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février 2026

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L’année 2026 a enfin démarré ce 27 février. Quelques agréables sorties avaient déjà peuplées nos écoutes, sortant le bout de leurs nez ça et là mais l’affaire restait timide. Et voilà qu’enfin, Gorillaz offrait au monde son neuvième album. Nouveau chef d’œuvre hybride, il est sans conteste une véritable bouffée d’air frais après le discutable « Song Machine » et le très discutable « Cracker Island ». Fable visuelle sur la vie, album aux visages multiple mais à la cohérence indéniable, ce nouvel essai vient renforcer la position d’immanquable du groupe et donner à cette nouvelle année son premier sans faute.

Montée en puissance et paysages de rêve gorillaz

gorillaz the mountainLe groupe virtuel de Damon Albarn a plus d’une corde à son set l’alpiniste. Créé en 1998, la formation composée de 4 personnages imaginaires (Stuart Tusselpot, Murdoc Niccals, Russel Hobbs et Noodle) est en réalité composée de beaucoup plus de musiciens réels. Depuis ses débuts, il s’amuse à brouiller les pistes du genre allant du rock au tip-hop en passant par le reggae et le hip hop. Ce nouveau jet ne déroge pas à la règle et va puiser titre après titre dans un vaste panel qui cette fois va jusqu’à la world musique et une immense dominante indienne. Damascus, onzième morceau de l’opus en est la plus parfaite illustration. Un titre au combien surprenant et bienvenu dans l’album qui modernise la musique traditionnelle de ce pays dont les sonorités sont bien peu exploitées d’habitude. On y passe d’un refrain entêtant fait de loops au hip hop sans sourciller. La magie de Gorillaz opère, les codes sont brisés. The Shadowy Light poursuit cette initiative. Gorillaz frappe là où ne l’attend pas. La pochette de l’album pouvait pourtant se vivre comme un indicatif puissant de ce périple multi-culturel. Et pourtant le changement constant de texture au cours de chaque titre et non titre après titre va constamment dérouter l’auditeur. Le voyage est si beau qu’il éblouie. Il faut non être un grand groupe mais un immense groupe pour réussir pareil tour de force. Et c’est bien en ça que la formation de Damon Albarn gagne ici de nouvelles lettres de noblesses. Dérouter sans se perdre, offrir un périple spirituel, émotionnel et musical tout en gardant une véritable consistance. Alors que Bad Bunny dans son show hyper commenté parlait à raison et avec force d’une Amérique plurielle, mettant en son centre tout son sud, Gorillaz poursuit le travail. The Manifesto en huitième position et donc à mi-parcours de la galette balance des sonorités latinos ponctuées de Hip Hop. On trip et on hallucine, comme après avoir consommé le breuvage d’un incroyable gourou au pays du Dieu Krishna. The Mountain c’est aussi la séparation entre la vie et le royaume de l’après. D’ailleurs, Albarn vient à parler avec la plus grande des délicatesses du deuil sur le titre The Hardest Thing. Tonny Allen, musicien et batteur pionnier, disparu en 2020, ressuscite le temps de donner de la voix sur l’introduction du morceau. Avec une montée en puissance angélique, des superpositions de voix et une douceur savamment bien écrite, le frontman va questionner la disparition. Obsessionnel, il répète jusqu’au titre qui suit, Orange County, les mêmes paroles en boucles : « You know the hardest thing is to say goodbye to someone you love, that is the hardest thing ». Parce que le manque ne s’arrête pas, il change les vies, la perte déteint toujours sur tout, on existe à ses côtés. Ce besoin d’en parler vient surtout de la perte de la belle-mère de Damon Albarn des suite d’un AVC alors qu’elle voyageait en Inde puis de son propre père à 10 jours d’intervalle. Damon Albarn disait au revoir à Keith Albarn, en juillet 2024. Il choisit alors de se rendre à Bénarès, capital spirituelle de l’Inde et disperse une partie de ses cendres dans le Gange offrant à la mort une toute autre vision. Cette vision va venir peupler et hanter un album hors-cases et puissant. Mais The Mountain n’est pas un album de deuil, ou pas uniquement. C’est une ode à l’existence, à la vie toute entière, ses sommets, crêtes, descentes.

