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Brisa roché et fred fortuny
Photographie © Christophe Crenel

Si 2021 part avec les mêmes difficultés que 2020, la lassitude en plus, le Monde de la musique continue lui de tourner. Au ralentis en ce qui concerne le live, mais à toute allure, en ce qui concerne les compositions. En ce début d’année, trois sorties musicales sortent du lot et promettent leurs doses d’émotions fortes. On vous raconte.

Whico Skyla : tourbillon rock

Groupe parisien formé en 2016, Whico Skyla revenait planter sa graine rock en décembre 2020. Au programme un second EP “Seeds are back” à l’énergie communicative et aux guitares endiablées entre maîtrise de ses références et laissé aller survolté. Impossible de ne pas le répéter : les temps sont dures pour les artistes indépendants. Crise du Covid vous dites ? Aussi mais pas seulement, puisqu’il leur est aujourd’hui extrêmement difficile de se rémunérer convenablement grâce à leurs créations. En cause, les plateformes de streaming et les tous petits revenus proposés aux jeunes artistes (pourtant talentueux) qui y sont présents. Par conviction, pour prouver que c’est possible, pour récolter les premiers fruits de leur travail, les musicien de Whico Skyla ont donc choisi de proposer dans un premier temps leur nouvelle galette uniquement sur leur site et ce bien avant de l’ouvrir aux géants du streaming, aujourd’hui figures inéluctables  pour (sur)vivre dans le milieu. L’EP devrait pourtant pouvoir se passer de ces énormes compagnies tant la qualité est au rendez-vous et l’âme folle du rock underground qui n’a besoin que d’un grain de folie et de bouche à oreille pour devenir culte. La formation menée par Alex Dusii (guitare chant), Florian Mensah (batterie) et Nicolas Moge (basse) s’offre une belle promenade dans les contrées lointaines du rock en 5 titres, n’hésitant pas à explorer sur chaque piste une nouvelle approche de ses classiques. Une intro sombre au jeu de basse profond laisse pressentir un univers technique, le premier titre “Fast Club” change pourtant de donne avec une introduction à 100 à l’heure, un chant  punk 80’s et un refrain accrocheur, passionnel et énergique. La maîtrise des instruments est là, évidente et pourtant c’est le grain de folie, l’ascension des notes qui gagne l’oreille et occupe le terrain. “Fearless” fait la part belle à la batterie, gardant l’énergie du précédent morceau, touchant au rock alternatif, s’appuyant sur un gimmick  à la guitare pour mieux entraîner son auditeur dans un tourbillon où la décontraction devient géométrique. L’âme d’Arctic Monkeys plane clairement sur ce titre. Cour de punk 101, permettant de rassembler passionnés et débutants, cette entrée en matière sent bon les pogos et la bière qui nous manquent aujourd’hui tant. “Twisting Road” permet de faire une pause sur fond de ballade rock et de voyager à travers les époques. C’est “Reaching for the stars (my face on the ground)” qui conclut la galette en un tourbillon lumineux et dansant où le rock se déguste avec une Pina Colada. L’âge d’or du rock revient, la France fera partie de ses précurseurs.

ODGE : mélancolie galvanisante

Difficile de ne pas immédiatement s’éprendre de l’univers d’ODGE.  Avec une voix passant avec aisance du grave à l’aigu flirtant parfois avec l’androgynie, la musicienne n’est pas sans rappeler le talent d’Imogen Heap.  Il faut dire qu’Eléonore Du Bois de son vrai nom a appris le chant à la maîtrise de Radio France dès ses 11 ans. Depuis elle a acquis un CV des plus impressionnants : composition de musiques de films (Nos enfants Chéris, Les Acteurs Anonymes) et tournées en tant que claviériste et choriste (Gaël Faure, Jo Dahan), elle assoie sa réputation. L’envie de se lancer en solo lui permet de créer ODGE. Diminutif du nom du chien de la famille : Roger. Seule, elle sort un titre magistral “Sad Love Song” une pop sombre et mélancolique teintée d’électro et surtout d’émotions vibrantes. Il y a là la grâce de composition toute en retenue qui était propre à la l’excellente de Fiona Walden dans ce premier titre. La musicienne excelle à appeler l’oreille sans jamais choisir la facilité, ritournelle bien construite s’ajoute à une puissance vocale et une faculté à construire un récit en musique. Celui de la fin d’une histoire d’amour vécue comme un deuil. Celui-là même raconté en image par une série de souvenir qui défilent comme dans les tous derniers instants d’une vie. Certains morceaux peuvent briser des coeurs pour notre plus grand plaisir. “Sad Song Love” fait définitivement partie de ceux-là.

