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Julia Escudero

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Mylène Farmer : scream queen pour « Ghostland » pop cinema

pop cinema mylène farmer ghostlandReine de la pop en France, Mylène Farmer a toujours su amener énormément de cinématographie dans ses clips. Il a pourtant fallu du temps pour qu’elle trouve sa place sur grand écran. C’est finalement grâce à Pascal Laugier et le cinéma d’horreur que LA queen se fait scream queen. Le passage pour une pop star au cinéma d’horreur est peu fréquent. Lady Gaga s’y était essayée à travers « American Horror Story », certes, mais la chose reste rare. Non pas que l’esthétique horrifique est hermétique au monde de la pop. Récemment à titre d’exemple, Sabrina Carpenter utilisait de nombreux codes du genre pour son clip « Taste » de « Psychose » à « Ginger Snaps » en passant par « Kill Bill ». Mais pour ce qui est de s’inviter à rejoindre un psychopathe sur grand écran, l’affaire est plus complexe ou se réserve au monde du rock. Chester Benninghton, regretté chanteur de Linkin Park prenait par exemple place dans un des nombreux films de la saga « Saw ». Pour ce qui est de Mylène Farmer, elle choisit de briller face à la caméra de l’un des plus grands conteurs horrifiques made in France qui soit. Le papa de « Martyrs », le film d’horreur le plus traumatisant de ces dernières décennies ( un chef d’œuvre soyons honnêtes) fait de l’icône pop une mère pour son film. Ce home invasion en profite pour aborder le poids du traumatisme et l’essence même de la créativité. Devant la caméra, la chanteuse range ses artifices, et épouse un rôle plus sage. Le charisme est de mise et la sobriété, comme une relecture du mythe de la plus célèbre des « libertines ».

Ariana Grande : féerique Glenda de « Wicked » pop cinema

Ariana Grande WickedEnsorceler, c’est sûrement le maitre mot de la carrière d’Ariana Grande. Chanteuse à pas de velours, à la puissance et au charme envoutant, sa réputation n’est plus à faire. Côté cinéma, la petite fée de la pop n’en est pas à son coup d’essai. On la retrouve engagée dans l’immense ‘Don’t look up » (2021) , claque cosmique, qui parle avec finesse, humour et gros moyens du réchauffement climatique et du déni qu’il engendre. Mais elle est aussi à l’affiche de « Snowflake » dès 2011. Entre temps, les rôles se suivent et ne se ressemblent pas. Elle figure dans « Zoolander 2 » de Ben Stiller qui depuis aura énormément fait parler, notamment pour son écriture trop cliché de la communauté LGBT . Elle fait aussi des apparitions sur petit écran de « Scream queens » à « Kidding », le panel est large. Il faut pourtant attendre 2024 pour que le grand écran lui offre un rôle taillé sur mesure : celui de Glenda dans « Wicked » qui retrace l’histoire de la méchante sorcière de l’ouest du « Magicien d’Oz ». Ariana Grande interprète donc la gentille sorcière de l’est, douce et populaire, personnage à l’apparente superficialité mais au grand cœur. Cette comédie musicale lui permet de (beaucoup) pousser la voix et de sortir une bande originale épique qui aura fait s’arracher les cheveux à de nombreux fans lors de son pressage limité pour le Disquaire Day 2025. C’est aussi par ses décors que le film s’illustre. Le travail de mise en scène, de cadre, de photographie et de costume y étant à couper le souffle. Face à ce cadre magique, la chanteuse toute de rose vêtue livre une performance de ballerine et dévoile un look encore plus léché que lors de ses apparitions scéniques (et que ses célèbres oreilles de chat). Tiré d’un livre, le long-métrage profite d’un très beau budget et d’un succès colossale. Sa suite, « Wicked for good » profite de la même popularité lors de sa sortie le 26 novembre 2025. Comme toujours, les critiques vont dans les deux sens, certain.es préférant largement cette séquelle plus sombre, d’autres restant pour toujours fans du premier. Toujours est-il que la saga aura propulsée la carrière de la musicienne à un tout autre niveau lui promettant un avenir pluriel.

