pop cinema
Mylène Farmer : scream queen pour « Ghostland » pop cinema
Reine de la pop en France, Mylène Farmer a toujours su amener énormément de cinématographie dans ses clips. Il a pourtant fallu du temps pour qu’elle trouve sa place sur grand écran. C’est finalement grâce à Pascal Laugier et le cinéma d’horreur que LA queen se fait scream queen. Le passage pour une pop star au cinéma d’horreur est peu fréquent. Lady Gaga s’y était essayée à travers « American Horror Story », certes, mais la chose reste rare. Non pas que l’esthétique horrifique est hermétique au monde de la pop. Récemment à titre d’exemple, Sabrina Carpenter utilisait de nombreux codes du genre pour son clip « Taste » de « Psychose » à « Ginger Snaps » en passant par « Kill Bill ». Mais pour ce qui est de s’inviter à rejoindre un psychopathe sur grand écran, l’affaire est plus complexe ou se réserve au monde du rock. Chester Benninghton, regretté chanteur de Linkin Park prenait par exemple place dans un des nombreux films de la saga « Saw ». Pour ce qui est de Mylène Farmer, elle choisit de briller face à la caméra de l’un des plus grands conteurs horrifiques made in France qui soit. Le papa de « Martyrs », le film d’horreur le plus traumatisant de ces dernières décennies ( un chef d’œuvre soyons honnêtes) fait de l’icône pop une mère pour son film. Ce home invasion en profite pour aborder le poids du traumatisme et l’essence même de la créativité. Devant la caméra, la chanteuse range ses artifices, et épouse un rôle plus sage. Le charisme est de mise et la sobriété, comme une relecture du mythe de la plus célèbre des « libertines ».
Ariana Grande : féerique Glenda de « Wicked » pop cinema
Ensorceler, c’est sûrement le maitre mot de la carrière d’Ariana Grande. Chanteuse à pas de velours, à la puissance et au charme envoutant, sa réputation n’est plus à faire. Côté cinéma, la petite fée de la pop n’en est pas à son coup d’essai. On la retrouve engagée dans l’immense ‘Don’t look up » (2021) , claque cosmique, qui parle avec finesse, humour et gros moyens du réchauffement climatique et du déni qu’il engendre. Mais elle est aussi à l’affiche de « Snowflake » dès 2011. Entre temps, les rôles se suivent et ne se ressemblent pas. Elle figure dans « Zoolander 2 » de Ben Stiller qui depuis aura énormément fait parler, notamment pour son écriture trop cliché de la communauté LGBT . Elle fait aussi des apparitions sur petit écran de « Scream queens » à « Kidding », le panel est large. Il faut pourtant attendre 2024 pour que le grand écran lui offre un rôle taillé sur mesure : celui de Glenda dans « Wicked » qui retrace l’histoire de la méchante sorcière de l’ouest du « Magicien d’Oz ». Ariana Grande interprète donc la gentille sorcière de l’est, douce et populaire, personnage à l’apparente superficialité mais au grand cœur. Cette comédie musicale lui permet de (beaucoup) pousser la voix et de sortir une bande originale épique qui aura fait s’arracher les cheveux à de nombreux fans lors de son pressage limité pour le Disquaire Day 2025. C’est aussi par ses décors que le film s’illustre. Le travail de mise en scène, de cadre, de photographie et de costume y étant à couper le souffle. Face à ce cadre magique, la chanteuse toute de rose vêtue livre une performance de ballerine et dévoile un look encore plus léché que lors de ses apparitions scéniques (et que ses célèbres oreilles de chat). Tiré d’un livre, le long-métrage profite d’un très beau budget et d’un succès colossale. Sa suite, « Wicked for good » profite de la même popularité lors de sa sortie le 26 novembre 2025. Comme toujours, les critiques vont dans les deux sens, certain.es préférant largement cette séquelle plus sombre, d’autres restant pour toujours fans du premier. Toujours est-il que la saga aura propulsée la carrière de la musicienne à un tout autre niveau lui promettant un avenir pluriel.
