
En 2020, Blossoms publiait un album intitulé « Foolish loving space ». S’il est loin d’être le petit dernier de la bande de Tom Ogden, deux bangers étant venus lui succéder depuis, il porte bien le nom qui définira le mieux cette soirée du 14 février 2026 à l’Elysée Montmartre. La salle parisienne, dont la renaissance des cendres reste un miracle nécessaire qu’on ne se lasse pas de contempler, devint ce jour-là témoin de bien des formes d’amour. Celui de couples qui célébraient la Saint-Valentin en musique, d’amitiés profondes exacerbées par des riffs bien sentis et celui d’un public pour un groupe qui sait le lui rendre. Retour sur une soirée aux tonalités ocres et aux sentiments puissants.
Date made in UK blossoms
Comme souvent en matière d’artistes made in UK, la France les découvre avec une certaine timidité. Si ce soir, le public français n’en est pas à son tout premier date avec Blossoms, le groupe ayant officié régulièrement dans l’Hexagone lors de nombreuses premières parties, l’atmosphère a tout d’une première rencontre. On s’y convoite et on s’y découvre parés de nos meilleurs atouts. Ce n’est pourtant pas le public français qui domine dans la salle transformé ce soir en night club romantique. Le public anglais a traversé la Manche pour venir fêter les amours avec ses chouchous. Et ça se ressent en tout instant. Déjà parce que l’assistance parle majoritairement dans la langue de Shakespear avec cette accent diablement envoûtant qui s’éveille en miroir côté scène. On dit Shakespear mais à l’heure actuelle peut-être devrait-on dire celle d’Emily Brontë, qui domine ce 14 février grâce à la sortie d’une nouvelle adaptation de son « Hurlevent ». Là où l’autrice parle d’un amour horriblement toxique, le nôtre ce soir en est complètement absout. Le public anglais, on le voit aussi à la longue queue qui se dessine de tous les côtés menant au bar, au risque de jouer sur les clichés. Les bonnes nouvelles, elles s’arrosent. Et puis surtout, il se ressentira durant la totalité de ce concert d’une heure et demie qui semble n’avoir duré que quelques secondes. Nos voisins savent émettre un amour infini, festif et radical en salle de concerts. Impossible de ne pas éprouver à leur égard la plus grande des gratitudes pour leur capacité à nous entrainer dans leur façon de vivre le live pleinement et sans complexe.

Côté scène, le groupe irradie et joue de toutes leurs cartes pour séduire. Voilà qui fonctionne bien. Des lumières ocres peuplent l’intégralité du spectacle. Elles se reflètent pleinement sur nos joues d’abord rosies par le grand froid extérieur, puis par la chaleur dégagée par l’instant. On laisse aller immédiatement nos coeurs sur le premier titre balancé à coup de fort bonne humeur : « Gary ». Le morceau est issu du dernier album de la formation. Il a été écrit, pour la petite histoire en hommage à un gorille de verre de 2 mètres volé dans une jardinerie en Ecosse. Foolish, nous le disions. C’est aussi lui qui donne son titre au dernier opus du groupe publié en 2024. Et c’est aussi bien évidemment lui qui va venir dominer la setlist de la soirée avec pas loin de dix morceaux qui en sont issus. Les 5 autres n’en seront pas exclus alors que le tout premier né « Blossoms » prend ses aises.

Une soirée au pub pour aimer et éclore Blossoms
Le nom de la formation, Blossoms, lui vient d’un pub dans lequel le groupe avait pris ses quartiers. Cette particularité pour nos originaires du grand Manchester s’invite sur scène. Le début de la soirée ne joue pas la carte de la timidité, les titres s’enchaînent avec aisance comme les tournées de pintes au pub. « At most a kiss », « Gateway » suivent et s’enchaînent servis par quelques jolis mouvements de danse du frontman.