Harry Styles : dangereux prince charmant pour « Don’t Worry Darling » pop cinema

don't worry darling
Chérie, ressert quelques filtres à nos invités

Ancien One Direction, aujourd’hui superstar de la pop, Harry Styles s’est créé une image forte et reconnaissable entre toutes. Le petit chouchou du boys band a su sortir des titres forts de l’excellent « Sign of the times » au fédérateur « Watermelon sugar ». L’année 2026 sera par ailleurs la sienne à n’en pas douter. Son retour musicale annoncé par surprise avec « Kiss all the time. Disco occasionally » a fait bondir la planète entière. D’autant que son premier extrait le très électro « Aperture » est une véritable pépite qui ne saurait être entachée que par le scandal des tarifs exorbitants de sa tournée. Les choses sont toutes autres côté cinéma alors que le bonhomme se défend par un choix de filmographie léchée. On le retrouve au générique de « Dunkerque » mais aussi dans le tôle d’Eros dans « Les Eternels ». Voilà qui est évident, désir charnel et amour vont si bien à Harry Styles ! D’ailleurs son rôle le plus marquant, en tête d’affiche aux côtés de Florence Pugh lui donne les traits d’un personnage tout aussi désirable dans « Don’t worry darling » (critique complète ici). Désirable du moins sur le papier puisqu’à mesure que la bobine avance sous l’œil d’Olivia Wilde, la vie de femme au foyer des années 50 de notre protagoniste tourne au pire et son époux semble bien ne pas tout lui avoir dit. Le film est une œuvre au féminisme affirmé qui va de pair avec les revendications d’Harry Styles. Bien que son rendu soit discutable, d’autant plus qu’une guerre sur le plateau lui a fait très mauvaise presse, le contenu du film reste des plus pertinents quant au poids toxique et masculiniste de certaines relations amoureuses. Mise en garde au fond fascinant, le film vaut aussi et surtout pour le jeu de ses deux acteurs.rices pricipaux. Florence Pugh y est toujours parfaite, comme dans chaque film d’ailleurs, Harry Styles lui excelle sous ses traits de gentleman au secret bien gardé. Harry Styles regorge de mystères mais ses inclinations politiques dont il fait peu part dans les médias transparaissent dans ses choix cinématographiques.

Barbra Streisand : Reine de Broadway, Reine d’Hollywood pop cinema

pop cinema barbra streisandContrairement à beaucoup de chanteuses passées au cinéma, Barbra Streisand ne rêvait pas de musique. Enfant des quartiers de Brooklyn, Bab’s (comme ses fans aiment l’appeler) se rêve d’abord actrice dramatique. Influencée par le théâtre classique et le vieil Hollywood, elle se voit sur scène, dans de grands rôles, plutôt que derrière un micro. Mais son physique, jugé à l’époque comme peu conventionnel, lui est décrit  comme un obstacle majeur par différents producteurs. Et comme la vie est étrangement faite, c’est sa voix, tantôt de soie, tantôt de feu, qui va lui ouvrir les premières portes. Pour gagner sa vie, elle commence au début des années 1960 à chanter dans les clubs de Greenwich Village. Elle n’a alors qu’une vingtaine d’années, mais déjà une présence scénique hors norme. Barbra ne se contente pas de chanter : elle incarne, raconte, joue. Le chant devient un prolongement du jeu d’actrice qu’elle n’a jamais cessé de vouloir exercer. Et en 1968, avec Funny Girl, son premier rôle à l’écran, qu’elle est révélée au grand public et obtient l’Oscar de la meilleure actrice (ex aequo avec Katharine Hepburn). C’est le premier d’une longue série de récompenses, puisqu’elle est désormais membre du club très fermé des détenteurs d’un EGOT (Emmy, Grammy, Oscar, Tony). Sur soixante ans de carrière, Barbra Streisand brille autant au cinéma que sur scène et la plupart de ses films sont aujourd’hui des classiques : The Way We Were, What’s Up, Doc?, Hello Dolly, A Star Is Born, etc. Mais c’est Yentl en 1983, qui marque le point névralgique de sa carrière : elle y est à la fois actrice, chanteuse, réalisatrice et productrice, synthétisant enfin toutes les dimensions de son identité artistique. Un exploit qui paye puisqu’avec ce film, elle devient la première femme récompensée pour sa réalisation aux Golden Globes. Ainsi, Barbra Streisand n’a pas fait la transition de la chanson vers le cinéma : elle a utilisé la chanson pour forcer les portes du cinéma, avant de s’en affranchir. Son parcours brouille les catégories et révèle combien elles sont réductrices, surtout pour les femmes.