Harry Styles : dangereux prince charmant pour « Don’t Worry Darling » pop cinema

Ancien One Direction, aujourd’hui superstar de la pop, Harry Styles s’est créé une image forte et reconnaissable entre toutes. Le petit chouchou du boys band a su sortir des titres forts de l’excellent « Sign of the times » au fédérateur « Watermelon sugar ». L’année 2026 sera par ailleurs la sienne à n’en pas douter. Son retour musicale annoncé par surprise avec « Kiss all the time. Disco occasionally » a fait bondir la planète entière. D’autant que son premier extrait le très électro « Aperture » est une véritable pépite qui ne saurait être entachée que par le scandal des tarifs exorbitants de sa tournée. Les choses sont toutes autres côté cinéma alors que le bonhomme se défend par un choix de filmographie léchée. On le retrouve au générique de « Dunkerque » mais aussi dans le tôle d’Eros dans « Les Eternels ». Voilà qui est évident, désir charnel et amour vont si bien à Harry Styles ! D’ailleurs son rôle le plus marquant, en tête d’affiche aux côtés de Florence Pugh lui donne les traits d’un personnage tout aussi désirable dans « Don’t worry darling » (critique complète ici). Désirable du moins sur le papier puisqu’à mesure que la bobine avance sous l’œil d’Olivia Wilde, la vie de femme au foyer des années 50 de notre protagoniste tourne au pire et son époux semble bien ne pas tout lui avoir dit. Le film est une œuvre au féminisme affirmé qui va de pair avec les revendications d’Harry Styles. Bien que son rendu soit discutable, d’autant plus qu’une guerre sur le plateau lui a fait très mauvaise presse, le contenu du film reste des plus pertinents quant au poids toxique et masculiniste de certaines relations amoureuses. Mise en garde au fond fascinant, le film vaut aussi et surtout pour le jeu de ses deux acteurs.rices pricipaux. Florence Pugh y est toujours parfaite, comme dans chaque film d’ailleurs, Harry Styles lui excelle sous ses traits de gentleman au secret bien gardé. Harry Styles regorge de mystères mais ses inclinations politiques dont il fait peu part dans les médias transparaissent dans ses choix cinématographiques.
Barbra Streisand : Reine de Broadway, Reine d’Hollywood pop cinema
Contrairement à beaucoup de chanteuses passées au cinéma, Barbra Streisand ne rêvait pas de musique. Enfant des quartiers de Brooklyn, Bab’s (comme ses fans aiment l’appeler) se rêve d’abord actrice dramatique. Influencée par le théâtre classique et le vieil Hollywood, elle se voit sur scène, dans de grands rôles, plutôt que derrière un micro. Mais son physique, jugé à l’époque comme peu conventionnel, lui est décrit comme un obstacle majeur par différents producteurs. Et comme la vie est étrangement faite, c’est sa voix, tantôt de soie, tantôt de feu, qui va lui ouvrir les premières portes. Pour gagner sa vie, elle commence au début des années 1960 à chanter dans les clubs de Greenwich Village. Elle n’a alors qu’une vingtaine d’années, mais déjà une présence scénique hors norme. Barbra ne se contente pas de chanter : elle incarne, raconte, joue. Le chant devient un prolongement du jeu d’actrice qu’elle n’a jamais cessé de vouloir exercer. Et en 1968, avec Funny Girl, son premier rôle à l’écran, qu’elle est révélée au grand public et obtient l’Oscar de la meilleure actrice (ex aequo avec Katharine Hepburn). C’est le premier d’une longue série de récompenses, puisqu’elle est désormais membre du club très fermé des détenteurs d’un EGOT (Emmy, Grammy, Oscar, Tony). Sur soixante ans de carrière, Barbra Streisand brille autant au cinéma que sur scène et la plupart de ses films sont aujourd’hui des classiques : The Way We Were, What’s Up, Doc?, Hello Dolly, A Star Is Born, etc. Mais c’est Yentl en 1983, qui marque le point névralgique de sa carrière : elle y est à la fois actrice, chanteuse, réalisatrice et productrice, synthétisant enfin toutes les dimensions de son identité artistique. Un exploit qui paye puisqu’avec ce film, elle devient la première femme récompensée pour sa réalisation aux Golden Globes. Ainsi, Barbra Streisand n’a pas fait la transition de la chanson vers le cinéma : elle a utilisé la chanson pour forcer les portes du cinéma, avant de s’en affranchir. Son parcours brouille les catégories et révèle combien elles sont réductrices, surtout pour les femmes.
