Alexandr: « C’est vrai qu’on est un peu dans le creux de la vague au niveau du rock, mais il revient toujours sous de nouvelles formes » (Interview)

Alexandr

Astrid Karoual

Les plus britanniques des rockeurs français, Alexandr, seront de retour le 25 octobre avec un nouvel EP 4 titres blindé de singles en puissance: « Surrender ». Le rock peut encore s’inventer sous bien des formes et ce deuxième EP, qui suit « You won’t get another chance » paru en 2016, en est la preuve. En attendant leur concert au Supersonic de Paris du 26 novembre, le groupe répond à nos questions et nous plonge dans son univers 90’s à la fois moderne et référencé. Interview.

Votre nouvel EP, Surrender, sort le 25 octobre, comment le décririez-vous ?

« Surrender », c’est un 4 titres très compact avec des chansons qu’on considère toutes comme des singles. Un peu comme si on avait sorti un album, puis qu’on avait regroupé les quatre
singles de l’album sur un disque à part. C’est un concentré de ce qu’on aime et de ce qu’on sait faire.

C’est votre second EP comment avez-vous évolué depuis le premier ?

Le premier EP, « You Won’t Get Another Chance », était à la fois plus électronique et plus brut. Sur ce deuxième EP, on a mis plus de feeling rock et on a pris plus de temps sur le travail
sonore, 100% analogique, pour obtenir un son plus large, et une palette plus riche. Notre co-producteur, Antoine (Antoine Poyeton, collaborateur du studio Motorbass), nous a aussi fait bosser différemment, il y a eu beaucoup, beaucoup d’étapes entre les premières maquettes et le produit fini.

Pourquoi avoir intitulé l’EP « Surrender » ?

On voulait un titre simple et c’était la première chanson de l’EP, ça s’est décidé en deux secondes !

Comment travaillez-vous en tant que groupe ? Quel est le rôle de chacun dans la composition ?

On est trois multi-instrumentistes et on compose tous les trois dans nos home studios, donc chacun amène des idées plus ou moins abouties. Ensuite, on fait circuler les démos entre nous
et chacun apporte sa touche, qui peut parfois être un changement radical. Par exemple, transformer un pont en refrain ou ajouter une partie !

Votre musique est empreinte de sonorités britanniques, les musiciens de ce pays vous ont-ils beaucoup inspirés ?

Notre culture musicale est très anglo-saxonne et notamment très anglaise, avec des scènes qui sont nos références comme la Britpop dans les 90s, la new wave dans les 80s, ou la scène dite « Madchester » entre les deux décennies. Et plus en arrière, le rock 60s des Beatles, des Kinks et des Who. En fait, parmi nous trois, Stephen et Nick sont tous les deux franco-anglais, et Nicolas est anglophile depuis l’enfance, l’influence anglaise est donc très profonde chez nous.

 

ALEXANDR_@Dominique Ott1

@Dominique Ott1

Antoine Poyeton vous a assisté sur la production de cet EP, quel a été son rôle ?

Antoine devait au départ simplement mixer l’EP, mais il a eu très vite des propositions super intéressantes pour certains sons ou certains arrangements. Du coup, il a eu un rôle de production a posteriori, qui s’est fait naturellement.

Vous avez utilisé des boites à rythmes vintages pour la composition de cet opus dont les sonorités rappellent les années 90. Pourquoi ce choix? Trouvez-vous de nombreuses sources d’inspirations dans cette époque ?

Utiliser des boîtes à rythmes et des synthés des 90s, pour nous c’était comme un retour à nos sources, quand on était gamins. Mais l’enjeu était d’utiliser ces sons vintages pour créer un son
nouveau et actuel… pas pour sonner vintage. C’est un clin d’œil à notre adolescence tout en étant bien conscient de ce qui se fait aujourd’hui !

Vos clips aussi ont des connotations années 90’s, le clip d’ «Acid Girl » pourrait être l’un des clips d’Oasis alors que le morceau n’est pas sans rappeler Blur. Quelle esthétique vous évoque la pop de cette époque ? Êtes-vous nostalgiques de cette époque plus prospère ?

