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novembre 2019

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La vengeance des enfants selon Saïkaly

 

En 2014, Mathieu Saïkali remportait la Nouvelle Star. Ce touche à tout à la musique sensible entre pop et folk a depuis suivi un chemin poétique passant par France Inter pour y animer la chronique “Les Garçons manqués” avec l’écrivain Nicolas Rey et par le théâtre avec la pièce “Et vivre était sublime” prix du public Avignon Off en 2015. En 2016, le voilà de retour dans la musique avec son propre label Double Oxalis. Il y publie en octobre 2019, un nouvel opus, forcément sublime intitulé “Quatre murs blancs” dont trois extraits avaient déjà été dévoilés. Avec sa sensibilité, sa voix à part, le chanteur nous entraîne aujourd’hui dans un tourbillon pop au rythme tribal: “I Don’t Want”. Son clip met en scène six enfants qui décident de jouer aux justiciers le temps d’une journée et d’arrêter avec candeur les adultes au comportements déviants. Aussi beau à voir qu’à écouter ce nouveau titre est à découvrir d’urgence juste ici:

 

Le jeu d’arcade de Camp Claude

 

Nostalgiques des années 90? Camp Claude revient à ses premiers amours: le rock  avec le titre “Dancing Alone” et vous propose un titre qui aurait bien pu faire partie de la bande originale d’un teenage movie de ces années chouchoutes. Si le rock prend ici une couleur pop, l’énorme travail du groupe pour ce clip sont à souligner. En effet ce dernier a conçu un jeu d’arcade en 2D qui permet de prendre le contrôle de la chanteuse Diane Sagnier devenue alors un personnage qui pourrait bien faire partie de l’univers de Mario Kart.  Le clip est un extrait du jeu, porté par la musicienne et inclus, on va quand même le dire, un dinosaure. Fun et couleurs au programme. A noter que le groupe sera en concert le 10 décembre à la Boule Noire de Paris pour défendre son nouvel opus “Double Dreaming” sortie le 8 mars.

 

 

Dites adieu à vos téléphones portables avec Hey Hey My My

 

La vie plastique, les téléphones portables, l’isolement en société derrière un écran, Hey Hey My My dit non à tout ça. De retour avec le titre “Plastic Life”, le groupe force ses acteurs à la digitale detox et détruit ses téléphone portables pour se concentrer sur la vraie vie et à la danse. Le titre dansant s’éloigne des début folk auxquels ils nous ont habitué pour cette fois-ci se promener du côté de la pop et des années 60’s. Cet extrait annonce la sortie d’un nouvel album pour le mois de mars 2020 et un concert à la Boule Noire de Paris le 28 avril 2020. L’occasion de vous rappeler de décoller les yeux de vos smartphones, de regarder autours de vous et d’en profiter pour écouter de la musique et seulement de la musique.

 

Danse hallucinante et nature avec Mokado

Fondé en janvier 2018 par le percussionniste Sylvain Bontoux, Mokado s’inspire des carnets de voyages de son arrière grand-père et imagine les émotions des personnages qu’il y croise pour créer ses mélodies. Claviers électroniques sophistiqués s’ajoutent à des rythmiques savamment travaillées pour créer des mélodies envoûtantes, entêtantes, dansantes, qualitatives, adressées à des oreilles expertes. En attendant la publication d’un premier Ep “Ghosts” disponible le 31 janvier, Mokado dévoile son premier extrait “Afe” et son clip. Tout comme Sia ou Christine and the Queen, le musicien met la danse au centre de sa vidéo, propose de suivre le déhanché graphique de sa danseuse et ajoute au tout un environnement naturel rayonnant. Pour ceux qui tomberont sous le charme un concert est déjà programmé le 26 février 2020 au Popup!