Lady Gaga : Sorcière, vampire, star, magnat du luxe… pop cinema

pop cinema lady gagaA Star Is Born agit comme un passage de relais. En 1976, Barbra Streisand y met en scène une artiste dont la voix ouvre les portes du cinéma ; en 2018, Lady Gaga rejoue cette trajectoire depuis l’intérieur de la pop contemporaine. Lorsque Lady Gaga apparait au cinéma, ce n’est pas comme une incursion ponctuelle, mais comme l’extension logique d’une carrière déjà fondée sur la performance, le jeu et la transformation. Avant de s’y imposer, elle effectue des débuts discrets dans des rôles secondaires, notamment dans Machete Kills (2013), tout en commençant à se faire remarquer à la télévision grâce à son rôle de vampire ultra-sensuelle dans American Horror Story: Hotel (2015–2016), qui lui vaut un Golden Globe de la meilleure actrice. C’est donc avec A Star Is Born que Lady Gaga connaît sa consécration. Dans ce troisième remake du classique de Wellman elle adopte un jeu dépouillé, presque effacé, laissant derrière elle l’exubérance de la pop pour révéler une présence d’actrice subtile et crédible. Un abandon éphémère de l’extravagance excessive qui s’observait déjà depuis la sortie de son album Joanne (2016). Elle transpose ainsi au cinéma sa capacité à incarner des personnages à travers la musique, tout en démontrant qu’elle peut porter une histoire par son jeu seul. La bande originale du film, et principalement la chanson « Shallow », lui vaut un Oscar, consolidant sa double identité de musicienne et d’actrice. Depuis, Gaga poursuit des choix qui brouillent encore les frontières entre musique et cinéma. Dans House of Gucci (2021), elle incarne Patrizia Reggiani avec un mélange de glamour et de gravité, tandis que Joker: Folie à Deux (2024) la met en scène dans un rôle à la fois musical et dramatique (mais qui ne fut clairement pas au goût de tout le monde). Dans chacun de ses rôles, elle ne cherche pas simplement la reconnaissance critique ou la “respectabilité” hollywoodienne : elle expérimente, transforme et fait du cinéma un prolongement de son langage artistique, exactement comme elle l’a fait avec sa musique.