On baigne aujourd’hui dans la nostalgie des 90s avec le retour de l’euro dance, des sneakers, des vestes fluo, etc., et en tant que trentenaires, forcément cela nous parle. Mais on n’est pas
pour autant nostalgiques des pantalons larges et des t-shirts Tie-Dye ! Ce qu’on a gardé de cette époque, c’est sans doute l’importance pour nous de montrer le groupe, ses membres,
d’apprécier les bonnes dégaines, un peu comme dans le clip de « Surrender » ou sur la pochette de notre EP. Quant à l’époque actuelle, on n’est pas certain qu’elle soit plus ou moins prospère… c’est plutôt l’industrie qui a changé !

Si l’époque a changé pour tous, c’est aussi le cas pour les musiciens, aujourd’hui obligés d’endosser plusieurs casquettes de métiers pour se faire connaître dans le milieu. Concrètement, à quoi ressemble la vie d’un groupe indé en 2019 ? Quels sont les avantages et les inconvénients de cette époque moderne (et le rôle d’internet) ?

L’avantage c’est qu’aujourd’hui les musiciens sont plus libres dans la façon dont ils fonctionnent et maîtrisent davantage tout ce qui entoure leur musique, que ce soit la prod, l’image, la
distribution ou encore les vidéos. Nous, par exemple, on réalise nos clips nous-mêmes et ça nous plait beaucoup. L’inconvénient, bien sûr, est que tu as moins de temps pour la création et
surtout moins de moyens, en contrepartie : c’est toi qui décides.

D’ailleurs, l’éternel débat, vous êtes plutôt team Blur ou Oasis ?

Oasis est clairement le groupe qui nous a donné envie de faire la musique et qui restera une de nos grandes influences. À l’époque, Blur avait moins de tubes et une image de gentils garçons,
mais on les a redécouverts plus tard et les aime bien aussi. Mais la vraie question aujourd’hui devrait être « plutôt Liam ou Noel ? » LOL

Si le rock est moins dans l’air du temps, ses adeptes restent nombreux, avez-vous des artistes actuels dans le genre à recommander ?

C’est vrai qu’on est un peu dans le creux de la vague au niveau du rock, mais il revient toujours sous de nouvelles formes, par exemple en ce moment on aime beaucoup des groupes comme
DMA’s, Fat White Family, Diiv, Los Porcos ou IvoryWave, un petit groupe de Birmingham qui monte. Et puis on écoute aussi des tonnes d’autres choses dans d’autres genres… si t’as
l’attitude ou les mélodies qu’il faut y’a de bonnes chances qu’on te kiffe !

Vous avez joué en Angleterre comme en France, ressent-on une différence de public dans ces deux pays ?

Le public anglais réagit plus à l’énergie et s’attend moins à avoir des interactions avec le groupe, c’est plus “Straight to the point”. En Angleterre, on a souvent eu l’impression que l’ingénieur du son mettait simplement tout à fond ! Nan, en fait c’est ne pas qu’une impression

À quoi ressemble un live d’ALEXANDR ? À quoi peut-on s’attendre pour le concert du Supersonic du 16 novembre ?

Ce sont des moments où tout le monde peut s’éclater, danser au premier rang ou se dandiner la pinte à la main à l’arrière. Nous on se donne du mal, mais sur scène on ne se prend jamais
trop au sérieux et c’est toujours assez imprévisible, mais bon… on ne casse pas nos instrus ou des trucs clichés comme ça ! Le mieux c’est de venir voir par soi-même !

Quel morceau (de n’importe quel artiste) évoquerait le mieux votre état d’esprit actuel alors que le nouvel EP sera bientôt disponible ?

Allez… « 24 Hour Party People » des Happy Mondays ! Groupe et single mythique de la scène Manchester de la fin des années 80, qui est la bande-son parfaite pour faire la fête après notre concert du 16 novembre au Supersonic !

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *