« Mother! » ou quand Aronofsky lâche prise et signe l’oeuvre what the fuck? de la rentrée

Mother! et ses 1000 promesses. Le dernier film signé Darren Aronofsky était des plus attendus. Déjà parce que le cinéaste est un habitué des sans faute. Celui à qui l’on doit « Requiem for a dream » ou encore « Black Swan » est taxé de génie tant pas la critique que par les spectateurs à chacune de ses sorties. Ensuite parce que cette nouvelle oeuvre ne se dévoilait finalement que très peu à travers sa promotion.

Enfin son casting 20/20 avait de quoi faire saliver: Jenifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris, Michelle Pfeiffer, que du beau monde.

Jenifer Lawrence Mother ! 2017
Pas besoin de ce fait de chercher à trop en savoir pour se jeter en salle. Un maigre résumé suffit amplement. Un couple dans une maison, un mari écrivain et l’irruption d’un couple d’invités qui vient perturber cette vie idyllique.
Dans les faits « Mother! » ça vaut vraiment le coup?
Emballée à l’idée de le voir vite, poussée par une multitude de tweets me voilà qui me précipite à la Défense pour le voir un petit jour avant sa sortie officielle le 13 septembre. Passons sur le très mauvais traitement réservés aux spectateurs à l’UGC la Défense, mauvaise bobine avec une VF diffusée puis coupée au bout de plus de 5 minutes de métrage, remise à zero en VO, souris dans la salle, à mes pieds, pas la moindre excuse du management parce que « si vraiment les souris vous gênent notre politique c’est que vous n’avez qu’à quitter la salle »‘, passons là dessus, ça c’était juste pour vous dire de choisir une autre salle.
Affiche Mother ! 2017
Et ce pour une bonne raison « Mother! » est une oeuvre immersive et mieux vaut s’y plonger corps et âme tant le film proposé ici est complexe. Complexe vous dites? Jusqu’à bien trop complexe. Le début laisse présager un drame. Le rythme y est lent, l’atmosphère se place. La douceur, la souffrance du personnage de Jenifer Lawrence, tout prend vie. Attentionnée, gentille, aimante, la voilà malmenée et éseulée. Les blessures sont fines mais présentes, à mesure que l’atmosphère se dégrade. Aronofsky fait vivre son lieu, son unique lieu, le foyer, la maison. Ses personnages n’ont pas de noms, il n’y a pas de musique. La première partie du film pourrait se résumer ainsi: une lente montée angoissante, prenante mais durant laquelle cette question se répète en boucle. Où va-t-on?

La seconde partie de Mother! est l’épicentre du film, déchaîné, violent, douloureux, physiquement, verbalement, psychologiquement, fort, tellement fort.

Et Jenifer Lawrence y est époustouflante, incroyable. Seulement voilà, le réalisateur ne donne aucune clès pour comprendre de façon certaine son métrage. Il confiait récemment l’avoir écrit en 5 jours seulement. Cinq jours? Peut-être aurait-il dû y passer un tout petit peu plus de temps pour donner du sens à ce bordel improbable et incroyable. Darre, Aronofsky est certes un génie, certes capable de vous mettre en PLS en quelques images, mais il ne faut jamais oublier d’entraîner son spectateur dans son univers aussi barré ou imagé soit-il. Messieurs et Mesdames les réalisateurs(trices) embrouiller les cerveaux de vos spectateurs ne vous rend pas brillant, ça donne l’impression que vous vous faites une private joke à plusieurs millions de dollars au mieux ou que vous nous prenez pour des cons ( hein « Inception »? en vrai tout le monde a compris tu peux mettre encore une couche de rêve dans le rêve pour nous perdre si tu veux). Non pas qu’on soit incapable de comprendre, d’analyser ou de réfléchir face à un métrage mais tout de même c’est quand vachement mieux de réfléchir quand on est certain du thème abordé et ce en visionnant l’oeuvre, non pas en lisant les analyses et interviews des autres.
Du coup tout ce qui peut se dire, se réfléchir en sortie de « Mother! » donne a peu près ceci « j’y vois une allégorie cathartique de …. » une heure de débat, « la fissure intèle corrobore mon idée… » conclusion: ou alors je vais trop loin et je passe à côté du sujet. Ainsi un média certifiait qu’il s’agissait d’une fable sur le mal infligé à mère nature, certes ça se défend. Pourtant, si vous me demandiez j’y verrai une fable sur le processus de création, l’appartenance d’une oeuvre à son auteur, à son public, la destruction qu’entraîne la création, et comment le fait de s’approprier une oeuvre ( en la décortiquant par exemple) la détruit. Un pied de nez finalement tant on cherchera nous aussi à donner un sens profond à cet objet cinématographique engendrant, par la même occasion, sa destruction.
Javier Bardem Mother ! 2017
Toujours est-il que la violence ressortant de ce dernier volet, le type de violence qui vous bouffe et vous fait vous interroger la nuit mérite au moins un début d’explication. Je suis tout à fait d’accord pour défendre un propos à coup de poings, de pousser, toujours pousser pour faire réagir, réfléchir, comprendre, se révolter. Je suis même le genre de spectateur qui pense qu’un film violent peut se valoir dans son plus simple appareil, parce qu’après tout il peut être un certain type de film d’horreur et n’a pour but que de divertir, de choquer, de faire peur. Ce sont des arguments recevable. Ici subsiste une question, j’ai pris ta claque, elle était violente, elle était bien mise, joli mouvement d’épaule mais quand tu me la mettais, j’ai eu l’impression que tu voulais me dire un truc alors dis le.
Faut-il aller voir « Mother! » finalement? Assurément, un film qui questionne, provoque adoration et haine, un OVNI comme celui-ci vaudra toujours le coup. Il permettra surement de discuter longtemps, très longtemps et de mieux connaitre votre interlocuteur. Après tout le message qu’il y trouvera vous dira surement ce qu’il estime valoir tant de cruauté.

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