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No Money Kids – Crédit photo : Louis Comar

Le jeudi 3 mars 2022, le Trianon faisait la part belle à l’électro-blues français en accueillant en son enceinte le duo No Money Kids. Pour se faire la célèbre salle s’était parée de ses plus atouts offrant en plus la possibilité au staff comme aux spectateurs d’assister au spectacle démasqués et en plus sans jauge. Un plaisir, il va s’en dire, presque en forme de renaissance pour les férus de salles de spectacles qui avaient bien envie de partager des sourires entre deux gorgées de bière. Ce début d’année 2022 s’offrait en outre un retour à la vie hors pandémie en accélérée. Un peu à la façon dont le temps peut reprendre à toute allure lorsqu’il avait été arrêté dans « Big Fish » de Tim Burton, les concerts pleuvaient pour rattraper un retard conséquent et combler un véritable manque côté public. En ce sens, chaque live devait, il va de soit, avoir un goût de retrouvailles et le bon sens de refaire des concerts debout un moment où arts, joie et partage cohabitent. Et ça, ce soir là, No Money Kids l’avait bien compris.

Camp Claude : danser autour du feu de camp

A peine entrée sur scène et voilà que Camp Claude envoie directement ses riffs bien senties. « Merci d’être venus si tôt » balance-t-elle le sourire aux lèvres. La scène lui a manqué, à n’en pas douter, d’ailleurs elle n’oublie pas de le souligner, ajoutant au passage ne pas avoir joué depuis que le Covid a frappé le monde. Côté jeu de scène, la musicienne s’en donne à cœur joie entraînant un Trianon qui se rempli doucement mais sûrement dans un moment dansant et jovial. Il ne faut d’ailleurs pas attendre longtemps pour qu’elle distille les notes de son excellent single « Now that you’re gone » condensé pop  de bonne humeur en anglais dans le texte. Avec son esprit rebelle, elle dévoile des notes sous forme de bulles endiablées et allie la faculté à parler au grand public à une âme plus indie et sa précision créatrice. La salle se chauffe, les maîtres de la soirée ont pris un quart d’heure de retard, pourtant le temps est bon et ce début de soirée. Cette mise en bouche permet de profiter pleinement de l’une des dernières soirées d’hiver.

No Money Kids : le bayou en famille

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No Money Kids – Crédit photo : Louis Comar

La salle s’est remplie. Certes, le Trianon n’est pas complet mais le public qui s’est déplacé s’investit pleinement dans ce concert très attendu.  Au milieu de la foule, de jeunes enfants courent et s’amusent. Un videur en intercepte un, lui demande de se calmer, le bambin semble amusé. Les adultes eux, sirotent un verre, discutent tranquillement. Les petits pas des plus jeunes spectateurs font trembler le sol de la célèbre salle parisienne à l’aspect théâtral. Ce petit jeu pourrait prêter à sourire là où traditionnellement, le lieu tremble plus que la cale d’un bateau lorsque les pogos font rage. No Money Kids est venu équipé : un décors habillé de néons et palmiers habille la scène. Le tout donne une couleur estivale à l’évènement. Cette grande fête familiale, bonne enfant et sophistiquée promet le meilleur. C’est d’ailleurs un set mainstream que propose la fine équipe. Les morceaux défilent avec une certaine aisance, se suivent mais ne se ressemblent pas. Le lieu et l’atmosphère varient : le blues prend parfois le dessus, alors la Louisiane prend possession du Trianon, les marécages affichent une couleur opaque et l’intensité prend du terrain. D’autres fois, c’est l’électro qui domine les gammes. Souvent les mélodies des compères oscillent à la frontière du rock. On pense à U2 et leurs singles connus. La bande s’offre quelques solos de guitares en avant scène pour s’assortir aux rythmiques des machines. C’est une évidence, No Money Kids ne révolutionne pas le genre et compose dans des registres accessibles à tous. Ce set contemplatif se construit petit à petit. Pourtant la sauce prend bien. Relativement statique, le chanteur distille son énergie à travers ses notes et communique volontiers avec l’assistance. Il ne manque d’ailleurs pas d’expliquer ses titres, raconter leurs histoires, et s’ouvre en interprétant un morceau exutoire suite à une rupture. A mesure que les notes défilent, les paysages également, No Money Kids a à n’en pas douter une belle capacité à défendre son dernier opus « Factory » paru le même jour. Comme lors d’une chaude soirée d’été, la fête se poursuit et le moment prend le temps d’exister. Il continuera d’ailleurs jusqu’au rappel d’un public en demande de rester encore un peu à onduler au gré des vagues du parquet. Être garage et rauque peut mener à des compositions digne de bandes originales. Ce road trip sans bouger de Paris aura réussi à le prouver.On ne se lassera pas de le dire, qu’il est bon se retrouver.


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