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Léonard Pottier

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Durant les plusieurs jours et semaines de post-confinement, quoi de mieux pour nous accompagner en cette période de réadaptation qu’une œuvre capable de nous reconnecter au monde ? Le nouveau projet de Diego Philips et son groupe, un premier album nommé « Tides », se propose d’assurer ce rôle, non pas tant qu’il ait été créé dans ce but, mais plutôt du fait qu’il soit sorti au moment du déconfinement et que sa substance se révèle être composée de pensées sur les émotions et les sentiments humains, devenus plus qu’essentiels en cette période, ainsi que d’échappées musicales rappelant la délicatesse d’une idylle convoitée.

 

Présentation

Mais avant de plonger dans cette œuvre et de vous dire pourquoi elle est tant réussie, intéressons-nous d’abord à ses créateurs. Diego Philips est un artiste originaire de Belgique ayant décidé de développer sa carrière de musicien à Londres en Angleterre. Avec son groupe, The Pretty Boys, ils font leur chemin en indépendance totale depuis 2015, l’année où tout a commencé pour eux. Le groupe s’est ensuite élargi, de trois à six membres: Jay Dano (guitare), Jordan Liardon (basse), Piotr Paszkiewicz (batterie), Jakub Rokosz (percussions), Paul Dilhon (piano).  Sensibles à différents styles musicaux, leur vision créatrice n’est pas arrêtée, et s’étend à mesure qu’ils s’évertuent à construire et agrémenter leur propre univers, aussi bien complexe que raffiné. Diego Philips se dit inspiré par des artistes tels que Bob Dylan, Tame Impala ou encore Earth, Wind and Fire. Après un EP nommé « Burning Places », sorti en 2014, dans lequel on y percevait déjà un talent affirmé, c’est aujourd’hui que Philips et son groupe se lancent réellement et dévoilent leur premier gros projet, l’album « Tides », qui nous a séduit dès la première écoute. Laissez-nous vous en dire quelques mots.

 

Une aventure musicale complète et cohérente

« Tides » comporte dix titres, dont plusieurs interludes qui viennent apporter de la consistance au projet, et se révèle être d’une forte cohérence. En effet, on y sent une construction réfléchie, une logique de continuité, un monde qui se forme à mesure que l’on pénètre plus profondément dans l’œuvre. Si l’album débute avec son morceau le plus pêchu, le génial « Smile », dont le final revigorant aura définitivement raison de votre éventuel ennui, c’est pour ensuite prendre réellement le temps de construire quelque chose de particulier avec les morceaux suivants, sorte de longue balade brillamment établie. Les deux interludes entre ce premier morceau et « Where did you go ? » sont tout sauf inutiles, puisqu’elles viennent contrebalancer avec la dynamique du début et instaurer en douceur une atmosphère particulière dont on ne perdra jamais le fil jusqu’à la fin de l’album. L’enchainement des quatre magnifiques « Where did you go ? » (petit coup de cœur pour celle-ci), « Pretend », « The Sun » et « A Song » est probablement la plus belle réussite de « Tides », qui parvient ici à créer une ferveur progressive, toujours délicate mais jamais ennuyante, dont l’apogée atteint par la bouleversante construction de la longue chanson (plus de huit minutes) « A Song » vous procurera à coup sûr quelques frissons, portée par une mélodie obsédante et deux solos de guitares joliment exécutés.

« When I Feel the Moon » et « Into the Dark » clôturent l’album sur une touche exquise, comme en apesanteur, dans un sentiment aussi bien porté vers la mélancolie que l’espoir. L’album est déjà terminé que l’on souhaite en connaître la suite. 36 minutes d’intense voyage, d’énergie retrouvée, de rêves convoités et de sentiments déclamés ; le tout réunit sous la forme d’une aventure musicale complète et réfléchie. La production y est d’ailleurs pour beaucoup, tantôt réconfortante, tantôt inquiétante, assurée par James Yates. Ainsi qu’une masterisation prise en charge par Guy Davie ayant travaillé avec des artistes comme Michael Kiwanuka.

