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septembre 2025

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Else est le premier long-métrage de Thibault Emin. Film de genre français, l’exercice est assez rare chez nous pour avoir envie de le soutenir.  Le projet d’art et essai met en scène Anx (Matthieu Samper) et Cass (Edith Proust) enfermés dans un appartement alors qu’une épidémie sévit : « les gens fusionnent avec les choses ». Ce presque huis clos a de quoi faire rêver, mais ne précipitons pas les choses puisque le rêve a vite fait de tourner au cauchemar.

Else

ART ET ESSAIE ENCORE

Si la photographie et la chromatographie sont superbes et que l’exercice de style est assumé de bout en bout comme une expérimentation, il n’est pas certain que ce laboratoire emporte l’audience. Très vite, la technique et la forme prennent le dessus sur tout : flous à outrance, caméra-épaule consciencieusement mal cadrée… Chaque tentative ressemble un peu plus à une propre parodie de son procédé. La dernière partie va jusqu’à s’évanouir dans de longs plans abstraits de l’épidémie, rappelant les salles de projection du Centre Pompidou dans lesquelles les visiteurices passent une tête puis s’éclipsent après n’avoir rien compris à ce plan séquence de trente-huit minute en slowmotion sur la mort du Christ et l’avènement du capitalisme. Else veut se donner un style unique qui finit par ressembler à tout ce qui existe déjà en cinéma indé.

WHAT ELSE ?

L’idée de départ est intéressante, mais son exploitation est décourageante. Que ce soit l’écriture masculine et ultra-clichée du personnage de Cass, jeune femme insouciante, spontanée et libre comme l’air (pour changer) ou le jeu des comédien.ne.s qui transpire l’artifice, rien dans la forme finale ne parvient à convaincre vraiment. Le propos lui-même est particulièrement confus. Certaines scènes démarrent avec une belle intensité et s’échouent dans une mièvrerie esthétique regrettable.  Thibault Emin ne sait pas vraiment où il va avec son film, et le public non plus. Sauf si…

VIRÉE INTESTINALE

Une scène restera marquée à jamais dans les quelques esprits qui ont vu ce film. Alors que l’appartement d’Anx est infesté par l’épidémie, il doit fuir. Et le seul moyen de fuir est le vide-ordure. La descente en rappel s’apparente très vite à un POV d’étron (pardonnez cette poésie). Le vide-ordure ressemble à un intestin dont Anx serait la crotte. À l’appui de cette analyse scato : l’anus géant par lequel Anx sort de l’immeuble. Pet foireux ou métaphore raté, il n’est pas évident de savoir si la chasse a ou non été tirée.

bien essayé

Peu de choses resteront donc de ce premier métrage digestif : un visuel chiadé qui peine à se modérer ainsi qu’une bonne idée bizarrement exploitée. La tentative est louable mais le résultat n’est pas encore là. Else aurait gagné à ne pas se vouloir ésotérique et à tout pris artistique, le propos et la narration en pâtissent bien trop et cela est dommage. Alors même s’il reste quelques traces dans la cuvette, la curiosité et le soutien aux jeunes projets originaux peuvent justifier un visionnage, pour l’expérience.


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Il est en France une tradition de prix décernés par l’industrie dont la justesse des lauréats semble parfois manquer de cohérences. Des découvertes qui n’en sont pas, des albums oubliés, la pluralité musicale de notre pays effacée. En ce sens le Prix Joséphine fait office d’OVNI dans le paysage. En 2025, il célébrera sa quatrième édition en grand pompe puisqu’il prendra d’assaut l’Olympia le 30 septembre pour sacrer ses lauréat.es et autant dire que la sélection est magnifique !

Prix Josephine 2025Le Prix Joséphine comment ça fonctionne ?

Concrètement, des journalistes musicaux font un premier tri des albums français qui ont marqué l’année via une liste de candidats. Cette année plusieurs centaines d’artistes candidatent et envoient leurs albums. Un lourd travail attend alors le jury chargé de réduire ce nombre à 40. C’est finalement un jury composé d’artistes qui a la lourde tâche de choisir 10 finalistes parmi les albums qui leur sont proposés puis de sélectionner un ou une seul.e gagnant.e. Une démarche originale qui permet aux artistes de valoriser d’autres artistes en ayant pleinement conscience de leur travail et de leur processus créatif.  Cette année c’est sous la présidence de Laurent Garnier que les 10 albums qui ont marqué l’année française 2025 ont été sélectionnés.  Et dans cette sélection tous les genres se croisent : électro techno, électro pop, jazz feutré, rap old school, nouvelle scène ou encore rock et pop hybride seront de la partie !