Le ton est donné. Il ne s’agira pas d’un concert militant ou porté par une grosse scénographie, seul les mots « Night Club » viennent ainsi leur servir de décors. Mais plutôt d’un véritable moment feel good. Si l’on devait comparer l’instant au cinéma, on aurait ici à faire à un coming of age movie qui chauffe les âmes et les coeurs. Ceux-ci sont à l’unisson et quand le chanteur évoque enfin la Saint-Valentin, puisque nous le disions et nous nous répétons c’est ce soir, il demande plutôt que de simplement parler d’amoureux si certain.es sont venu.es accompagnés de leurs meilleur.es ami.es. De nombreuses mains s’élèvent alors dans l’assistance. L’amitié, l’une des plus pures formes d’amour domine les célébrations. Ce qui est vrai côté public l’est aussi côté scène où elle émane d’une formation qui se connait parfaitement et dont la proximité permet des prouesses musicales.
Si l’on croit aux âmes soeurs et à la destinée de la rencontre, la chose serait particulièrement vraie dans l’histoire de Blossoms. Puisque le saviez-vous, tous les membres du groupe sont nés dans le même hôpital et se sont pourtant rencontrés bien plus tard en des moments différentes. Certaines histoires sont simplement faites pour arriver, il n’y a pas de hasard. Les titres sont emprunts d’une lumière qui irradie l’instant. Ils sont aussi entrainants que bien écrits. La simplicité est de rigueur mais de celles qui soulage les esprits et invite à danser. Pas étonnant d’ailleurs quand on écoute les sonorités de Blossoms de voir que leur premier label était Skeleton Key monté par un membre de The Coral, le groupe de l’excellent Bill Ryder Jones. Les frères ennemis Manchester et Liverpool ont tant de belles choses à nous offrir !
Et nos coeurs battent la mesure blossoms
L’amour est un thème récurent de l’univers musical du groupe. Et il s’invite clairement à la fête à travers ses titres dans la set list. « Oh no (I think I’m in love) » est de la partie tout comme « Honey Sweet » ou encore « The Honeymoon ». L’osmose du groupe vient aussi de sa capacité à faire exister tous les instruments et tous ses membres sur scène. Ainsi toutes les percussions s’offrent un solo autour de la batterie en un très joli tableau qui invite les coeurs à battre plus vite. Loin d’être un one man show comme c’est souvent le cas avec ce type de formations rock, le jeu scénique se dessine pour faire vivre tout ses sujets. Un second tableau centré autour du frontman pour un temps acoustique se dessine comme une photographie prise avec talent.

Les interactions sont finalement peu nombreuses, le groupe préférant laisser place à la musique. Quelques instructions viennent tout de même ponctuer ce date très réussi. Notamment celle de clapper fort pour permettre à une surprise d’arriver. Les surprises, idéales pour séduire, sont bien présentes. Le clavier et la guitare donnent le La aux pas de danse sensuels d’un meneur en crop top et aux lunettes de soleil greffées sur le nez. L’amour c’est aussi celui d’un groupe pour la scène de Manchester qui l’a biberonné. Ainsi, une courte reprise d’Oasis fait son entrée de façon impromptue dans la soirée. La chaleur est là, puissante et les lumière oranges rendent le moment d’autant plus plaisant. Alors dans la folie de ce joli rendez-vous quelques jeunes-femmes viennent se glisser sur les épaules de leurs compagnons.

La partie s’accélère et les gros tubes hantent maintenant les hauteurs de l’Elysée Montmartre. Ils se font obsédant et on en perd toute notion de temps. Point de rappel surfait ne vient habiller le moment. En place et lieu, une succession de morceaux puissants se glisse dans nos oreilles. A commencer par « My Favourite Room ». C’est évidemment « Charlemagne » qui clôture les festivités. L’instant parait trop court. Devenues les Cendrillon d’une soirée parfaite et hors espace temps, voilà que le orange des lumières se transforme en celui de notre calèche devenue citrouille. Il faudra donc rapidement quitter notre conte de fée britannique pour lui donner une nouvelle teinte de rouge. Celle de joues qui retrouvent le froid de février, cette fois-ci couvertes de jolies petites rides apparues ici à force d’avoir top souri.

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