 

Une poésie portée par une voix rêveuse

« Tides » laisse place à la profondeur, l’amplitude et la complexité des sentiments humains par des textes efficaces et empreints d’une poésie notable, inspirés par des artistes comme Léonard Cohen, Bob Dylan ou encore l’écrivain et poète Charles Bukowski, dont Diego Philips confirme l’influence. On y navigue parmi l’amour et la perte, entre lesquels figurent également d’autres thèmes lui étant chers, comme l’ambition, la spiritualité ou encore la distraction et l’éloignement de ses rêves, comme par exemple lorsqu’il chante de manière poignante « the sun is gonna take you away from your dreams » (le soleil va t’éloigner de tes rêves) dans « The Sun », référence au mythe d’Icare afin de symboliser sa réticence à l’industrie musicale : avoir de l’ambition tout en restant sur ses appuis, ne pas voir trop grand quitte à s’éloigner de ses propres valeurs et au risque de se brûler les ailes. Diego Philips exprime ainsi la vie d’une voix rêveuse. Comme une caresse. Maitrisée. Profonde. Dont la qualité des morceaux parvient à en dévoiler toutes les subtilités.

 

Vers la lune

« Tides » est sincère. Et c’est ce qui en ressort avant tout. Comme une intime expérience introspective. Est-ce le fait d’être totalement indépendant, sans label ni contrat ni manager, qui pourvoie à l’album cette authenticité ? Ou simplement l’indéniable talent de ses créateurs ? Probablement l’alliance des deux, intimement liés.

Album "Tides" de Diego Philips

D’un homme contemplant la lune sur la magnifique pochette de l’album, nous traversons en l’intérieur de ce dernier les étapes l’ayant amené ici, telle une ombre portée par l’éclat de cet objet céleste occupant l’intégralité du cadre, prête à fusionner avec lui, dans un regard que l’on ne voit pas mais que l’on devine épanoui. Cette illustration est une belle porte d’entrée dans cette musique toute aussi imagée. On y ressort plein d’étoiles dans les yeux et les oreilles, avec le sentiment que Philips et son groupe a encore beaucoup à offrir. En attendant le retour des concerts et tout ce qui s’ensuit, écoutons « Tides », réécoutons-le plusieurs fois même, afin d’en imprégner toute la douceur et les subtilités. La lune vous attend. Et le périple vous réserve une bien belle surprise.

 

 

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Sometimes in life, we smile. Sometimes we cry. These pasts weeks have been strange times. Oscillating between joy, sadness, and contemplative dullness. Loads of ceiling staring and questioning, bad news and feelings of helplessness but also good news, tender moments and ecstatic happiness. When @jarred_figgins and I started working on the video for « Where did you go? », we had no idea that his vision would feel so relevant today. The result is a soft introspective journey through what seems to be some scarily unexpected and current feelings. Head to my Facebook or Youtube channel to watch it live on Thursday at 6pm (UK time) On Friday at 7 pm (UK time) I will make a small acoustic performance in my living room, by myself (and my limited audience). Feel free to join the Livestream. 📷 @rewomotion #musicphotography #singersongwriter #art #portrait #portraitphotography #photoshoot #londonmusician #musicians #photooftheday #photography

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By Léonard Pottier


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Pour le quatrième volet de notre série consacrée à la (re)découverte d’albums géniaux, entre évidence et confidentialité, nous avons choisi de mettre le rap à l’honneur, avec un album légendaire ayant propulsé le genre au sommet de la gloire. Dans un autre registre, le second album dont nous allons vous parler n’en est pas moins excellent, une œuvre concise et éclatante, sorte d’apogée du genre dans lequel elle s’inscrit.

 

Album n°1 : FEAR OF THE BLACK PLANET (PUBLIC ENEMY)

Plus porté vers l’évidence que la confidentialité, connaissez-vous réellement le chef-d’œuvre ultime de Public Enemy, le groupe de hip-hop le plus influent des années 90 ? Ravageur et engagé, Fear of the Black Planet, littéralement « Peur de la planète noire », est un monument du rap, ayant contribué à la reconnaissance de ce dernier en tant que genre légitime et digne d’intérêt. Ils n’étaient pas les seuls à l’époque, épaulé par le brillant duo EPMD ou encore le groupe NWA, mais Public Enemy avait la qualité d’être les plus incisifs dans le domaine, et probablement aussi les plus doués. Fear of the Black Planet intervient en 1990 suite à deux albums à l’écho déjà important. Mais le groupe tient ici ce qui sera leur œuvre la plus écoutée, reconnue, adoubée…

L’album réunit toute la hargne artistique et politique du groupe à travers 20 morceaux survitaminés, dont certains deviendront rapidement cultes (« Power to the People », « Fight the Power », « Fear of the Black Planet »…), hymnes à la population afro-américaine et armes aiguisées contre le racisme institutionnel et la suprématie blanche. C’est un album profond et complexe, en faveur de l’ « empowerment » de la communauté noire, c’est-à-dire l’obtention de pouvoirs plus conséquents afin de peser et d’agir sur les conditions sociales, politiques, économiques du pays. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le film de Spike Lee, Do the right thing , bijou cinématographique sur l’affirmation de la culture noire américaine réalisé en 1989, s’ouvre sur la chanson « Fight the Power », dans une scène de danse devenue culte tant elle transpire la rage et la révolte, sentiments que le corps de la danseuse s’acharne à faire vivre.