Lady Gaga : Sorcière, vampire, star, magnat du luxe… pop cinema
A Star Is Born agit comme un passage de relais. En 1976, Barbra Streisand y met en scène une artiste dont la voix ouvre les portes du cinéma ; en 2018, Lady Gaga rejoue cette trajectoire depuis l’intérieur de la pop contemporaine. Lorsque Lady Gaga apparait au cinéma, ce n’est pas comme une incursion ponctuelle, mais comme l’extension logique d’une carrière déjà fondée sur la performance, le jeu et la transformation. Avant de s’y imposer, elle effectue des débuts discrets dans des rôles secondaires, notamment dans Machete Kills (2013), tout en commençant à se faire remarquer à la télévision grâce à son rôle de vampire ultra-sensuelle dans American Horror Story: Hotel (2015–2016), qui lui vaut un Golden Globe de la meilleure actrice. C’est donc avec A Star Is Born que Lady Gaga connaît sa consécration. Dans ce troisième remake du classique de Wellman elle adopte un jeu dépouillé, presque effacé, laissant derrière elle l’exubérance de la pop pour révéler une présence d’actrice subtile et crédible. Un abandon éphémère de l’extravagance excessive qui s’observait déjà depuis la sortie de son album Joanne (2016). Elle transpose ainsi au cinéma sa capacité à incarner des personnages à travers la musique, tout en démontrant qu’elle peut porter une histoire par son jeu seul. La bande originale du film, et principalement la chanson « Shallow », lui vaut un Oscar, consolidant sa double identité de musicienne et d’actrice. Depuis, Gaga poursuit des choix qui brouillent encore les frontières entre musique et cinéma. Dans House of Gucci (2021), elle incarne Patrizia Reggiani avec un mélange de glamour et de gravité, tandis que Joker: Folie à Deux (2024) la met en scène dans un rôle à la fois musical et dramatique (mais qui ne fut clairement pas au goût de tout le monde). Dans chacun de ses rôles, elle ne cherche pas simplement la reconnaissance critique ou la “respectabilité” hollywoodienne : elle expérimente, transforme et fait du cinéma un prolongement de son langage artistique, exactement comme elle l’a fait avec sa musique.
Charli XCX : Hautes prestations et Hurlements musicaux pop cinema
On connait l’indomptable Charli XCX pour nous avoir offert un été éternel avec son album « BRAT ». Confession d’une party girl que rien ne semble arrêter, albums sous amphets aussi moderne que clin d’oeil aux années 2000, la pop star s’était offert l’immortalité des légendes de la pop à sa sortie. A la suite de pareil succès, elle promettait des années avant son retour en musique tant elle ne savait pas si elle retrouverait l’inspiration et serait même capable de taper aussi fort. C’est finalement grâce au cinéma que notre musicienne choisit de faire son grand retour. En effet, la chanteuse signe la B.O du film « Wuthering Heights » ou « Hurlevent » en VF avec un casting cinq étoiles : Jacob Elordi et Margot Robbie. Le film est une adaptation libre du livre « Les hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë signée par la réalisatrice du choquant « Saltburn » : Emmerald Fennel. Mélodies sombres et épiques viennent illustrer un récit qui est dans la lignée de « Roméo + Juliet » de Baz Lurman. Tout aussi révolutionnaire que fut ce film lors de sa sortie, cette adaptation fascine autant qu’elle angoisse les puristes. Pour autant Charli XCX n’en est pas à sa première rencontre avec le 7ème art. Elle co-signait en effet la B.O de la comédie américaine « Bottoms » aux cotés de Leo Birenberg en 2023. Sa biographie regorge d’apparitions au cinéma, donnant parfois de sa voix pour le doublage de « Angry Birds » ou de son visage notamment pour la série « Gossip Girl ». Pour autant 2026 sera l’année du cinéma pour la chanteuse. Elle sera à l’affiche de pas moins de quatre films. Pour autant, le plus notoire et à ne pas manquer étant « I want you sex » de Gregg Araki. Quand on connait la filmographie du réalisateur, l’histoire est on ne peut plus logique. Créateur d’une trilogie de film d’apocalypse adolescents dont le très violent « The Doom Generation », on lui doit aussi l’inclassable et très queer « Kaboom » qu’il faut absolument regarder. On retrouvera à ses côté à l’écran Olivia Wilde pour nous conter une sombre histoire de muse sexuelle. On a hâte !
Article écrit à 4 mains par Pénélope Bonneau Rouis et Julia Escudero
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