Une grand soirée à l’Olympia de Paris le 30 septembre !

Le 30 septembre se vivra comme une soirée immanquable. Forte de son succès, cette nouvelle édition du Prix Joséphine a du abandonner les Studios de la radio pour trouver plus grand. Et quoi de mieux que la mythique salle de l’Olympia donc pour présenter sa sélection toute aussi grandiose ?

Ce soir là, les 10 artistes offriront au public un concert exceptionnel et en profiteront pour parler de leur travail. Pour celles et ceux qui ne pourront pas être présent.es sur place, FIP diffusera la soirée en direct. Ne manquez pas ce très joli moment musical !

Pour vous préparer, rendez-vous sur les réseaux sociaux du Prix Joséphine pour découvrir les 10 mini documentaires consacrés au 10 artistes du palmarès.

Prix Joséphine 2023 – Crédit Photo : Louis Comar

Et le palmarès ?

  • Arthur Fu Bandini – Ça n’a jamais été mieux avant
  • Blasé – BlaBlaBla
  • Gabi Hartmann – La femme aux yeux de sel
  • Ino Casablanca – Tamara
  • Laura Cahen – De l’autre côté
  • Marie Davidson – City of Clowns
  • Miki – Graou
  • Oklou – Choke Enough
  • Theodora – Bad Boy Lovestory
  • Wallace Cleaver – Merci

Reste à savoir qui succèdera à November Ultra, Tuerie et Bonnie Banane. Des pronostics ?


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Voilà un artiste qui a su se retrouver sous les lumières des projecteurs en seulement quelques battements de cils.  Sombr n’a que 20 ans et pourtant, il a remporté, à peine un tout premier album sorti, le prix du meilleur artiste alternatif aux MTV VMA 2025. Probablement l’une des cérémonies qui comptent le plus en matière de musique puisqu’elle met en lumière les noms les plus en vogue du moment pour mieux en révéler d’autres. Lady Gaga y remportait le prix de la meilleure artiste, Sabrina Carpenter y officiait une performance inoubliable plaçant tous les regardes sur la communauté des personnes trans et offrant au passage un savoureux show de drags queen. Les moments importants qui peuplent l’année s’y succèdent. Les remerciements d’Ariana Grande aux personnes gays et bien-sûr la présence du petit nouveau sur lequel il faudra désormais compter : Sombr. Il était temps qu’on vous en parle.

sombr I Barely Know HerSombr : sortir de l’ombre pour toucher le soleil

Le constat est dans appel, les chiffres parlent. S’ils ne sont pas la référence en terme de musique et qu’il vaut toujours mieux s’attarder sur la qualité, ce que nous ferons ensuite, ile ne mentent pas. Sans album à son actif, le New-yorkais s’offrait déjà 50 millions d’auditeurs mensuel sur Spotify. Tik Tok est une force incroyable pour qui saurait s’en servir. Pour autant une fois la machine lancée, Shane Boose, de son véritable nom a su partir à la conquête de toute la planète. Le voilà donc à seulement à la 20 ans à la tête pensante d’un premier album qui s’offre 1,7 milliards de stream. De quoi donner le tournis. Mais d’où vient le petit génie de cette nouvelle pop ? Le musicien a grandi à New-York et a fait son apprentissage dans le même établissement que Timothée Chalamet : LaGuardia High School. Il y apprend la musique classique et rentre chez lui le soir pour se concentrer sur une créativité pop débordante. C’est en 2022 qu’il publie le titre « Caroline ». Un morceau destiné à un ancien amour, le sentiment qui parle au plus grand nombre. La machine s’élance. Dans ce nouveau monde, le public décide d’abord et les labels suivent. Le voilà donc rapidement courtisé par les plus grands. Le coup d’essai se transforme. Loin des ombres, le voilà qui emménage dans la Cité des Anges. En 2023, il publie son premier EP « in another life », les préludes d’un album qui deviendrait culte dès sa sortie. La montée est incroyable : un nouveau titre  » Back to Friends  » se place encore plus haut dans les écoutes. Voilà 10 ans qu’aucun démarrage n’avait été aussi puissant. Première place des charts aux Etats-Unis, top 10 en Europe, toutes les oreilles sont tournées vers le jeune-homme. « undressed » suit et connait le même succès. Malgré sa gestion incomparable des réseaux sociaux, c’est à un grand romantique et l’un des meilleurs compositeurs que tous les temps que Sombr s’identifie. Il rêve d’une comparaison à Jeff Buckley, étoile filante de la planète musique, compositeur inoubliable à qui l’on doit la plus belle reprise d' »Hallelujah » du très sombre Leonard Cohen. Buckley avait, il faut le dire la capacité de rendre lumineux les textes les plus noirs et ses plus douloureuses pensée. Et notre musicien lui aussi beigne dans cette faculté à créer une aura autour de ses création. De là à sortir un opus qui « soit au moins aussi bon que le pire de Jeff Buckley » comme il le souhaitera dans une interview ?