Charli XCX : Hautes prestations et Hurlements musicaux pop cinema

charli xcx wuthering heightsOn connait l’indomptable Charli XCX pour nous avoir offert un été éternel avec son album « BRAT ». Confession d’une party girl que rien ne semble arrêter, albums sous amphets aussi moderne que clin d’oeil aux années 2000, la pop star s’était offert l’immortalité des légendes de la pop à sa sortie. A la suite de pareil succès, elle promettait des années avant son retour en musique tant elle ne savait pas si elle retrouverait l’inspiration et serait même capable de taper aussi fort. C’est finalement grâce au cinéma que notre musicienne choisit de faire son grand retour. En effet, la chanteuse signe la B.O du film « Wuthering Heights » ou « Hurlevent » en VF avec un casting cinq étoiles : Jacob Elordi et Margot Robbie. Le film est une adaptation libre du livre « Les hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë signée par la réalisatrice du choquant « Saltburn » : Emmerald Fennel. Mélodies sombres et épiques viennent illustrer un récit qui est dans la lignée de « Roméo + Juliet » de Baz Lurman. Tout aussi révolutionnaire que fut ce film lors de sa sortie, cette adaptation fascine autant qu’elle angoisse les puristes. Pour autant Charli XCX n’en est pas à sa première rencontre avec le 7ème art. Elle co-signait en effet la B.O de la comédie américaine « Bottoms » aux cotés de Leo Birenberg en 2023. Sa biographie regorge d’apparitions au cinéma, donnant parfois de sa voix pour le doublage de « Angry Birds » ou de son visage notamment pour la série « Gossip Girl ». Pour autant 2026 sera l’année du cinéma pour la chanteuse. Elle sera à l’affiche de pas moins de quatre films. Pour autant, le plus notoire et à ne pas manquer étant « I want you sex » de Gregg Araki. Quand on connait la filmographie du réalisateur, l’histoire est on ne peut plus logique. Créateur d’une trilogie de film d’apocalypse adolescents dont le très violent « The Doom Generation », on lui doit aussi l’inclassable et très queer « Kaboom » qu’il faut absolument regarder. On retrouvera à ses côté à l’écran Olivia Wilde pour nous conter une sombre histoire de muse sexuelle. On a hâte !

Article écrit à 4 mains par Pénélope Bonneau Rouis et Julia Escudero


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Hilary Duff s’offre en 2026 un retour aussi inattendu que nécessaire. Pop pastel et légèreté habitent son nouvel opus « Luck … or something », coup de baguette magique d’une bonne fée qui réanime la nostalgie des années 2000. On en parle.

Hilary duff luck ... or somethingSouvenez-vous des années 2000. A moins que vous ne les ayez pas connues et que vous les fantasmiez. En tout état de cause, la vie avait une certaine douceur, si l’on en croit ma mémoire d’adolescente du moins. Les pop stars sortaient par dizaines des studios Disney. Le pop punk mettait au centre de ses préoccupations les émois adolescents. On aimait fort et nos revendications, moins politiques qu’aujourd’hui on en convient, tournaient autours du droit à la différence. On emmerdait quand même le RN avec Diams, Green Day traitait Bush d’idiot sur son album mythique. D’aucun dirait pourtant qu’American Idiot a été gâché sur ce président tant il pourrait s’adresser au président américain actuel…

Hilary Duff, l’âme adolescente des années 2000

Et au milieu de tout ça, on prenait le temps de parler ruptures et amourettes. Dans le panel, Hilary Duff était une incontournable. Starlette Disney et héroïne de la série « Lizzie McGuire », elle était devenue l' »idole » des jeunes dès ses 15 ans. Star enfant à une époque où l’adolescence était trop vite perçue comme l’âge adulte. En 2002, elle obtenait d’ailleurs son premier rôle dans un long-métrage : « Human Nature ».

Hilary duff metamorphosis

Et puis, elle s’était comme beaucoup, mise à la chanson.  De ses albums, c’est surtout le second qui marque les esprits. Le premier,  « Santa Claus Lane » manquait certainement de bangers. « Metamorphosis », lui, paru en 2003 n’eut pas l’éloge de la presse mais celle d’un public qui se reconnaissait dans la douceur candide de la chanteuse et de ses 16 ans. Un pointe de rock habitait sa pop, et ce dès le titre « So Yesterday » et son look au maquillage noir dans un clip qui vit  depuis dans ma tête sans payer le loyer. Avril Lavigne était passée par là et il fallait ajouter aux compositions une petite touche de rébellion. Les deux chanteuses âgées de 16 ans représentaient alors différentes catégories de jeunes-filles, puisque chacune faisait partie de son « clan ».

