Author

Alexandre Bertrand

Browsing

Dans le cadre du Club 300 d’Allociné, projeté au Forum des Images, était présenté Scandale, le nouveau film de Jay Roach (la trilogie Austin Powers mais aussi le plus sérieux Dalton Trumbo) avec en tête d’affiche rien de moins que Nicole Kidman, Charlize Theron (nommée pour l’Oscar de la meilleure actrice) et Margot Robbie (nommée pour l’Oscar du meilleur second rôle féminin). Le sujet du film parlant de harcèlement sexuel dans le monde des médias étant plus que jamais d’actualité, comment Scandale, 3 nominations aux prochains Oscars, l’aborde t-il ? Critique

scandale affiche film 2020

Scandale : De quoi ça parle ?

Quelques temps avant l’élection présidentielle américaine de 2016. Fox News, la chaîne d’infos phare des conservateurs américains est plus que jamais populaire alors que prend de plus en plus forme les chances d’un certain candidat populiste du nom de Donald Trump… Dirigé par Roger Ailes (John Litghow, méconnaissable), son fondateur, Fox News est en pleine lumière alors que les idées qu’elle propage depuis des années semble conquérir le pays. C’est pourtant à ce moment là que tout va voler en éclat pour Ailes. Gretchen Carlson (Nicole Kidman), présentatrice dont l’aura au sein de Fox News n’aura eu de cesse de chuter ces dernières années et récemment mise à la porte accuse son ancien PDG de licenciement abusif et harcèlement sexuel. Megyn Kelly (Charlize Theron), intervieweuse star de la chaîne qui s’est illustrée récemment lors d’une passe d’armes avec Donald Trump, hésite sur les conséquences que cela aurait pour sa carrière de briser « la loi du silence ». Kayla Pospisil ( Margot Robbie), jeune journaliste dont l’ambition veut lui faire franchir les étapes à toute vitesse est rapidement confrontée à ce que cela implique quand on est une femme travaillant à Fox News… Trois portraits de femmes confrontés aux ravages du sexisme et du harcèlement au travail.

Scandale : Est ce que c’est bien ?

Charlise Theron, Margot Robbie et Nicole Kidman pour le film scandale 2020

Les premières minutes de Scandale ne sont pas forcément à son avantage sur deux points. Tout d’abord, la mise en avant du contexte de montée en puissance du candidat Trump fait redouter un brûlot politique, là ou on l’on pouvait s’attendre à une histoire plus centrée sur le cas précis de Roger Ailes et ses méfaits au sein de Fox News. Enfin, la mise en scène de Jay Roach ne brille pas pour illustrer les idées du script de Charles Randolph (présentation par le personnage de Charlize Theron des coulisses de Fox News face caméra flirtant avec le quatrième mur tombant à plat). A présenter factuellement les parcours des trois protagonistes dans sa première partie (Nicole Kidman qui est poussée de plus en plus vers la sortie, Charlize Theron qui doit arrondir les angles avec Trump notamment pour continuer d’être en tête d’affiche de la chaîne, Margot Robbie qui gravit les échelons), Scandale fait redouter de n’être qu’un « procedural » comme tant d’autres, dont l’enjeu serait le verdict du futur procès à venir de Roger Ailes.

 

Et pourtant tout se joue lors d’une scène. La scène charnière de tout le film. Le personnage de Margot Robbie parvient à obtenir ce qu’elle désirait tant : obtenir un entretien avec Roger Ailes. D’apparence anodine, la situation dérape peu à peu, le personnage de Litghow, de prime abord paternaliste demandant à la jeune présentatrice de faire un tour sur elle même. Puis de lui montrer ses jambes. Puis de remonter encore et encore sa jupe… Le vice du regard de Litghow et le visage de Robbie s’exécutant tout en cherchant à contenir ses larmes naissantes suffisent à glacer littéralement le sang.