Animaux et sorcellerie avec Clay & Friends

Originaires de Montréal, les cinq membres de Clay and Friends sortiront au mois de janvier un nouvel EP, “Grouillades”. Pour information,le nom Grouillades, emprunté au patois haïtien, englobe le sentiment de bien-être qu’on associe au laisser-aller et la désinvolture face à l’inconnu. Pour le teaser, la formation aux accent hip-hop, funk et pop dévoilent un un clip complètement décalé pour le titre “Gainsbourg”.  Au programme maison de poupées, animaux, déguisements, amour obsessionnel et même une touche de magie. Réputés pour leur bonne humeur et leurs énormes capacités scéniques, les canadiens se produiront au BIS de Nantes le 22 janvier.

Instant découverte avec Berling Berlin

Si ce clip est plus classique, on y voit le groupe jouer son titre avec quelques effets, “Closer” de Berling Berlin a toute sa place dans notre classement histoire de vous proposer une découverte musicale indé et qualitative.  Quatuor franco-uruguayen d’indie rock, le groupe aux mélodies accrocheuses sortait son premier EP éponyme le 15 octobre. Chanté en anglais, français et espagnol, cette jolie galette s’offre des virées cold wave travaillées avec qualité. On pense forcément aux Smiths, qui est objectivement l’un des meilleurs groupes de tous les temps. Berling Berlin en garde cette capacité à passer de la joie à la nostalgie dans un seul titre. La preuve en images.

Course poursuite enragée avec Süeür

Certes, on triche un peu, mais pour Süeür, c’est la moindre des choses. Les nouveaux ovnis rock-hip hop ( qui n’aime pas les étiquettes et qui a bien raison) sortait au mois d’octobre son deuxième clip “En équilibre” après la claque  “MTM (sur ma vie)”. Une vidéo aussi tendue, forte et puissante que le morceau qu’elle illustre. Il y a une part animal dans ce trio porté par ses instruments rythmiques, ses textes à fleur de peau s’inspirant aussi bien, selon leurs propres dires, de Rimbaud que de Booba. Coup de cœur absolu du MaMA Festival, futur succès à prévoir, il était grand temps que l’on vous présente ces musiciens pleins d’énergie. Une claque, dans sa plus belle forme qui sortira sa mixtape en janvier juste après sa date à la Boule Noire de Paris le 23. Immanquable!

Effets vintage sous le soleil de Monte-Carlo avec Pépite

Tout est bon dans le premier album de Pépite, “Virage”. Tout, y compris son nouveau titre intitulé “Monte-Carlo” qui joue comme toujours sur la corde de la nostalgie pour créer de la très bonne chanson française. Tourné sur la route de Corniche entre Nice et Monaco, ce nouveau clip suit dans un premier temps le chemin d’un sac plastique qui vole au vent, un peu comme “American Beauty” avant lui. On y suit ensuite les déambulation de Thomas, le chanteur, en robe de chambre, suite à un mystérieux coup de téléphone, le tout porté par une pop comme toujours époustouflante. A noter que Pépite jouera au Trianon de Paris le 24 janvier.

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La Vague : “Je me demande comment on ne voit pas plus de burn-outs dans la musique” (Interview)

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Dans un petit bar aux allures rocks et londoniennes du 11e arrondissement (le Pop In), à l’abri des regards curieux, eut lieu une chaleureuse rencontre entre journalistes et deux hommes importants de l’entourage de David Bowie : Jérôme Soligny, ami de l’artiste et écrivain spécialisé sur sa carrière, et Tony Visconti, producteur mythique du chanteur. C’est à l’occasion de la sortie d’un nouvel ouvrage littéraire et d’un livre-coffret musical que les deux hommes ont accepté de venir nous parler et de répondre à des questions, une véritable opportunité à ne pas manquer ! Ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de rencontrer Tony Visconti en petit comité.

 

Tony Visconti et Jérôme Soligny (de gauche à droite)

 

« Je ne voulais aborder qu’un seul et unique axe avec Rainbowman : celui de la musique »