Comme pour beaucoup, ses relations s’étalaient en public. Elle datait Joel Madden, le chanteur du groupe pop punk Good Charlotte dans une relation qui aujourd’hui interroge sur une certaine différence d’âge alors qu’Hilary n’était pas majeure au début de leur relation. Et puis, en 2007, la musicienne s’affirmait dans un album electro pop « Dignity » s’osant même  à une carrière dans les films indépendant. Pour mieux se faire et comme souvent se tournant lui « permis » de bien plus se sexualiser. Il était alors de bon ton  pour les très jeunes filles devenues stars de montrer que l’âge adulte était bien là en se sexualisant, dans l’attitude, les tenues, les choix de carrière. Une sorte de go dégoutant donné par l’industrie pour enfin les fantasmer ? Le sujet mériterait des pages de réflexions. Il n’empêche qu’Hilary, elle, n’a jamais été plus loin. Son passage à l’âge adulte face caméras, c’est fait avec une certaine classe, l’affirmation d’une personnalité qui grandissait sans se trahir. Le refus de jouer dans le remake de « Beverly Hills » pour se détacher des rôles adolescents ,un album en 2015 puis une vie de famille éloignée des lumières d’Hollywood et voilà que notre starlette avait changé de vie.

Hilary duff with loveIl n’ empêche  qu’alors que le Monde semble indomptable, que les mauvaises nouvelles pleuvent, les guerres, les massacres, la destruction de la planète, le scepticisme écologique, les oppressions, il fallait une petite bulle d’air pour respirer doucement.

Et tel Gandalf dans « Lord of the ring », l’image des années 2000 et de ses visages emblématiques fait aujourd’hui son grand retour pour nous venir en aide en ces temps troublés.  Le retour donc d’Hilary Duff avec un nouvel album en 2026 sonne comme une réponse bienvenue à ce que l’on vit actuellement. Devenue maman de quatre enfants, loin du cinéma qui nous avait apportait « 13 à la douzaine » mais surtout s’il vous plait « Material Girls » aux côtés de sa soeur, la voilà telle une héroïne de retour  avec un tout nouvel album à paraitre le 20 février 2026.

« Luck … or something » : est-ce une chance ?

Un nouvel album après plus de dix ans d’absence interroge. Les attentes seront-elles respectées ? D’autant qu’il faut être honnête, nous n’attendions pas Hilary Duff, nous pensions qu’elle avait changé de carrière, qu’elle vivait sa vie autrement, loin des projecteurs et des micros. Son nouvel opus « Luck … or something » sera entièrement disponible à compter du 20 février mais la chanteuse nous en a déjà dévoilé deux extraits. Le premier « Mature » a un titre plus qu’évocateur. Le fameux album de la maturité nous attend-il ? Déjà, voilà qui ne veut absolument rien dire, nombre de premiers albums sont les meilleurs des formations. L’art n’a que faire de la maturité, il a besoin d’émotions sincères. Surtout, grand Dieu, on n’espère ne pas y trouver de la maturité. On y cherche de la pop colorée, de la légèreté, des imperfections appréciables, l’envie de danser et peut-être de penser à quelques lipsticks colorés. Comme lorsque les malls n’étaient pas le lieu le plus cringe du Monde. Je dis ça par pure nostalgie parce que le temple de la fast fashion reste objectivement à fuir.

Hilary Duff MatureEt donc ce morceau ? Ce premier extrait gagne haut la main son pari. Le refrain est accrocheur, évident. La pop y est douce. Hilary Duff ne s’y trahi pas et sait moderniser ses compositions sans se perdre. « Mature » est une plaisante retrouvaille avec l’univers de la pop star. Un second extrait « Roomates » vient donner un nouvel aperçu de ce nouveau jeu. Un ton en dessous que le très séduisant « Mature », arme pop taillée pour plaire, ce second extrait appelle l’oreille et donne clairement envie d’en écouter plus. La chanteuse a par ailleurs ouvert ses retrouvailles avec le public sur une tournée de dates allant de Londres à Toronto ou encore New-York. On espère des retrouvailles parisiennes fort bientôt. Hilary Duff c’était des morceaux comme « Wake Up » qui parlait d’aller danser en boite ou encore « Come clean » ou comment parler de rupture. C’était aussi et il faudra toujours s’en méfier, une victime de l’industrie qui forçait les femmes à toujours plus maigrir pour répondre à un idéal non existant. La chanteuse avait connu une période de perte complète de poids, trop pour son jeune âge. Aujourd’hui, âgée de 38 ans, elle est constamment la cible d’âgisme, s’interrogeant sur sa ressemblance ou non avec ce à quoi doit ressembler une « femme de son âge ». On espère que cette nouvelle ère lui permettra de rappeler qu’il faut arrêter de commenter constamment le corps des femmes et qu’il faut arrêter de faire comme si elles périmaient passé leurs 30 ans.  Pour elle et pour nous toutes.