Grande soupe atomique gorillaz

gorillaz the mountain court métrageEt si nous étions un tout, façonné par notre imaginaire ? C’est le postulat de l’album qui vient puiser sa source dans le Gange pour mieux maximiser toutes les possibilités créatives. A mesure que les morceaux défilent, Gorillaz abandonne entièrement sa vision occidentale et se confronte au bouillon indien. Un rythme fou, une chaleur étouffante peuplent ce récit ainsi que le court-métrage qui lui est lié «  The Mountain, The Moon Cave & The Sad God« . Ce récit en 2D, tout comme la galette qui lui répond sont la résultante d’un nouveau voyage des membre de la formation à travers l’Inde. C’est par la rencontre de musiciens locaux, de paysages et d’une autre façon de voir la vie que toute cette œuvre va prendre forme.

La vision occidentale, du moins d’un point de vue musical n’est pas entièrement absente de l’opus. On la retrouve par brides et à travers ses impressionnants et nombreux featurings. The God of Lying invite notamment les puissants Idles à revoir leur vision sombre du rock pour leur insuffler quelques brides de sonorités qui pourraient bien charmer les serpents. Souvent les refrains sont l’occasion de raccrocher quelques wagons avec le monde londonien dont est originaire Gorillaz. Le groupe va également puiser dans l’énergie des Beatles, le plus grand des groupes anglais, qui eux aussi avaient voyagé en Inde pour puiser de nouvelles sources de créativité. C’est sûrement leur aura dispersée qui vient à donner à l’opus ses facettes plus rock mais aussi leurs aspects plus tubesques. Puisque peut-on seulement aller en Inde en étant musiciens sans côtoyer les fantômes passés des fab 4 ? On retrouve également aux crédits l’immense Johnny Marr, autre figure emblématique anglaise et co-meneur de The Smiths, sur quatre titres. Dire que cette rencontre musicale est épique revient à diminuer la force de cette fête des divinités. De même la présence de Paul Simonon (The Clash) au générique de Casablanca avec Johnny Marr touche au rêve éveillé. Le titre lancinant à la production méticuleuse pourrait sans surprise être la création d’un Dieu aux bras multiples. C’est pourtant loin du Royaume-Unis que l’album voit le jour. Son lieu de naissance, du moins en terme d’inspiration n’est autre que Jaipur. Les sonorités viennent de la terre et de musiques folkloriques traditionnelles locales entendues dans les rues. C’est toujours un enjeux puissant que de reprendre pareil héritage, d’autant lorsque l’on a pas grandi avec,  pour se l’approprier. Et pourtant, le formation réussi parfaitement son pari. The Mountain est un portail vers un nouveau monde musical, une vision transcendantale de la vie, un changement radical. Épopée brillante à vivre plusieurs fois pour mieux en déguster la substantifique moelle, il marquera à jamais les esprits de celles et ceux qui l’appréhendent. Damon Albarn, le créatif, l’indomptable, n’a de cesse de rappeler ses dons d’innovations et d’expérimentations musicales. The Sad God clôture notre voyage en une ritournelle à fleur de peau qui prend aux tripes. Les Dieux de la musique, plus humains qu’ils n’y paraissent, peuvent bien faire de leur tristesse des montagnes dans lesquelles ont trouve tous refuge.


Clara Luciani - We Love Green 2025 - Crédit photo : Louis Comar

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Blossoms - Elysee Montmartre Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Blossoms – Elysee Montmartre Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

En 2020, Blossoms publiait un album intitulé « Foolish loving space ». S’il est loin d’être le petit dernier de la bande de Tom Ogden, deux bangers étant venus lui succéder depuis, il porte bien le nom qui définira le mieux cette soirée du 14 février 2026 à l’Elysée Montmartre. La salle parisienne, dont la renaissance des cendres reste un miracle nécessaire qu’on ne se lasse pas de contempler, devint ce jour-là témoin de bien des formes d’amour. Celui de couples qui célébraient la Saint-Valentin en musique, d’amitiés profondes exacerbées par des riffs bien sentis et celui d’un public pour un groupe qui sait le lui rendre. Retour sur une soirée aux tonalités ocres et aux sentiments puissants.

