The End of the Fucking world: Suis-moi, je te tue ( critique de la série de Netflix dont tout le monde parle)

The End of the Fucking world

Si tu es un peu sur les réseaux sociaux, que tu as des potes qui ont Netflix ou que tu t’intéresses aux séries TV, tu en as forcément entendu parler.

« The End of the fucking world » est sur toutes les lèvres. Mais est-ce vraiment si cool que ça?

Déjà une première chose, une critique reste une critique, elle se base sur une expérience mais est toujours subjective. Ce qui est cool l’est dans le regard de chacun.  Cette ligne hors sujet est une réaction directe aux nombreux titres à base de « Que faut-il penser de… ». Pensez par vous même et soyez curieux.

 

Cela étant dit, c’est parti pour une critique de « The End of the Fucking world », son ton décalé et son univers barré. Tous les jours, où que j’aille, c’est comme un tourbillon, tu as vu « The End of the Fucking world? » me demande-ton.  « C’est trop bien non? ». Face à cette pression sociétal épuisante, 24 heures plus tard me voilà devant Netflix pour binge watcher ça à la bien. Cet article a été réalisé grâce à un abonnement payant. C’est une fierté totale (comme tout ce qui est rare), donc ça se souligne. Passons.  Mais de quoi que ça parle donc au juste ta série là?

 

Résumé :

James (Alex Lawther), 17 ans, est persuadé d’être un psychopathe. Alyssa (Jessica Barden), 17 ans également, vient d’arriver en ville et noue très rapidement une amitié forte avec James. Très sociable et communicative, elle va embarquer James à la recherche de son père qui a quitté le domicile conjugal lorsqu’elle était jeune.

Et alors?

The End of the Fucking world 2018 affiche

Tout le charme de cette romance adolescente tient dans son ton décalé. La narration omniprésente des deux personnages, leurs oppositions, ajoute une touche cocasse à ce cocktail complètement barré. Puisque ce qui fait le petit plus de cette série c’est avant tout son humour noir, dérangeant comme l’humour anglais sait l’être. Et le détachement total de nos deux adolescents à la fois hors du commun et à la fois si simplement adolescents.

D’entrée, James se présente lui-même comme un psychopathe tuant des animaux. Voilà qui pose une base solide. Le tout est servi par une mise en scène hyper moderne, et un rythme aussi calme que peut le rester notre tueur en série en couche culotte . Celui là même qui n’a jamais vraiment eu la chance de tuer une véritable personne. C’est pourtant son but premier. Alors quand Alyssa se pointe avec des rêves farfelus d’amour éternel et de sexe maladroit, c’est à assouvir ce besoin de sang que pense James. Oui, mais. Mais ça vous parait froid? Pas vraiment, « The End of the fucking world » joue surtout sur un décalage total et constant. Si l’envie de vivre des moments d’adultes et là, nos compères gèrent finalement les soucis avec le regard d’enfants. C’est à dire sans vraiment comprendre quoi que se soit aux conséquences, en les voyant comme une petite tape des parents sur les mains. Et c’est comme ça, grâce à ça que l’humour noir côtoie l’humour de dessin-animés, celui des cartoons à la « Tom & Jerry ». L’humour absurde, celui-là même qui est universel.

 

L’Amour toujours

Au milieu de scènes cocasses, de sexe raté, de tueur en série, de flics et de bagnoles brûlées subsiste un élément central: l’amour, celui qui te permet de te découvrir doucement à travers l’autre. Mais aussi et surtout celui qui n’a pas qu’un seul chemin, qui n’est pas forcé de ressembler à un cliché hollywoodien type  » 50 Shades ». Au détour des envies de meurtres et de l’adolescente prête à tout et n’importe quoi pour se mettre en avant, née quelque chose d’inattendu. Quelque chose qui vaut la peine de se battre.

Le tout est servi par un casting aux petits oignons. Si tout le monde n’a de cesse de mentionner la performance d’Alex Lawther qui n’a pas à rougir face à un Freddie Highmore de « Bates Motel », Jessica Barden (que vous avez vu dans « Penny Dreadful ») lui donne parfaitement la réplique.

 

Les parents, leurs choix, leurs conséquences

 

L’impact de l’éducation sur les petits cerveaux de nos héros sont aussi abordés. Devient-on un psychopathe pour combler le trou laissé par une mère absente? Un père trop cool est-il un bon père? Comment gère-t-on sa place dans un foyer reconstruit?

Le rêve de la famille voulue idéal prend une nouvelle claque. Une nouvelle oui, ça fait bien longtemps que le cinéma te raconte comment derrière chaque foyer se cache un lot de saloperies sans nom. Là pourtant l’adulte est déconnecté de ce que fait son enfant. Et si tous les parents n’étaient pas des connards? C’est ce qu’espère Alyssa qui cherche son père, un véritable modèle, une preuve qu’on peut grandir sans être un con. A-t-elle raison? Faut-il attendre une éternelle main tendue ou celle-ci ne fait elle qu’empirer les choses? Se sont ces liens et ces attentes qui façonnent  nos deux ados mais aussi le besoin de les briser radicalement qui leur permettront de devenir eux-même des adultes. Et ho tiens, il n’y a pas qu’une façon de le devenir. Il n’y a pas de mode d’emploi.

The End of the Fucking world

Et la suite?

 

Si suite il y a, l’évolution de James (et son final) pourrait en frustrer certains ( ou pas), tout dépendra des nouveaux chemins que souhaitent aborder les scénaristes. Toujours est-il que si le succès se confirme- et c’est bien parti pour- une saison 2 devrait voir le jour. Le créateur de la série promet d’ailleurs de reprendre la route avec nos héros. Puisque pour lui, l’âme de cette histoire c’est bien de suivre ce couple barré ( si barré que ça face aux événements qu’ils traversent?) à travers un roadtrip déjanté.

Dommage diront certains tant la fin parait idéale et tant l’idée d’en rajouter pourrait paraître mauvaise. Un petit peu comme pour  » 13 reasons why » dont la saison 2 suscite autant de craintes que d’attentes. En ce qui me concerne d’ailleurs, il s’agit plus de crainte. Après tout, faut-il toujours chercher à en dire plus?  Chercher le pourquoi du comment? Ne peut-on pas simplement écrire une bonne histoire, la dérouler et la conclure si elle ne nécessite pas d’en inventer toujours plus? L’avenir nous le dira.

Certes cette quête vers la découverte de soit et de ses origines n’est pas exempt de défauts. Mais son grain de folie devrait convaincre un large public.  Quel que soit votre genre , cette petite pépite vous promet un moment dont vous n’aurez pas envie de sortir.

Voyez la vite, pour pouvoir en parler autour de vous et vous payer un joli moment de télévision.

 

Et si vous aimez les séries retrouvez notre critique de Handmaid’s Tale ici.


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