album du mois
Haute & Freddy : carnaval haute couture album du mois
Fans de Chappel Roan, de pop parfaitement orchestrée et de mélodies théâtralisée, retenez ce nom ! Haute & Freddy vit ce moment charnière, ces quelques prémices avant de devenir les géant.es que tout le monde suivra. Le duo originaire de Los Angeles publiait ce 13 mars son premier album intitulé « Big Disgrace ». D’abord repéré.es sur Tiktok, les voilà qui prennent d’assaut la planète musique et s’offrent deux passages parisiens au Zèbre de Belleville les 18 et 19 mai. Au programme une voix féminine affirmée et puissante mise au service de tonalités 80’s savamment travaillées. Une esthétique cabaret, grandiloquente et énergisante vient s’ajouter à la formule magique. Acrobates et cracheurs de feu n’ont qu’à bien se tenir : les 13 titres qui composent l’opus vous feront voltiger dans les airs et voir des étincelles. On entre pleinement dans le carnavale dès l’ouverture sur « Symphony for a Queen ». Une sorte d’avertissement tant l’album a tout de la royauté ! Pour parfaire la formule magique, ajoutez quelques tournures à la superbe d’un Drag show et voilà une formation qui fera tourner les têtes. On virevolte sur « Freaks » avant que « Dance the pain away » ne crée la fusion parfaite entre pop, r’n’b et électro. Il faut dire que l’alliance du producteur et multi-instrumentiste Freddy et de l’intrépide Haute à la voix et ses phrasées à la Lady Gaga fait immédiatement mouche. Inimitable, puissant et calibré, ne manquez pas le décollage haute couture de la révélation pop de l’année.
Anna Calvi se métamorphose avec un casting 5 étoiles album du mois

L’excellence ou rien. Anna Calvi nous avait habitué.es à toujours placer la barre très haut. La musicienne anglaise peuple ce début d’année de ses actualités musicales rendant l’addiction d’autant plus palpable. Le 6 mars, elle s’ajoutait aux crédits de la compilation Help (2) publiée aux profits de l’association War Child sur un titre aux côtés d’Ellie Rowsell (Wolf Alice), Nilüfer Yanya et Dove Ellis. Il n’aura fallu attendre que deux petites semaines pour la retrouver cette fois-ci avec un nouvel EP, Is This All There Is?, prémisse d’une trilogie qui explorera le thème de la métamorphose et des changements que provoquent l’expérience amoureuse. Sur ces quatre nouveaux titres, Anna Calvi sublime le rock et tord les textures. Pour se faire, elle invite sur chaque morceau ce que la musique a de meilleur aujourd’hui. Ainsi God’s Lonely Man en ouverture compte sur l’immense Iggy Pop qui vient jouer de rythmiques inclassables qu’on connaît à l’iguane. La suite est toute aussi époustouflante ! Aux côtés de l’excellent Perfume Genius, sur « I see a darkness », la voilà qui fouille les fonds sinueux de mélodies graves. Envoutant, le titre laisse derrière lui ses effluves entêtantes. Computer Love fait intervenir Laurie Anderson pour réinventer le célèbre titre de Kraftwerk Voilà qui colle avec la thématique de l’opus, se ré-inventer et se découvrir enfin parfaitement éveillé.e. Au milieu de ses questionnements, la musicienne conclut son essai à la perfection avec Is This all there is ? aux côtés de Matt Berniner, la voix la plus apaisante du moment que l’on connait en tant que frontman de The National. Si l’EP donne envie de vite découvrir ses suites, il fascine aussi par sa capacité à épouser l’univers de ses guests tout en laissant pleinement vivre celui d’Anna Calvi. Des rencontres qui transforment comme la rencontre l’amour mais sans jamais se perdre de vue.