Date made in UK blossoms

Comme souvent en matière d’artistes made in UK, la France les découvre avec une certaine timidité. Si ce soir, le public français n’en est pas à son tout premier date avec Blossoms, le groupe ayant officié régulièrement dans l’Hexagone lors de nombreuses premières parties, l’atmosphère a tout d’une première rencontre. On s’y convoite et on s’y découvre parés de nos meilleurs atouts. Ce n’est pourtant pas le public français qui domine dans la salle transformé ce soir en night club romantique. Le public anglais a traversé la Manche pour venir fêter les amours avec ses chouchous. Et ça se ressent en tout instant. Déjà parce que l’assistance parle majoritairement dans la langue de Shakespear avec cette accent diablement envoûtant qui s’éveille en miroir côté scène. On dit Shakespear mais à l’heure actuelle peut-être devrait-on dire celle d’Emily Brontë, qui domine ce 14 février grâce à la sortie d’une nouvelle adaptation de son « Hurlevent ». Là où l’autrice parle d’un amour horriblement toxique, le nôtre ce soir en est complètement absout. Le public anglais, on le voit aussi à la longue queue qui se dessine de tous les côtés menant au bar, au risque de jouer sur les clichés. Les bonnes nouvelles, elles s’arrosent. Et puis surtout, il se ressentira durant la totalité de ce concert d’une heure et demie qui semble n’avoir duré que quelques secondes. Nos voisins savent émettre un amour infini, festif et radical en salle de concerts. Impossible de ne pas éprouver à leur égard la plus grande des gratitudes pour leur capacité à nous entrainer dans leur façon de vivre le live pleinement et sans complexe.

Blossoms - Elysee Montmartre Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Blossoms – Elysee Montmartre Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

Côté scène, le groupe irradie et joue de toutes leurs cartes pour séduire. Voilà qui fonctionne bien. Des lumières ocres peuplent l’intégralité du spectacle. Elles se reflètent pleinement sur nos joues d’abord rosies par le grand froid extérieur, puis par la chaleur dégagée par l’instant. On laisse aller immédiatement nos coeurs sur le premier titre balancé à coup de fort bonne humeur : « Gary ». Le morceau est issu du dernier album de la formation. Il a été écrit, pour la petite histoire en hommage à un gorille de verre de 2 mètres volé dans une jardinerie en Ecosse. Foolish, nous le disions. C’est aussi lui qui donne son titre au dernier opus du groupe publié en 2024.  Et c’est aussi bien évidemment lui qui va venir dominer la setlist de la soirée avec pas loin de dix morceaux qui en sont issus. Les 5 autres n’en seront pas exclus alors que le tout premier né « Blossoms » prend ses aises.

Blossoms - Elysee Montmartre Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Blossoms – Elysee Montmartre Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

Une soirée au pub pour aimer et éclore Blossoms

Le nom de la formation, Blossoms, lui vient d’un pub dans lequel le groupe avait pris ses quartiers. Cette particularité pour nos originaires du grand Manchester s’invite sur scène. Le début de la soirée ne joue pas la carte de la timidité, les titres s’enchaînent avec aisance comme les tournées de pintes au pub. « At most a kiss », « Gateway » suivent et s’enchaînent servis par quelques jolis mouvements de danse du frontman.

Blossoms - Elysee Montmartre Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Blossoms – Elysee Montmartre Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

Le ton est donné. Il ne s’agira pas d’un concert militant ou porté par une grosse scénographie, seul les mots « Night Club » viennent ainsi leur servir de décors. Mais plutôt d’un véritable moment feel good. Si l’on devait comparer l’instant au cinéma, on aurait ici à faire à un coming of age movie qui chauffe les âmes et les coeurs. Ceux-ci sont à l’unisson et quand le chanteur évoque enfin la Saint-Valentin, puisque nous le disions et nous nous répétons c’est ce soir, il demande plutôt que de simplement parler d’amoureux si certain.es sont venu.es accompagnés de leurs meilleur.es ami.es. De nombreuses mains s’élèvent alors dans l’assistance. L’amitié, l’une des plus pures formes d’amour domine les célébrations. Ce qui est vrai côté public l’est aussi côté scène où elle émane d’une formation qui se connait parfaitement et dont la proximité permet des prouesses musicales.