 

A partir de là, comme un symbole, le personnage de Kayla Pospisil incarnée par Robbie étant fictif et faisant office d’archétype, la chute de Roger Ailes. Comme une fois de trop. Peu importe, que lors d’une scène, le personnage de Charlize Theron relativise le caractère « monstrueux » en évoquant tout les bons cotés, notamment la générosité en tant que patron de Fox News que Ailes a pu avoir pour d’autres salarié-e-s. Peu importe que le personnage de Nicole Kidman n’ait rien de la victime au sens traditionnel du terme, étant montré qu’elle préparait sa revanche depuis longtemps et attendait le premier faux pas de ce dernier ( son licenciement abusif) pour lancer les hostilités et le mettre à bas. Et le film prend alors des allures de symbole : il ne s’agit -presque – plus de la lutte  judiciaire de Gretchen Carlson contre son ancien employeur, il s’agit de montrer les prémisses de ce qui une poignée de mois plus tard, suite à la tristement célèbre affaire Weinstein, deviendra le mouvement #MeeToo. La fin du silence et la mise à mal du système patriarcal. Pour les excellentes prestations de son trio de têtes d’affiches, Scandale était un film hautement recommandable. Pour la nécessité de son sujet et la justesse de son traitement, Scandale en devient un film essentiel.

1917 : Une odyssée guerrière en forme de survival par Sam Mendes

Dans le cadre du Club 300 d’Allociné était projeté au Forum des Images 1917, la…

Les Misérables : Training Bastille Day

Dans le cadre du Club 300 d’Allociné, était projeté au Forum des Images, Les Misérables,…

Green Book 2018 film

Green Book, Viggo Mortensen et Mahershala Ali percutants dans un road-trip drôle et émouvant.

Premier film écrit et réalisé sans son frère Bobby, Peter Farelly, le réalisateur de Four…

Couverture du livre " Back to the 80's Generation Videoclub! " aux éditions Alain Ducasse<br /> Droits réservés Webedia
Couverture du livre  » Back to the 80’s – Generation Videoclub!  » aux éditions Alain Ducasse
Droits réservés Webedia

Le 11 octobre 2018, la rédaction AlloCiné a publié aux Editions Alain Ducasse, « Back to the 80’s – Génération Vidéoclub !« , lettre d’amour au cinéma des années 80 et aux années VHS à travers 100 films culte. L’occasion pour la rédaction de présenter le livre au cours d’une projection spéciale de SOS Fantômes et d’avoir en invité spéciale le doubleur Richard « The Voice » Darbois.  Une soirée Madeleine de Proust toute en nostalgie.

Back to the 80’s – Génération Videoclub! :

C’est quoi un film culte?

Qu’est ce qu’un film culte? Il est vrai que ces derniers temps, le terme a été plus que galvaudé et utilisé à toutes les sauces. En se rendant à la soirée organisée au Forum des Images le 17 octobre 2018 pour la sortie de « Back to the 80’s – Génération Vidéoclub !« , le débat faisait rage entre membres de la rédaction de Pop&Shot. On peut adorer Empire du Soleil (et c’est le cas de l’auteur de ces lignes) et considérer néanmoins que le film culte de l’année 1986 est incontestablement « Top Gun« . Un film culte, c’est quelque chose allant au delà de la technique, de la performance. C’est la Madeleine de Proust, le Plaisir Coupable, c’est de ces films qui marquent et dont on se souvient des années après, le contexte et l’endroit dans lesquels on a pu les visionner. C’est celui qui a fait rêver, qui a permis de s’échapper du quotidien, celui qui a fait fantasmer. On a voulu devenir barman en regardant « Cocktail« , apprendre à danser devant  » Dirty Dancing » ou bien partir à la chasse au trésor après avoir vu « Les Goonies« . Un film culte c’est un rappel indélébile à l’enfance, à l’adolescence, à la jeunesse en général. Un film culte c’est un film marqué au fer rouge dans son inconscient et qui, que l’on soit cinéphile ou non, fait partie de son inconscient. Un film qui finit par faire partie de soi. Qu’on reverra souvent ou auquel on empruntera éhontément des répliques dans la vie de tout les jours.

Back to the 80’s – Génération Videoclub! :

On a pas tout les jours 8 ans…

Richard Darbois et Yoann Sardet lors de la présentation de " Back to the 80's Génération Vidéoclub!" au Forum des Halles
Richard Darbois et Yoann Sardet lors de la présentation de  » Back to the 80’s – Génération Vidéoclub! » au Forum des Halles