Installés au 1er étage dans une salle dédiée aux rencontres comme celle-ci, les deux amis de David Bowie se sont assis à une table juste en face de nous : un cadre de proximité idéal. Jérôme Soligny s’est d’abord exprimé à propos de son nouveau livre, Rainbowman (1967-1980), pendant une petite demi-heure, notamment sur sa nature, son chemin de création, son apport vis-à-vis des multiples écrits déjà parus sur l’artiste… Une série de détails qui nous ont permis de mieux appréhender ce que Soligny présente comme un livre dont il n’est pas le seul auteur. C’est en effet sur le recueil d’environ 300 témoignages que repose tout le corps de l’ouvrage, sous forme de questions/réponses. Tout le travail (colossal !) de Jérôme Soligny fut donc de trier les informations, de répartir les nombreux éléments qui se répétaient d’un témoignage à l’autre, de vérifier et corriger des erreurs de dates, de trouver sa place et de mettre à l’œuvre son propre savoir au milieu de ces centaines de regards, de connaissances et d’anecdotes sur un seul et unique être hors du commun. Comme nous le dit l’auteur, suite à la mort de Bowie, il fut beaucoup sollicité pour rééditer son dernier ouvrage en date accompagné de quelques pages supplémentaires. Or, il était hors de question pour lui de se faire de l’argent facile sur la mort du chanteur. Il finit donc, après plusieurs mois, par accepter une proposition différente de toutes les autres : pouvoir écrire ce qu’il voulait sur Bowie de la manière dont il le voulait dans un tout nouvel ouvrage, accompagné des financements nécessaires à la réalisation du projet. C’est ainsi que vint au jour Rainbowman (1967-1980).

En allant interroger spécifiquement des personnes ayant participé au processus de création musicale (assistants de studio, producteurs…), Jérôme Soligny eut pour objectif d’aborder un seul et unique axe, celui de la musique : « comment ont été créé les albums ? Comment ont été composées les chansons ? ». Un des points importants du livre fut aussi celui de rétablir certaines vérités sur la carrière de David Bowie, et de démystifier plusieurs idées reçues, notamment celles concernant la collaboration entre le chanteur et Queen.

 

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Rainbowman (1967-1980), Gallimard, 2019

 

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Tony Visconti ou le frère spirituel de David Bowie

Tony Visconti, muet depuis tout ce temps, mais attentif aux propos de Jérôme Soligny qu’il peine à suivre étant donné sa fragile maîtrise de la langue française, s’exprime enfin avec l’arrivée des questions des journalistes. Heureux de pouvoir réagir, le producteur américain de naissance mais britannique de cœur nous parle de son métier et de la relation qui l’a lié à Bowie depuis les débuts de sa carrière. Venu pour présenter le coffret Conversation Piece qui regroupe en cinq CD des versions remasterisées et inédites de la période Space Oddity, ainsi que des démos et de nouveaux mix, Tony Visconti n’en parlera finalement que très peu, voire pas du tout. Entraîné par les questions qu’on lui pose, il se plaît à nous raconter des choses tout aussi intéressantes sur sa carrière. Il nous dit adorer diriger les artistes, ce que son métier lui permet de faire. Rappelons tout de même qu’il n’était pas seulement le producteur de Bowie, mais aussi de groupes tels que T-Rex et The Stranglers. « Je les connais et je sais bien ce qui est bien pour eux. Parfois, ils n’ont pas encore terminé un album qu’ils veulent déjà en commencer un autre. Je les ramène à la raison. J’aime dire aux artistes quoi faire, même si je les laisse évidemment libre dans le processus de création. » Son métier le passionne et il en parle avec engouement. Il nous confie également avoir regretté de produire les premiers albums de Bowie, comme The Man Who Sold the World, car il n’avait pas assez d’expérience à cette époque, et n’est pas convaincu de son travail. Mais comme il le dit, « personne ne voulait produire Bowie à l’époque, il était trop différent, moi c’est ce qui m’a attiré chez lui ». Il en vient ensuite à aborder le sujet de leur séparation après Scary Monsters, qu’il désigne d’ailleurs comme le chef-d’œuvre ultime de Bowie : « Après Scary Monsters, tout le monde rêvait d’un Scary Monsters 2, et n’attendait plus que ça de la part de David ». Une quinzaine années de silence ont alors séparé les deux amis à partir de Let’s Dance où le chanteur a préféré se tourner vers Niles Rodger, privilégiant le succès et la facilité.