Si l’on croit aux âmes soeurs et à la destinée de la rencontre, la chose serait particulièrement vraie dans l’histoire de Blossoms. Puisque le saviez-vous, tous les membres du groupe sont nés dans le même hôpital et se sont pourtant rencontrés bien plus tard en des moments différentes. Certaines histoires sont simplement faites pour arriver, il n’y a pas de hasard. Les titres sont emprunts d’une lumière qui irradie l’instant. Ils sont aussi entrainants que bien écrits. La simplicité est de rigueur mais de celles qui soulage les esprits et invite à danser. Pas étonnant d’ailleurs quand on écoute les sonorités de Blossoms de voir que leur premier label était Skeleton Key monté par un membre de The Coral, le groupe de l’excellent Bill Ryder Jones. Les frères ennemis Manchester et Liverpool ont tant de belles choses à nous offrir !

Et nos coeurs battent la mesure blossoms

L’amour est un thème récurent de l’univers musical du groupe. Et il s’invite clairement à la fête à travers ses titres dans la set list.  « Oh no (I think I’m in love) » est de la partie tout comme « Honey Sweet » ou encore « The Honeymoon ». L’osmose du groupe vient aussi de sa capacité à faire exister tous les instruments et tous ses membres sur scène. Ainsi toutes les percussions s’offrent un solo autour de la batterie en un très joli tableau qui invite les coeurs à battre plus vite. Loin d’être un one man show comme c’est souvent le cas avec ce type de formations rock, le jeu scénique se dessine pour faire vivre tout ses sujets. Un second tableau centré autour du frontman pour un temps acoustique se dessine comme une photographie prise avec talent.

Blossoms - Elysee Montmartre Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Blossoms – Elysee Montmartre Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

Les interactions sont finalement peu nombreuses, le groupe préférant laisser place à la musique. Quelques instructions viennent tout de même ponctuer ce date très réussi. Notamment celle de clapper fort pour permettre à une surprise d’arriver. Les surprises, idéales pour séduire, sont bien présentes. Le clavier et la guitare donnent le La aux pas de danse sensuels d’un meneur en crop top et aux lunettes de soleil greffées sur le nez. L’amour c’est aussi celui d’un groupe pour la scène de Manchester qui l’a biberonné. Ainsi, une courte reprise d’Oasis fait son entrée de façon impromptue dans la soirée. La chaleur est là, puissante et les lumière oranges rendent le moment d’autant plus plaisant. Alors dans la folie de ce joli rendez-vous quelques jeunes-femmes viennent se glisser sur les épaules de leurs compagnons.

Blossoms - Elysee Montmartre Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Blossoms – Elysee Montmartre Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

La partie s’accélère et les gros tubes hantent maintenant les hauteurs de l’Elysée Montmartre. Ils se font obsédant et on en perd toute notion de temps. Point de rappel surfait ne vient habiller le moment. En place et lieu, une succession de morceaux puissants se glisse dans nos oreilles. A commencer par « My Favourite Room ». C’est évidemment « Charlemagne » qui clôture les festivités. L’instant parait trop court. Devenues les Cendrillon d’une soirée parfaite et hors espace temps, voilà que le orange des lumières se transforme en celui de notre calèche devenue citrouille. Il faudra donc rapidement quitter notre conte de fée britannique pour lui donner une nouvelle teinte de rouge. Celle de joues qui retrouvent le froid de février, cette fois-ci couvertes de jolies petites rides apparues ici à force d’avoir top souri.

Blossoms - Elysee Montmartre Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Blossoms – Elysee Montmartre Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

Lorde Zenith Paris Ultrasound tour par Louis Comar

Lorde : L’or de la pop signe un show qui valait un milliard au Zénith

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The 1975 : still … a live and very much alive ( Report du Zénith de Paris)