En rentrant dans la salle 500 du Forum des Images, la nostalgie battait son plein avec des extraits de BO des films des années 80, projections sur grand écran de répliques cultes convoquant tout aussi bien Shining que Rocky IV et un nombre impressionnant de spectateurs portant T-shirts ou casquettes Jurassic Park! Mais tout ça ce n’était rien comparé à l’émotion provoquée par l’interruption du speech de Yoann Sardet par un florilège de voix en provenance direct des décennies passées : Richard Darbois, doubleur officiel d’Harrisson Ford, Danny Glover, Patrick Swayze, Arnold Schwarzenegger, Dan Akroyd ou bien encore Richard Gere. Peu importe la date de naissance, à ce moment précis, l’age moyen de la Salle 500 du Forum des Images n’excédait pas les 10 ans. Indiana Jones, le Génie, Bodhi, Docteur Ian Malcolm, le Capitaine Crochet… Impossible d’être exhaustif tant la carrière de Richard Darbois est longue et tant il aura marqué toute une génération de cinéphiles en herbe. Une carrière sur laquelle Richard Darbois est revenue de bon cœur lors d’une séance de questions/réponses après la projection de « SOS Fantômes« , un film parfait pour maintenir cet état second dans lequel le spectateur aura été plongé tout au long de la soirée : celui d’un enfant de 8 ans qui regarde bouche bée la VHS qui vient de se lancer dans le magnétoscope.

Back to the 80’s – Génération Videoclub! :

Est ce que c’est bien?

Un aperçu de "Back to the 80's Generation Vidéoclub!" avec l'un des représentants les plus marquants de la décennie...
Un aperçu de « Back to the 80’s – Generation Vidéoclub! » avec l’un des représentants les plus marquants de la décennie…

Si une période se prête bien aux films cultes, ce sont bien les années 80 (ainsi que les années 90 prévues pour une éventuelle suite), la consommation de films s’est démocratisée et a fait son apparition dans les salons de tout à chacun. Toute une génération a pu facilement s’ouvrir à tout un pan de la culture ciné. Avec du bon et du moins bon. De l’avouable et du moins avouable. Illustrant à merveille cette richesse, les cent films proposés dans le livre de la rédaction d’Allociné  » Back to the 80’s – Génération Videoclub! » plongeront les plus anciens dans leurs souvenirs et les plus curieux à la découverte ou redécouverte d’œuvres classiques. Bénéficiant d’une très belle mise en page c’est un très bon ouvrage à avoir pour lancer des débats cinéphiliques essentiels et enflammés sur les films nommés (Superman II?!) et ceux qui ne le sont pas (Police Fédérale Los AngelesLa Folle journée de Ferris Bueller?)!

scène du viol de la femme de l'écrivain

Film Culte: décryptage du chef d’œuvre « Orange mécanique »

Film de Stanley KUBRICK Malcolm MAC DOWELL   C’est en 1971 que Kubrick signe un…

Extrait de Paris est une fête paris est à nous 20192018

« Paris est une fête »: une représentation vivante des générations X et Y.

Les générations X et Y ne sont pas comme les autres. C’est fait dit et…

Film culte #1 : Rocky (1976) . « Yo Adrian ! I did it ».

Il y a 40 ans sortait le film porté à bout de bras par un…

Le voilà enfin ! Black Panther, après une campagne promotionnelle axée sur son aspect communautaire ( un film réalisé par des Noirs avec un casting quasi essentiellement de Noirs), a débarqué en salles le 14 février 2018. Raflant bon nombre de records, Black Panther s’annonce comme un des grands succès de l’année qui débute. Black Panther, le meilleur film Marvel ? Critique.

 

T’Challa et Killmonger luttant pour le trône du Wakanda
Droits réservés : MarvelStudios

Black Panther : De quoi ça parle ?

 

Apparu pour la première fois dans les pages de Fantastic Four #52 en 1966, Black Panther raconte l’histoire de T’Challa, souverain du pays africain (imaginaire) du Wakanda.  Il est aussi le super héros connu comme la Panthère Noire. Black Panther en VO donc. L’Univers Marvel portant vraiment bien son nom et étant maintenant bourré de connexions entre ses différentes franchises, on sait depuis Captain America 3 : Civil War (qui aurait pu tout aussi bien s’appeler Avengers 2.5, tant il a servi à connecter différents persos Marvel comme SpiderMan, Ant-Man, Black Panther au reste de l’Univers Marvel tel qu’il se construit depuis 10 ans maintenant) que le père de T’Challa, le roi T’Chaka est mort dans un attentat au siège des Nations Unies. T’Challa qui portait jusque là le costume de Black Panther doit maintenant relever le plus grand défi auquel il a jamais pu être confronter : revêtir le costume de monarque du Wakanda. Dans le même temps, le marchand d’armes Klaue ( aperçu dans Avengers 2), aidé du jeune chien fou au lourd passé (#mychtèreeeee) Killmonger, cherche à déstabiliser le royaume africain qui depuis toujours cherche à rester à distance des autres nations du reste du monde…

Black Panther : Qu’est ce que ça donne ?