Malgré toutes ces réalités, il reste à espérer qu’on pourra voir son albums et ses futurs concerts comme une source de jouvence. Le droit de souffler. Chère nouvelle génération, nous espérons avoir ouvert la voie aux combats que vous menez aujourd’hui. Tout n’était pas mieux avant, loin de là, surtout en terme d’éveil des consciences. Mais, quand il faudra se ressourcer, s’aérer, il sera toujours bon, le temps d’un nouvel album d’Hilary Duff de convoquer le meilleur des années 2000 pour mettre un peu de pastels dans nos esprits.


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Joan Baez sélection folk

folk artiste Joan BaezReine de la folk d’opinion publique, Joan Baez est une proche de Bob Dylan et l’une des raisons de son succès. Embrassant la folk au sens premier du terme, elle compose sa discographie  de reprises issues du répertoire de chansons collectif. Ses œuvres sont empruntées aux balades anglo-irlandaises et au gospel. Elle ensorcelle surtout dans les années 60/ 70 grâce à sa voix de soprano. Culte, divine, ses albums touchent au sublime. Profondément engagée, elle lutte également contre l’injustice sociale et aux côtés de Martin Luther King. Profondément indispensable, hier comme aujourd’hui.

Adrianne Lenker sélection folk

Adrianne Lenker – Trianon 2024 – Crédit photo : Louis Comar

La meneuse de Big Thief est aussi talentueuse en solo qu’avec son groupe. D’abord plus folk rock sur « Masterpiece » le premier album chef d’œuvre de sa formation, la sublime chanteuse vient à pousser la chanson folk jusqu’aux base de la country. En bande, « Dragon New Warm Mountain », son avant dernier essai est un havre de paix à écouter au coin d’un feu de bois. En solo, il faudra tomber amoureux de son parfait « Songs and Intruments » et du grandiose titre « Ingidar ». Depuis, la musicienne a offert à son amoureuse un répertoire lumineux sur  « Bright Futur », comme une promesse faite en boucle.

Lucy Dacus sélection folk

Lucy DacusBeaucoup la connaissent grâce à son super groupe Boygenius composé de Phoebe Bridgers et Julian Baker. Si super groupe il y a c’est parce que chacune éblouit de par sa carrière solo. Celle de Dacus comprend aujourd’hui 4 albums dont le dernier Forever Is A Feeling, s’est offert l’éloge des critiques. L’Américaine navigue dans l’univers de la folk avec une pointe de rock depuis 2015. Récompensée par de nombreux Grammy glanés en 2024, Lucy Dacus est la parfaite représentation de la folk moderne qui ouvre ses bras féeriques au grand public pour l’enlacer de toute sa douceur.

Billie Marten sélection folk

folk sélection Billie MartenIl n’y rien d’étonnant à voir le nom du producteur Phil Weinrobe (Adrianne Lenker, Buck Meek, Laura Veirs) associé à celui de Billie Marten. Comme la chanteuse de Big Thief, notre musicienne manie la folk à la perfection, injectant dans ses composition autant de douceur que de lumière. Elle publiait en 2025 un très bel album « Dog Eared », successeur de « Drop Cherries » qui est une mise en perspective de son temps passé sur les routes. Véritable nouveau visage de la folk, elle est à écouter en boucles.

