Baby Driver : Eden Mécanique ( Critique)

Crédits Tristar Pictures

Baby Driver, le nouveau projet de celui qui est à l’origine de la Cornetto Trilogy ( Shaun of The Dead, Hot Fuzz et Le Dernier Pub avant la fin du monde), Edgar Wright, sortira en France le 19 juillet. Il a pour nom Baby Driver et Pop&Shot vous explique pourquoi c’est d’ores et déjà l’un des meilleurs films de l’année!

Edgar Wright est un génie! Pratiquement aucun dialogue entre le début du film et le générique et pourtant nous est expliqué le principal du film à venir. Enjeux. Personnages. Genre. Rythme. Wright ne prend pas son spectateur pour un imbécile et donne les clés pour comprendre le personnage de Baby ( Ansel Elgort, bien loin, et c’est tant mieux de son niveau de Divergente et Nos étoiles contraires) , jeune conducteur mutique qui ne s’éloigne jamais de ses écouteurs. La raison sera donnée assez rapidement en cours de métrage et c’est d’ailleurs bien dommage. Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby est redevable auprès du dangereux Doc ( Kevin Spacey, est-il besoin de le présenter?) mais l’heure de son « dernier coup » a sonné et, alors qu’il vient de rencontrer Debora ( Cendrillon, Orgueuil et préjugés et zombies), il va pouvoir laisser derrière lui les braquages. Sauf que… Rien ne va se passer comme prévu…

Baby Driver : Un film de genre qui s’assume

Crédits TrisTar Pictures

Encore une fois, Edgar Wright a tout compris des codes et de la mythologie du genre qu’il filme. Shaun of the Dead est l’un des meilleurs films de zombies de ces dernières années. Hot Fuzz une des plus belles déclarations d’amour au film d’action. Le dernier pub avant la fin du monde mêlait très habilement sa forme d’invasion alien en mode Invasion des profanateurs de tombes tout en étant très fin sur sa manière d’aborder le thème de la nostalgie. Ant-Man comporte plus d’idées visuelles dans un film dont Wright s’est fait virer a du partir pour causes de divergences artistiques en cours de route que dans n’importe quel film Marvel sorti ces dernières années.

Dès les premières secondes, vous êtes dans un film de braquage. Il va y avoir du crissage de pneus, des trahisons, des histoires de gros sous, des gyrophares et les coups de feu vont pleuvoir. Wright connait ses classiques et toutes les figures imposées sont là. Avec respect et amour pour ce qu’elles sont. Baby, le Driver (tout aussi mutique que celui joué par Gosling dans le film de NWR, mais en plus drôle) est à la recherche de son « dernier coup ». Le commanditaire incarné par Kevin Spacey a tout du rapace sans scrupules. Jamie Foxx est le braqueur nerveux et parano. Le couple Jon Hamm/Eiza Gonzalez nous la joue Bonnie and Clyde on fire. Lily James le love interest qui va pousser le héros vers la rédemption. Tout ça est bien connu, mais tout cela est joué à la perfection. Wright dirige toute sa troupe aux petits oignons, comme le talentueux metteur en scène qu’il est… Attention transition toute en finesse (sisisi)

Baby Driver : Et la musique dans tout ça?

Crédits Tristar Pictures

Annoncé d’entrée comme l’élément moteur (ohohoh, quoi ? y’a que pour Grave qu’on avait dit qu’on ferait pas les jeux de mots foireux!) voire la raison d’être principale de ce métrage, loin d’être un effet de style, la place de la musique trouve tout son sens. La musique c’est la vie, et c’est ce qui permet à Baby de tenir. La musique tient une place importante dans l’univers des braqueurs ( cf la discussion entre les personnages de Hamm et Foxx sur les chansons porte bonheur). Elle permet au mutique Baby de briser la glace en parlant à Debora « plus en cette soirée que depuis toute une année » au cours d’une magnifique scène de séduction à coups d’écouteurs dans un lavomatic.

Large spectre d’environ un demi siècle de musique anglo-saxonne, il y en a pour tout les goûts, funk, soul, rock hip-hop… Beach Boys, T. Rex, Queen, Barry White ( le décalage entre sa chanson et ce qui se passe à l’écran donne d’ailleurs lieu à une scène ou la tension est plus que palpable), Beck, Blur. Ce sont les plus connus et il y en a d’autres encore plus efficaces dans le film.Plus que d’accompagner l’action, elle est l’action et le cœur du film. Cf la séquence générique avec Baby déambulant en rythme après le braquage de la scène d’introduction et ou au fur et à mesure qu’il voit la menace policière se faire de plus en plus présente, les bruits extérieurs prennent le dessus sur la musique et Baby adopte un pas moins assuré…

Baby Driver dans les meilleurs films de 2017?

Wright a une envie : faire un film ou la bande est au cœur du film. Il l’a amplement réussi. Edgar Wright veut toucher à un nouveau genre? Après le film de zombie, d’action policière, l’adaptation de comic book, il accroche le film de braquage à son tableau de chasse. A cette occasion, il démontre son intelligence et son talent de metteur en scène, capable de digérer les influences de chaque genre auxquels il s’est frotté depuis le début de sa carrière pour en tirer des films de très grande qualité. Son prochain projet, Shadows, sera un film d’animation! Quand on voit les prouesses visuelles qu’est capable de faire Wright dans le cadre de sa mise en scène, ça laisse rêveur!

Fougueux, véritable film d’action au sens littéral du terme (il se passe toujours quelque chose et il n’y aucun temps mort), doté d’une bande son variée et énergisante, Baby Driver est de ces petits chefs d’oeuvre, qui s’ils ne rentreront pas au Panthéon du Septième Art, peuvent durablement marquer la pop culture et les esprits. A l’instar d’un Shaun of the dead ou de Scott Pilgrim. Le genre de film qui vous donne le sourire du début jusqu’à la fin, comme quand l’on sait qu’on assiste à un spectacle d’une qualité qu’on ne voit pas souvent. Baby Driver, le meilleur film de l’année? Il y a débat avec Split, mais on peut prendre les paris qu’il sera encore sur le podium à la fin de la course de l’année

 

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