Le Printemps de Bourges 2017 à l’heure des élections présidentielles: cris et chuchotements

 

Tout le monde en parle. C’est aux centres des conversations depuis de nombreuses semaines, ce dimanche 23 avril 2017 a lieu le premier tour des élections présidentielles françaises. Si parfois être en festival donne la sensation d’être coupé du reste du monde, l’actualité s’est-elle arrêtée aux portes de la Quarantième édition du Printemps de Bourges? Narration.

C’est le lendemain des événements que l’on sait aux Champs Élysées que Pop&Shot a commencé « son » Printemps de Bourges 2017. Si depuis trop longtemps maintenant il a fallu apprendre à vivre avec, en voyant les militaires patrouiller et les cars de gendarmes mobiles stationnés devant l’entrée du Palais d’Auron, difficile d’oublier le monde dans lequel nous vivons et ses dangers. Cela s’est ressenti tout au long du festival. Sans aller jusqu’à dire que le Printemps de Bourges 2017 a été sur-politisé, tout au long du week-end, de ci de là, il fut entendu des allusions à l’élection présidentielle.

« Comment ? Mais tu n’as pas fait ta procuration ?! », «  Je rentre tôt dimanche pour pouvoir aller voter »… Avec une dernière journée de festival tombant le jour du premier tour, pas réellement étonnant d’entendre ce genre de réflexions. Mais c’est plus la répétition qui va avoir marqué les esprits. Tout est politique disait on à l’époque de Mai 68. En avril 17, on en est pas loin non plus. Du coup, pas réellement surpris d’entendre dans les couloirs de l’hôtel «  la lutte finale » chantée à gorges déployées par quelques festivaliers rigolards. Ni de voir la ville parée d’affiches aux couleurs des divers candidats à la présidentielle et de constater que hasard des localisations, le QG départemental du parti d’une des têtes d’affiche de la campagne se trouve. Loin d’une langue de bois redoutée, Fakear ne s’est pas dérobé à la question de savoir s’il est facile de s’engager politiquement quand on est artiste. Nommant le titre « Techno toujours pareil » comme hymne représentatif de la campagne présidentielle 2017, il invite néanmoins l’auditoire de la conférence de presse à se demander ce qui doit être privilégié entre la satisfaction de l’ego, la réussite personnelle par rapport au bonheur, la solidarité et à l’entraide… François Marry nous souhaite la bienvenue…dans les derniers moments de son set et profite d’avoir conquis la salle du théâtre Jacques Coeur avec cette facétie pour nous enjoindre à ne pas avoir peur et à ne pas « succomber à la flippe ». Un chant folklorique de Bienvenue joué par son groupe des Frànçois and The Atlas Mountains. Est ce que les punk rockeurs de l’État de New York de PWR BTTM sont au courant du climat politique actuel quand ils lancent un « cette chanson tue des fascistes » ? Peut être pas mais au 22 cela ne peut qu’avoir fait écho… La harpe de Fakear lors de son show au W était tricolore. Là encore pas un hasard et probablement un peu plus qu’un simple message subliminal pour appeler au vote. De même, Anna Jean justifie sa passion pour les années 60 dont elle a fait le cadre de l’univers des Juniore par son opposition avec le monde actuel beaucoup plus incertain et dur qu’il ne pouvait l’être à l’époque. En plaisantant, Thérapie TAXI nous demande si on vote Mélenchon, affirmant qu’à Paris 100% des gens votent pour lui, pointant néanmoins la montée dans les sondages du candidat en question. Longueur d’Ondes distribué en avant première sur le festival affichait une très jolie couverture de Last Train avec un message on ne peut plus d’actualité : Votez Rock !

DR Longueur d’Ondes

Si tant est que cela ne soit jamais arrivé, le monde extérieur aura donc mis les pieds dans cette édition du Printemps de Bourges. Profitant de l’ambiance et de la sélection, encore une fois de qualité, les festivaliers n’en auront pas mis de coté les inquiétudes liées à cette incertaine élection… Et c’est tant mieux ! « J’aimerais voter avec mon cœur ! », disait un passant samedi soir. C’est tout ce qu’on peut souhaiter aux nombreux non-berruyers venus profiter de ce quarantième Printemps. Pour qu’après la fête, il n’y ait pas le goût amer du regret.

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