La folk d’Of Monsters and Men nous envoûte depuis maintenant 15 ans. Ses aspirations indie, portées par des riffs aériens appellent toujours au voyage et à l’évasion. Pas étonnant de les avoir retrouvés à la bande son de « Walter Mitty » immense film onirique de Ben Stiller sur le pouvoir du dépassement de soi, la sortie du monde rêvé pour trouver dans le concret son lot d’émerveillements. Métrage sur le voyage, et quel voyage ! Il pourrait être l’illustration de ce qu’est la musique de nos comparses album après album. De retour en octobre avec un quatrième jet pour le moins spectaculaire, « All is Love and Pain in the Mouse Parade », la formation garde toujours sa superbe et sa capacité à offrir une échappatoire au Monde environnant par la musique.
Avant les hommes et les monstres, une femme seule
Serez-vous supris.e ? Of Monsters and Men nous vient tout droit de l’Islande. En terme de magie de territoire et d’artistes hors cases, on peut difficilement rêver mieux. C’est Nanna Bryndís Hilmarsdóttir qui en est à l’origine, tout d’abord en solo. Il faut attendre 2010 pour qu’elle décide de transformer son projet Songbird en un groupe entier. Le petit oiseau déploie alors ses ailes, porté par un nid de quatre talentueux oisillons. Et il ne leur faut pas longtemps pour entraîner le Monde entier dans leur folle ascension, là où les mélodies touchent les nuages. C’est ainsi qu’en 2011, on découvre « Little Talks ». Sa force de frappe est sans précédent, à tel point que les nuages pourraient bien devenir des étoiles. Avec son esthétique à part, l’imagerie du groupe mais aussi sa capacité à créer n’est pas sans évoquer une autre immense dame islandaise : Björk. Non pas que les deux soient identiques non plus, à même pays différent nid. Ainsi sort le premier album du groupe « My Head Is an Animal ». Le petit animal prend néanmoins le temps d’éclore et s’offre des sorties à différentes dates en fonction du pays, avril 2012 pour les Etats-Unis et seulement août pour la France. Leur force de composition leur permet de figurer aux génériques de plusieurs films et séries à succès. On compte parmi eux « Hunger Games : l’embrasement » mais aussi l’annonce de la série « Jessica Jones ». Le groupe s’offre même une apparition dans la série « Games of Thrones ». Et quand on sait à quel point leur musique est visuelle, l’affaire résonne comme une évidence. Parce que pour qui écoute la formation, la simple évocation de son nom fera apparaitre dans son esprit, nombre d’images et d’ombres. Leur second opus leur vaudra un passage à Coachella en 2016. L’âge d’or où le festival était sans nul doute l’un des plus convoité au Monde, avant donc que Damon Albarn ne le décrive comme un simple moyen de se faire voir sur les réseaux sociaux. Avant même l’omniprésence de ces derniers. Si ceux-ci sont un tourbillon d’informations et d’images, d’idées balancées là et de rage alors Of Monsters and Men est la meilleure réponse qui peut leur être faite. Un temps de pause et d’harmonie, un souffle dans un paysage trop mouvant, trop anxiogène. Nos hommes, monstres et femme prennent leur temps, à contre-courant de l’idée de toujours tout faire plus vite. Il faut donc attendre 2020 pour découvrir leur nouvelle ponte, « Fever Dream » et enfin après un long moment à nous laisser rêver voilà que 2025 nous offre enfin leur superbe nouvel envol avec « All is Love and Pain in the Mouse Parade ». Il était temps de repartir virevolter !
Amour, souffrance et nouvel animal totem of monsters and men
C’est donc en octobre 2025 que le groupe folk décide de faire son grand retour sur le devant de la scène. Cette fois-ci, il faudra renoncer aux longs vols dans les airs pour mieux se concentrer sur le minutieux. La parade de la souris et son univers plus petit permet à la formation de se concentrer sur le détail. Chaque petit recoin de l’album a d’ailleurs été largement travaillé. Sans changer radicalement son registre, le groupe prend de nouvelles enjambés pour cette nouvelle sortie. La production notamment, moins spacieuse que sur sa première galette va plus emprunter à ses influences comme Mumford and Sons ou encore Arcade Fire. Un son plus affirmé dont l’écoute est encore facilitée. Il faut dire que le groupe signe ici son album le plus personnel suite à une longue période consacrée à leurs vies privées et à leurs projets solos. Et ce nouveau souffle se traduit aussi par un passage à des compositions bien plus pop, s’éloignant doucement de la folk indie. Les caractère aérien des mélodies d’Of Monsters and Men qui fait leur force est toujours bien présent sur cet opus. C’est notamment le cas sur le titre Kamikaze à mi-parcours. Envolée mélodique aux arrangements soignés, elle déploie son lot d’immensité et convoque les cieux. D’autant que certains titres hautement poétiques vont tout de suite toucher à l’imaginaire comme c’est le cas sur Barefoot in Snow. Ce nouveau jet joue également profondément sur la dualité de ses voix qui viennent se mélanger pour donner encore plus de corps aux compositions. Comme toujours avec le groupe, l’émotion est au centre de l’écriture et vient s’imposer dès l’introduction sur Television Love. Balade douce-amère, écrin profondément sincère où la candeur vient souvent côtoyer un propos mélancolique, cette parade nous émerveille jusqu’à son dernier souffle sur The End.
Le groupe se produira à l’Olympia de Paris le 2 mars 2026.
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