C’est par une sublime surprise que Moby nous invite à pousser les portes du futur. « When it’s cold I’d like to Die » s’offre ainsi en ouverture de son nouvel album un remix qui donne la chair de poule. On y trouve à pas de velours la voix sublime de Jacob Lusk, le meneur de Gabriels. Si vous n’avez pas encore écouté cette formation, il faut de toute urgence rattraper ce fait tant leur musique touche au divin. Et c’est par cette balade angélique et poignant que ce pas vers l’avenir promet un calme qu’on connait bien peu au fou furieux Moby. Pour quiconque aurait vu le DJ vedette sur scène, une évidence se fait : le passé était agité. Entre les clubs new-yorkais, le militantisme notamment par la création de son propre restaurant vegan, Les querelles avec Eminem (il avait en 2001 qualifié la musique du rappeur d’homophobe et misogyne)  le perfectionnisme instrumental.

Moby et jacob Lusk
Moby x Jacob Lusk © Lindsey Hicks

Il fallait donc passer à une nouvelle ère. Mais non pas sans avoir jeté un émouvant coup d’oeil dans le rétro. Initialement paru en 1995, « When it’s cold I’d like to die » change radicalement de gabarit aujourd’hui. Les notes y défilent sur la pointe des pieds, l’instrumental se fait discret, une belle ode lumineuse qui accompagne un chant majestueux.  Et pourquoi le choix de ce titre d’ailleurs ? Le présent cette fois, vient ajouter son grain de sable à l’histoire. Synchronisé à plusieurs reprises dans la série hyper culte « Stanger Things », le titre s’est offert une seconde jeunesse. Un peu à la façon de Kate Bush, Metallica ou encore Prince. Et de s’interroger sur comment nous allons faire maintenant que la série à quitter nos écrans en un final discutable pour re-découvrir nos classiques.

Moby : album visionnaire pour artiste hors temps

Ce premier extrait sert surtout à nous projeter dans un futur pas si lointain : celui de la sortie de son 14ème opus. Touche à tout indémodable, génie incontestable de l’électro, Moby profite de son nouvel album pour réfléchir en musique sur les temps qui courent. L’apaisement y est de rigueur : «  »Future Quiet » est, sans surprise, calme. Pour être clair : j’aime le spectaculaire. J’aime l’excès et le volume. Mais à mesure que le monde devient plus bruyant et plus chaotique, je ressens de plus en plus le besoin de me réfugier dans le silence, à la fois comme auditeur et comme musicien. » explique Moby.

Un album peuplé de silence donc ? Qui est rappelons-le une note  importante en terme de compositions. De la musique il y aura. Mais elle sera l’occasion de s’offrir un refuge loin de ce monde qui va trop vite. Ou plutôt qui nous « hurle dessus » comme le dira Moby. Les écrans, l’opinion des autres, les jugements, les cris, l’exigence. Tout ce bruit, le musicien nous invite à le taire un temps. Ce moment de calme , il le partagera sur 14 titres. Et il en profitera même pour faire venir quelques invités : Elise Serenelle, India Carney ou encore serpentwithfeet. Le calme se partage, les cris doivent cesser. De quoi donner plus qu’envie d’écouter ce nouveau jet qui promet, comme toujours, d’être grandiose.

Si on ne présente plus Moby, on peut néanmoins rappeler sans cesse son génie créatif et son aura de légende. Né en 1965 il faisait ses débuts dans la musique classique dès l’âge de 9 ans. D’abord formé par la scène punk dans les années 80, il se lance dans un style bien à lui dès la sortie de son titre « Go » publié en 1991. Succès critique mais surtout succès publique, le titre compte aujourd’hui parmi les meilleures compositions musicales jamais publiées. Mais Moby c’est également le surprenant et très rock « Animal rights » en 96. Création enragée composée par un artiste affamé et fauché qui ne trouvait pas d’offre à ses besoins vegans dans le New-York du passé. C’est aussi et surtout l’immense « Play » concentré de titres sans faute et indémodable, une machine à hits parfaitement orchestré. Son futur ne pourra qu’être un sublime soupir dans un Monde qui va trop vite.


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