 

Les buzzs, orchestrés pour les campagnes de promotions sur les réseaux sociaux, avec leurs grandes capacités à sur-vendre ( cf Get Out) ou descendre en flèches ( cf Batman Vs Superman), au final, sans vraiment de nuances les films qui sortent en salles, ne facilitent pas vraiment le débat. Tout de suite, on est soit « pour », soit « contre ». Est ce que du coup, en tant que film d’action de super héros, et non en tant que porteur d’intentions aussi nobles soient elles, est il un bon film ? La réponse s’annonce plus mitigée que ce qui aura pu circuler sur le Net ces derniers jours…

@MarvelStudios

Réalisé par Ryan Coogler, talentueux cinéaste de Fruitvale Station, qui s’était déjà frotté au mythe Rocky avec le spin-off/remake Creed, le metteur en scène afro-américain doit se frotter à l’un des plus gros défis d’Hollywood dans les années 2010 : réussir à apporter sa touche dans l’une des plus grosses industries actuelles, l’Univers Marvel. Dès le début, c’est pour de mauvaises raisons que le spectateur va s’accrocher à son siège, la première scène d’action, Black Panther délivrant un convoi de jeunes filles kidnappées par des terroristes est impressionnant d’illisibilité et de mauvais cadrage.

Pourtant avec une triste actualité (Boko Haram et la centaine de jeunes écolières enlevée au Nigéria) faisant écho, il y avait matière, d’entrée de jeu à placer le film sur une dimension politique. Si l’action n’est pas le fort de Coogler (les deux affrontements T’Challa/Killmonger manquent d’ampleur dans leur mise en scène), c’est avec l’aspect politique du film qu’il semble le plus à son aise. Et cela est du au fidèle Michael B. Jordan ( qui jouait déjà dans Fruitvale Station et Creed) qui, encore une fois, crève littéralement l’écran dans le rôle de Killmonger, cousin de T’Challa et prétendant au trône. Ce sont deux visions radicalement différentes qui s’opposent à travers les deux antagonistes du film. Là ou T’Challa ( décevant Chadwick Boseman, alors qu’il crevait l’écran durant son court passage dans Civil War) souhaite que le Wakanda, pays à la technologie ultra développée, reste en retrait du monde, Killmonger souhaite utiliser cette technologie pour mener à bien une révolte globale contre les anciens « colonisateurs ». Martin Luther King vs Malcolm X. L’idée contre l’action. Passionnante opposition et débat d’idée mais qui n’est pas forcément développée, ce qui est dommage, car la principale qualité du film vient de là.

 

Une autre qualité du film est son aspect James Bond-ienne pendant une bonne partie du film. La visite du repaire de la jeune sœur de T’Challa, Shuri (charismatique Letitia Wright), scientifique en herbe, convoque inconsciemment Q et 007. La fameuse séquence du casino coréen est un hommage à la saga bondienne et expose les différents enjeux et motivations des personnages principaux. L’humour est aussi bien dosé, ce qui est assez rare chez Marvel pour le faire remarquer.

Black Panther en action
Droits réservés :; MarvelStudios

Black Panther : Un bon film Marvel ou un bon film tout court ?

 

Au final, pour parler de Black Panther, il faut commencer par nuancer ses propos. Non, le film ne justifie pas la hype démesurée qui l’accompagne. Ce n’est pas le meilleur Marvel qui soit, la faute à un Chadwick Boseman, plus T’Challa que Black Panther qui joue son personnage sans grande flamboyance. Est-il mauvais pour autant ? Non. Loin de là. Convoquant une esthétique flamboyante avec le Wakanda qui mêle très bien la tradition et l’hyper modernité, un drame aux accents shakespeariens (drame familial et mensonge originel teinté de sang) et une interprétation globalement de qualité ( mention spéciale à Michael B. Jordan, Letitia Wright ainsi que Lupita Nyong’o), Black Panther est un très bon divertissement.

