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En plein milieu de cette magnifique période d’effervescence de concerts qui n’est pas prête de s’essouffler, c’est un groupe cultes de vieux dinosaures qui était de passage sur la scène du trabendo à Paris. Sans surprises complète à craquer, la petite salle collée au Zénith a ce soir-là du 22 octobre vibré au rythme sacrément électrique d’un groupe qui, depuis 35 ans, n’a rien perdu de sa patte si particulière.

Dinosaur Jr au trabendo – Crédit : Théophile Le Maitre

Un mur d’ampli Marshall est dressé devant nous sur scène. Serait-ce Justice qui a pris possession des lieux pour une apparition surprise ? Non, c’est bel et bien J. Mascis et sa bande de vieux rockeurs endurcis qui ont ramenés de quoi nous friser et blanchir les cheveux. A vrai dire, ces mecs là ont tout notre respect au vu de leur endurance : une quinzaine d’albums composés toujours dans la même veine depuis 1985, jusqu’au petit dernier sorti l’année dernière, Sweep it Into Space. Celui-ci encore ne démord pas avec ses lourdes guitares, ses riffs inépuisables, ses solos aériens et la voix si particulière de son leader, contrebalance parfaite à ce rock pressé et marque de fabrique du groupe dont la souplesse ne faiblit pas. Oui, Dinosaur JR est encore dans la course.

Ligne de départ

Les trois musiciens entrent sur scène humblement. J. Mascis tire un peu la tronche mais c’est ce qui a toujours fait son charme. A la basse, Lou Barlow fait en sorte de contrebalancer la nonchalance. Il est tout sourire, sautillant, bavard. Le set commence sur « the lung », un de leurs tout premiers morceaux. Ca n’y va pas de main morte. Après quelques ajustements sonores sur la guitare qui peine à prendre de l’ampleur, nous voilà partis pour une bastonnade en bonne et due forme, avec des sonorités côtoyant parfois le métal. Depuis 30 ans, la recette perdure. Le public présent ce soir-là est composé de fidèles de la première heure, et de plus jeunes venus goûter la puissance délivrée par les maitres rockeurs. On sent dans la salle un grand plaisir partagé d’avoir encore la chance de se shooter à ces morceaux si vivifiants, pour la plupart cultes, mélangés à d’autres plus récents qui ne font pas tâche mais qui, justement, apportent une continuité cohérente à l’identité du groupe. « I Ain’t » par exemple, morceau d’ouverture du dernier album en date, sonne déjà comme un tube de leur discographie. Joué en début de concert, il fait la liaison entre les années d’or et aujourd’hui. Dinosaur Jr poursuit sa route avec mérite, au sein d’une ère dans laquelle ils ne sont plus rois, mais pour laquelle ils refusent néanmoins d’abdiquer. Et à la différence des Pixies qui parviennent difficilement à accorder leur musique à l’époque, Dinosaur Jr ont préféré ne rien changer, pour continuer à faire vivre les années 90, lesquelles furent, on le sait, décisives pour le rock.

Ligne droite

Le live file droit. Quand c’est fini, y’en a encore. A chaque fin de morceau, une petite excitation nait en nous dans l’espoir que le suivant soit tout aussi jubilatoire. Au milieu, un enchainement d’or se dessine avec « the Wagon », « Start Choppin’ », et « Feel the Pain », tous trois issus d’albums mythiques du groupe. Sur la première, on se rappellera longtemps des « baby why don’t we » du refrain qui ont définitivement fait rentrer la foule en délire. Les pogos vont de plus belle. Plus tôt, le culte et génialissime « Out there » avait lancé les hostilités.

Dinosaur Jr au trabendo - Crédit : Théophile Le Maitre
Dinosaur Jr au trabendo – Crédit : Théophile Le Maitre

Plus le son grogne, plus J. Mascis reste statique. Il n’est pas blasé, mais simplement lui-même. Le rock, ça n’est pas forcément Mick Jagger se dandinant à 80 balais. On s’en tamponne du spectacle. Non, le rock, c’est aussi accepter la vieillesse. Et tant que celle-ci ne transparait pas dans la musique, c’est le principal. C’est ce qu’essaie de faire Dinosaur Jr : porter leur musique autant qu’elle ne les porte.

Le reste du concert sera globalement de la même intensité, sans véritables contrastes. Ce n’est de toute manière pas ce qu’on attend d’eux. 1h30 de guitares inarrêtables suffit à nous contenter pleinement. En rappel, le groupe demandera gentiment au public un morceau qu’ils veulent entendre. C’est « Watch the Corners », un morceau poignant des années 2010, qui repartira gagnant, tout comme le public, assurément conquis par cette belle prestation. Messieurs de Dinosaur Jr, vous portez définitivement bien votre nom.

Dinosaur Jr au trabendo - Crédit : Théophile Le Maitre
Dinosaur Jr au trabendo – Crédit : Théophile Le Maitre

 

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