Sombr, « I barely know her », son propre « Grace »?

sombrDans sa courte existence, Jeff Buckey n’aura pu sortir de son vivant qu’un seul album, le très justement intitulé « Grace » tant il confère à l’état de grâce. Décédé par noyade à seulement 30 ans, le musicien a pourtant réussi à marquer de nombreuses générations dont celle de Sombr. Les deux artistes partagent autant des traits à la douceur infinie qu’un début de carrière entre Los Angeles et New-York. C’est également un mois d’août qu’ils sortaient respectivement leur premier album :  en août 1994 pour Buckley et le 22 août 2025 pour Sombr. Ces quelques similitudes forment un tout pour deux carrières pourtant bien différentes. Déjà parce que l’on souhaite à Shane Boose un bien plus longue vie, épanouie que son prédécesseur mais aussi parce que chacun vient à exceller dans son registre. « I Barely know her » s’offre un mélange des genres mais là où l’icône tirait entre folk et rock, notre nouveau petit génie lui va plutôt piocher entre pop et rock.

sombr - undressed (official video)

Dès le premier morceau de l’opus « crushing », Sombr dévoile une précision d’écriture fascinante. Super titre semble composé à l’instinct et il est pourtant l’équivalent musical d’un alpha prédateur. Tout a été pensé chez lui pour attirer et conquérir son public sans lui laisser la moindre chance de ne pas tomber sous le charme. En d’autres termes : ses composition tuent (ou dead ça si vous préférez). Les registres s’y croisent et s’y tordent , la pop y est puissant, dansante, évidente et pourtant novatrice. C’est aussi parce que notre homme sait pousser sa voix, l’envoyer dans les aigus, comme un certain The Weeknd ou bien Michael Jackson avant lui. Ces changements de registres vocaux sont autant de capacité de perfection et de faculté à séduire. Il hypnotise alors, l’envie de bouger se fait nécessité à mesure que les titres défilent. Tous y ont la précision d’un mega hit. Sur 10 morceaux, la logique d’écriture est exemplaire et la cohérence maitresse. « 12 to 12 » évidemment est un sommet des compositions pop à faire rougir Harry Styles. Pas étonnant donc qu’il remporte un tel succès. Pourtant notre homme sait changer d’apparence, « I wish knew how to quit you », sait se faire plus rock tout en gardant cette même faculté à créer un refrain intemporel. L’expérience se répètera en boucle et ne sera d’ailleurs pas sans rappeler les inspirations d’un autre groupe à succès : The 1975.  Les deux partagent un univers où le rock se fait douceur, où le tempo est un havre solaire. « Come closer » profite d’une introduction qui va droit au but et entre immédiatement en tête. Est-ce là la qualité d’une génération réseaux sociaux qui sait faire passer son message dès les premières secondes ? La transposition semble évidente puisque le chanteur se positionne dans l’immédiateté musicale. Les titres y sont courts, environ 3 minutes 30 chacun, pour délivrer un message électrisant. Sombr sait ce qu’il veut raconter et connait ses bases musicales. Sa formation classique lui permet de jouer et texturer ses écrits. Rien n’est laissé au hasard et la production particulièrement soignée lui offre une accessibilité immense. « Under the mat » conclut l’essai en un titre chaleureux aux tempos bien sentis. Un feu d’artifice final qui ne laissera pas notre artiste dans un coin sombre. A défaut du même destin on souhaitera à Sombr, la même aura que Buckley. Celle d’un jeune génie qui aura su marquer toute une génération et celles qui suivent.


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