
Le 18 juin, alors que la pluie menace de tomber, Paris vibre pleinement. Le couvre-feu touche à sa fin, les masques tombent dans les rues. Le soleil éclipse pourtant tous les risques annoncés, Pigalle fait le plein en terrasses, on se retrouve dehors. Et puis aussi dedans, en salles de concerts. Il est évident qu’en salles, les règles sont bien différentes de celles promises au reste de la France. Pour les professionnels du spectacle, toujours soumis à de nombreuses contraintes, les enjeux d’une reprise timide sont là. Besoin de rentabilité, envie de (re)vivre des moments forts face à un public en demande. Artistes, organisateurs, fans, tous ne demandent qu’à communier à nouveau en une grand messe musicale.
Une performance sans limites
Et à 21 heures, alors que le soleil tape encore, voilà que la Cafetera Roja prend possession d’une des plus belles salles de la capitale : La Boule Noire. Les consignes sont nombreuses : un siège libre entre les groupes, impossibilité de passer commande au bar, il faudra utiliser une application en ligne et se faire servir, il faut rester masqué, il faut rester assis. Pourtant, retrouver la salle parisienne, c’est toujours comme retrouver sa maison. Une petite maison feutrés aux murs en moquette vieillis et aux dessins érotiques, une maison qui sent la bière et la musique. La voir en configuration assise pourrait provoquer un pincement au coeur si le simple fait de rentrer chez soi n’était pas une telle joie. Et quoi de mieux que de faire place à un groupe comme la Cafetera Roja pour saluer cette vieille amie ?
Le public est présent, familiale, on compte quelques têtes blondes parmi les membres de l’assistance, des connaisseurs aussi. Tous ont en commun une joie fulgurante dans leur regard et l’impression d’être montés sur des ressorts. « Non, c’est fini « semblent dire leurs yeux, « On ne veut plus dormir chez nous ». Le groupe se présente avec à peine quelques minutes de retard, l’attente avait été grande, la réponse en live est à la hauteur. Il suffit d’un morceau pour que la formation balance des riffs maîtrisées et profondément dansants. Guitare, batterie, chant, clavier, contrebasse sont de la partie. Il faut dire que la formation jouit d’un savant mélange pour créer des compositions OVNIS et inclassables. Avec elle, tout est permis, il n’y a aucune frontière. On chante d’ailleurs comme on rap, et le tout en anglais, espagnol, allemand, français… où serait le fun à créer des limites ? Pour mieux brouiller les pistes le groupe refuse les étiquettes de style : trip hop, rock, reggae, chanson, rap, latino tout y passe en un condensé de bonne humeur hallucinant.
Quand la musique sonne, le public reprend ses droits
Le groupe multi-générationnel, mixte, galvanise la foule. Deux morceaux, le voilà qui remercie chaleureusement le public de s’être déplacé. Non pas de ces remerciements écrits qu’on avait l’habitude d’entendre au temps d’avant dans les salles de spectacles pour meubler et faire beau. Non. Mais de ces remerciements sincères portés par un manque réel et un émerveillement d’être enfin là sur scène. Toujours pour mieux brouiller les pistes, le combo échange régulièrement de rôles et d’instruments. Aurélia Campione au chant et à la guitare hypnotise les foules avec

énergie. Face à elle Anton Dirnberger (MC, clavier) lui donne parfaitement la réplique. La chaleur monte d’un cran et rester assis devient alors douloureux. A Barcelone, où la Cafetera Roja s’est formé, on a fêté la fin du couvre-feu à minuit en mangeant des raisins comme le veut la tradition du Nouvel An. Comme si on reprenait enfin à zéro. A Paris, la fête ne peut plus attendre et rien d’aussi officiel ne semble se produire. Alors un à un, doucement, voilà que les convives décident de reprendre l’année à zéro sans vraiment prendre compte de droits qui n’ont pas encore été officialisés. La nature humaine reprend ses droits et voilà que certains se lèvent pour taper dans les mains et danser.

La présence surprise du rappeur Hame Rek le temps d’un morceau endiablé, ne fait qu’accentuer le phénomène. Impossible d’arrêter une foule qui danse et qui vibre. Chaque morceau est synonyme de retrouvailles, la folie est contagieuse, elle se transmet à toute allure. La tension monte, Fiti Rodriguez (Chant/Basse/Chœurs) en profite pour lancer quelques mots sur ce moment émouvant, le manque qui l’avait précédé et la fête gagne du terrain. La température ne redescendra pas d’un cran et ce jusqu’à la fin de ce moment rayonnant. La foule, continuera à célébrer la vie et la musique debout, en chantant à l’unisson dans toutes les langues qu’on lui propose et ce jusqu’à la toute dernière seconde de cette performance qui accompagne la sortie du dernier album en date de La Cafetera Roja : « Muzaik ». Encore électrisé, le public doit quitter la salle avec les oreilles qui vibrent et qui sonnent, comme au temps d’avant. Ou peut-être encore bien plus fortement. Après tout, maintenant qu’on sait tout ce qu’on peut perdre, tout n’aura-t-il pas à jamais meilleur goût?












Le virage pris en dérapage contrôlé par Grouplove sur ce nouvel album nous est annoncé dès le premier titre et le cri salvateur de Hooper : « It’s primetime baby ! ». S’enchaîne dès lors une déferlante de morceaux vifs et puissants à la manière de 

Avec son synopsis pour le moins intriguant, on parle bien de trois personnes souffrant d’handicapes, qui décident, n’ayons pas peur des mots, d’aller voir des prostituées, le long métrage de Richard Wong, pourrait facilement tomber dans la comédie potache et rappeler la chanson de Giedré « Jackie le nain ». Un texte drôle et incisif certes, mais qui aurait manqué de matière pour traiter en profondeur son sujet. Oui mais, avec sa mention « inspiré d’un fait réel », le film promet instantanément de partir dans une toute autre direction. A l’heure où films et séries se sont enfin mis à choisir d’incorporer des personnages issus de minorités, de donner une plus grande place aux femmes, aux personnages LGBTQIA +, de couleurs et de religions variées, les personnes ayant un handicape sont elles souvent exclues du casting. Rare sont ceux à accepter de se frotter au sujet et encore plus ceux à accepter de créer des personnages qui ne seraient pas entièrement définis par leur handicape et les souffrances qui en découlent. Dans ce contexte, aborder la sexualité de ces personnages est encore plus rare. C’est l’une des nombreuses raisons qui font de « Mission Paradis » une véritable pépite alors que le film s’inspire de l’histoire d’Asta Philpot, un américain vivant à Leeds qui entend parler au cours d’une voyage en Espagne d’un bordel équipé pour les personnes en fauteuil roulant. Il y perd sa virginité. Suite à cette expérience, il décide d’organiser un voyage avec d’autres personnes partageant ses difficultés. Une équipe de la BBC les suit et de là née l’idée de Erik Linthorst (scénariste) et Richard Wong (réalisateur) de raconter cette histoire.