Brisa Roché et Fred Fortuny : madeleine de l’oncle sam

Brisa Roché c’est LA voix de la musique américaine en France. Multi-casquettes elle chante, compose, écrit et peint. Découverte dans le jazz mais ayant depuis brillé dans la folk, la pop ou encore l’électro pop arty, la voilà de retour aux côtés de Fred Fortuny. Ce dernier rêvait de longue date de faire un album “américain” où mélodies et naturel se convoitaient. Voilà chose faite avec une pépite solaire écrite en duo : “Freeze where you U R”. C’est bien un road trip musical que propose la galette à travers des compositions lumineuses aux mélodies candides où la naïveté semble donner des ailes. Pour autant voix angélique et instruments travaillés rappellent avec beauté la précisions des grands musiciens qui l’ont composés. De la comptine rétro 50’s (“Tempted Tune”) à l’hymne galvanisant (“I Don’t want a man”) en passant par l’essaie artistique (“I Love You”) ou encore la ballade easy listening à la sauce 50’s, le duo ne se refuse rien en terme de créativité. L’âge d’or de l’Amérique illumine ses titres hors du temps qui conjuguent au passé et au présent dans la même phrase. Point de nostalgie piquante pour autant. Non ici tout n’est que calme et volupté. L’échos des voix appelle au calme et au bien-être (“The Pattern”) jusqu’à l’euphorie de la profusion pop des années 70’s Outre-Atlantique (“Window gun”). C’est d’ailleurs sur un touche de douceur portée presque uniquement par une voix candide (“Quite Clean”) que se conclut cette parenthèse onirique. Une bouffée d’oxygène dont nous aurions tord de nous priver.


Coco Bans : Un clip animé pour l’envoûtant “Being Brave Is Stupid” feat. Von Pourquery

C’est au MaMA Festival 2018 que l’on découvrait avec joie la tornade Coco Bans. La…

BLACK LILYS

Sélection découvertes: 7 artistes français d’indie pop dont vous allez être fous

Nos artistes français ont du talent. Si la pluralité musicale se retrouve souvent du côté…

Alerte découverte ! Trois EPs à écouter d’urgence

En ce début année 2020, alors que les futures floraisons artistiques attendent patiemment (du moins,…

BLACK LILYS

Nos artistes français ont du talent. Si la pluralité musicale se retrouve souvent du côté des indépendants, elle y est riche en créativité. Au détour de nombreuses écoutes, nous vous proposons une sélection variée de pépites qui valent le détour. A écouter avant que tout le monde ne se les arrache.

Born Idiot

Indie dans l’âme et dans les faits, les rennais de Born Idiot ont tout compris et ne vous laisseront pas indifférents. Pourquoi ? Déjà parce qu’ils prennent la société actuelle à contre-pied pour créer leur musique. “Quand la machine se lasse, elle redevient humaine. ” expliquent-t-ils avant de raconter leur premier single “Blue is my color” comme une ode à l’ennui. Et l’ennui c’est bien ce qui manque dans ce monde sur-connecté, à force de se remplir le cerveau de futilités, de posts, de likes et s’interdire de se vider la tête voilà que la créativité vient à faire défaut. Pas à Born Idiot qui donneraient raison à mon professeur de philosophie quand il vantait les mérite d’un ennui utile. Ce tout premier titre extrait de l’album “Full time bored” à paraître en septembre sur Geographie met les bases entre douceur et répétition calculée. Pour parfaire le tout Luks, Tiagzer, Clem, Loulou et Guigz s’offrent un clip artistique réalisé par Lucas Martin et dénoncent un monde robotique en utilisant des codes géographique comme avait pu le faire Mondrian dans son oeuvre. Un plaisir visuel et sonore qui promet un album puissant et culte. Ennuyons-nous ensemble, bien, beaucoup, en musique et redevenons humains.

Découvrez le clip de Blue is my color

 

Black Lilys

Attention pause féerique avec la fratrie de Black Lilys !  Les frère et sœur Robin et Camille vous les avez peut-être déjà entendu, sans le savoir, en regardant la série Elite sur Netflix  (dont le retour est prévu pour le 13 mars) grâce au titre “Nightfall”. Le duo a aussi été vu en janvier 2020 en première partie de Pomme, artiste nommée aux Victoires de la Musique 2020 et au talent indéniable. Si les deux univers ne sont pas identiques, Pomme joue sur les codes folk et chanson, là où Black Lilys s’inspire de la nu-soul des années 90, empruntant le charme d’une Agnès Obel ou de The XX, ils se retrouvent dans leurs immenses capacités musicales. Il ne faut que quelques secondes à Black Lilys pour convaincre et vous transporter dans son univers onirique, aussi doux que lumineux, aussi puissant qu’évident. La voix candide de Camille s’allie à la perfection avec l’intensité des notes aériennes que crée le groupe. Un nouvel album devrait voir le jour en 2021 alors que des dates de concerts s’annoncent au fur et à mesure. En attendant un nouveau clip pour le mois d’avril 2020, découvrez le tout dernier titre de la formation “Yaläkta”, un bijou à savourer en boucle.