Zach Bryan : paradis country album du mois
C’est en se racontant que Zach Bryan ouvre son nouvel album, nous transportant de ses souvenirs entre New-York, l’Oklahoma et les feux d’artifices du 4 juillet. Pas une note ne vient interférer dans son récit avant que le cri strident de l’harmonica n’introduise son second titre « Runny Eggs ». Sa voix douce, grave et apaisante vient alors nous conter quelques merveilles autour d’un feu de camp. C’est le 9 janvier que le compositeur folk nous offrait sa nouvelle balade : With Heaven On Top. En France, si son nom est encore confidentiel, à tord, aux Etats-Unis, il se plaçait directement au top 1 du Billoard 200 avec ce sixième jet et peut se targuer d’avoir déjà été nommé 4 fois aux Grammys. Il est pourtant difficile de raconter sa musique à travers des chiffres et récompenses. Dénuée d’artifice, bien que dotée d’une production impeccable, les balades de ce très joli moment respirent la sincérité. D’autant que Zach Bryan nous emporte avec un lui dans un road trip peuplé d’images, de verdures et d’introspections. La route est belle et on y prend notre temps puisque l’opus est composé de 25 titres menant à With Heaven on Top. Un petit goût de paradis ? A ne pas s’y tromper puisque le songwritter officie en utilisant des morceaux accessibles et calibrés tout en y ajoutant une patte connue. De ces récits qui évoquent une Amérique profonde romancée, celle qui faisait encore rêver quelques année plus tôt. La folk c’est un répertoire populaire qui se transmet sans jamais que l’on en connaisse l’origine. Celle de Zach Bryan a cette chaleur du terrain connu et ce plaisir de la création originale qui va immédiatement se nicher dans nos coeurs. Pas étonnant donc de voir à son compteur passé des collaborations avec nos trésors internationaux de Bruce Springsteen à Kings of Leon ou encore Bon Iver. L’ancien membre de la Navy, fils de militaire a depuis longtemps pris le large de sa chaîne Youtube qui l’a fait connaître. Venez prendre une belle dose de country, il est bon de voir du pays à ses côtés.
Perfume Genius : notes de coeur album du mois

Session de rattrapage pour Perfume Genius. Si vous aviez raté son album chef d’oeuvre, Glory, paru en 2025, le voilà de retour avec avec une version digitale deluxe agrémentée de 4 titres supplémentaires. Sur ses nouvelles effluves, on prend une grande bouffée émotionnelle sur le titre « Undercurrent (Clean Heart) », une mélodie à fleur de peau, savamment écrite. Cet album, Mike Hadreas, de son vrai nom, raconte l’avoir entièrement écrit en piano-voix, un processus qu’il n’avait pas utilisé depuis ses débuts. Depuis son premier opus « Learning » paru en 2010, le musicien a su s’attirer l’éloge des critiques du New-York Time à Pitchfork. C’est aussi la sincérité à fleur de peau qui peuple les notes sucrées de ses compositions. En tête : un franc parler qui transcende les ressentis, il se raconte aux côtés de son petit-ami Alan Wyffels qui officie au second clavier de Perfume Genius. Toujours emprunt de ses obsessions, il y examine le corps, la sexualité, la décadence, l’amour mais aussi les blessures. Glory est une merveille de composition. Ses notes de fond, celles qui sont les fondations même d’une flagrance, il les doit aussi à la présence de son groupe. Cette fois-ci, il leur a laissé la place d’enrichir les arrangements pour créer un travail collaboratif et vulnérable. Le résultat final, époustouflant valait bien qu’on profite de quelques nouveaux morceaux histoire de garder en tête son incroyable parfum. A écouter, en boucles.
Mitski ouvre les portes de sa maison album du mois
Depuis la publication de « Puberty 2 » en 2016 sur le label Dead Ocean, les portes de l’infini s’ouvrent sur Mitski. Dire que son « Nothing’s about to happen to me » était attendu serait un euphémisme. La musicienne americano-japonaise n’a de cesse de tordre les codes, d’introduire de l’art dans son indie rock, d’y apporter une légère touche de pop, d’emprunter au rock alternatif. Ce 27 février, était pour elle une nouvelle occasion de se livrer pleinement. Abandon de soi et lucidité peuplaient donc le morceau « I’ll change for you » révélé en amont de se sortie. Mais cet opus, c’est aussi l’occasion pour la musicienne de faire découvrir ses émotions à fleur de peau comme on explorerait une demeure. Celle de son chat ? C’est le cas à en croire le titre « That White Cat » mais aussi la pochette de son album. Concrètement, celui-ci ne cherche pas à casser les codes de l’univers que la musicienne avait déjà établi. Au contraire, elle y précise sa créativité et y offre la continuité de son travail. A pas de velours, trottinant sur ses coussinets avec un rythme en demie-teinte, Mitski s’éloigne des machines diablement efficaces et énergiques qu’elle avait composées pour « Be the Cowboy » à l’image du culte « Nobody ». Ici le rock se fait abrasif et profite d’arrangements orchestraux enregistrés à Los Angeles. L’art ou plutôt les arts viennent dominer un récit parfois hanté, toujours sincère. Elle sera en concert en France le 5 mai au Zénith de Paris.
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