un spectateur féru d’horreur qui pourrait bien y prendre beaucoup de plaisir. Puisque Hunted a le mérite de tenter d’induire plusieurs sous-titres sociétaux, d’utiliser son cadre avec brio, de créer des montées en tension efficaces et de montrer avec détails fournis les blessures de ses personnages.

Pourtant c’est surtout sur la superposition de couches que s’appuie ici ce récit en plusieurs temps. D’entrée de jeu, à travers une fable conté au joli graphisme, le film de Vincent Paronnaud s’évertue à vanter la nature – représentée par la forêt- comme étant protectrice et bienveillante. Protectrice oui mais de la femme surtout, l’homme y étant montré comme un prédateur impitoyable. Dès lors que l’on rencontre Eve, elle n’a de cesse d’être maltraitée par l’homme, professionnellement mais aussi dans ses rencontres où drague lourde et harcèlement flirtent beaucoup trop ensemble. L’homme n’est-il qu’un prédateur selon notre réalisateur ? Non, il ne faut pas non plus étendre le propos dans sa caricature, mais l’home qui détruit mère nature tout comme il cherche à détruire la femme est ici diabolisé. Diabolisé comme dans un conte inversé d’ailleurs puisque le clin d’œil au Petit Chaperon Rouge sonne comme une évidence : capuche rouge pour la jolie Eve, pourchassé dans les bois sauf qu’ici le grand gentil loup s’oppose au méchant chasseur.

La quête de nos serial killers avec en chef de meute l’excellent Arieh Worthalter conduit tout ce beau monde vers une traque sans pitié en forêt. Celle-ci se révèle être le véritable personnage principale de notre histoire, bienveillante envers une héroïne pourchassée. Les incestes et animaux y sont filmés avec amour tout comme la vie sauvage belle et mystérieuse. Pour pousser le propos sur l’écologie Paronnaud s’offre même une séquence incluant un papier jeté dans la nature, amusant stratagème pour souligner ses dires.

Si ces deux points semblent défendus avec ferveur offrant au détour de cette quête quelques scène gores et une tension bien maîtrisée, le film change étrangement de ton dans son dernier chapitre.

Si celui-ci qui fait irruption dans l’oeuvre à coup de peinture bleue, il surprend profondément. Graphisme poussé et humour se mêlent alors à la partie dans une série de scènes fascinantes et d’un déferlement de rage si bien géré qu’il finit par faire écho dans la chaire de son spectateur. Oui mais cette série de plans visuels, et bien faits, semblent s’additionner sans logique si l’on se réfère à la première partie. Ils sont pour autant un beau moment de plaisir pour les adeptes des survivals et autres slashers mais manquent de fluidités avec l’ensemble et donne l’étrange impression qu’on a changé de film ou bien peut-être que les idées proliféraient au moment de l’écriture et qu’il a fallu tout additionner ensemble. Ce ton trouvé pourtant en dernière partie de métrage est probablement le plus jouissif, celui qui marque le plus l’esprit et appuie en quelque sorte le propos jusqu’alors énoncé en le submergeant d’émotions fortes.

Hunted s’avère être un plaisir à ne pas bouder, transformant les codes du slasher classique pour mieux lui donner un sens et un matériau novateur. Son grain de folie final complètement jouissif pourrait bien et on l’espère dans le futur être le traitement d’un métrage entier qui serait détonnant. Le cinéma d’épouvante va si bien à nos émotions !


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Après des mois de vie culturelle complètement stoppée, de festivals de cinéma annulés, voilà qu’enfin, un évènement chouchou de la rédaction ouvre ses portes. L’Etrange festival qui chaque année fait la part belle aux films de genre, aux films étranges, aux coquetteries et bizarreries du Monde entier se tiendra au Forum des Images de Paris du 2 au 13 septembre. Malgré la jauge réduite à 60 %, qui, on l’espère, ne pénalise pas trop l’évènement, le festival reste un vrai régal conjuguant avec passion cinéma actuel, avants-premières, classiques, pépites cultes ainsi que documentaires et courts-métrage.

Pour sa journée d’ouverture, l’événement mettait à l’affiche une jolie sélection de pépites aux bizarreries inimitables : Tomiris, Pour l’Eternité mais aussi The Owners, coup de cœur instantané de notre équipe. On vous raconte?