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Mylène Farmer : scream queen pour « Ghostland » pop cinema

pop cinema mylène farmer ghostlandReine de la pop en France, Mylène Farmer a toujours su amener énormément de cinématographie dans ses clips. Il a pourtant fallu du temps pour qu’elle trouve sa place sur grand écran. C’est finalement grâce à Pascal Laugier et le cinéma d’horreur que LA queen se fait scream queen. Le passage pour une pop star au cinéma d’horreur est peu fréquent. Lady Gaga s’y était essayée à travers « American Horror Story », certes, mais la chose reste rare. Non pas que l’esthétique horrifique est hermétique au monde de la pop. Récemment à titre d’exemple, Sabrina Carpenter utilisait de nombreux codes du genre pour son clip « Taste » de « Psychose » à « Ginger Snaps » en passant par « Kill Bill ». Mais pour ce qui est de s’inviter à rejoindre un psychopathe sur grand écran, l’affaire est plus complexe ou se réserve au monde du rock. Chester Benninghton, regretté chanteur de Linkin Park prenait par exemple place dans un des nombreux films de la saga « Saw ». Pour ce qui est de Mylène Farmer, elle choisit de briller face à la caméra de l’un des plus grands conteurs horrifiques made in France qui soit. Le papa de « Martyrs », le film d’horreur le plus traumatisant de ces dernières décennies ( un chef d’œuvre soyons honnêtes) fait de l’icône pop une mère pour son film. Ce home invasion en profite pour aborder le poids du traumatisme et l’essence même de la créativité. Devant la caméra, la chanteuse range ses artifices, et épouse un rôle plus sage. Le charisme est de mise et la sobriété, comme une relecture du mythe de la plus célèbre des « libertines ».

Ariana Grande : féerique Glenda de « Wicked » pop cinema

Ariana Grande WickedEnsorceler, c’est sûrement le maitre mot de la carrière d’Ariana Grande. Chanteuse à pas de velours, à la puissance et au charme envoutant, sa réputation n’est plus à faire. Côté cinéma, la petite fée de la pop n’en est pas à son coup d’essai. On la retrouve engagée dans l’immense ‘Don’t look up » (2021) , claque cosmique, qui parle avec finesse, humour et gros moyens du réchauffement climatique et du déni qu’il engendre. Mais elle est aussi à l’affiche de « Snowflake » dès 2011. Entre temps, les rôles se suivent et ne se ressemblent pas. Elle figure dans « Zoolander 2 » de Ben Stiller qui depuis aura énormément fait parler, notamment pour son écriture trop cliché de la communauté LGBT . Elle fait aussi des apparitions sur petit écran de « Scream queens » à « Kidding », le panel est large. Il faut pourtant attendre 2024 pour que le grand écran lui offre un rôle taillé sur mesure : celui de Glenda dans « Wicked » qui retrace l’histoire de la méchante sorcière de l’ouest du « Magicien d’Oz ». Ariana Grande interprète donc la gentille sorcière de l’est, douce et populaire, personnage à l’apparente superficialité mais au grand cœur. Cette comédie musicale lui permet de (beaucoup) pousser la voix et de sortir une bande originale épique qui aura fait s’arracher les cheveux à de nombreux fans lors de son pressage limité pour le Disquaire Day 2025. C’est aussi par ses décors que le film s’illustre. Le travail de mise en scène, de cadre, de photographie et de costume y étant à couper le souffle. Face à ce cadre magique, la chanteuse toute de rose vêtue livre une performance de ballerine et dévoile un look encore plus léché que lors de ses apparitions scéniques (et que ses célèbres oreilles de chat). Tiré d’un livre, le long-métrage profite d’un très beau budget et d’un succès colossale. Sa suite, « Wicked for good » profite de la même popularité lors de sa sortie le 26 novembre 2025. Comme toujours, les critiques vont dans les deux sens, certain.es préférant largement cette séquelle plus sombre, d’autres restant pour toujours fans du premier. Toujours est-il que la saga aura propulsée la carrière de la musicienne à un tout autre niveau lui promettant un avenir pluriel.