Public Enemy va ainsi droit au but en devenant de fidèles représentants de la culture noire américaine : Fear of the black planet n’admet aucune respiration, aucune sortie de route, c’est un rouleau compresseur à l’armature blindée. Parsemé de samples que le groupe parvient à s’approprier subtilement et intelligemment, action vertueuse plus répandue à l’époque, preuve d’une immense culture musicale, l’album fait de cette manière intervenir les artistes qui les ont influencés et qu’ils admirent, tous issus de la culture noire, principalement américaine : Georges Clinton, James Brown, Sky and the famly stone, Lyn Collins…

L’illustration de sa pochette, culte, annonce déjà le meilleur : une planète noire sous la forme d’un viseur de sniper s’approche dangereusement de la Terre, bien prête à faire valoir sa légitime présence, peut-être non sans violence mais avec une conviction certaine, conviction appuyée par un passé douloureux et une condition présente encore bien trop injuste et inégalitaire. Dessous cette illustration trône le titre de l’album, à la manière d’un générique de Star Wars, à la seule différence que la guerre est ici bien réelle. Un combat hargneux en faveur d’une reconnaissance, d’une considération, poussé par un légitime désir d’affirmation . Le hip-hop serait-il enfin l’émancipateur ultime de la culture noire américaine pour l’époque, et Fear of the Black Planet, son arme la plus aiguisée ? Force est de reconnaitre l’impact de Public Enemy dans cette lutte plus que primordiale, laquelle a aujourd’hui fait ses preuves en faisant du rap la musique la plus écoutée, même si le racisme institutionnel n’en a pas fini d’exister.

 

N°2 : HELLO! (STATUS QUO)

Le deuxième album de cette semaine, dans un tout autre registre que le premier, et sorti presque 20 ans plus tôt, est un classique absolu du rock, et surement l’une des œuvres les plus emblématiques de ce nous appellerons ici le rock jouissif. Qu’est-ce que le rock jouissif ? C’est un rock concis et spectaculaire, d’une évidence immédiate, simple et pourtant terriblement efficace, qui, dès lors que vous l’entendez, anime votre corps entier de mouvements incontrôlables, comme si vous étiez en train de fusionner avec la musique. Status Quo produit ce type de musique, ACDC également dans un autre genre. L’émotion qu’elle procure est proche de la frénésie. Les morceaux sont faits pour. Appelé boogie rock dans le cas de Status Quo, cette musique éveille en nous une chaleur, une jubilation, une danse effrénée, une sorte de jouissance en symbiose avec le corps et l’esprit. Rien ne semble plus immédiat.

L’album Hello!, qui intervient au début de leur carrière, après un Piledriver l’année précédente posant les bases de ce que sera leur identité, est généralement celui que l’on désigne comme leur projet le plus abouti et exemplaire dans le genre (même si Quo, leur album suivant, sera tout aussi incroyable). Hello! fait éclat des meilleurs riffs et solos qu’un groupe de boogie rock puisse offrir. Ça ne s’arrête jamais, ça groove de partout, c’est rentre-dedans, répétitif et pourtant pas une seule seconde ennuyant. C’est une œuvre exemplaire du genre, comme un modèle indépassable dont tout le monde se servirait pour comprendre comment construire des morceaux efficaces, comment faire monter l’intensité, comment user de la répétition intelligemment, quand faire intervenir les solos, à quel moment baisser la pression pour mieux la faire remonter, quand modifier légèrement la mélodie en l’alourdissant ou au contraire en l’allégeant…

« Roll Over Down », « Reason for Living », « Caroline » nous prennent aux tripes, nous rendent maboules, nous font découvrir le monde de l’orgasme imminent. C’est une réelle démonstration de force très impressionnante. Sans oublier la clôture magistrale, « Forty Five Hundred Times », qui ne s’éloigne pas de la droiture et du conformisme de l’ensemble malgré son temps record (pour une chanson de Status Quo), dix minutes, pendant lesquelles rien n’est laissé au hasard. C’est toujours aussi carré, et ici encore plus impressionnant au vu de la construction du morceau qui s’étend sans plus finir dans une coordination des plus maitrisées. Tout arrive au moment adéquat, débutant tranquillement pour finir dans une orgie musicale inatteignable. Ainsi, le groupe concise la longueur, joue avec le temps, et excelle aussi bien dans les formats courts que dans les formats longs. Finalement, leur musique est une déclaration d’amour au rock, brute et saillante, qui laissera une trace indélébile dans le monde de la guitare.

A la semaine prochaine pour une nouvelle sélection d’albums !

By Léonard Pottier

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Album après Album #Week3 : quelques albums extraordinaires à découvrir pendant son confinement

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Pour cette cinquième semaine (déjà !) de confinement, où les esprits s’échauffent et où le ras le bol général légitime commence à gagner de plus en plus de foyers (ce qui n’est pas une raison pour sortir davantage), beaucoup privés de toute forme d’épanouissement et gagnés par un ennui profond, il est grand temps de vous proposer l’épisode 3 de notre série consacrée à la découverte d’albums que nous tiennent à cœur, pour essayer de remonter le moral à ceux qui en ont besoin mais aussi pour vous faire voyager parmi des atmosphères diverses et uniques. Ces albums, choisis chaque semaine avec attention, comme nous le répétons à chaque fois, ne sont ni des classiques mondialement connus, ni des œuvres enfouies et secrètes inconnues de tous et de toutes. Ils font partie d’un juste milieu, entre évidence et confidentialité. Somme toute des classiques pour tous ceux qui voudront bien les reconnaître comme tel ! Il se peut évidemment que vous les connaissiez déjà, et c’est dans ce cas la parfaite occasion pour vous replonger dedans si l’envie vous prend. Cette semaine, ce sont deux albums intervenant tous deux à la fin d’une décennie que nous avons choisi de vous présenter.

 

ALbum n°1:  A WAY OF LIFE  (SUICIDE)

Troisième projet du duo le plus revêche de la musique moderne, A Way of life est avant tout une expérience unique en son genre, sans doute moins brutale et plus accessible que ne l’était déjà leur premier album, sorti en 1977, sobrement intitulé Suicide, météorite indescriptible ayant laissé une trace majeure sur toute la production musicale qui suivra, mais du moins toute aussi fulgurante. Dix ans séparent A Way of Life de Suicide, et le groupe composé d’Alan Vega et de Martin Rev ne semble pas avoir vieilli d’une ride. Au contraire, leur musique semble s’être dotée ici de nouvelles textures et profondeurs.  C’est un peu moins nerveux, tout aussi hypnotisant, et un peu plus abordable. Il y a toujours cette force spectaculaire, ce remue-ménage incessant et ce sentiment d’avant-garde qui se dégage de leur art, jamais soumis à quelconques formes de composition mais toujours attaché à l’enchère et à l’excès, jusqu’au point d’épuiser ses auditeurs. Oui, Suicide est une épreuve, faite de synthés primitifs, de répétitions et d’un chant aussi tortueux que bagarreur, crée par des mecs à l’attitude plus virulente que n’importe quel autre punk, mouvement auquel ils affirment d’ailleurs appartenir, sans que leur musique s’inscrive pour autant dans aucun genre particulier tant elle peut être rattachée à une multitude de styles variés : électro, rock, musique minimaliste, techno, new beat…  (ayons tout de même en tête qu’Alan Vega a eu l’envie de créer Suicide après avoir assisté à un concert des Stooges en 1969, précurseurs du mouvement punk). Mais c’est une épreuve nécessaire qui aura un fort impact sur votre manière de concevoir la musique, tant elle englobe tout un tas d’idéaux liés à une certaine forme de production et de composition : primaire, directe, violente, brutale, sauvage… Du rock à l’état pur, privé de tout artifices.

L’album attaque directement dans le dur, avec un « Wild in Blue » rugueux et revêche, sorte d’apothéose d’un savoir-faire ici totalement mûr, transcendé par un Alan Vega au plus haut de son intensité. Il ne chante pas, il donne son corps, son esprit et son âme à la musique qui rugit dans une répétition frénétique indomptable. Ce morceau est l’un des sommets de Suicide, tant il témoigne d’une démonstration de force de haute voltige qui vient assurer au groupe un retour réussi. Car on le sait déjà en écoutant ce premier morceau, l’album sera une claque.

La suite se gâte d’ailleurs avec des morceaux terriblement entêtants, dont les rythmiques et les mélodies aussi minimalistes que sauvages, comme on en a l’habitude avec le duo, trouvent une profondeur supplémentaire qu’auparavant, grâce à une production certes moins rentre-dedans mais davantage nébuleuse et inquiétante. L’album brille par sa maitrise tandis que sa noirceur prend constamment le dessus avec des compositions magistrales (« Rain of Ruin », « Dominic Christ »). C’est un concentré pur d’animosité, quelque chose d’à la fois terrifiant et sublime, de sombre et de lumineux… Bien que moins direct que le premier album, A Way of Life intègre plus de basse, plus de punch et s’affirme comme une œuvre à part et singulière, d’autant plus que deux morceaux en particulier retiennent notre attention, l’un pour sa beauté organique : « Surrender », une sorte de balade futuriste élevée par un cœur féminin des plus saisissants, et l’autre pour sa vivacité, « Jukebox Babe 96 », une sorte de rockabilly moderne sous drogue teinté de sonorités de l’espace.

A Way of Life est un bijou de la musique moderne, une œuvre grandiose qui continue encore aujourd’hui à faire effet et à influencer la production actuelle.

 

DOUBLE DOSE  (HOT TUNA)

Quittons maintenant l’univers tumultueux de Suicide pour s’intéresser à notre deuxième album de la semaine, Double Dose, un double album (d’où le titre) live de Hot Tuna, une musique plus classique et moins sauvage que celle de Suicide et qui, pourtant, procure elle aussi une belle claque à son écoute. Hot Tuna est un groupe américain composé de deux anciens membres de Jefferson Airplane : Jack Casady (basse) et Jorma Kaukonen (guitare) dont l’idée de départ est celle de jouer plusieurs classiques du blues réarrangé à leur manière. Leur premier projet, sorti en 1970, s’intitule Hot Tuna, un album live entièrement acoustique très réussi dans lequel ils interprètent principalement des reprises de blues. Double Dose intervient huit années plus tard, en 1978, et sonne comme l’aboutissement de leur travail, ici éclatant et concentré en un double album particulièrement jubilatoire. Malgré sa longueur (1h20), Double Dose n’admet aucun soupir et file tout du long à une vitesse éclair. Pas le temps de s’ennuyer une seconde, l’album est parfaitement construit et dosé, si bien que l’on se surprend à en redemander une dose lorsqu’il se termine. Les quatre premiers morceaux sont acoustiques et d’une beauté frappante, animés par la voix sensuelle de Jorma Kaukonen et son fluide jeu de guitare. La suite est entièrement électrique, un long chemin sans trêve, une continuelle avancée dans le merveilleux univers du blues, ici au meilleur de sa forme, allié à un rock fulgurant pour nous faire comprendre que ce dernier tire ses racines de là, du blues. Le rock et son essence même se joue dans nos oreilles. On y entend une musique traditionnelle à laquelle on a insufflé une intensité supplémentaire, un son détonant. Les morceaux sont d’une évidence implacable. Tout coule de source.

Double Dose a en réalité deux qualités principales qui lui permet de briller autant : des morceaux simples et terriblement efficaces, quelques-uns étant des reprises de certains classiques du blues (« Talking ‘bout you » de Chuck Berry ou encore « I can’t be satisfied » de Muddy Waters), ainsi que des musiciens fabuleux, dont la maitrise du rythme est ici primordiale. Tout ça élevé par une prise de son impeccable. Que faut-il de plus ?

« Funky #7 », en tant qu’ouverture du deuxième CD, donne directement la couleur : Double Dose ne passe pas par quatre chemins, il va à l’essentiel, prenant source à travers une musique aussi riche que complète et l’entraînant dans un tourbillon de guitare à la sauce rock’n’roll assumée. C’est net, c’est précis, c’est sublime.

By Léonard Pottier

Album après Album #Week 2 : quelques oeuvres musicales extraordinaires à écouter pendant son confinement

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Album après Album : quelques oeuvres musicales extraordinaires à écouter pendant son confinement #Week1

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Nos 100 meilleurs albums de la décennie

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The Night Chancers Baxter Dury
  The Night Chancers, Baxter Dury

  Depuis le génial Prince of Tears, avant-dernier projet en date du dandy britannique dans lequel il prouvait définitivement son talent, Baxter Dury n’a pas donné beaucoup de nouvelles. C’est aujourd’hui, dans une période difficile mais plus que jamais ouverte à la musique, qu’il fait son retour avec The Night Chancers, un nouvel album toujours aussi envoûtant. Avec la maitrise qu’on lui connaît, le chanteur insuffle à ce nouveau projet une profondeur sans égal dans sa discographie, élevée par une voix toujours aussi charnelle et magnétique.

 A l’occasion de cet évènement important de la carrière déjà bien remplie d’un artiste qui parvient à allier qualité et efficacité, nous avons eu la chance d’interviewer celui qui vous tiendra très certainement compagnie durant votre confinement et sûrement plus. C’est dans un hôtel parisien que Baxter Dury a accepté de répondre à nos questions concernant sa carrière et son nouvel album, bravant sa maladie qui ne lui permit pas d’être au meilleur de sa forme. D’une attitude désinvolte et d’un ton quelque peu nonchalant qui, on le sait, font partie de son identité mais aussi de son image d’artiste, élevés par un accent anglais bien prononcé, le chanteur ne nous a pas facilité la tâche, bien que toujours poli et à l’écoute de nos interrogations. Nous vous laissons découvrir cet entretien qui nous fait extrêmement plaisir de dévoiler :

Tout d’abord, j’ai l’habitude de débuter avec une question assez générale, afin d’en savoir un peu plus sur toi, notamment pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas forcément. Je voulais ainsi savoir ce que tu fais de tes journées. Quel est le quotidien de Baxter Dury ?

Baxter Dury : Interviews, interviews, interviews… (rires). Mon emploi du temps varie. Je fais beaucoup de choses. Ça dépend sur quel niveau tu te situes. Tu devrais poser des questions plus spécifiques. Par exemple, en ce moment, je fais la promotion de mon nouvel album et tout ce qui s’en suit. Cela engage évidemment des obligations promotionnelles comme des interviews, faire des photos et toute cette merde… Et cela dans plusieurs pays. En réalité, c’est amusant, à part quand tu as la grippe et que tu dois monter dans l’Eurostar à 5h du matin. Putain. Tu vois ce que je veux dire ?

Tu es occupé par la musique à chaque instant de ta vie ?

Baxter Dury : Non pas du tout, j’ai des pauses parce que tu as besoin de te reposer. Je suis pas ce genre de type bizarre totalement obsédé par la musique qui a constamment besoin de s’exprimer. J’ai de longues périodes comme ça puis j’arrête pendant un moment.

« Sur cet album, les histoires innocentes de ruptures ont fait jaillir des sentiments noirs mais qui, en tant que sujets de chansons, ne sont peut-être pas si sombres qu’on pourrait le penser. »

The Night Chancers est ton sixième album, qu’est ce qui a changé depuis que tu as commencé à faire de la musique ?

Baxter Dury : J’ai fait plus de six albums si tu comptes les collaborations etc. En réalité, j’ai fait beaucoup d’albums, je suis assez bon (rires). Ma vision a évidemment changé depuis les débuts. Je sais pas vraiment comment et je suis pas sûr d’être le meilleur commentateur de mon propre parcours. Mais je suppose que beaucoup de choses ont changé oui.

Ce nouvel album semble s’inscrire dans une évolution de ta part vers quelque chose de plus sombre, plus noir. Tu en as eu conscience lors de son élaboration ?

Baxter Dury : Hum… Plus sombre, je sais pas vraiment. Ça dépend ce que tu considères comme sombre. Lors de mon album précédent, il est vrai que je me trouvais dans un état d’esprit plus obscur. Pour autant, sur cet album, les histoires innocentes de ruptures ont fait jaillir des sentiments noirs mais qui, en tant que sujets de chansons, ne sont peut-être pas si sombres qu’on pourrait le penser.

 Par exemple la pochette de l’album, c’est très certainement la plus sombre parmi toutes celles que tu aies faite.

Baxter Dury : Oui, parce que la photo a été prise dans le métro et que tu ne peux pas faire plus clair que le désert (fait ici référence à la pochette de Prince of Tears). Tu ne peux pas comparer. Sur celui-ci, l’ambiance est plus claustrophobe. Je crois qu’être français (fait ici référence à son interlocuteur) implique une difficulté à choisir les implications narratives d’une histoire parce qu’une partie du langage doit se perdre. Tous mes albums sont équitablement lumineux et sombres à la fois.

The Night Chancers constitue donc la suite logique de ta musique ? Tu le perçois de cette manière ?

Baxter Dury : Je ne l’ai pas particulièrement pensé de manière logique, et ce n’est jamais sorti de cette façon je pense mais c’est l’album que je viens juste de terminer donc logiquement, il doit suivre le parcours de mon évolution.