 

Livre-Coffret Conversation Piece, Warner Music, 2019

 

Une amitié impérissable

Bowie a fini par recontacter Visconti parce qu’il rencontrait des problèmes de son sur ses concerts, que seul son producteur fétiche était en mesure de régler. Et en effet « tout était centré sur la basse et la batterie, on n’entendait pas assez les voix, les saxophones… » nous confie Visconti. « Nous avons recommencé à travailler ensemble à partir de ce moment-là ». Avec ses mots et ses anecdotes, nous étions en mesure de ressentir toute l’affection que Bowie et Visconti ressentaient l’un pour l’autre ; une relation allant bien au-delà du simple travail. Visconti était un acteur central de la vie et de la pensée artistique du chanteur, et c’est d’ailleurs pour cela que Jérôme Soligny nous a confié être ravi que la préface de son livre soit écrite par Tony Visconti lui-même : « parmi 50 possibilités, c’est celle qui m’a paru avoir le plus de sens. Personne ne connaît mieux Bowie que Visconti ».

Artiste avant-guardiste et hors du commun, David Bowie n’est pas prêt de se taire et continuera toujours à marquer les esprits. Tony Visconti nous l’a d’ailleurs fait comprendre en une seule phrase : « Tout le monde me demande d’avoir le même son que sur les albums de Bowie, je peux le faire, mais il manquera toujours la chose la plus importante : David Bowie. »

 

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“Tu ne peux pas te laisser drainer par la noirceur d’une autre personne . Pour moi, cette chanson parle de laisser quelqu’un s’aller dans l’obscurité. Nous devons dénoncer les injustices quand nous les voyons, demander des comptes aux gens, et nous devons aussi apprendre à leur dire au revoir.” – confie-t-il pour expliquer son titre. 

Un clip en noir et blanc, faisant la part belle au musicien, aux espaces vides et même à une église, vient délicatement habiller ce joli moment de musique. Ce titre servira de lancement au prochain projet de l’artiste qui prépare dans ses fourneaux une collaboration avec le compositeur et producteur Patrick Higgins.

Pour mémoire, Chris Garneau publiait en 2006, “Music for Tourists”, son premier album.

 

 

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Le clip de “Little While” par Chris Garneau

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Pour leur troisième concert parisien, The Murder Capital investissait mercredi dernier (06 novembre) la petite salle du Nouveau Casino. Jeunes Irlandais aux visages imprégnés de l’authenticité de leur musique, le nouveau groupe évènement de la sphère musicale rock avait bien l’intention de montrer encore une fois ce qu’ils avaient dans le ventre. Leur passage à Rock en Seine en août dernier avait marqué les esprits, la plupart du public les découvrant tout juste, deux semaines après la sortie de leur premier et excellent album When I Have Fears. Aujourd’hui, le groupe a gagné de nombreux fans venus les admirer dans un lieu fermé cette fois-ci, deuxième salle de ce type puisqu’ils avaient déjà joué à La Boule Noire en avril dernier, alors que leur album n’était pas encore sorti. En pleine rage de conquête du sol européen, The Murder Capital est donc un groupe prometteur qui, au fil des mois, séduit de plus en plus d’esprits aguerris à un rock véritable, et investissent des salles de plus en plus grandes. Vous pourrez d’ailleurs les retrouver au Café de la Danse en février 2020. Mais avant d’aller choper vos places, laissez nous vous raconter en détail leur dernière prestation au Nouveau Casino.

 

La première partie est d’abord assurée par des Parisiens, sous le nom de Pop Crimes. Rythmé, joyeux et entraînant, le jeune groupe a offert un moment plein d’honnêteté au public présent. Un apéritif plutôt agréable.