Harry Styles : dangereux prince charmant pour « Don’t Worry Darling » pop cinema

don't worry darling
Chérie, ressert quelques filtres à nos invités

Ancien One Direction, aujourd’hui superstar de la pop, Harry Styles s’est créé une image forte et reconnaissable entre toutes. Le petit chouchou du boys band a su sortir des titres forts de l’excellent « Sign of the times » au fédérateur « Watermelon sugar ». L’année 2026 sera par ailleurs la sienne à n’en pas douter. Son retour musicale annoncé par surprise avec « Kiss all the time. Disco occasionally » a fait bondir la planète entière. D’autant que son premier extrait le très électro « Aperture » est une véritable pépite qui ne saurait être entachée que par le scandal des tarifs exorbitants de sa tournée. Les choses sont toutes autres côté cinéma alors que le bonhomme se défend par un choix de filmographie léchée. On le retrouve au générique de « Dunkerque » mais aussi dans le tôle d’Eros dans « Les Eternels ». Voilà qui est évident, désir charnel et amour vont si bien à Harry Styles ! D’ailleurs son rôle le plus marquant, en tête d’affiche aux côtés de Florence Pugh lui donne les traits d’un personnage tout aussi désirable dans « Don’t worry darling » (critique complète ici). Désirable du moins sur le papier puisqu’à mesure que la bobine avance sous l’œil d’Olivia Wilde, la vie de femme au foyer des années 50 de notre protagoniste tourne au pire et son époux semble bien ne pas tout lui avoir dit. Le film est une œuvre au féminisme affirmé qui va de pair avec les revendications d’Harry Styles. Bien que son rendu soit discutable, d’autant plus qu’une guerre sur le plateau lui a fait très mauvaise presse, le contenu du film reste des plus pertinents quant au poids toxique et masculiniste de certaines relations amoureuses. Mise en garde au fond fascinant, le film vaut aussi et surtout pour le jeu de ses deux acteurs.rices pricipaux. Florence Pugh y est toujours parfaite, comme dans chaque film d’ailleurs, Harry Styles lui excelle sous ses traits de gentleman au secret bien gardé. Harry Styles regorge de mystères mais ses inclinations politiques dont il fait peu part dans les médias transparaissent dans ses choix cinématographiques.

Barbra Streisand : Reine de Broadway, Reine d’Hollywood pop cinema

pop cinema barbra streisandContrairement à beaucoup de chanteuses passées au cinéma, Barbra Streisand ne rêvait pas de musique. Enfant des quartiers de Brooklyn, Bab’s (comme ses fans aiment l’appeler) se rêve d’abord actrice dramatique. Influencée par le théâtre classique et le vieil Hollywood, elle se voit sur scène, dans de grands rôles, plutôt que derrière un micro. Mais son physique, jugé à l’époque comme peu conventionnel, lui est décrit  comme un obstacle majeur par différents producteurs. Et comme la vie est étrangement faite, c’est sa voix, tantôt de soie, tantôt de feu, qui va lui ouvrir les premières portes. Pour gagner sa vie, elle commence au début des années 1960 à chanter dans les clubs de Greenwich Village. Elle n’a alors qu’une vingtaine d’années, mais déjà une présence scénique hors norme. Barbra ne se contente pas de chanter : elle incarne, raconte, joue. Le chant devient un prolongement du jeu d’actrice qu’elle n’a jamais cessé de vouloir exercer. Et en 1968, avec Funny Girl, son premier rôle à l’écran, qu’elle est révélée au grand public et obtient l’Oscar de la meilleure actrice (ex aequo avec Katharine Hepburn). C’est le premier d’une longue série de récompenses, puisqu’elle est désormais membre du club très fermé des détenteurs d’un EGOT (Emmy, Grammy, Oscar, Tony). Sur soixante ans de carrière, Barbra Streisand brille autant au cinéma que sur scène et la plupart de ses films sont aujourd’hui des classiques : The Way We Were, What’s Up, Doc?, Hello Dolly, A Star Is Born, etc. Mais c’est Yentl en 1983, qui marque le point névralgique de sa carrière : elle y est à la fois actrice, chanteuse, réalisatrice et productrice, synthétisant enfin toutes les dimensions de son identité artistique. Un exploit qui paye puisqu’avec ce film, elle devient la première femme récompensée pour sa réalisation aux Golden Globes. Ainsi, Barbra Streisand n’a pas fait la transition de la chanson vers le cinéma : elle a utilisé la chanson pour forcer les portes du cinéma, avant de s’en affranchir. Son parcours brouille les catégories et révèle combien elles sont réductrices, surtout pour les femmes.