Dans le clip de « Slumlord », le premier morceau de l’album à avoir été dévoilé, tu te mets en scène comme un débauché, alcoolique et drogué. Dans le mot slumlord, on retrouve d’un côté « slum » et de l’autre « lord », deux mots en contradiction. J’ai l’impression que tu aimes endosser des rôles de pouvoir : lord, prince… en les confrontant à des mots qui ne leur sont jamais associés en temps normal : slum, tears… D’où vient cette idée ?

Baxter Dury : La définition exacte de « slumlord » est une personne propriétaire de logements miteux, et qui exploite les personnes pauvres qui vivent à l’intérieur, en dépensant le moins possible pour l’entretien. Ça n’a rien de classe ni de loyal. C’est quelque chose de négatif.

« Je dois protéger une partie de la vérité. J’utilise des personnages pour éloigner les auditeurs de ma réalité et de mes pensées. C’est une technique de diversion. »

Alors que « Prince of Tears » révélait quelque chose de plus lumineux.

Baxter Dury : Prince of tears est plus fragile.

Tu aimes endosser des rôles ?

Baxter Dury : J’en ai besoin. Je dois protéger une partie de la vérité. J’utilise des personnages pour éloigner les auditeurs de ma réalité et de mes pensées. C’est une technique de diversion.

Comment tu composes tes morceaux ? Seul ou entouré ?

Baxter Dury : Parfois seul, parfois entouré… Je n’ai pas de règles à propos de ça. J’ai une équipe d’écriture. Par exemple, sur la chanson « Miami » du précédent album, c’est un ami à moi qui a écrit cette ligne de basse. Mon rôle est ensuite celui de répondre ensuite à ces propositions. Il y a certaines personnes qui ont une grande influence sur ce que je fais.

J’ai lu dans une interview à l’époque de Prince of Tears que tu plaçais la meilleure chanson en début d’album. C’est le cas ici avec « I’m not your dog » ?

Baxter Dury : J’en avais l’habitude oui, mais je ne l’ai pas fait sur cet album, parce que j’avais déjà en tête toute la construction. Je savais quel serait le début, le milieu, la fin… Je l’avais déjà séquencé avant de terminer les morceaux.

 Dans cette chanson d’ouverture, « I’m not your dog », tu introduis du français avec la phrase « ce n’est pas mon problème, je ne suis pas ton chienne », chanté par une voix féminine qui t’accompagne. D’où t’es venu l’envie de chanter en français ?

Baxter Dury : J’aime le français traduit par google. Il y a une maladresse, un accident de langage produit volontairement. C’est presque irrespectueux mais l’idée n’était pas d’être négatif envers le français. Musicalement, ce n’est pas destiné à être parfait car sinon ce ne serait pas très intéressant. On a proposé à certaines actrices françaises comme Marion Cotillard, Béatrice Dalle de le faire… Une de celles à qui on a demandé nous a dit que si elle le faisait, ça deviendrait trop cliché. Elle nous a conseillé de le laisser dans cette version pour que ça soit plus intéressant. Je crois que c’était une manière de me faire comprendre qu’elle n’aimait pas la chanson.

« Je m’excuse notamment auprès de tout le monde qui a collaboré sur cet album. Pour quelle raison ? Je ne sais pas. Mais je m’excuse. Ce sont des excuses gratuites, sans raisons… »

Dans la dernière chanson de l’album, une femme répète « Baxter loves you ». A qui t’adresses-tu lorsque tu lui fais chanter ça ?

Baxter Dury : A tout le monde. Je m’excuse. Je m’excuse notamment auprès de tout le monde qui a collaboré sur cet album. Pour quelle raison ? Je ne sais pas. Mais je m’excuse. Ce sont des excuses gratuites, sans raisons…

Pourquoi ne pas le chanter toi-même et le dire par l’intermédiaire d’une voix qui n’est pas la tienne ?

Baxter Dury : Ce n’est pas moi qui le dit mais je contrôle les paroles. C’est moi qui les ai écrites. Donc cela revient au même en un sens.

Tu sembles beaucoup influencé par Serge Gainsbourg. A quel point es-tu proche de sa musique ?

Baxter Dury : Un peu oui, mais je ne dirais pas beaucoup. En tout cas moins que ce que les gens pourraient penser. Il m’influence un peu, parfois.

En parlant d’influences, je trouve que « Slumlord » a de nombreuses similarités avec « Let’s Dance » de Bowie. Tu en avais conscience lorsque tu as écrit le morceau ?

Baxter Dury : J’ai réalisé cela à un moment où j’étais déjà bien avancé dans la composition du morceau. Quelques personnes m’ont fait la même remarque. J’ai empiré cet effet miroir en introduisant une rythmique qui sonne comme « Let’s Dance ». Au début de l’écriture de la chanson, je n’avais pas fait ce rapprochement mais lorsque je m’en suis rendu compte, j’ai joué volontairement sur cet effet, en appuyant d’autant plus sur cette ressemblance.

