Némesis : Dans le désert, personne ne vous entendra crier

En tournée bien loin de chez lui, un VRP est confronté à un environnement d’abord vide, puis de plus en plus hostile…Ayant fait parler de lui dans les festivals dans lesquels il était présenté(Utopiales, PIFFF ou bien encore Gerardmer), le film de Christophe Deroo voit sa cote augmenter en parallèle du bouche à oreille qui se développe. On a voulu juger sur pièce.. Avis

 

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Dès les premières images, à voir le personnage en petite chemisette arpenter les routes désertiques, on pense sans raison crédible au Duel de Steven Spielberg. Il y a pire comme référence. Sam, VRP, a été envoyé en tournée dans le Nord de la Californie. Ses premiers essais sont des échecs et, nerveusement, Sam laisse des messages sur le répondeur de sa femme, l’anniversaire de sa fille étant pour bientôt… On en dira pas forcément plus sur la progression narrative de Nemesis ( Sam was here en version originale) , le film, moins de 80 minutes étant plutôt court.

 

Mais alors que dire, sur le film, si l’on ne peut pas spoiler ? Les qualités du métrage de Deroo, adaptation d’un court métrage sont nombreuses. Tout d’abord, la qualité du filmage, alors qu’il semble évident que le budget n’est pas mirifique. Le désert en général, et celui de l’est des États Unis, est particulièrement cinégénique mais il ne faut pas négliger pour autant l’apport de Christophe Deroo au ton global du film. Assez rapidement, on se met à la place du personnage principal, l’interrogation ( pourquoi personne ne répond? Quelle est cette lumière rouge dans le ciel?), la confusion ( la rencontre entre Sam et la voiture de flic), l’interrogation ( ce que porte le premier assaillant), le doute ( ce qui est dit à la radio est-il vrai? Qui est ce fameux Eddy?), la violence (les différents assaillants que Sam va repousser de plus en plus sauvagement)… Sans s’en rendre compte, on est transporté aux cotés de Sam le VRP qui veut rentrer chez lui et qui ne semble pouvoir y parvenir, son destin semblant devoir se jouer dans un motel isolé auprès duquel il va retourner… L’acteur principal, Rusty Joiner ( second voire troisième couteau dans Resident Evil : Extinction, Dodgeball, le remake de Melrose Place…), avec un faux air d’Aaron Eckhart est plus que convaincant, tenant le film presque à lui tout seul. D’ailleurs, son état, en 70 minutes, passant du VRP propre sur lui et bien coiffé à celui amoché, débraillé et en sang, revenu à un état primaire et instinctif est vraiment bien fait et rend bien compte de l’évolution psychologique du personnage principal.

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Néanmoins, Nemesis n’est pas exempt de défauts. Notamment, sa fin, se voulant volontairement opaque aura fini de perdre le spectateur, alors que le propos du film est entendu dès une première grosse demi heure passée. On ne sait pas vraiment ce qui s’est passé mais surtout le film aura duré trop peu de temps pour nous laisser des pistes, des indices nécessaires pour ne serait-ce qu’avoir une théorie ( une belle aurait pu concerner Eddy, la fameuse voix à la radio si un peu plus de temps avait pu lui être accordé). L’exercice peut sembler un peu vain au final… Néanmoins, les talents de Christophe Deroo à la mise en scène, la bande son electro de Christine nous auront fait voyager un peu hors des sentiers battus, là ou Sam était…

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S’il n’est pas une totale réussite, Némesis est une chouette surprise et est, surtout, une belle promesse. Christophe Deroo, est un réalisateur français à suivre. Assurément.

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