Lady Gaga : Sorcière, vampire, star, magnat du luxe… pop cinema

pop cinema lady gagaA Star Is Born agit comme un passage de relais. En 1976, Barbra Streisand y met en scène une artiste dont la voix ouvre les portes du cinéma ; en 2018, Lady Gaga rejoue cette trajectoire depuis l’intérieur de la pop contemporaine. Lorsque Lady Gaga apparait au cinéma, ce n’est pas comme une incursion ponctuelle, mais comme l’extension logique d’une carrière déjà fondée sur la performance, le jeu et la transformation. Avant de s’y imposer, elle effectue des débuts discrets dans des rôles secondaires, notamment dans Machete Kills (2013), tout en commençant à se faire remarquer à la télévision grâce à son rôle de vampire ultra-sensuelle dans American Horror Story: Hotel (2015–2016), qui lui vaut un Golden Globe de la meilleure actrice. C’est donc avec A Star Is Born que Lady Gaga connaît sa consécration. Dans ce troisième remake du classique de Wellman elle adopte un jeu dépouillé, presque effacé, laissant derrière elle l’exubérance de la pop pour révéler une présence d’actrice subtile et crédible. Un abandon éphémère de l’extravagance excessive qui s’observait déjà depuis la sortie de son album Joanne (2016). Elle transpose ainsi au cinéma sa capacité à incarner des personnages à travers la musique, tout en démontrant qu’elle peut porter une histoire par son jeu seul. La bande originale du film, et principalement la chanson « Shallow », lui vaut un Oscar, consolidant sa double identité de musicienne et d’actrice. Depuis, Gaga poursuit des choix qui brouillent encore les frontières entre musique et cinéma. Dans House of Gucci (2021), elle incarne Patrizia Reggiani avec un mélange de glamour et de gravité, tandis que Joker: Folie à Deux (2024) la met en scène dans un rôle à la fois musical et dramatique (mais qui ne fut clairement pas au goût de tout le monde). Dans chacun de ses rôles, elle ne cherche pas simplement la reconnaissance critique ou la “respectabilité” hollywoodienne : elle expérimente, transforme et fait du cinéma un prolongement de son langage artistique, exactement comme elle l’a fait avec sa musique.

Charli XCX : Hautes prestations et Hurlements musicaux pop cinema

charli xcx wuthering heightsOn connait l’indomptable Charli XCX pour nous avoir offert un été éternel avec son album « BRAT ». Confession d’une party girl que rien ne semble arrêter, albums sous amphets aussi moderne que clin d’oeil aux années 2000, la pop star s’était offert l’immortalité des légendes de la pop à sa sortie. A la suite de pareil succès, elle promettait des années avant son retour en musique tant elle ne savait pas si elle retrouverait l’inspiration et serait même capable de taper aussi fort. C’est finalement grâce au cinéma que notre musicienne choisit de faire son grand retour. En effet, la chanteuse signe la B.O du film « Wuthering Heights » ou « Hurlevent » en VF avec un casting cinq étoiles : Jacob Elordi et Margot Robbie. Le film est une adaptation libre du livre « Les hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë signée par la réalisatrice du choquant « Saltburn » : Emmerald Fennel. Mélodies sombres et épiques viennent illustrer un récit qui est dans la lignée de « Roméo + Juliet » de Baz Lurman. Tout aussi révolutionnaire que fut ce film lors de sa sortie, cette adaptation fascine autant qu’elle angoisse les puristes. Pour autant Charli XCX n’en est pas à sa première rencontre avec le 7ème art. Elle co-signait en effet la B.O de la comédie américaine « Bottoms » aux cotés de Leo Birenberg en 2023. Sa biographie regorge d’apparitions au cinéma, donnant parfois de sa voix pour le doublage de « Angry Birds » ou de son visage notamment pour la série « Gossip Girl ». Pour autant 2026 sera l’année du cinéma pour la chanteuse. Elle sera à l’affiche de pas moins de quatre films. Pour autant, le plus notoire et à ne pas manquer étant « I want you sex » de Gregg Araki. Quand on connait la filmographie du réalisateur, l’histoire est on ne peut plus logique. Créateur d’une trilogie de film d’apocalypse adolescents dont le très violent « The Doom Generation », on lui doit aussi l’inclassable et très queer « Kaboom » qu’il faut absolument regarder. On retrouvera à ses côté à l’écran Olivia Wilde pour nous conter une sombre histoire de muse sexuelle. On a hâte !