 

Un départ en apothéose

A 21h, les cinq irlandais entrent sur scène et démarrent avec l’énorme bombe à retardement qu’est « Slowdance », divisée en deux parties sur l’album. Comme entrée en matière, c’est plutôt osé, mais à vrai dire terriblement efficace. La chanson prend son temps, se développe progressivement, pour ne laisser place qu’aux instruments durant sa seconde moitié. Le chanteur, après nous avoir déjà envoûté avec sa voix magistralement sombre et mystérieuse, laisse ses potes faire le travail. Tout est cadré parfaitement, les mecs larguent déjà le missile de la soirée. Il faut dire que la chanson est tellement bien construite que la claque est quasiment obligatoire. La fin, toute en lenteur et intensité, provoque en nous les meilleurs frissons de concert, ceux que l’on attend avec impatience, et qui nous transporte dans une jouissance adorée, que peu parvienne à procurer. En à peine dix minutes, ils ont déjà atteint le sommet de leur musique et montrer la flamme qui brûle en eux.

 

Un mélange d’oppositions transformées en puissante unité

Après ce petit bouleversement, il fallait bien revenir sur Terre. Le bassiste et chanteur interprètent alors à deux une des chansons les plus calmes de l’album « On Twisted Ground », que James McGovern présente comme le symbole de leur amitié et de la cohésion du groupe. « Ces gars-là, je serais rien sans eux » nous dit-il. Plus personne ne fait un bruit dans la salle, la musique fait son effet. L’émotion est au rendez-vous sur cette chanson minimaliste remplies de visions aussi bien lumineuses que ténébreuses. C’est d’ailleurs l’une des forces de ce groupe que de mélanger chaos et espoir, douceur et violence, haine et amour… « Love, love, love », troisième morceau de la setlist, placée en clôture sur l’album, retrouve la même intensité dévorante qui fait la définition de The Murder Capital, et nous parle d’amour de manière lente et sensuelle, avec des touches de bestialité. Cette façon insistante du chanteur d’appuyer sur les trois mêmes mots du titre réveille nos désirs. Le groupe en appelle à notre corps et à nos sens, pour ressentir au plus profond ces guitares et cette voix aiguisées à la sexualité et à la violence animale.

Vient ensuite « Green and Blue », le dernier morceau relativement calme du concert, avant d’enchaîner toutes leurs compositions les plus agitées, dont la maîtresse d’honneur sera « For Everything », morceau le plus abrupt du groupe, qui se place en ouverture sur l’album. Déferlement de colère instantanée, « For Everything » marque l’apogée de leur talent de composition, et sur scène, autant dire que rien n’est épargné. Les sauvages coups de guitares qui viennent accélérer le rythme de la chanson en première partie rugissent de manière poignante, puis laissent place en seconde partie à la présence charismatique du chanteur qui rugit les derniers mots d’une impressionnante conviction.

Avec seulement un album à leur actif, c’est déjà bientôt l’heure de partir. Mais avant cela, il reste encore trois morceaux. « More Is Less » excite la foule avec son rythme endiablé, au même titre que « Don’t Cling to Life ». Le groupe a fait en sorte de garder leurs morceaux pêchus pour la fin. Habitués à un public irlandais habituellement très réceptif, ils veulent faire de la foule française une boule d’énergie grandissante, que chacun prenne son pied, s’éclate et se marche dessus. Certains d’ailleurs ne viennent que pour ça, pour ressentir l’excitation. Ceux-là sont servis.

 

 

Une clôture sous le signe du chaos

Ils terminent le concert avec « Feeling Fades » et sa perte de contrôle finale, où tout semble se fissurer suite au côté très ordonné de leur prestation jusque-là (ce qui, d’ailleurs, pourrait leur être reproché au vu de la parfaite maîtrise de leur show qui ne laisse aucune place à l’improvisation). Heureusement, ce dernier morceau contrebalance cet aspect. Sur scène, la musique devient chaos, plus rien n’est contrôlable. Le chanteur fait un énorme saut dans la foule, puis un deuxième, en hurlant ses « lala la la lala » allongé sur le public. Tout s’arrête soudainement, la basse s’explose contre le sol. Le groupe s’en va sous les cris de la foule. Il n’y aura pas de rappel.

Désormais, nous n’avons plus qu’à attendre leur deuxième album pour que cette soirée riche en excitation dure deux fois plus longtemps. Et si leur prochain projet est à la hauteur du premier, The Murder Capital deviendra alors réellement grand, et important pour la musique actuelle.

 

Vous avez le droit d’aller choper vos places pour février maintenant.

 

 
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