Tracy Chapman sélection folk

Tracy ChapmanPersonne ne manie aussi bien la folk, le blues et la soul que Tracy Chapman. Originaire de l’Ohio, la grande prêtresse compte à son actif 8 albums studio. Tous plus extraordinaires les uns que les autres. Machine à tubes, on lui doit « Fast Car », « Talkin’Bout a revolution », « Baby can I hold you » ou encore « Telling Stories ».  Véritable légende du genre, elle est également connue pour ses engagements. C’est d’ailleurs grâce au concert pour le 70 ans de Mandela qu’elle se fait une véritable réputation. Elle soutient également au court de sa belle carrière Amnesty International  lors d’un concert et s’implique tout autant dans la lutte contre le SIDA. Songwritteuse de génie, sa voix est sans nul pareil.

Ethel Cain sélection folk

Ethel Cain au Trianon, 3 Juin 2024 @Pénélope Bonneau Rouis
Ethel Cain au Trianon, 3 Juin 2024 @Pénélope Bonneau Rouis

La musique folk bien qu’ancrée dans une histoire et issue du folklore américain n’appartenant à aucun auteur.trice, se doit d’évoluer. En la matière, de nouveaux visages viennent emprunter à ses sonorités pour les mélanger à d’autres registres et faire peau neuve. C’est notamment le cas d’Ethel Cain qui la mixe au registre du rock gothique, de la pop alternative ou encore de l’americana. Le genre ne va pas entrer dans le répertoire de la célèbre chanteuse et mannequin sur tous ses albums, exit sa présence par exemple sur le très ambiant « Perverts ».  Pourtant, il croise sa route sur son premier jet, le célèbre « Preacher’s daughter », histoire imagée et violente d’une certaine Amérique religieuse. Album centré autour de la narration d’un seul personnage, il est un immanquable de notre époque. Tout comme son plus lumineux dernier jet : « Willoughby Tucker, I’ll Always Love You ».

Laura Marling sélection folk

Laura Marling sélection folkLa compositrice anglaise magnifie la folk depuis son tout premier album en  2007. Puriste de ses sonorités, elle fréquente la scène Nu folk depuis ses 16 ans. De quoi assurer à la beauté de ses compositions  une continuité évidente sur les 10 albums qu’elle a sorti. Ses mélodies froides et puissantes lui valent de nombreuses distinctions dont une nomination aux Grammys pour « Semper Femina », son sixième opus sorti en 2017. Poétique et à fleur de peau, sa musique marque les esprits et les coeurs à chaque écoute.

Madi Diaz sélection folk

Madi Diaz Harry StyleSorti au mois d’octobre 2025, son album « Fatal optimist » s’est déjà fait une très jolie cote chez les fans de mélodies soignées. La chanteuse américaine n’en est pourtant pas à son coup d’essai. Nommée par deux fois aux Grammy Awards, elle séduit les oreilles sensibles et sublime les tonalités aériennes. A la croisée des mondes et des chemins, la musiciennes excelle à la guitare autant qu’à la voix, trouvant la tonalité parfaite pour rendre la folk plus pop à moins que ça ne soit l’inverse. Depuis son premier opus sorti en 2007, elle n’a eu de cesse d’être créative, enchainant les sorties studio avec cette même sincérité et évidence musicale qui font sa force. On jubile du tout premier « Skin & Bone » alors que sa musique vient s’encrer au plus profond de nos peaux jusqu’à sa dernière merveille, « Enema of the Garden State ». Tout est beau dans ses notes.

Joni Mitchell sélection folk

Joni Mitchell blueC’est par un enregistrement du très culte « House of the rising sun » que Joni Mitchell fait ses débuts dans les années 60. Pour la musicienne autodidacte à la guitare et au ukulélé, la folk semble être un chemin tout tracé. Même si sa belle et longue carrière ira piocher du côté de la country, du rock et du jazz, c’est avant tout la sensibilité qui la caractérise le mieux. Son chef d’œuvre, « Clouds » paru en 1969 est un recueil de balades poétique où la douceur est maîtresse. C’est pourtant en 1971 qu’elle signe l’album qui restera le plus adulé de toute sa carrière : « Blue ». Jusqu’à son dernier enregistrement en 2007, Joni Mitchell personnifie les mélodies à fleurs de peau. Et on reste follement amoureux.ses de son « Both Sides Now » paru en 2000. Attention tout même ses mélodies sombres, ne sont pas à mettre entre toutes les oreilles.