 Il existe cet éternel débat du rock qui veut que l’on choisisse entre les Beatles ou les Stones. Personnellement, j’aimerais un peu modifier la question et te demander si tu es plus Beatles ou Bowie ?

Baxter Dury : Bowie je pense. Non… Enfin je sais pas… Egalité sûrement… Je suis très fier de la musique anglaise. Je suis fier des Beatles, autant que je suis fier de David Bowie. Tu comprends ? Je suis fier. Donc pourquoi devoir choisir un camp ? Je me référence sûrement un peu plus à Bowie parce qu’il est vraiment très sophistiqué. Mais on ne devrait pas créer de compétition.

Tu as fais plusieurs collaborations en parallèle à tes albums solos. Je voulais revenir sur celle récente avec Etienne de Crécy et Delilah Holliday sur l’album B.E.D, un disque que je trouve très bon et extrêmement efficace. Comment tu as rencontré Etienne et Delilah ?

Baxter Dury : J’étais à Paris et il m’a demandé de faire une chanson. Je m’ennuyais un peu parce que ça faisait longtemps que je séjournais ici et nous avons donc fait un album très rapidement.

Est-ce que cet album, B.E.D, t’a donné des idées pour ton nouvel album solo The Night Chancers ? En terme de recherche sonore, de composition…

Baxter Dury : Pas vraiment. Ce sont deux choses séparées qui sont arrivées très rapidement. Il n’y pas eu beaucoup à réfléchir et c’est ce que j’ai apprécié le plus.

Sur I’m not your god, j’ai cru entendre un son de basse similaire à certains sons que l’on peut entendre sur B.E.D

Baxter Dury : C’est juste de la musique électronique tu sais. Ça sort de machines. C’est comme ça que ça marche, et les sons peuvent se ressembler. Je n’y pense pas vraiment quand j’écris les morceaux. Je ne cherche pas à répéter les choses que j’ai produite, c’est le coup d’une fois et ensuite je n’y reviens pas.

Tu ne prévois donc pas de donner suite à cette collaboration avec Etienne de Crecy et Delilah Hollyday ?

Baxter Dury : Non, ça n’arrivera jamais. C’était le temps d’un seul album. Mais je n’y pense pas autant que toi, si tu commences à y penser, ça ruine tout. C’était une musique très simple, inconsciente, qui n’a pas demandé beaucoup d’efforts mais qui au bout du compte a bien fonctionné, justement grâce à ce côté instinctif. Le truc est de ne pas trop y réfléchir, sinon ça ne marche plus.

 Tu penses quand même collaborer avec d’autres artistes à l’avenir ?

Baxter Dury : Maintenant, après tout ça, et en fonction de ce qui se passera par la suite, j’aimerais davantage travailler avec des artistes américains, proches du hip-hop, comme Franck Ocean. Je trouve que la musique afro-américaine est bien plus intéressante que tout le reste.

« Les gens parlent du streaming aujourd’hui, mais avant ils parlaient d’autres choses tout aussi merdiques »

Ta façon de chanter, lente et intense, à la limite du parler parfois, tu l’as beaucoup travaillé ou c’est quelque chose de naturel chez toi ?

Baxter Dury : La plus grosse partie est naturelle, mais tu dois toujours travailler certaines choses. Rien ne vient vraiment simplement, on doit y consacrer du temps.

Tes chansons sont généralement courtes et répétitives. Cela fait partie de ton identité musicale ? Es-tu attiré par d’autres manières de composition ?

Baxter Dury : Oui, cela fait partie de mon identité musicale. Et en terme de composition, je suis maintenant attiré par des choses qui proviennent d’Amérique. Faire quelque chose de différent m’intéresse.

 Qu’est-ce que tu penses de l’industrie musicale aujourd’hui ?

Baxter Dury : ne sais pas vraiment. Je crois que des artistes comme moi seront toujours les mêmes. Je crois que tout va bien en fin de compte. Je n’y pense pas vraiment en réalité. Il ne faut pas trop s’inquiéter. Les gens parlent du streaming aujourd’hui, mais avant ils parlaient d’autres choses tout aussi merdiques. Des choses auxquelles je m’intéresse peu. Du moment que je me porte bien et que je paye mon loyer, je n’ai pas grand-chose à dire.

C’est tout pour moi, merci beaucoup !

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