Découvrez le titre Yaläkta

Kids from Atlas

Découverts alors qu’ils jouaient au Crossroard Festival de Roubaix en 2019, Kids from Atlas, convainc grâce ses capacités scéniques comme sur album. Le trio qui à la tête dans les étoiles, sort en 2015 sa première galette “Melting Walls”. Les lillois sont précis à chaque titre, font toujours vibrer ceux qui les écoutent. Ses fans de conquête spatiale ne manquent d’ailleurs pas de propulser leurs titres vers les sommets grâce à de belles montées aériennes et d’inviter à un voyage spirituel. Catchy, accrocheur, empruntant aux rythmiques du rock pour mieux s’approprier une pop atmosphérique, Kids from Atlas s’avère être un voyage essentiel. Découvrez leur dernier titre “Lights” et son clip avant qu’ils ne soient victimes d’un succès inter-stellaire.

Découvrez le clip de Lights

Seyes

Seyes c’est la rencontre de deux femmes talentueuses. Vous les connaissez déjà, l’une Charlotte Savary a parcouru le monde aux côtés de Wax Taylor, l’autre Marine Thibault, multi-instrumentiste est la fille du co-fondateur du groupe Magma. La légende raconte qu’un soir d’été les deux amies décident de lancer leur propre groupe électro-pop. De là née l’élégant Seyes, formation pointue au compositions fascinantes. Un premier album “Beauty Dies” parait le 17 janvier 2020 alors que le tout premier single du même nom est dévoilé en 2018. En français comme un anglais, cette pépite s’avère complètement à part et addictive dès sa première écoute. Un clavier posé, une voix aérienne calibrée, une rythmique puissante sont tant d’ingrédients qui viennent étoffer ces titres adressés au mélomanes. Une plongée abyssale sombre et fascinante qui prend du corps dans ses montées électro à saluer. Entrez dans ce rêve lucide, laissez vous prendre par la main. La beauté de ces titres  à fleur de peau laissera une emprunte indélébile sur son auditeur. Seyes vous invite à passer de l’autre côté du miroir où le reflet  sensitif proposé s’avère être aussi lumineux qu’instinctif.

 

Découvrez le clip de Beauty Dies

Sunshade

Sunshade nous vous en parlions déjà alors que sortait le premier extrait de son nouvel opus, le titre “Magic Kids”. En effet, les parisiens seront de retour dans les bacs en mai 2020 avec “Visage”, leur troisième album. Pour patienter, les musiciens dévoileront le second extrait de cette galette “Flowers” le 9 mars. A pas de velours et avec la grâce à laquelle ils ont habitué leur audience, ils y distillent une pop enchanteresse, entraînante, enivrante et rayonnante. Le duo composé de Mathieu Rivalan et Jean-Christophe Valleran  sait devenir essentiel en quelques notes seulement. Découvrez cette douceur candide, retombez en enfance note après note, laissez vous bercer, laissez vous envelopper par leur candeur, sentez le soleil sur votre peau et re-découvrez la beauté du Printemps et tout ça, avec vos écouteurs sur les oreilles.

Découvrez le titre Magic Kids

Morgane Imbeaud

Si le nom de Morgane Imbeaud ne vous est pas familier, vous avez pourtant déjà entendu son précédent projet artistique: j’ai nommé le groupe à succès Cocoon. Pour son premier album solo, la chanteuse s’est exilée en Norvège. Au programme de cet opus, un voyage hivernal et apaisant dans un univers éternellement enneigé. En français et en anglais, la belle invite Jean-Louis Murat à l’écriture mais aussi Chris Garneau à poser sa voix sur des mélodies lancinantes qui passent de la folk à la pop en faisant quelques détours par la chanson. Aucun artifice électro ne vient troubler cette ballade dans la blancheur lumineuse de la poudreuse. Son titre d’ouverture “Au Nord” est l’illustration parfaite d’une galette sans demie-teinte, profondément émouvante qui pourrait vite devenir aussi culte que celles du groupe qui a fait la gloire de la chanteuse.

Découvrez le titre Au Nord

Silly Boy Blue

Si nous en parlons souvent, c’est qu’il y a une bonne raison: Silly Boy Blue a su prendre possession de notre cœur et ce alors qu’elle débutait en tant qu’Inouis du Printemps de Bourges 2019. Le jury a eu bien raison d’en faire sa lauréate. La jeune femme introvertie aux tenues mainstream se révèle être un véritable papillon majestueux une fois les projecteurs d’une salle braqués sur elle.  Son premier album, “But You Will” est publié en octobre 2018. Sans surprise, il s’avère être d’une beauté indicible. La musicienne qui se produit en solo a fait le tour des festivals pour prouver sa valeur, au MaMA, il était d’ailleurs impossible de mettre un pied dans un Backstage plein à craquer lorsqu’elle y jouait. Avec douceur, et une sincérité à fleur de peau la chanteuse convainc tant sur scène que sur album. Ses incroyables performances vocales sur des titres comme “Cecilia” ou “The Fight” sont autant de raison de tomber amoureux de sa musique. Si vous n’avez pas encore eu la chance de l’écouter voilà l’occasion de vous rattraper et si vous la connaissez déjà, refaites vous une écoute. On ne s’en lasse jamais.

Découvrez le clip de The Fight

 

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