 

The Owners de quoi ça parle ?

Dans la campagne anglaise des années 90, Mary se retrouve malgré elle au milieu d’un cambriolage organisé par son petit ami et son meilleur pote. Une villa somptueuse ? Des personnes âgées ? C’est l’occasion de s’en mettre plein les poches. Mais les hôtes reviennent plus tôt que prévu et loin d’être inoffensifs,  entraînent les intrus dans une spirale où l’agresseur n’est pas celui qu’on croit.

The Owners, pourquoi c’est bien ?

the owners maisy williams

Lors de cette toute première diffusion à l’Étrange Festival, le scénariste de The Owners, Mathieu Gompel expliquait que son histoire était adaptée du comics de Herman et Yves H  Une nuit de pleine Lune.  La BD prend néanmoins dans ses mains un aspect entre home invasion et survival agrémenté, de plus, d’une approche anglo-saxonne, le film étant en Anglais et produit par nos voisins d’Outre-Manche. C’est d’ailleurs ce levier et le fameux cynisme britannique qui lui confère sa touche si particulière. Puisque derrière une histoire qui pourrait sonner comme une redite ou rappeler le très lourd ( et franchement sur-côté ) Don’t Breathe, The Owners  sort son épingle du jeu et sait organiser sa montée en tension avec finesse.

Alors que les premières minutes permettent de présenter des personnages à la moral plus que discutable et surtout Mary ( Maisy Williams dans un rôle qui  lui colle à la perfection), le jeu malsain qui s’installe permet aux spectateurs de pronostiquer sur la suite du programme allant dans un sens ou dans l’autre. Tantôt attachant et fragiles, tantôt complètement flippants, les propriétaires de cette grande maison savent manier la langue de Shakespeare avec aisance et faire de la politesse un élément d’angoisse omniprésent.

Puisqu’ici le choc des générations en prend un sacré coup alors que les fragiles victimes de ce home invasion désorganisé prennent en puissance et en substance. Le premier métrage de Julius Berg s’avère être un plaisir de bout en bout ne reniant aucun effet et osant aller au bout de son postulat. Si le cinéma d’horreur peut se vouloir parfois suggestif et psychologique ou préférer une violence crue, Berg choisit de gérer un entre-deux, tendu de bout en bout, se permettant quelques excentricités bienvenues ça et là sans jamais perdre son fil directeur.

Nous vous le disions le scénario a vécu une correction apporté par ses producteurs anglais. Comme se plaisait à l’évoquer le co-scénariste, là où les français se veulent toujours sérieux en tout propos lorsqu’il s’agit de genre et poussent les traits de la psychologie des personnages à leur sommet, les anglais eux savent toujours prendre le recul nécessaire pour s’en amuser. C’est aussi cette touche acide qui rend le métrage si jouissif où le décalage du ton et de l’action se mélangent en un bonbon raffiné pour tout fan d’épouvante. L’humour se sème avec finesse, intervient délicatement, le temps d’un sourire de décompression avant que les choses ne continuent de s’envenimer crescendo.

Il faut de plus ajouter que cette oeuvre dynamique sait écrire ses personnages, leur donnant une premier image qui se transforme à mesure que les minutes ne passent. Les antipathiques voyous des premières minutes se révèlent alors avoir bien plus de facettes qu’on ne pourrait le penser, tout comme le brave docteur toujours sous le charme de son adorable et diminuée épouse Ellen. Quelques sujets de société peuvent se glisser discrètement ça et là : l’inégale répartition des richesses, les relations toxiques, l’importance des apparences… sans pour autant étouffer l’oeuvre et contrarier sa dynamique première.

Si la bande-dessinée s’aventurait du côté du slasher, notre équipe choisit ici de prendre le chemin du survival mais garde la dynamique vitaminée propre à ce genre, tout comme dans son dernier temps du moins la glorification de son boogeyman. Moins pop que celui-ci, plus sombre, plus sobre mais tout aussi jusqu’au boutiste et délurée, ce “The Owners” s’avère être un plaisir franco-britannique parfaitement orchestré, joliment fait, réalisé et interprété sans aucune fausse note. A ne pas manquer, vous resterez bien prendre un doigt de thé ?

Bande-annonce

 


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