Ses intentions sont louables bien que n’allant pas assez jusqu’au bout de leur potentiel ( on aimerait voir plus de ce fameux Wakanda, on aimerait voir les positions opposées de T’Challa et Killmonger plus fouillées) et le tout est bien calibré selon le standard marvelien en vigueur actuellement. Mais dans la double ou triple fournée annuelle auquel nous a habitués la Maison des Idées depuis une petite décennie, force est de constater que Black Panther se situe clairement dans le haut du panier !  Il est aussi à noter une évolution récente chez Marvel de vouloir adopter de subtils touches de nouveauté pour sortir (un peu) de la recette industrielle à laquelle le studio avait pu nous habituer. La preuve avec un Thor 3 (imparfait mais y allant à fond dans le fun) et ce Black Panther. Est ce qu’Infinity War tentera des choses? Réponse dans quelques semaines!

Après avoir mené le filon Wolf Creek jusqu’au bout avec une suite et une série télé, Greg McLean tente une expérience américaine pour la fameuse Blumhouse. Au programme : des démons, du folklore indien, une famille en détresse et un Kevin Bacon tout ridé. Traversée du Pacifique réussie pour le réalisateur australien? On vous dit tout…

La famille Taylor est en vacances dans le Grand Canyon avec des amis, quand le petit dernier, Michael (joué par un David Mazouz convainquant en jeune autiste), en se baladant ramène avec lui des pierres runiques. Monumentale erreur. Dès lors, le pavillon de banlieue des Taylor va se retrouver squatter par 5 démons indiens qui vont avoir pour ambition de prendre l’âme du petit Michael… Sur un scénario auquel il a notamment participé McLean met en scène un film qui ne perd pas une minute pour nous mettre dès le début dans le vif du sujet. En effet, dès la scène d’exposition, le petit Michael ramasse les pierres et l’on sait déjà que le pire est à venir… Le pitch n’est pas très original mais le film n’est pas dénué de qualités pour autant.

La première est que les personnages existent réellement. Là ou le cinéma de genre nous a trop souvent habitués à des personnages dont on se fout globalement du sort, McLean en quelques scènes nous montre habilement les interactions entre chaque membres de la famille. Une crise larvée entre la femme ( Rhada Mitchell) et le mari (Kevin Bacon). L’adolescente (Lucy Fry) jalouse de l’attention portée à son jeune frère autiste ( David Mazouz). La mère surprotectrice avec son fils… On a pour une fois une famille qui existe, qui est crédible et pour qui on peut avoir de l’empathie (toutes proportions gardées bien sur). Pas comme celle du récent remake de Poltergeist en somme…
La deuxième est d’avoir fait du personnage de Michael un jeune autiste ce qui rend crédible les réactions premières des parents de ne pas s’inquiéter du comportement étrange de l’enfant sous influence des démons contenus dans les pierres ramenés du Grand Canyon. Ainsi, les réactions de sa sœur présentant que quelque chose cloche avec son petit frère vont passer pour de la jalousie mal placée aux yeux des parents. Un détail scénaristique qui fait mouche et qui fait que pour une fois on est pas atterrés du manque de jugeote des personnages par ce qui est entrain de leur arriver. Pas comme dans le récent remake de Poltergeist en somme…

Néanmoins, tout n’est pas parfait, loin s’en faut dans The Darkness. Si McLean soigne ses personnages et que le folklore indien auquel sont liés les démons est d’une certaine originalité, les situations en tant que telles ne le sont pas vraiment. On est dans du terrain balisé et là, il n’y a pas grand chose que McLean puisse faire pour sauver son métrage et en faire quelque chose de plus qu’un énième film Blumhouse à esprits malfaisants. Toutes les scènes d’événements bizarres survenant au milieu de la nuit, les bruits étranges, les portes qui s’ouvrent et se claquent toutes seules… Tout ça a déjà été vu et revu au cours de ses dernières années… Alors certes avoir un acteur du niveau de Bacon est une certaine gageure, certes McLean n’est pas un manchot. Mais cela ne fait pas tout et si l’on a pu espérer en début de métrage de se retrouver avec une nouvelle pépite de la part du réalisateur de Wolf Creek, on se retrouve au final avec du tout venant émergeant à peine de la production actuelle. La mini-séquence de happy-end final, dégoulinante de niaiserie finit de nous achever. Un film américain mineur pour ses premiers pas à Hollywood… Mais gardons espoir qu’il saura transformer l’essai assez rapidement. Peut être à l’occasion de son prochain film « The Belko Experiment » prévu pour l’année prochaine et qui s’avère être un jeu de massacres savoureux ? On l’espère. Réponse en 2017.