Folk Bitch Trio sélection folk

Folk Bitch trioLa scène australienne fait sa grande entrée sur le devant de la scène mondiale et avec elle, son lot de femmes puissantes. Côté rock, Amyl and the Sniffers ne laisse personne indifférent. Côté folk, et le nom du groupe donne plus qu’un indice, Folk Bitch Trio vient tout rafler sur sa route.  C’est en 2020 que le groupe se forme entre douceur et énergie. Il faut pourtant attendre 2025 pour découvrir, leur premier album : « Now Would Be a Good Time ». Un bon moment effectivement pour défricher le registre et raconter par la même occasion un très beau conte. Pas étonnant de les retrouver en signature chez Jagjaguwar., le label de l’excellence s’il en est. La modernité y côtoie les thèmes des rêveries, des ruptures et des fantasmes sexuels. Alors que l’indie folk rencontre l’indie rock, les voix aériennes prennent d’assaut nos coeurs et nos corps.


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Sam Amidon : « Les chansons folks n’appartiennent à personne » (interview)

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Aimer Big Thief, c’est faire partie d’une communauté. On y partage un amour de la…

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We Love Green 2025 - Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2025 – Crédit photo : Louis Comar

L’hiver est installé mais pour autant on continu de penser à l’été ! On compte les mois avant d’y retrouver les festivals et en tête de liste, le plus engagé de tous : le Festival We Love Green. Pour son édition 2026, l’évènement qui aura lieu à la Plaine de la Belle Etoile au Bois de Vincennes du 5 au 7 juin a mis les petits plats dans les grands et promet déjà une affiche de qualité tout en mettant l’accent sur l’écologie. Les premiers noms ont été révélés et autant dire que l’affiche annonce déjà du très lourd et comme chaque année des concerts pour faire plaisir à tout le monde.

we love green : Une affiche variée et puissante

we love green 2026Côté programmation cette année, et après une brat édition on part sur d’énormes pointures et ce dès le premier jour. En tête d’affiche du vendredi on retrouve ainsi le groupe de Damon Albarn, Gorillaz qui balancera un nouvel opus courant 2026. Une annonce magnifique qui va permettre aux billets de s’arracher. Et le reste de la programmation ce même jour laisse rêveurs.euses : Little Simz, Feu! Chatteton, Dijon, notre pepito bleu national : Sebastien Tellier, Sudan Archive … la liste est superbe pour ouvrir les festivités.

Le samedi n’est pas en retrait avec deux immenses stars féminines : la première Theodora est l’artiste féminine française la plus écoutée du moment. Elle fera son retour à We Love Green suite à son passage l’an dernier, mais cette fois elle devrait prendre d’assaut la grande scène. A ses côté, l’icône pop Addison Rae viendra chanter ses hits. Et le reste de la journée est tout aussi immense avec Mac Demarco, la très attendue Hayley Williams qui n’avait pas encore annoncé de date dans l’Hexagone sur sa tournée. Oklou ou encore Overmono complètent le tableau.

Enfin dimanche, la clôture sera folle. Côté international The XX feront vibrer le festival. Et pour ce qui est de la France, Charlotte Cardin sera de la partie. Charlotte de Witte, Dom Dolla ou encore les très attendus Ethel Cain et Disiz seront à leurs côtés.

Reste à se procurer des pass très vite ! D’autant que toute la programmation n’a pas encore été dévoilée et que de belles surprises nous attendent. Qui sait, de très (très) beaux noms sont encore pressentis quand on fait nos pronostics.


Clara Luciani - We Love Green 2025 - Crédit photo : Louis Comar

We Love Green 2025 : du vert brat aux idéologies vertes pour chanter des vers

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