Article écrit à 4 mains par Pénélope Bonneau Rouis et Julia Escudero


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C’est par une sublime surprise que Moby nous invite à pousser les portes du futur. « When it’s cold I’d like to Die » s’offre ainsi en ouverture de son nouvel album un remix qui donne la chair de poule. On y trouve à pas de velours la voix sublime de Jacob Lusk, le meneur de Gabriels. Si vous n’avez pas encore écouté cette formation, il faut de toute urgence rattraper ce fait tant leur musique touche au divin. Et c’est par cette balade angélique et poignant que ce pas vers l’avenir promet un calme qu’on connait bien peu au fou furieux Moby. Pour quiconque aurait vu le DJ vedette sur scène, une évidence se fait : le passé était agité. Entre les clubs new-yorkais, le militantisme notamment par la création de son propre restaurant vegan, Les querelles avec Eminem (il avait en 2001 qualifié la musique du rappeur d’homophobe et misogyne)  le perfectionnisme instrumental.

Moby et jacob Lusk
Moby x Jacob Lusk © Lindsey Hicks

Il fallait donc passer à une nouvelle ère. Mais non pas sans avoir jeté un émouvant coup d’oeil dans le rétro. Initialement paru en 1995, « When it’s cold I’d like to die » change radicalement de gabarit aujourd’hui. Les notes y défilent sur la pointe des pieds, l’instrumental se fait discret, une belle ode lumineuse qui accompagne un chant majestueux.  Et pourquoi le choix de ce titre d’ailleurs ? Le présent cette fois, vient ajouter son grain de sable à l’histoire. Synchronisé à plusieurs reprises dans la série hyper culte « Stanger Things », le titre s’est offert une seconde jeunesse. Un peu à la façon de Kate Bush, Metallica ou encore Prince. Et de s’interroger sur comment nous allons faire maintenant que la série à quitter nos écrans en un final discutable pour re-découvrir nos classiques.

Moby : album visionnaire pour artiste hors temps

Ce premier extrait sert surtout à nous projeter dans un futur pas si lointain : celui de la sortie de son 14ème opus. Touche à tout indémodable, génie incontestable de l’électro, Moby profite de son nouvel album pour réfléchir en musique sur les temps qui courent. L’apaisement y est de rigueur : «  »Future Quiet » est, sans surprise, calme. Pour être clair : j’aime le spectaculaire. J’aime l’excès et le volume. Mais à mesure que le monde devient plus bruyant et plus chaotique, je ressens de plus en plus le besoin de me réfugier dans le silence, à la fois comme auditeur et comme musicien. » explique Moby.

Un album peuplé de silence donc ? Qui est rappelons-le une note  importante en terme de compositions. De la musique il y aura. Mais elle sera l’occasion de s’offrir un refuge loin de ce monde qui va trop vite. Ou plutôt qui nous « hurle dessus » comme le dira Moby. Les écrans, l’opinion des autres, les jugements, les cris, l’exigence. Tout ce bruit, le musicien nous invite à le taire un temps. Ce moment de calme , il le partagera sur 14 titres. Et il en profitera même pour faire venir quelques invités : Elise Serenelle, India Carney ou encore serpentwithfeet. Le calme se partage, les cris doivent cesser. De quoi donner plus qu’envie d’écouter ce nouveau jet qui promet, comme toujours, d’être grandiose.

Si on ne présente plus Moby, on peut néanmoins rappeler sans cesse son génie créatif et son aura de légende. Né en 1965 il faisait ses débuts dans la musique classique dès l’âge de 9 ans. D’abord formé par la scène punk dans les années 80, il se lance dans un style bien à lui dès la sortie de son titre « Go » publié en 1991. Succès critique mais surtout succès publique, le titre compte aujourd’hui parmi les meilleures compositions musicales jamais publiées. Mais Moby c’est également le surprenant et très rock « Animal rights » en 96. Création enragée composée par un artiste affamé et fauché qui ne trouvait pas d’offre à ses besoins vegans dans le New-York du passé. C’est aussi et surtout l’immense « Play » concentré de titres sans faute et indémodable, une machine à hits parfaitement orchestré. Son futur ne pourra qu’être un sublime soupir dans un Monde qui va trop vite.


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